En 2017, alors que Netflix était tout doucement en train de prendre de plus en plus d'importance dans nos vies, l'arrivée de "Okja" a clairement renforcé son influence dans le milieu du cinéma. Porté par le réalisateur Bong Joon Ho, voir un film de ce genre, et réalisé par un metteur en scène aussi renommé, être produit par la plateforme avait donc forcément interrogé. Et si on ajoute à cela, le fait que le projet avait fait son petit tour par Cannes, on comprend que la sortie de ce dernier avait fait parler. Maintenant, en ce qui concerne le film en lui-même, je dois dire que je le trouve plutôt sympathique. Sur le papier, on retrouve clairement tout ce qui fait le ton et l'écriture de ce réalisateur, avec une histoire traitant de la lutte des classes, mais surtout du monde animal. Selon moi, pour en venir à traiter ces sujets, le long-métrage a recours à une technique assez maline dans la manière d'aborder son scénario, qui sonne finalement comme très enfantin. Et pour le coup, ce n'est absolument pas une critique, mais, dans son déroulé, j'ai vraiment eu la sensation de suivre un film à destination des plus jeunes. Cela se fait via cette histoire de petite fille qui va parcourir le monde pour sauver son animal, ce qui est typiquement le genre de scénario que l'on retrouve dans ce type de production. Avec ce procédé, l'objectif est de nous plonger au plus proche du personnage de Mija, et donc de ressentir l'attachement à Okja, mais aussi de simplifier au maximum le thème pour en renforcer sa compréhension. Et dans un certain sens, cela fonctionne, car on comprend assez rapidement ce que veut dire Bong Joon Ho, avec cette critique des grosses entreprises qui privilégient le bénéfice au détriment du bien-être animal. Certes, ce scénario simpliste amène forcément à un côté un peu niais, la vision du monde capitaliste étant franchement très basique et sans relief. Mais malgré tout, cet aspect ne rend pas l'ensemble moins efficace, car le message passe bien, au travers d'un scénario qui reste prenant et cohérent. Je peux comprendre que beaucoup puissent être déçus par cette approche, le film étant clairement le plus basique à ce niveau dans la filmographie du réalisateur, mais ce n'est pas forcément une mauvaise chose en soi. Vouloir proposer un ensemble plus simple, pour, pourquoi pas, toucher un plus grand nombre, ce n'est pas un mal si cela reste bien fait. Et avec des séquences aussi fortes que celle de l'abattoir ou via des personnages aussi caractériels que Lucy et Nancy, je trouve l'approche du message assez maîtrisée. Dotant que, même si je vois ça comme une approche de film enfantin, je n'oublie que c'est Bong Joon Ho à la barre, et on est donc loin d'une approche aussi basique que dans ce genre de productions. Par exemple, le film est visuellement très réussi, avec une mise en scène intéressante et impactante, notamment dans ses moments quasi sans dialogue entre Mija et Okja en début de film, qui exprime parfaitement leur lien. Par ailleurs, je trouve également que les créatures sont très bien représentées, les effets visuels étant de qualité. Peut-être que c'est un peu moins propre lorsque beaucoup de mouvements leur sont demandés, mais l'effet est vraiment très efficace sur les gros plans ou les moments plus posés. Dans l'ensemble, le long-métrage est donc une véritable réussite. Clairement, il est très simple, et même parfois un peu niais, mais je pense que c'était voulu. L'approche du réalisateur a été d'offrir une vraie immersion autour du personnage principal, pour offrir un film fort et au message efficace. Alors, si le tout n'est pas très complexe, il n'en reste pas moins compréhensible et juste. Pour conclure, une plutôt bonne proposition.