Après avoir vu Les Diaboliques, L'assassin habite au 21, Quai des Orfèvres et le Salaire de la Peur qui sont tout les quatre d'excellents films et même des chef-d'œuvres, j'attendais beaucoup de bonne choses de ce film. Mais hélas, Le Corbeau c'est avéré être un film nettement en dessous de ceux cités précédemment pour ma part. Si l'on retrouve avec plaisir les fidèles de Clouzot tels que Noël Roquevert, Pierre Larquey ou encore Pierre Fresnay et que la réalisation toujours aussi sobre et belle nous offre quelques superbes, on ne pourra qu'être déçu du manque de souffle, de rythme de ce film. En effet l'intrigue et très intéressante : la pression sur les habitants d'un petit village qui petit à petit sont amenés à révéler leurs secrets et un très bon thème, mais hélas le filon est mal exploité. Là où les Diaboliques nous tenait en haleine, Le Corbeau ennuie quelques peu. Quand au dénouement, il est assez chaotique ce qui est assez surprenant chez Clouzot qui avait pourtant déjà bien réussi le twist-ending de son précédent film. Au final on ne comprends pas les motivations de certains personnages clefs et même ceux du Corbeau semblent obscures à la fin du film... Le spectateur peut-il interprété librement ? Je ne crois pas que ce fut l'intention du réalisateur...
Que dire, vrai chef d'œuvre, Pierre Fresnay est magnifique en homme pétrit de rectitude morale plongé dans un univers où règne la haine, le mensonge et la discorde. Les notables ne jouent plus leur rôle. Le maire ne mobilise pas ses concitoyens, il semble au contraire craindre leurs réactions et ne prend aucune décision. Le magistrat n'enquête pas, il cherchent des coupables faciles pour apaiser la foule. Le sous-préfet est vite déplacé, pour sa plus grande satisfaction. Les médecins en nombre ne soignent plus (excepté Pierre Fresnay). La police est aux abonnés absents. Lorsque la foule est présente (église, enterrement), elle est tenue à distance même si son hostilité reste palpable. La pression ne fait qu'augmenter et annonce l'orage révolutionnaire. Les délations se propagent et se multiplient au rythme accéléré d'une contagion virale. Mais en même temps le réalisateur nous propose de beaux portraits de femmes, premières victimes de ces délations. Les révélations du corbeau mettent à nues des vérités qui distillent des parts d'humanité, les masques tombent. Les liens amoureux se révèlent et s'affermissent au milieu de la tempête. En fin de compte qui est donc ce mystérieux corbeau si bien renseigné ? Signalons enfin que la mise en scène est au niveau du scénario et de la qualité de jeu d'acteurs. C'est un joyeux rare issu d'une période sombre de notre histoire, ceci explique peut-être cela …
décidément, j'ai de la chance, encore un film génial. Je vais m'intéresser davantage au cinéma français.. Pierre Larquey ( je crois bien que c'est son nom ) est un acteur de génie.
Ce film de Clouzot résiste bien moins à l'usure du temps que d'autres réalisations, comme les diaboliques, le Salaire de la peur, l'assassin habite au 21 ou la vérité. Certes le scénario est plutôt bien construit, mais l'intensité dramatique du vécu des habitants harcelés par les propos du Corbeau, ne franchit pas souvent l'écran pour émouvoir le spectateur; Les rôles masculins ont mieux interprétés que les féminins comme dans beaucoup de films de cette époque et le dénouements 'il est bien préparé, n'est en fait guère éclairé si ce n'est par le cliché habituel du psychiatre psychopathe
Inspiré d'un fait divers, un grand film noir de Clouzot, tourné durant l’Occupation, qui dénonce froidement la délation dans une France rurale, sournoise et étouffante.
Deuxième film de Clouzot sorti en 1943 qui pour la petite histoire est particulièrement connu pour avoir été mal vu lors de la Libération par la résistance, voyant en lui un côté subversif envers le peuple français, stigmatisé comme étant délateur. On peut en effet y voir une allégorie avec ces lettres anonymes accusatrices et calomnieuses tournant autour du docteur Germain, qui lui se sachant innocent va se mettre à la recherche de l'identité du "Corbeau". Clouzot montre là tout son talent de réalisateur et metteur en scène, les plans et mouvements caméra sont étudiés au millimètre, il y a quelques travellings ingénieux et la photographie est, durant certaines séquences, magnifique; la direction d'acteur est irréprochable, Pierre Fresnay et Pierre Larquey signent une interprétation de haut vol. L'histoire est intéressante et se développe bien durant la première demi heure mais je trouve qu'elle s'enlise un peu au milieu du film, la multitude de personnages secondaires rend moins lisible l'intrigue et on y perd un peu en degré d'immersion. Une fois la trame recentrée on suit plus nettement le film, et le final est plutôt réussi quoi qu'un peu trop prévisible d'un certain sens, mais il est facile aujourd'hui de décrypter ce genre de mécanisme, je n'en tient pas trop rigueur. "Le Corbeau" est un bon film dramatique, la signature Clouzot y est déposée sur le cinéma français, le réalisateur sera d'ailleurs finalement acquitté en 1947 de cette malencontreuse affaire de collaboration culturelle avec l'Allemagne nazi et reviendra en force avec "Quai des Orfèvres".
La force d'un grand film c'est que même des décennies après son achèvement, son propos reste d'actualité. C'est tout à fait le cas du thriller/ drame de Clouzot. Grâce à des dialogues remarquablement écrit, ainsi qu'à une réalisation et à un montage très moderne pour l'époque.
J’ai lu une fois que le 7ème Art en France avait crée ses plus belles œuvres lors de l’occupation allemande durant la 2nde guerre mondiale. Je n’ai pas vu toutes ses productions du début des années 1940 mais Le Corbeau est certainement un des plus beaux films du cinéma français. Un suspense remarquable qui scrute la personnalité de chacun des protagonistes. Le Corbeau est intelligent et passionnant à voir.
Le Corbeau est l'un des plus grands films d'Henry Georges Clouzot. L'histoire se déroule dans une petite ville de province, où le docteur Rémy Germain commence a recevoir des lettres anonymes signées " le corbeau ", l'accusant d'avortements. Finalement d'autres habitants de la ville en reçoivent a leur tour. Tout le monde se soupçonne et craint de devenir la prochaine victime du " corbeau ". Fort d'un scénario absolument génial de Louis Chavance, ce long métrage du réalisateur des Diaboliques restera comme l'un des meilleurs films français des années 40. La mise en scène est minutieuse et l'atmosphere extrêmement lourde et pesante. Les interprètes sont tous excellents, que ce soit Pierre Fresnay dans le rôle du Dr Germain, Pierre Larquey dans celui du Dr Vorset ou encore Ginette Leclerc dans le rôle de Denise Saillens, tous contribuent au fait que ce film soit devenu un classique du cinéma français. Voila donc un film qui mélange suspense, policier et drame et que je conseille vraiment a tous, car le résultat final est sans appel: il s'agit veritablement d'un chef d'oeuvre comme le cinéma français ne serait plus capable de nous offrir à l'heure actuelle, et il serait vraiment dommage de passer à côté.
Une bonne intrigue bien menée de bout en bout mais finalement aucune surprise dans tout ceci . Les rebondissements ne m'ont pas surpris, les twists qui s'enchainent vers la fin non plus . Et encore moins la révélation finale, je m'y attendais tout en me fichant de savoir qui était le corbeau . Aucune surprise donc bien que ce soit très bien traité, le scénario est bien écrit, les acteurs jouent très bien et globalement c'est bien rythmé donc 0 ennui durant le film . Un peu déçu donc, avant tout car je n'ai pas été surpris mais déçu a cause de sa très grande réputation .