Le nouvel Halloween : 10 millions dépensés ; 80 millions récupérés dès le premier week-end aux States. Faut-il donc y aller ? Le John Carpenter de l’Halloween culte de 1978 trempe dans le projet ; le producteur d’horreur Jason Blum aussi (Paranormal Activity, Insidious, American Nightmare, Get Out…) le fiston du producteur légendaire de la franchise Halloween depuis l’origine (le film lui est dédié d’ailleurs –Mustapha Akkad) ; enfin, l’actrice Jamie Lee Curtis est la même que celle qui jouait la rescapée du massacre de 1978. Sans aucun doute, il faut y aller. Voir un film phénomène est toujours intéressant, même si le film est nul, car ça renseigne sur vos frères et sœurs de cinéma, et surtout sur le système fabricateur. On se retrouve donc à Haddonfield, dans l'Illinois, juste avant le 31 octobre ; on retrouve le dingue masqué, docteur es slasher, qui a eu le temps (40 ans) de perfectionner son organisation sadique (avant par exemple, il ne cherchait pas à sculpter une tête comme une citrouille d’Halloween) ; on retrouve les notes de musique de Carpenter qui faisaient peur –elles-mêmes fort proches de Tubular Bells de Mike Oldfield (L’Exorciste) sorti cinq ans plus tôt (mais il y a aussi des cornes marines qui donnent froid dans le dos) ; on retrouve enfin dans la salle de ciné les ados venus s’émouvoir en masse –sauf qu’il y a 40 ans, le film était interdit aux moins de 16 ans (aujourd’hui, un ado de plus de 12 ans serait mature et apte à voir ce film, du moins en France, car dans le reste du monde le film est interdit aux ados non accompagnés d’un adulte). Bref, allez donc voir ce film ! Mais pas aux horaires des ados ! Les icônes de l’horreur ne meurent pas, vous serez servi. En revanche, si vous êtes un vrai fan de la franchise, si vous n’aimez pas quand on tue n’importe qui n’importe comment, si vous préférez l’effrayant au kitsch (et dans la salle le cri d’effroi au fou rire), si vous appréciez plus que tout le sinistre, l’ambiance glauque et la lenteur, alors peut-être que vous serez déçu, voire endormi.