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Octavio Gry
24 critiques
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5,0
Publiée le 4 juin 2026
Film français produit par une société allemande durant l’occupation, il donne un portrait au vitriol d’une communauté bigote, hypocrite et corrompue, où surnagent quelques caractères purs. Parfois, le réalisme se teinte de fantastique, comme dans la scène d’ouverture où les portes s’ouvrent toutes seules devant la caméra. Dans le dernier plan du film, Fresnay regarde par la fenêtre des enfants qui jouent dans la rue, tandis que s’éloigne l’Ange de la vengeance: « on ne sacrifie pas le futur au présent. »
Dès son deuxième film, Clouzot frappe fort. Dans une petite ville où tout le monde se connaît sans vraiment se connaître, une série de lettres anonymes fait voler en éclats le vernis social. Clouzot ausculte des êtres ambivalents, pétris de contradictions, et refuse tout refuge moral. L'écriture est redoutable : fausses pistes, retournements, un suspense au compte-gouttes et une révélation finale efficace. La photographie est somptueuse, les cadrages serrés, les ombres portées travaillées au scalpel (la fameuse scène de l'ampoule qui oscille entre ombre et lumière reste pour moi un sommet de cinéma). L'atmosphère est étouffante mais traversée par un humour mordant qui donne au film un ton unique. Tourné en 1943 sous l'Occupation, Clouzot ose tout (avortement, délation, hystérie collective) et force la France à se regarder en face. Bien sûr, ça n'a pas plu à tout le monde ! Pierre Fresnay compose un héros sec et ambigu, ni sympathique ni détestable, tandis que Pierre Larquey, avec sa bonhomie suspecte, reste insaisissable. La rumeur, la suspicion, le lynchage décrits ici n'ont rien perdu de leur actualité plus de 80 ans après sa sortie. Un film intemporel, à voir et revoir.
Toujours un bonheur de revoir ce grand classique! Pas grand chose n'a vieilli, sauf peut-être le jeu de quelques seconds rôles, mais pour le reste, tout y est: la délation, les esprits étroits, l'étouffement d'une petite ville avant la guerre, la lâcheté, la méchanceté, et j'en passe. Un portrait au vitriol de la France profonde, d'autant plus réaliste qu'il est tourné en pleine guerre, et évoque de manière à peine détournée ce qui se passait réellement. Bien sûr, on n'oubliera pas que c'est justement parce qu'il a été tourné en pleine guerre, donc sous autorité allemande, que “Le Corbeau” suscita autant de controverses. Le temps a effacé cet aspect, pour ne conserver que les qualités exceptionnelles du film.
Produit (1943) par la " Continental" compagnie dirigée par l'occupant pendant la seconde guerre mondiale, " Le corbeau" est le deuxième opus de HG Clouzot et fait aujourd'hui figure de classique du cinéma français.
A la Libération, le film valut des ennuis au cinéaste qui se traduisirent par une interdiction de tourner pendant deux ans.
Bertrand Tavernier a largement expliqué, d'après le témoignage de Jean-Paul Le chanois ce que fût à son égard et envers d'autres, le comportement honorable de Clouzot pendant cette période.
" Le corbeau" est une très grande réussite à l'instar de " l'assassin habite au 21" premier opus de Clouzot.
Il y règne un climat, inquiétant, angoissant que le cinéaste parvient à traduire avec maestria. L'ensemble de la distribution, jusqu'au moindre rôle secondaire est constituée d'acteurs de premier ordre.
Pierre Fresnais qui fut parfois critiqué par certains pour son jeu est ici formidable. Il y a un côté Languien dans " Le corbeau" dans la mise en image et dans l'atmosphère paranoïaque qui s'en dégage.
Seule la résolution de l'énigme avec la figure du coupable est peut-être contestable dans le traitement apporté.
Inspiré d’un fait divers authentique, ce film d’Henri-Georges Clouzot se veut la vitrine peu reluisante d’une certaine population sous l’Occupation. Noirceur, paranoïa, délation, fausses pistes, rebondissements et suspense, le tout écrit avec intelligence et réalisé avec beaucoup de minutie et de maturité. Plus de 80 ans au compteur et pourtant « Le Corbeau », par sa modernité, n’a quasiment pas pris une ride. Un chef d’œuvre du cinéma français dont le titre est depuis entrer dans le langage courant.
Film très noir réalisé pendant l’occupation en France . Des lettres anonymes haineuses dénonçant les notables et surtout un médecin entraine progressivement une véritable psychose dans un patelin de la France rurale. Film noir par excellence avec un scénario habile , des retournements de situation, un sens du rythme, une photographie magnifique et des répliques cinglantes
Une plongée sombre dans les clairs-obscurs de l'âme humaine à travers l'atmosphère diffamatoire et délétère d'un petit village où chacun cache ses vices et lutte avec ses propres contradictions ou dilemmes. Du sacré bon cinéma , avec des acteurs hors pair . Rares sont les vieux films qui soient aussi prenant. L'histoire est intéressante et se développe bien durant la première demi heure mais je trouve qu'elle s'enlise un peu au milieu du film, la multitude de personnages secondaires rend moins lisible l'intrigue et on y perd un peu en degré d'immersion. La force d'un grand film c'est que même des décennies après son achèvement, son propos reste d'actualité. C'est tout à fait le cas du thriller/ drame de Clouzot. Grâce à des dialogues remarquablement écrit, ainsi qu'à une réalisation et à un montage très moderne pour l'époque. du suspence et de révélation qu'on attendais pas .
Magique! J'ai vu ce film au moins 5 fois mais je ne m'en lasse pas. Très noir mais quels comédiens. Une intrigue remarquablement élaborée. Un chef d'œuvre.
Ce film de Clouzot résiste bien moins à l'usure du temps que d'autres réalisations, comme les diaboliques, le Salaire de la peur, l'assassin habite au 21 ou la vérité. Certes le scénario est plutôt bien construit, mais l'intensité dramatique du vécu des habitants harcelés par les propos du Corbeau, ne franchit pas souvent l'écran pour émouvoir le spectateur; Les rôles masculins ont mieux interprétés que les féminins comme dans beaucoup de films de cette époque et le dénouements 'il est bien préparé, n'est en fait guère éclairé si ce n'est par le cliché habituel du psychiatre psychopathe
Le scénario est brillant, les acteurs jouent justes, la réalisation est maîtrisée tant au niveau de la photographie, que de la mise en scène, que du rythme, que du montage, les dialogues sont vifs et précis... en somme "le corbeau" n'a pas de point faible, mais il manque tout de même un petit quelque chose pour totalement emballer.
Le Corbeau est un film d'Henri-Georges Clouzot sorti en 1943. Ce long métrage est un chef d'œuvre à tous les niveaux. La réalisation sobre mais soignée confère une intimité à ce petit village souffrant des rumeurs colportées par le corbeau. La situation est très bien expliquée malgré le nombre important de personnages, les retournements sont nombreux et le suspens reste entier jusqu'à la fin du long métrage. Le scénario est magnifiquement écrit, avec des dialogues qui tapent juste (spoiler: la conversation sur le bien et le mal autour de la lampe entre Pierre Fresnay et Pierre Larquey est exceptionnelle ) et qui permettent une immersion totale dans cette univers de dénonciation, où l'âme humaine est explorée dans ses tréfonds les plus ambigus. Le tout est porté par un casting absolument incroyable : Pierre Fresnay est parfait dans ce rôle du docteur Germain, magnifiquement épaulé par les atouts charmes que sont Ginette Leclerc et Micheline Francey ainsi que par de nombreux seconds rôles emblématiques, notamment Noël Roquevert. Ce classique du film noir vieilli bien et pose des questions sur l'intelligence des hommes à comprendre leur environnement lorsqu'ils ne sont pas en position de forme qui sont toujours pertinentes aujourd'hui.
Henri-Georges Clouzot nous plonge dans une atmosphère de suspicion permanente de par une parfaite mise en scène, le tour bonifié par une excellente distribution.
Par moment il faut prendre le temps d’admettre que le temps passe et malheureusement ce magnifique film a lui aussi subit . En 2024 on peut s’accrocher en se disant : whaou quel film extraordinaire, non c’est un bon et beau film mais le sujet est devenu barbant. A voir pour ne pas être un idiot.