Le Corbeau
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pietro bucca
pietro bucca

93 abonnés 1 354 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juin 2013
Rares sont les vieux films qui soient aussi prenant. Un grand classique.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 juin 2013
1943. Un film produit par les Allemands, la censure hexagonale est mise de côté : feu à volonté sur la morale Française - mais aussi quelque part envers l’occupant- .Quel double tour de force envers Anastasie !

Au final, le qualificatif approprié pour ce film serait « jouissif ».

Alors oui c’est du théâtre plus que du cinéma, oui les personnages sont artificiels, mais qu’est ce que l’on s’amuse - et ce n’est pas une comédie - ! Les talents de mystificateur de Clouzot sont ici bien à leur aise.
Juger plutôt le tableau : un vieux psychiatre à la mine espiègle et aux airs de vieux renard. Un docteur circonspect égaré en pleine province. Une vielle fille nymphomane qui a tout à prouver, une ravissante assistante sociale, une bigote mal aimable, un maire débordé, le colonel avec le chandelier dans le salon, etc…. Tout ce petit monde se polarise, s’épuise, se scinde en binômes antagonistes, marqué par le ressentiment. Mais celui(celle) qui mène la danse reste inconnu(e) pour de bon…

Ce film à une vie en arrière plan, derrière sa trame. Les symboles occultes se superposent, des éléments restent sans explication: que signifie cette ampoule ? Cette ombre grandissante ? Quel est le sentiment profond de notre bon docteur ? Qui a manqué à la morale ? Et quelle morale ? Comment interpréter l’histoire de Rolande ? Et comment interpréter les paroles des deux postiers, du docteur à la cigarette allumée lorsque le soldat passe à la fenêtre ? Et bien d’autres choses encore, qui ne seront pas résolus à la fin du film…Les paris sont ouverts.

Cette liberté de propos hors de toute chapelle, quelle indécence ! Décidément, ce brave Clouzot est encore aujourd’hui bien provocateur…
Louis Morel
Louis Morel

62 abonnés 850 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 avril 2013
Doté d'une intrigue originale, "Le Corbeau" surprend par ses dialogues d'une rare violence pour un film de 1943, très en avance sur son temps.
gimliamideselfes

3 451 abonnés 4 018 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mars 2013
Je n'ai vu que peu de Clouzot, deux si mes souvenirs sont exacts et je dois avouer que si je me souviens très bien du moment où j'ai vu Quai des orfèvres, je n'ai aucun souvenir du film. Ce qui n'est pas le cas du Mystère Picasso que j'avais adoré et dont je me souviens très bien.

Le corbeau est déjà un film qui va frapper par sa mise en scène, inventive, belle et qui va réussir à instaurer un climat assez paranoïaque dans le film. Parce que ce qui est bon dans ce film, ce qui est jouissif, c'est réellement cette ambiance de paranoïa constante. Qui est le corbeau ? Est-ce que ces allégations sont vraies ? On est pris dans la tourmente de ce village sans le moindre temps mort.

Le film s'offre même une scène purement cauchemardesque où la bonne soeur chassée par la foule court dans les ruelles vides du village. On entend juste en hors champ la foule s'avancer vers elle à toute vitesse. On a un climat de terreur et on comprend quelque part dans cette fuite qu'elle ne peut pas être coupable vu à quel point elle est terrorisée.

Ce que j'aime également c'est d'avoir retrouvé un petit côté Ruban Blanc d'Haneke. Il s'est passé quelque chose mais on ne connaît pas le coupable. Et ceci dans une communauté fermée où tout le monde se toise pour tenter de découvrir le coupable. Mais ceci mêlé avec un côté assez malsain du tribunal populaire qui aurait pu rappeler Fury de Lang.

J'ai trouvé ce film vraiment très bien mené.

La chose qui m'a gênée, c'est que j'aime bien cherché le coupable dans ce genre de film et pour moi c'était un peu une évidence. Je n'ai pas été surpris. J'avais décidé que ça allait être cette personne au début et finalement même si le film met des doutes je n'ai pas changé d'avis et finalement j'avais raison.

J'aurai aimé être plus surpris (sans que ça tombe du ciel pour autant, faut pas exagérer non plus). Et la fin m'a un peu dérange dans le genre ça tombe un peu du ciel quand même.

Après c'est un bon film, mais j'aurai aimé "plus", je n'ai pas été complètement contenté.
NeoLain

5 904 abonnés 4 745 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 octobre 2012
Henri-Georges Clouzot enveloppe ce film ou l'on peut écrire dessus "chef-d'oeuvre". Ce film français s'inspire d'un fait divers qui se passa en 1920, c'est l'affaire de Tulle. Et c'est pas la dernière fois, car il se passa en France et même encore assez récemment ce genre de mystère qui souvent complexe, plane la plupart du temps dans des villages reculés ou tout parait tranquille, ou tout le monde se connait sans vraiment se connaitre. Clouzot connaîtra dans son oeuvre bien des malheurs, comme l'interdiction de son film lors de la libération de la France (seconde guerre mondiale). Le corbeau représente le drame bien agencer, ou l'intrigue ce joue de nous, laissez-vous coller devant cette histoire comme vous colliez un timbre dans la hâte sur une lettre qui ai importante.
Buzz063
Buzz063

101 abonnés 919 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 juillet 2012
Certainement le film français le plus important sorti durant la guerre. Clouzot s’attaque en même temps à deux sujets tabous dans la France de l’époque, les lettres de dénonciation et l’avortement. Le cinéaste met tellement bien le doigt là où ça fait mal qu’il sera condamné après la guerre à une interdiction d’exercer à vie qui sera levée deux ans plus tard.
Le film multiplie aussi les prises de risques avec ses personnages. Non seulement son personnage principal est un médecin qui pratique les avortements sans s’en cacher, mais il fait également de son héroïne une estropiée et d’un respectable médecin un accro à la morphine.
Le réalisateur évoque la période de l’occupation de façon uniquement indirecte, ne montrant aucun soldat et restant flou autant sur le lieu de l’action que sur la date. Le Corbeau commence d’ailleurs par un panneau désignant « une ville parmi d’autres ». Clouzot dépeint l’atmosphère étouffante et une certaine paranoïa avec beaucoup de finesse. Henri-Georges Clouzot filme également avec un certain plaisir comment se fissurent les apparences et comment se dévoile l’hypocrisie générale d’une petite ville de province.
Le cinéaste dispose pour cela d’un scénario solide mis en scène avec une rare intelligence. Par exemple, lorsque Marie Corbier est pourchassée par la foule en colère, le réalisateur parvient en quelques plans cadrés avec soin à traduire aussi bien la menace que le tourment intérieur du personnage de l’infirmière.
Jipis
Jipis

45 abonnés 360 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 juin 2012
Y a-t-il une frontière entre le bien et le mal ? Dans une ampoule lancée manuellement se balançant de gauche à droite ou est l’ombre ou est la lumière ? Si une main tente de stopper ce mouvement semblant éternel, une douleur instantanée libère la main de l’ampoule en redonnant vigueur à ce Ying Yang sombre et lumineux.

Un climat particulier déclenche haines et dénonciations collectives, semant désordres et vengeances dans un contexte préalablement trop passif. Soudainement activé par un mécanisme invisible, un microcosme épargné implose de l’intérieur en déroulant inexorablement une implacable théorie des dominos

Considéré comme anti Français avec un résidu boulevardier le corbeau et avant tout un laboratoire expérimental contenant dans son noyau une machine nauséabonde suspicieuse et délatrice prête à l’emploi.

Le Polar sert une fois de plus de cache misère à un cinéma ayant momentanément perdu dans un contexte particulier une liberté d’expression. Le Corbeau tout en paraissant déconnecté d’un climat historique imposant œillères et silences saupoudrent quelques messages.

L’œuvre est initiatrice, un maître de jeu démontre par quelques missives bien pendues la fragilité psychologique de ses concitoyens.

Le cinéma Français en ces années d’occupation effectue par des scénaris répétitifs une lessive interne montrant des habitants désemparés, désunis, broyés par un logiciel démoniaque lancé sur un marché déserté rapidement par la résistance et la bravoure.

Le Corbeau n’échappe pas à la règle, une bourgade s’autodétruit en refusant la cohésion contre une pestilence initiatique. Le corbeau est l'ampoule délivrant la lumière ténébreuse d'âmes inconsistantes.

Tous ces esprits brusquement perturbés se déchirent au lieu de lutter solidairement contre un appareil destructeur. Il n’en faut pas plus pour établir un état des lieux lâche et dénué d'un esprit de groupe.

Le peuple France juge négativement certains de ses comportements en images ceci par l'intermédiaire de ses propres enfants, voila de la manne pour un occupant n’ayant pas d’appréciation à opérer sur les comportements en interne d’un pays conquis.

Le Corbeau possède un esprit auto immolateur offert à un maître éphémère. Un point de l’hexagone livre un huit clos sordide, une citoyenneté lâche, divisée au premier soubresaut.

Le professeur Vorzet explique admirablement l’impossibilité de fractionner ombres et lumières dans une figure décente préférant favoriser le symbole éternel de l’incertitude celui-ci devenant une procédure existentielle. Le docteur Remi Germain entamé se met à douter.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

193 abonnés 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 novembre 2020
D'emblée, ce qui frappe dans « Le Corbeau », c'est sa photographie remarquable. Les plans du tout début sont magnifiques, dans un noir et blanc contrasté qui illumine de belles prises de vues d'un petit village. Mais très rapidement, Clouzot filme des murs, des fenêtres, bref : l'enfermement. Le fond se coule alors dans la forme : nous sommes au cœur d'un épisode éprouvant, un corbeau fait chanter les notables de ce village. Ce qui fait froid dans le dos, c'est que si personne n'est épargné par les racontars du délateur, tout le monde semble coupable, de la jeune adolescente aux personnes âgées. Tous ont quelque chose à se reprocher, et les lettres du corbeau deviennent comme un jeu visant à faire ressortir toute l'ignominie, les moindres petits défauts de l'être humain.
Clouzot se fait bien sombre et pessimiste quand à l'humanité, qui s'entredéchire ici dans une spirale qui semble sans fin. Le contexte du tournage de ce long métrage n'y est pas pour rien : sorti en 1943, sous l'Occupation, la délation était à l'époque un sport national, et Clouzot dépeint ici tout le mépris qu'il avait pour ce procédé. Mais il en profite aussi pour mettre en lumière les ambiguïtés de la société d'alors : l'avortement était moralement réprouvé, mais dans les faits pratiqué, parfois de façon horrible, au risque d'y perdre la vie, parfois avec l'aide d'un médecin. Il est aussi question de drogue et d'adultère, des sujets abordés assez frontalement et qui ont dû choquer à l'époque. D'ailleurs Clouzot fut inquiété pour avoir tourné pour la Continental, une firme allemande, sans doute car au fond il dérangeait trop l'hypocrisie ambiante, mais il en est ressorti complètement blanchi.
Si l'on peut qualifier Clouzot de misanthrope, par l'entremise de son héros le Docteur Germain (magistral Pierre Fresnay), il se fait le chantre d'une humanité blessée mais conservant une part irréductible de dignité et de grandeur. Germain n'est pas un héros monolithique, tout d'un bloc et d'un blanc pur. Il est entre deux, courageux, intègre, mais parfois lâche et faible. Pour autant c'est un homme estimable, car voué aux autres. Et s'il peut être dur avec les autres et surtout lui-même, il finit par s'ouvrir étonnamment, dans une situation qui peut sembler un peu bancale mais tellement réaliste et plus humaine que dans bien des films.
Le corbeau de ce long métrage, tout comme Clouzot, finit par révéler la vraie nature des protagonistes de cette histoire. Certains, attaqués violemment, tels Germain et Denise (magnifique Ginette Leclerc, toute en nuances et contradictions), se feront d'autant plus combatifs. D'autres, plus ambigus, montreront leur vrai visage, un visage d'une noirceur effroyable. Outre le fond de ce long métrage, je ne peux que saluer la forme, avec cette mise en scène qui réserve bien des morceaux de bravoure, où tout est dit dans un regard, une attitude, une parole. C'est visuellement l'un des plus beaux films de Clouzot, l'un des plus terribles aussi. Il faut dire qu'il est servi par des acteurs exceptionnels, Pierre Fresnay et Ginette Leclerc en tête, mais également ces fameux seconds rôles de l'époque, particulièrement savoureux : Pierre Larquey et Noël Roquevert notamment, mais aussi Héléna Manson, peut-être moins connue, et finalement toute la galerie des autres personnages.
Clairement, on ne fait plus des films comme ça de nos jours en France, aussi courageux et ambitieux, aussi brillants sur le fond comme sur la forme. Et c'est bien dommage, espérons que l'avenir nous réserve d'agréables surprises et que la France retrouve un savoir faire qui fut bien réel.
ASSRANCETOURIX
ASSRANCETOURIX

26 abonnés 320 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 août 2012
Le chef d'œuvre ! Le Chef D'œuvre absolu, par le meilleur metteur en scène Français de tous les temps ! Histoire magnifique d'une cruauté et d'une violence intellectuelle poussés au paroxysme, avec des dialogues et une mise en scène fascinante. Les numéros d'acteurs exceptionnels se succèdent avec un rythme magistral, servis par des mots aussi tranchants qu'un scalpel. L'autopsie d'une Ville, d'une foule, et d'individus en pleine ébullition. L’âme humaine décortiquée avec génie. Il est très piquant d'ajouter que la production de ce film qui dynamite tous les préjugés officiels, (avortement, bêtise des foules, institutions incapables.) se fit grâce à l'Occupation allemande, qui permit au réalisateur d'éviter la censure Française (qui laissait passer tous les films avec le label Germanique), Alors que la censure Allemande ne se préoccupait nullement des affaires entre occupés.
sword-man
sword-man

104 abonnés 1 017 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 février 2012
"Le corbeau" est un chef d'oeuvre sur tous les points. Ecriture, dialogues, personnages, jeu d'acteurs, photographie, ambiance, mise en scène. Mais ce qui a été encore plus frappant pour moi et j'ai rarement vu ça dans le cinéma français, c'est que "Le corbeau" est une vision de la france ou les tabous sont sans pudeurs, ou la paranoia évoquait l'occupation et la collaboration, ou la frontière entre le bien et le mal est quasiment inexistante, ou le cinéma est une réponse artistique aux enjeux du monde réel. L'un des plus grand film français de tous les temps, mais aussi un chef d'oeuvre du 7e art.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 25 janvier 2012
Belle réussite , j'ai pu cependant relever des incohérences visiblement présentes pour brouiller les pistes et ménager le suspense spoiler: ( l'air surpris de la femme du corbeau à la découverte de la lettre pour son mari qu'elle receptionne à la boite aux lettres la lettre qui tombe de la couronne mortuaire )
. Il est par ailleurs amusant de voir le corbeau dévoiler sa personnalité progressivement à son rival en laissant des indices sans même se faire prendre , la mise en scène est brillante , scène finale terrible .
Tendax_montpel
Tendax_montpel

43 abonnés 631 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2011
Une belle étude sur la dénonciation et la paranoïa collective. Du cinéma français de qualité avec des acteurs parfaits. Le film est un peu déroutant car le scénario ne s'accélère que très tard. Clouzot mise l'essentiel de sa réalisation sur le climat, l'atmosphère de soupçon.
cinephile74
cinephile74

21 abonnés 175 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 septembre 2011
Une étude magistrale sur l'hystérie collective assénée comme un uppercut à la face du spectateur. D'une modernité à toute épreuve. Bref, un chef d'oeuvre !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 5 août 2011
Un vieux film avec un jeu d’acteurs/actrices plutôt théâtral en comparaison avec celui qui est favorisé de nos jours. Les dialogues, voilés à cause de la piètre qualité du document ou/et de la sono, sont toujours incisifs, rebondissant et plongent le spectateur dans cette ambiance de suspicion générale, si proche de ce que l’on peut imaginer le quotidien d’une la France occupée. À noter : l’interprétation des méfaits par le psychiatre, qui se révélera être l’auteur des lettres anonymes, est freudien pure jus. Plusieurs rebondissements suscitent l’intérêt et rendent l’attention obligatoire.
cylon86

2 842 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 janvier 2018
C'est un chef-d'œuvre que signe ici Henri-Georges Clouzot avec ce thriller à l'atmosphère poisseuse où tout le monde soupçonne tout le monde (métaphore brillante du régime de Vichy et des délations fréquentes). Les rebondissements sont multiples et le cinéaste prend le soin de s'attarder sur ses personnages dont un impeccable Pierre Fresnay et un irrésistible Pierre Larquey. Le film n'a pas pris une ride et les répliques sont cinglantes. Personne n'est épargné dans ce film où les méchants et les bons se confondent. La seule certitude c'est le génie de Clouzot.
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