La bande annonce ne m’avait pas convaincu du tout, pas plus que le pitch. Je ne sais pas, ça me semblait trop bizarre. Cependant je n’ai pas voulu rester idiot, et c’est sans aucune attente particulière que je me suis lancé dans le visionnage de ce "Personal shopper". Oui, eh bien il y a des fois où il vaut mieux rester idiot. Parce que qu’est-ce que c’est lent ! C’est gras du mou comme c’est mou de gras. Du haut de mes futures 46 piges, j’ose avouer tout de même que si je me suis montré curieux de voir ce film, c’est en raison de la présence de Kristen Stewart que j’avais trouvé très convaincante à travers la saga "Twilight". Ici, elle interprète à mon sens très bien une jeune personne tracassée par la disparition de son frère jumeau, au point de se retrouver totalement perdue à rechercher des réponses pour le moins très hypothétiques. Son jeu d’actrice est bon, même s’il est agaçant de voir quelqu’un tirer la tronche la plupart du temps, doté en prime d'un regard azimuté. Mais on s’y fait. Curieusement, on s'y fait. Le plus dérangeant est que plusieurs intrigues ont été mélangées. D’abord le titre : il est relativement trompeur : certes le film s’attarde beaucoup sur la célébrité, et plus particulièrement la mode et ses faux-semblants, mais ce n’est pas pour autant le thème principal. Etre personal shopper constitue un beau prétexte au contexte thrilleritique dans lequel évolue Maureen (Kristen Stewart) pour trouver un épilogue euuuh... comment dire ? "brillant" (accessoirement parlant). Seulement voilà : on tourne en rond dans de longues séquences d’échange de SMS et les marathons opérés dans les boutiques de luxe. Personnellement, si je devais recevoir ce genre de messages, je couperai vite court : ça fait flipper et on voit très rapidement que ces missives cachent une réelle volonté de manipuler. Manipulation à laquelle il peut être tentant (c’est vrai) de céder au moins une fois, juste par curiosité, surtout quand on ne sait plus se protéger. Pendant ce temps-là, on perd le fil rouge ; et le spectateur en vient à oublier la quête personnelle de Maureen et les réponses attendues, tout comme elle l’a plus ou moins oublié. "Personal shopper" semble comporter deux histoires bien distinctes. Les seules choses qui les lient est la souffrance et la fragilité. Pourtant la mise en scène est effectivement pas mal (primée au Festival de Cannes 2016) : elle colle au plus près de la réalité, tout comme la bande son où on constate rapidement l’effet de résonance que provoque l’absence de meubles dans une pièce, ou encore les grincements d’un vrai parquet. Seulement voilà : je ne sais pas vous, mais j’ai toujours du mal avec les films primés à Cannes. Ça se vérifie une fois de plus, et quand je vois l'ensemble des avis des internautes, je constate avec un certain soulagement que je suis loin d’être le seul. Car je n’ai finalement pas bien compris le cheminement du film : tout ça pour revenir comme ça d’un seul coup d’un seul sur ce qui nous intéressait en début de film. Alors qu’on se dirigeait vers quelque chose de flippant, ça devient bof et d’une platitude extrême. Il n’y a même pas de musique pour porter quoi que ce soit. Les premières notes n’interviennent qu’à la trentième minute, avec Maureen en scooter… Sauf que je me demande bien à quoi elle sert à ce moment-là… Et c’est ainsi à d’autres moments du film. Ça me fait l’effet que le compositeur se serait réveillé entre deux siestes durant le montage pour jeter en vrac les quelques notes qu’il avait écrites. Pas vous ? En attendant, c’est 1h50 de perte de temps : ennuyeux, inintéressant, bref à oublier. Oui on s’ennuie ferme malgré le regain d’intérêt lorsque Maureen entre pour la dernière fois dans l’appartement de Kyra… Ne vous y fiez pas, ce sursaut sera de courte durée.