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Kouto
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3,5
Publiée le 12 septembre 2025
Un film déroutant à la lisière du fantastique où le réalisateur Kiyoshi Kurosawa confronte l’idée de la mort et du deuil frontalement tout en gardant une forme de subtilité dans la manière dont les protagonistes de son long-métrage y font face. La réalisation est un pur régal, d’une mélancolie gracieuse. On regrettera simplement quelques maladresses au sein d’un récit parfois trop embrumé.
Kurosawa propose de traduire visuellement un roman étrange, dans lequel il faut accepter le retour du mari fantôme, vêtu d'orange, auprès de sa femme. C'est lent, ce road movie dans de beaux paysages ruraux du japon incite à se laisser aller, à accepter ce dialogue avec ceux de l'autre rive, à peut-être arriver enfin à exprimer ce qui était resté caché même au sein du couple. Les deux acteurs expriment peu de choses à l'écran, cela peut laisser indifférent, mais on ne peut nier l'originalité et la force tranquille de ce film. DVD vo -octobre 21
Ouh laaaa, c'est long, c'est lent, c'est tout simplement chiant. Et pourtant j'apprécie habituellement le cinéma japonais., mais la c'est....mortel. Au vu de tant de critiques positives, je ne devais pas être dans un bon jour pour visionner ce film.
Il fut un temps où lorsque Kiyoshi Kurosawa nous parlait de fantômes, c'était pour faire frissonner le spectateur. Ce temps est loin puisque aujourd'hui, le cinéaste nippon s'est davantage tourné vers le drame et les polars. Rien de fâcheux puisqu'un de ses meilleurs films, "Tokyo Sonata", était juste une oeuvre dramatique en contradiction avec son passé de réalisateur. En revanche, j'ai eu plus de mal avec "Vers l'autre rive". Le pitch est bon et Kurosawa, quelque soit le genre, reste au top derrière la caméra avec des prises de vue splendides. Pourtant, je ne suis jamais réellement rentré dans cette histoire que j'ai trouvé trop plate à mon goût. Rien de niais (heureusement) mais cette romance impossible manque de substance, de rythme pour capter mon intérêt d'un bout à l'autre.
Difficile de trouver le juste milieu entre le côté "Gore" et le côté mièvre, dans les films de fantômes. Ce film est insipide. On s'y ennuie. On ne comprend pas pourquoi il a été primé à Cannes.
Très beau film de Kiyoshi Kurosawa, "Vers l'autre rive" nous propose un sujet assez passionnant puisque cela parle d'un homme qui réapparaît à sa femme sous forme d'un revenant, puisqu'il est mort depuis trois ans. Tout le deux vont alors traverser les villages et les rizières pour rencontrer tout ceux qui ont croisés la route de son mari pendant ces trois fameuses années. La photographie est très belle, la mise en scène est d'une grande douceur et le casting est particulièrement impliqué, ce qui fait que j'ai pris vraiment du plaisir à suivre ce drame fantastique qui nous montre comment les morts et les vivants peuvent cohabiter, vivre ensemble et être sur un même pied d'égalité.
Empreint de spiritualité orientale, ce film doux, sensible et délicat offre un pont sur les rapports entre les morts et les vivants en offrant une déambulation dans les campagnes japonaises. Les images sont douces, feutrés, les vivants et morts tentent de se réconcilier malgré les affres du temps et montre comment les morts influent encore sur les vivants. C'est d'une telle sensibilité que cela ouvre les portes à la réflexion et à la conscience de ce qui nous entoure, de la force des sentiments et la nécessité de tourner les pages. Bref, c'est brillant même si le film finit par devenir parfois redondant. L'harmonie du couple vedette est très réussi.
J'ai eu comme une longue absence d'une heure avec ce film que je trouvais magnifiquement beau mais vide de sens pour moi ... C'est la musique qui m'a ramené vers lui, pour commencer, cette magnifique scène ou le piano devient le centre d'attention de ces deux femmes endeuillés qui pour quelque minutes se livrent et se délivrent. La musique encore, avec les quelques notes qui accompagne le reste du long métrage, la délicatesse resurgit et me raccroche là ou je m'étais perdu. Un film très étrange qui nous tient à distance à la manière de sa caméra qui ne s'approche que par brides mais lorsque c'est le cas elle magnifie chaque détail. Très beau à contempler, remuant de part son procédé et somptueux dans sa globalité. Shokuzai a été une très belle première rencontre avec le cinéma de Kiyoshi Kurozawa, Vers l'autre rive est bien différent mais est néanmoins une véritable expérience dont je ne regrette absolument pas d'avoir vécu. Car oui ce long métrage m'a maintes et maintes fois confus, perdu et secoué d'une façon assez inhabituel mais la maîtrise et le talent qui s'y cache a le mérite d’être regardé et salué. Après trois semaines de Kurozawa je vais quand même faire une coupure ...
Considéré comme un des principaux artisans du renouveau du cinéma japonais depuis une vingtaine d’années, Kiyoshi Kurosawa est de retour avec une histoire d’amour et de fantômes : disparu depuis trois ans, Yusuke regagne son domicile en tant que fantôme et y retrouve son épouse. La nature spectrale de Yusuke est entérinée dès le départ comme parfaitement normale : son épouse accepte sereinement cet état de fait et lui-même ne manifeste aucune désorientation particulière. Bientôt, le couple réuni décide de partir en voyage, à la rencontre des lieux et des gens qui ont compté. Le spectateur, lui, abordera ce voyage initiatique de la manière dont il le souhaite : tout le monde aura évidemment compris (ne serait-ce qu’en raison du titre) que l’objectif de cette ultime “lune de miel� est de permettre à Yusuke de “passer de l’autre côté�...mais est-ce le récit d’un couple qui se retrouve une dernière fois et en profite pour se décharger des secrets que chacun conservait encore ? Ou plutôt une mission métaphysique, celle de rendre la pareille à ceux qui ont apporté leur aide par le passé ? A ce titre, il n’est pas anodin que toutes ces personnes rencontrées soient également en affaire avec l’au-delà, soit indirectement par les regrets qu’elles éprouvent pour des défunts, soit directement, comme ce vieux livreur de journaux, qui ignore sa nature de fantôme et doit lui aussi régler certains éléments avant de connaître le repos. “Vers l’autre rive� pose ainsi une réflexion sur le couple, auquel Kurosawa attribue une forme de transcendance et d’insolubilité, quelles que soient les épreuves qu’il traverse, et aussi une réflexion sur la vie et la mort : dans la pensée panthéiste et animiste japonaise, il existe une place métaphysique pour l’entre-deux et la cohabitation entre morts et vivants ne pose aucune difficulté puisque l’après-vie ne renferme ni rédemption ni châtiment mais simplement la promesse d’une quiétude éternelle. Grâce à sa mise en scène extrêmement travaillée, où un rai de lumière peut modifier toute la disposition d’une scène, “Vers l’autre rive� ne juge pas utile de sur-expliquer ou de préciser quoi que ce soit, quitte à laisser le spectateur volontairement incertain de ce qui relève du rêve et de la réalité. Ce choix donne lieu à des scènes mémorables, troublantes, comme ce vieil homme qui a décoré le mur de sa chambre de milliers de fleurs découpées dans les magazines que la seule nuit de sa mort suffira à faire tomber en poussière. Ou comme cette grotte sous-marine, passage entre les deux mondes parfaitement connu des habitants du coin. Kurosawa brouille encore les pistes, avec des vivants qui peuvent être “éteints�, comme déjà morts à l’intérieur, et des morts qui peuvent être sujets à des émotions aussi vives que la colère ou la jalousie...mais ce jeu sur la réalité et le surnaturel ne constitue pas vraiment un enjeu de fond. On en arrive là à aux limites (en ce qui me concerne, en tout cas) du cinéma de Kurosawa : je peux parfaitement comprendre les raisons pour lesquelles ce mélodrame fantastique a été perçu comme un chef d’oeuvre et un sommet d’émotion par beaucoup. Pour ma part, tout en lui reconnaissant de réelles qualités de fond et de forme, je me retrouve dans la même situation qu’après avoir vu le “Oncle Boonmee� du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul (auquel “Vers l’autre rive� ressemble d’ailleurs pas mal) : en toute subjectivité, ma curiosité de départ ne résiste pas à ce genre de narration immobile, véritable profession de foi d’un cinéma à l’arrêt qui ne parvient pas à me captiver sur la durée.
Principalement connu pour ses films d'épouvante, Kiyoshi Kurosawa nous propose ici un mélo qui m'a étrangement laissé de marbre. Pourtant le film a tout pour plaire, la photographie est superbe , la mise en scène est d'une élégance rare et le long-métrage dégage une forme de poésie qui le rend séduisant. Mais voilà, le film a beau être réussi sur le plan esthétique, il ne m'a pas ému, peut-être parce qu'il est tellement beau qu'il en devient un peu trop lisse. J'ai eu l'impression que le film conservait une sorte de distance avec le spectateur à part dans son dernier quart où j'ai eu eu alors le sentiment que le film démarrait vraiment et se lâchait pour montrer tout l'étendu de son potentiel. "Vers l'autre rive" est un film élégant mais qui m'a laissé insensible au premier visionnage mais dont certaines qualités me poussent à croire que ce film vaut le coup et qu'un second visionnage me ferait peut-être changer d'avis.
Un certain regard, «Kishibe No Tabi » alias «Vers L'autre Rive» en Français mérite bien son prix de la mise en scène reçu au festival de Cannes pour la sélection «Un certain regard». En effet, c'est bien d'un autre regard qu'il faut voir ce film s'il l'on veut capter cette «chose» qu'il veut nous transmettre. Voici le dernier film de Kiyoshi Kurosawa, sorti dans les salles obscures le 30 septembre 2015. C'est tout simplement l'histoire de Yusuke un homme, qui retourne au prés de sa femme Mizuki, pour la convier à un voyage initiatique à la rencontre des personnes qu'il a côtoyé durant ces trois années d’absences; à travers un Japon rural, vert et pur. Seul problème : Yusuke a oublié d'enlever ses chaussures en entrant … Oh et oui c'est vrai, il est mort. Voilà que Kurosawa s'attaque à une figure récurrente de son cinéma : le fantôme. Au contraire de « Kairo » ou « Séance », le fantôme bien que surnaturel et inquiétant au premier abord s'impose vite comme une normalité et une véritable source de beauté et d'émotion. Kiyoshi Kurosawa se lance alors sur ce parti pris dans une fabuleuse histoire d'amour et de deuil. Il nous livre alors une véritable poésie qui vacille entre surnaturel et réalisme, aux frontières de la vie et de la mort. Kurosawa nous rend en peinture le « couple » comme il le perçoit: deux être unis par un lien immuable qui transcendent la vie et la mort. Au-delà du couple, Kurosawa nous transmet toute une philosophie sur les relations humaines et le rapport de l'Homme à la vie. Il nous transmet un idéal que l'on doit avoir avec « l'Autre », je fais notamment référence à la scène spoiler: où Yusuke explique lors de son
cours à quel point il est « heureux d'être né » et que c'est quelque chose dont nous
devrions tous être ravi. En effet, durant leur voyage, le couple rencontre de nombreuses personnes, certaines vivantes et d'autres mortes comme Yusuke. Ces rencontres, toutes différentes abordent de nombreux thèmes, tous marqués par la mort. Je pense surtout à la scène où cette femme spoiler: raconte la perte de sa petite sœur , le passage est particulièrement touchant. Le film ne cesse d'alterner des moments d'une beauté incomparable et d’autres plus obscures presque angoissants, je fais par exemple référence à la spoiler: disparition de M.Shimakage (le livreur de journaux). Toute la beauté du film repose en grande partie sur sa mise en scène, incroyablement bien exécutée. Le découpage ainsi que le rapport singulier à la lumière soulignent le passage d'une « rive » à « l'autre », c'est magnifique et ça fonctionne très bien. Vient se rajouter à cela un cadrage impressionnant, en effet le film alterne cadrages, décadrages, surcadrages ... à la perfection, renforçant cette étrangeté permanente, où coexistent morts et vivants. Les acteurs : Eri Fukatsu et Tadanobu Asano (respectivement Mizuki et Yusuke), sont incroyablement touchants et justes que ce soit dans leurs propos emplis de réalités et d'amour ou dans leur jeu d'acteur particulièrement convainquant. De plus, je suis considérablement touché par le retour de Tasanobu Asano à l'écran, qu’on n’avait pas vu dans un film d'auteur depuis bien longtemps. Kiyoshi Kurosawa acquiert une certaine maturité grâce à « Vers l'autre rive », son rapport à la mort et aux fantômes, le mène à une émouvante et douce réflexion sur la vie et la mort. Ce film d'auteur intimiste vous happe dans une bouleversante balade onirique qui ne manquera pas de vous toucher.
Un mort revient et il emmène sa femme sur les sentiers de sa vie passée, à la rencontre de personnes qui ont compté pour lui... Voici un monde étrange où les vivants et les morts cohabitent, se cotoient, parfois sans même le savoir : s'ensuit un cortège de rencontres de vivants, de morts (certains sur le point mais encore là pour peu de temps...). Un coté un peu étrange pour un drame / romance mais qui de la part de réal Japonais n'est pas vraiment en fin de compte étonnant^^. Comme une ôde à une hypothétique seconde chance sur cette Terre. C'est un film fin, poétique, une réflexion sur la vie. Voici qui nous sort du traditionel film japonais, avant que celui-ci ne se tasse, trouve son rythme (de vie) et finisse parfois par être pesant ; même si chaque fois une scène ou deux sortent magiquement du lot (heureusement, je dirais^^). Finalement c'est un film de fantôme qui pose également une question au genre : mais pourquoi diable les revenants seraient-ils aggressifs, mais ou l'on ait pas dans un registre vraiment fantastique ou autre que beaucoup redoute au simple fait d'évoquer des revenants, personnes en sursis...??? Mais rien de tout cela, il y a une réelle envie de faire passer quelques choses. Mais peut être cela est il fait de façon un peu trop "complexe" ou alliant trop de choses pour vraiment concerner et prendre le public entre ses griffes (je me comprends). LEs amateurs ou autre, seront ou non convaincu ; mais cela reste un film d'auteur loin de tout ce que l'on a pu voir auparavant.
Un très beau film sur la mort, la disparition. Ce sujet grave nécessitait une interprétation d’une grande finesse, ce qui est largement le cas. Kiyoshi Kurosawa a su placer le curseur là où il fallait, évitant ainsi de tomber dans la mièvrerie où au contraire dans l’épure la plus sèche et la plus hermétique pour le spectateur. L’émotion jaillit chez les personnages ainsi que chez le spectateur, avec une musique récurrente formidable, qui correspond très bien à la délicatesse du film. Le cinéma a ceci de particulier qu’il permet de sublimer et d’améliorer les passages les plus difficiles de la réalité. Ici, un homme qui s’était suicidé, retourne chez lui et retrouve sa femme. Ce retour du défunt n’est cependant que temporaire, les aiguilles tournent et il lui faudra alors rejoindre définitivement l’autre rive (cette logique dramatique est on ne peut plus remarquable). Cette parenthèse, cette phase transitoire lui permet alors de dire au revoir à sa femme comme il se doit, de rattraper ce qu’il n’avait pas pu faire avant son suicide. Quant à sa femme, elle découvre des faces cachées de son mari, qu’elle n’avait pu déceler de son vivant, notamment le fait qu’il tient, dans un petit village, une sorte d’université populaire façon Michel Onfray ou bien le fait qu’il sache bien cuisiner, contentant parfaitement les clients qu’il sert. Car ce film nous fait entrevoir, comme nombre de films japonais, un petit quelque chose de la culture japonaise, notamment dans les scènes où il est question de gastronomie. Ce film a quelque chose de très sensuel et qui fait toute sa singularité, l’alchimie fonctionne tellement bien qu’on est tenté de parler de chef-d’œuvre. Un des meilleurs films de 2015.
Vous pouvez consulter mon classement des meilleurs films de 2015 ainsi que des critiques complètes (illustrées et parfois accompagnées d'extraits) sur mon blog:
Une sorte (mutatis mutandis) d'Orphée et Eurydice inversé ?.... C'est "Eurydice" (Mizuki) la vivante (c'est d'ailleurs elle qui fait de la musique), et "Orphée" (Yusuke) qui est parti au pays des Morts. Mais il en revient, pour proposer à sa veuve de l'accompagner "Vers l'autre Rive". L'originalité de base par rapport au mythe orphique, qui a inspiré certains cinéastes occidentaux (Cocteau ou Resnais, par exemple) est que le voyage entrepris devant la caméra de Kiyoshi Kurasawa va faire se côtoyer vivants et morts - Yusuke ("mangé par les crabes"...) invitant Mizuki à rencontrer ses familiers, des "deux rives", depuis sa disparition, trois ans plus tôt. Nombreux sont les morts qui n'ont pas conscience de leur état - ainsi de "M.Shimakage", le marchand de journaux (1ère étape des époux) - le cinéaste japonais loucherait-il (aussi) du côté de "Sixième Sens", par un autre Asiatique, l'Indien (de naissance) Shyamalan ?... Mais il n'y a rien d'épique ou de (spectaculairement) fantastique dans le récit mis en scène par KK - que du quotidien, à la lisière du temps, entre passé et présent. Jusqu'à l'évidence du décalage, de la béance.... de la "cascade".... Plus apaisé que "Shokuzai" (1 et 2), mais tout aussi déconcertant, voire hermétique (dans le traitement de la thématique) - le plus souvent. Mais on peut simplement voir ici une fable sur (autre mythe) "l'éternel retour" de l'amour. Ce qui parle bien plus à l'Occidental.... qui se laissera bercer. A chacun de se faire son opinion - expérience filmique à tenter !