L’an passé, le réalisateur islandais Benedick Erlingsson ( comme son nom ne l’indique pas c’est un homme) nous offrait des Chevaux et des Hommes, ni vraiment un film, ni vraiment un documentaire, mais un peu des deux, 1h 21 au milieu de magnifiques chevaux, évoluant dans des paysages époustouflants où l’on ressent en permanence la force de la nature…même impression dans Bélier film d’un autre réalisateur islandais, Grimur Hâkonarson, couronné par le prix « un certain regard » au dernier festival de Cannes ..qui pourrait s’appeler des moutons et des hommes, ou deux béliers et deux frères…un puissant poème à la terre d’Islande, à la fois réaliste, tragique et parfois burlesque…Gummi et Kiddi sont deux frères qui vivent dans des fermes voisines, tous deux célibataires mais qui ne se parlent plus depuis 40 ans, on croit deviner que cela résulte d’un partage mal accepté à la mort du père…
le burlesque est que pour communiquer, il utilise le chien de Kiddi pour porter des messages de l’un à l’autre
…tous deux sont profondément investis dans l’élevage des moutons et la valorisation de la lignée d’un bélier d’exception, Bolstad dont le tête trône dans l’entrée de Gummi.…comme leurs moutons sont laineux, ils sont chevelus et barbus, et le casting ou le maquillage est tellement bien fait, que l’on se prend à les confondre…le grand événement de l’année est le concours de béliers…Kiddi le gagne
d'un demi-point , pour quelques muscles de plus que le bélier de Gummi.
Après la remise des prix, Gummi vexé s’éclipse et va discrètement tâter le bélier de son frère et le soupçonne d’être atteint de la tremblante …le diagnostic étant validé par la vétérinaire, le drame s’installe dans ce coin perdu, les autorités sanitaires imposent l’abattage de tous les troupeaux, la désinfections des bergeries….c’est la consternation dans la vallée,
malgré les subventions car l’élevage est interdit pour deux ans…Kiddi se réfugie dans la boisson, Gummi entre en résistance et cachera dans sa cave son bélier et quelques brebis…la fin du film dans une image d’apocalypse peut s’interpréter selon le désir du spectateur
…Ce n’est pas un film bavard, loin de là, ces deux frères sont des taiseux mais ils savent parler avec beaucoup de tendresse à leurs moutons…les images d’étendues glacées balayées par le vent, sont superbes…Dieu que l’Islande est belle !!!