Mulan, le classique Disney qui, dès 1998, célèbre la femme en héroïne (très) intéressante et valeureuse, une petite révolution des mentalités qui prend vraiment bien auprès des jeunes spectateurs. Mais après ce succès populaire, auquel il aurait été judicieux de s'arrêter, Disney a tout de même eu envie de passer à la moulinette des "Live" son dessin animé pourtant si auto-suffisant, et on peut le dire tout de suite : son remake est raté. Sans parler de sa sortie en véritable capharnaüm (sortira au cinéma, sortira pas, décalé, mis sur Disney+, payant, gratuit... il y avait de quoi se faire hara-kiri), on tentera de ne pas se bloquer sur l'envie de retrouver à l'identique le dessin animé à l'écran (ce qui reviendrait au dernier Roi Lion, beau, mais d'un intérêt créateur au point mort), ce qui constituera pourtant la majorité des critiques acerbes des fans du premier Mulan, qui voudront revoir tout "comme dans leurs souvenirs". Mais à n'en juger que le film - et lui seul - on tombe rapidement dans une longue suite d'incohérences (
les gens marchent sur les murs, la sorcière retourne sa veste en une seconde, Mulan a le temps de galoper à cheval et installer dix casques sur un rocher sans que l'armée d'en face n'ai bougé d'un pouce, une troupe de dix soldats - sur un millier disponible - court après le chef ennemi
...), des personnages insipides (le méchant est anecdotique, le soldat amoureux de Mulan est fade, les camarades de guerre sont transparents, et l'on manque d'adjectifs synonymes pour décrire l'ensemble des personnages mis à part celui de Mulan - sur qui l'intégralité du film se focalise au point de complètement oublier ceux qui l'entourent) et évidemment des choix qui fâchent. Non, on ne parle pas de l'absence de Mushu et du criquet (dommage, certes), ni de l'éviction des chansons (subjectivement : alléluia), mais bien du discours pseudo-féministe qui s'érige pour mieux s'écrouler la seconde d'après : à chaque scène dans laquelle Mulan est montrée comme une femme valeureuse (lorsqu'elle choisit
de révéler son genre plutôt que d'attendre que cela soit découvert, lorsqu'elle est récompensée pour sa bravoure par l'Empereur
) correspond directement une scène d'excuses à genoux implorant le pardon (d'être une femme, dans les cas présents) des hommes... Aussi écœurant que contre-productif. On a également lancé un avis de recherche pour l'humour (certainement perdu dans la bataille) et pour les effets spéciaux (quand on voit leur poule voler, on a des doutes sur le fait qu'ils aient jamais vu cet animal en vrai... Sans parler des rubans en soie qui sont des armes de masse, pour eux...), donnant un film d'une platitude incroyable. On se contentera alors des costumes bigarrés magnifiques et des décors impressionnants : honneur et prospérité aux décorateurs et costumiers, uniques défendeurs de l'art dans ce McDo filmique. Au final, beaucoup de bruit pour rien, ce film (très) fade aux allures de "ni fait, ni à faire", donne des envies de hara-kiri.