Béliers
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Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 décembre 2015
Un film venu du froid et des antipodes que ce « Béliers ». En effet, il nous vient de ce sublimissime pays qu’est l’Islande, petit confetti excentré près des latitudes boréales de notre hémisphère nord. Et oui l’Islande produit une dizaine de films par an et celui-ci a réussi à se frayer un chemin dans nos salles par la grâce de sa présentation à Cannes, sélection un Certain Regard, cette année. Sélection dont il a gagné le Grand Prix, amplement mérité.
« Béliers » est un film d’une simplicité inouïe, mais dans le bon sens du terme. De ceux qui vous touchent en plein cœur sans crier gare. Voyez plutôt : deux fères qui ne se parlent plus mais vivent côté à côte sont éleveurs de moutons. Une maladie va toucher leurs troupeaux respectifs et les forcer à rétablir des liens… Une chronique rurale autant qu’un drame familial qui n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour vous émouvoir.
Vendu à tort comme une comédie, on est pourtant en plein sur des terres dramatiques ici. La difficulté de l’élevage en milieu rural est évoquée, on nous montre la dure vie de célibataire islandais et fermier (la scène du repas de Noël est truculente !) mais c’est les rapports fraternels qui sont surtout mis en avant ici. Alors oui il y a ça et là deux ou trois moments qui nous permettent de rire. Un humour très scandinave comme cette scène tout aussi touchante que drôle qui voit Gunmi ramener son frère ivre mort en bulldozer à l’hôpital le plus proche. Mais la tonalité est grave tout comme le sujet.
Si la fin est quelque peu abrupte, quoique gorgée d’émotion, et que certaines langueurs se tiennent tout le long du film, « Béliers » est hautement recommandable par sa rareté, encore une fois sa simplicité et sa beauté glacée. Les paysages islandais sont superbement cadrés alors que le film ne se déroule pas dans les plus beaux endroits du pays. Avec peu de dialogues et une action confinée quasiment à la ferme des deux frères, Grimur Hakonarson réussit un joli film à découvrir de toute urgence.
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 décembre 2015
Un film islandais c'est trois promesses tenues à coup presque sûr : une histoire singulière, un humour noir et absurde, des paysages sublimes. Béliers, Prix Un certain regard à Cannes, correspond en tous points à cette description bien que le récit soit plutôt tragique, en fin de compte. Le film est en tous cas on ne peut plus islandais, ancré dans la réalité rurale, avec ces ovins qui sont davantage que partie intégrante du pays, de véritables symboles identitaires avec lesquels la population a développé une relation qui est de l'ordre de l'émotionnel. Sans avoir l'air d'y toucher, au fil de scènes qui peuvent nous apparaître simplement excentriques, à l'aune de notre culture, Béliers touche assez profondément à l'âme islandaise, indéfinissable, avec ses jours sans lumière, sa langue incompréhensible, son climat invraisemblable et ... bien sûr, ses moutons au caractère bien trempé.
dolphinus31
dolphinus31

4 abonnés 29 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 décembre 2015
Quel bonheur de voir ce film ! Un grand bol d'air frais, des paysages sublimes, des personnages attachants .. loin de nos villes et de nos preoccupations materialistes. A voir absolument.
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 décembre 2015
L’an passé, le réalisateur islandais Benedick Erlingsson ( comme son nom ne l’indique pas c’est un homme) nous offrait des Chevaux et des Hommes, ni vraiment un film, ni vraiment un documentaire, mais un peu des deux, 1h 21 au milieu de magnifiques chevaux, évoluant dans des paysages époustouflants où l’on ressent en permanence la force de la nature…même impression dans Bélier film d’un autre réalisateur islandais, Grimur Hâkonarson, couronné par le prix « un certain regard » au dernier festival de Cannes ..qui pourrait s’appeler des moutons et des hommes, ou deux béliers et deux frères…un puissant poème à la terre d’Islande, à la fois réaliste, tragique et parfois burlesque…Gummi et Kiddi sont deux frères qui vivent dans des fermes voisines, tous deux célibataires mais qui ne se parlent plus depuis 40 ans, on croit deviner que cela résulte d’un partage mal accepté à la mort du père… spoiler: le burlesque est que pour communiquer, il utilise le chien de Kiddi pour porter des messages de l’un à l’autre
…tous deux sont profondément investis dans l’élevage des moutons et la valorisation de la lignée d’un bélier d’exception, Bolstad dont le tête trône dans l’entrée de Gummi.…comme leurs moutons sont laineux, ils sont chevelus et barbus, et le casting ou le maquillage est tellement bien fait, que l’on se prend à les confondre…le grand événement de l’année est le concours de béliers…Kiddi le gagne spoiler: d'un demi-point , pour quelques muscles de plus que le bélier de Gummi.
Après la remise des prix, Gummi vexé s’éclipse et va discrètement tâter le bélier de son frère et le soupçonne d’être atteint de la tremblante …le diagnostic étant validé par la vétérinaire, le drame s’installe dans ce coin perdu, les autorités sanitaires imposent l’abattage de tous les troupeaux, la désinfections des bergeries….c’est la consternation dans la vallée, spoiler: malgré les subventions car l’élevage est interdit pour deux ans…Kiddi se réfugie dans la boisson, Gummi entre en résistance et cachera dans sa cave son bélier et quelques brebis…la fin du film dans une image d’apocalypse peut s’interpréter selon le désir du spectateur
…Ce n’est pas un film bavard, loin de là, ces deux frères sont des taiseux mais ils savent parler avec beaucoup de tendresse à leurs moutons…les images d’étendues glacées balayées par le vent, sont superbes…Dieu que l’Islande est belle !!!
chas
chas

38 abonnés 180 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 décembre 2015
Le mouton est l’animal universel, des déserts les plus chauds jusqu’à l’Islande. Nous apprécions, sans nous attarder, des paysages enneigés assez peu explorés au cinéma avec les troupeaux de deux frères, vieux garçons qui ne se parlent plus depuis quarante ans. Nous sommes dans une comédie taiseuse avec concours de béliers et voisinage hostile quand une épidémie de tremblante du mouton s’annonce. Les deux entêtés vont finalement se réconcilier lorsque le blizzard balaye un passé absurde de solitudes juxtaposées.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 décembre 2015
En décernant son prix principal à Béliers, le jury de la section Un certain regard de Cannes 2015 a fait preuve d'un rare discernement.

Le deuxième film de Grimur Hakonarson est en effet une réussite totale.

D'abord, il y a ces paysages islandais infinis, aussi impressionants dans l'immensité verdoyante de l'été que dans la pénombre hivernale. Il y a ensuite ces deux acteurs époustouflants, deux frères silencieux depuis des années, tout en habitant l'un à côté de l'autre, et qui ne communiquent plus que par chien interposé.

Mais l'intérêt du film réside surtout dans l'évidente intelligence du scénario et du montage. A partir d'un prétexte ultra simple (une maladie décime les moutons), Hakonarson parvient à construire une oeuvre qui est à la fois un western haletant, un thriller ovin à fort suspense, et une comédie au neuvième degré, qui peut être désopilante.

Béliers est à ce titre un très bel exemple d'humour islandais : une distanciation pince-sans-rire, qui rappelle l'humour british, en plus cruel, avec des pointes de suréalisme rugueux.

La mise en scène est sûrement la plus belle que j'ai pu voir cette année au cinéma : chaque plan parait à la fois simple, beau et indispensable. La beauté plastique du film est entièrement mis au service d'une dramaturgie réglée de façon millimétrique.

Un superbe morceau de cinéma, à découvrir absolument.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 décembre 2015
Une haine viscérale désunit depuis 40 ans deux frères, éleveurs de moutons, dans des fermes voisines quelque part en Islande. Rien ne semble pouvoir mettre un terme à cette terrible querelle et surtout la victoire de l’un sur l’autre, au concours annuel du meilleur éleveur. Quand une terrible épidémie s’abat sur le cheptel, l’un va se résigner, l’autre se rebeller et les deux vont peut-être alors refaire la paire. Grímur Hákonarson qui connaît bien son troupeau nous le fait découvrir en amoureux fou de ces paysages solitaires, à perte de vue dans une tragi-comédie où l’humour islandais pense le drame et l’amertume qui en ressort. De très beaux portraits de gens de là-bas qui ne veulent pas voir la vallée s’endormir.
Pour en savoir plus
vincenzobino
vincenzobino

132 abonnés 390 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 décembre 2015
Magnifique évasion islandaise sous forme de rivalité fratricide paysanne.
N'ayant vu que la bande-annonce et rien d'autre sur ce film, cette dernière me rappela la grande peur dans la montagne ou une épidémie frappait des bêtes et montrait le côté sauvage de l'homme.
Et c'est exactement le cas pour les deux premiers tiers du film: l'on suit Gummi et Kiddi, partageant le même domaine d'élevage et une sorte de rancune faisant qu'ils ne s'adressent plus la parole depuis bon nombres d'années. Une épidémie frappant leurs troupeaux va mettre au grand jour ce différend.
Ce film nous offre plusieurs facettes de l'Islande: des paysages somptueux pour visiter mais un climat des plus hostiles; les difficultés (financières principalement) rencontrées par les éleveurs et une solidarité ayant du mal a se faire accepter.
Mais il s'agit surtout d'un très touchant témoignage sur les liens du sang indélébiles et les quinze dernières minutes en sont un très bel exemple quand face a la vie ou a la mort, l'amour gagne souvent (si seulement ce pouvait être toujours le cas).
2 acteurs magnifiques, une BO remarquable et des prises de vues nous projetant sur place et nous faisant ressentir ce froid glacial et cette luminosité a la fois.
A recommander vivement...
velocio

1 538 abonnés 3 500 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 décembre 2015
Petit pays de 320 000 habitants, l’Islande arrive à produire une dizaine de films par an. Un peu comme si la France produisait 2 000 films chaque année ! "Béliers" est le deuxième long métrage de fiction de Grímur Hákonarson, jeune réalisateur de 38 ans et ce film a obtenu le Prix Un Certain Regard lors du dernier Festival de Cannes. C'est un film dans lequel on ne s’ennuie jamais sur un monde qui est en train de disparaître et qui est étranger à la plupart d’entre nous. Son histoire, Grímur Hákonarson la raconte en utilisant souvent, de façon très intelligente, des plans séquence qui ont toujours la bonne durée, l’action se mettant à rebondir au moment précis où on pense qu’il ne va plus rien se passer. Le premier long métrage de fiction du réalisateur islandais Grímur Hákonarson n’avait pas eu droit à une sortie dans les salles hexagonales. Grâce à Un Certain Regard, le deuxième, "Béliers", arrive donc sur nos écrans. Une bonne occasion de faire connaissance avec un réalisateur très prometteur.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 novembre 2015
ce film islandais nous transporte ds une dimension intemporelle, celle des etres humains relies visceralement a leurs betes leurs terres leurs patrimoines melant avec subtilite des emotions tres contrastees mais infiniment touchantes..le tragique ...au cocasse...ce film est d une beaute saisissante ...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 mai 2015
Ce film est un pur chef-d'oeuvre. Il se distingue par son scénario très original. L'image est magnifique dirigée par un directeur de la photographie hors norme. Les acteur sont très bon. Rien à dire. Il mérite grandement sa palme d'or un certain regard.
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