Il y a un très gros casting (en VO comme en VF) la musique est super et l'animation vraiment sympa. Beaucoup de bonnes idées, c'est original... ceci dit, les critiques sont un peu trop dithyrambiques, c'est un bon film d'animation, c'est intelligent, mais le rythme est un peu lent et on s'ennuie parfois.
Le film était pas mal, malgré l'animation en spot-motion que je n'ai pas vraiment adoré (centré sur le Japon, j'aurai préféré une animation traditionnelle de type « animé » et c'est vraiment dommage). L'histoire était plutôt bonne dans l'ensemble, des scènes peuvent sembler longues et ennuyeuses mais dans l'ensemble ça reste quand même un bon film d'animation qui aborde cependant un ton très mature pour un choix artistique controversé.
Un portait de famille confronté au deuil. L’histoire se compose en trois tableaux .
Première partie : L’arrivée soudaine de l’armée israélienne pour annoncer à Michael et Dafna, la mort de leur fils Jonathan, jeune soldat de 19 ans. Puis en plan rapproché la douleur du père, que l’on va suivre dans l’appartement. Sous le choc il est désorienté, mais la colère prend le dessus. Sa femme, sous sédatif, s’abrite dans le sommeil.
Lior Ashkenazi est saisissant et multiple, une performance incroyable qui nous renverse. Seulement l’armée s’est trompée de soldat et Michael exige le retour, immédiat de son fils.
Deuxième partie : On rejoint quatre jeunes soldats postés au poste frontière entre Palestine et Israël. Ils sont chargés de vérifier chaque véhicule de passage. En plein désert quatre jeunes hommes à peine sortie de l’enfance, qui s’ennuient écrasés sous le soleil, parfois la barrière se lève, non pour faire passer un ange mais un dromadaire.
Le cadre est surprenant, une zone sinistrée, un van déglingué, un parasol au-dessus du poste de garde et une chambre en tôle qui bascule dans la boue. Les gamins laissent passer le temps, dansent, se racontent des histoires et se relayent par deux pour assurer les gardes. Une ambiance particulière où quelques voitures vont passer et chacune est une histoire dans l’histoire. Les lampes torches, la tension palpable, les palestiniens angoissés et les jeunes soldats trop inexpérimentés pour affronter un vrai conflit.
Un terrain de jeux dangereux où peut se jouer le pire. On va croiser trois voitures et chacune avec des passagers désorientés par la violence de ce conflit sans fin.
Un couple sans histoire passera sans trop de difficulté, puis un deuxième. Là, les soldats inquiets font sortir le couple, la femme, vêtue comme pour un mariage, va rester sous la pluie, humiliée, en attendant l’autorisation. Cette scène est bouleversante, son désespoir est poignant mais d’un regard son mari va tenter de la rassurer, c’est dans le non dit que le scénario est le plus parlant. La troisième voiture transporte de jeunes palestiniens joyeux et insolents, mais un malentendu va déclencher le pire. Jonathan est sous le charme de la jeune femme dans la voiture et d’un regard il est amoureux. Ce gosse est plein d’imaginaire, il raconte en dessins l’histoire de sa famille et de son père, c’est cocasse et triste.
Troisième partie, nous voilà de retour dans l’appartement à Tel Aviv. Michael et Dafna semblent s’être séparés et le chagrin est présent. Une confrontation avec une complicité remplie de tendresse où le couple se dévoile enfin.
Tout est parfait : la réalisation, la lumière, la photo, le scénario et le casting.
Un film à voir absolument pour nous éclairer sur un pays en guerre et les conséquences collatérales pour deux peuples, des gens ordinaires qui n’ont rien demandé, rien revendiqué, mais subissent le pire.
Première grosse déception pour un film de W.Anderson que j'aime habituellement beaucoup. C'est un réal qui a "la carte" d'où les bonnes critiques mais n'empêche : une bonne partie de l'animation est d'une laideur sans nom, la hype du Japonisme pour toucher un public plus jeune n'apporte rien au propos, il n'y a aucun humour qui fonctionne. Le jeu blanc et très plat qu'on trouve dans ses films avec vrais acteurs ne convient pas du tout à l'animation. Au moins j'ai bien dormi.
Visuellement, c'est incroyable comme Wes Anderson sait si bien faire ! Très beau film ! J'approuve et je recommande donc absolument ce film, dans la lignée des précédents.
Wes Anderson apporte à chaque film la démonstration que l'on peut encore être réalisateur à Hollywood sans faire de concession sur ses visées artistiques, écrire ses propres scénarios, bénéficier de budgets conséquents, recueillir des critiques élogieuses et en sus faire gagner de l'argent à ses producteurs (hormis "La vie aquatique" aucun film du réalisateur n'a perdu de l'argent). Tim Burton avait précédé Anderson dans cette voie mais goûtant à la célébrité, il a finit par quelque peu formater son talent en le confiant aux Studios Disney. Pour le moment Anderson reste fidèle aux trois producteurs (Jeremy Dawson, Steven M.Rales et Scott Rudin) qui l'accompagnent depuis des années. Son style si particulier où la rêverie s'accompagne d'une méticulosité obsessionnelle, consubstantielle à son accomplissement, nécessite sans aucun doute un environnement familier propre à la sérénité créative. L'animation déjà entrée dans l'univers d'Anderson avec "Fantastic Mr. Fox" en 2009 est ici mise au service d'une histoire" japonaise" imaginée en commun avec Roman Coppola, Jason Schwartzman et Kunichi Nomura. Vu deux ans après sa sortie mondiale, le film revêt une forme prémonitoire des plus curieuses. spoiler: Dans un Japon dystopique, une grippe canine fait des ravages parmi la population de Megasaki (tiens ! tiens!) tenue d'une main de fer par un maire autoritaire. L'hygiénisme qui n'est pas une chose inconnue au Japon amène la population à accepter que tous "les meilleurs amis de l'homme" soient déportés sur "l'île poubelle" où sont stockés les déchets de la ville. Atari, un jeune garçon (en réalité le neveu du maire) a volé un petit avion pour retrouver son chien . Il va se lier d'amitié avec cinq mâles "alpha" de l'île et fomenter une rébellion pour ramener la population de Magasaki à la raison . Wes Anderson avait visé juste quand on sait la panique qui saisira peu après les gouvernements et les populations occidentales, consentant à des réductions de liberté drastiques pour éviter le retour des pandémies qui ont de tout temps frappé l'humanité. Mais le cinéaste n'a réellement jamais revendiqué la volonté de faire passer des messages à travers ses films, d'autres le faisant de manière plus convaincantes que lui. C'est donc l'aspect visuel qui frappe encore une fois avec cette façon si particulière, tenant tout à la fois de la géométrie et de la poésie pure de présenter l'environnement dans lequel évoluent ses personnages. L'animation en volume qui puise ses origines chez Willis H. O'Brien ("King Kong" de Cooper et Schoedsack en 1933) et chez son disciple Ray Harryhausen (" Jason et les Argonautes" de Don Chaffey en 1963) est ici portée à un niveau de sophistication qui s'il atténue un peu la magie du procédé, permet au réalisateur d'asservir complètement la technique à ses désirs. Le résultat certes fascine mais presque pour lui-même et c'est peut-être à terme le piège dans lequel Anderson devra éviter de tomber. En attendant, le spectateur peut embarquer sans crainte et en bonne compagnie pour l'île aux chiens.
Une fable animalière à la fois poétique et complètement dingo signée Wes Anderson, visuellement foisonnante, à revoir sans doute pour en apprécier la richesse.
avec l'île aux chiens le réalisateur nous entraine dans une aventure incroyable ou les chiens sont devenus des indésirables , des ratés des moins que rien. heureusement le petit pilote va tout faire pour rétablir la vérité. champ visuel rétréci images seconde par seconde Wes Anderson nous offre un spectacle sublime.
Mêlant le côté décalé et créatif de son cinéma avec l’univers des meilleurs mangas, Wes Anderson propose un conte délicieusement anthropomorphique et renouvelle le film d’animation. Un bonheur !
Vous avez aimé "Fantastic Mister Fox" ? Alors, jetez-vous sans hésiter sur "L'île aux chiens", la nouvelle merveille animée de Wes Anderson ! Le film est une franche réussite de bout en bout, modèle de rythme, de poésie et de subtilité. Pour les yeux tout d'abord, le long-métrage est un bonheur absolu ; festival de couleurs et de gaieté qui prouve combien le cinéaste maîtrise le stop motion. "L'île aux chiens" se dédouble en outre d'une métaphore politique sur le totalitarisme, loin d'être convenue ou sentimentaliste. Bien au contraire, le propos est décalé et chargé d'une suggestion bienheureuse. Avec leur air parfois teinté de manières british, les personnages sont irrésistibles et bien doublés dans l'ensemble. Encore un coup qui fait mouche pour Anderson, décidément l'un des cinéastes américains les plus inspirés actuels : pour peu, on lui demanderait de ne se consacrer qu'à ce genre-là.
A force parfois d’un souci aigu de l’esthétisme, le cinéma de Wes Anderson peut paraître perché et très rébarbatif. Cette fois, avec son « Ile aux Chiens », il s’attaque à ce qu’il sait faire de mieux : le film d’animation. On se souvient de son autre film très anthropomorphique « The Fantastic Mr Fox » qui racontait les déambulations modernes d’un renard. Nous voilà plongés dans un autre univers urbain, celui des japonais, qui ne déroge pas à la tyrannie d’un pouvoir centralisé, où dominent la pollution, la corruption, l’autorité et la tuerie généralisée. Sauf, qu’au lieu des hommes, les victimes sont des chiens parlants que les autorités confinent sur une ile remplie d’ordures pour se protéger des virus.
Drôle de clin d’œil que ces chiens qui parlent anglais et ces japonais qui parlent japonais, que des speakerines traduisent lorsqu’il s’agit de l’affreux maire. Pour une fois dans le cinéma d’Anderson, on s’amuse beaucoup. Il s’agit d’ailleurs d’un cinéma engagé qui s’attache à regarder avec humour l’état de notre planète, et la façon dont nous traitons la différence. A l’instar d’un Montesquieu en son temps, le réalisateur met en scène son récit dans une contrée orientale, comme pour mieux dénoncer un mode de gouvernance totalement arbitraire et violent. A cela s’ajoute une esthétique absolument superbe. Les chiens sont magnifiquement dessinés, et le film constitue à lui tout seul un exercice de bravoure dans les effets. On imagine le temps passé à animer ces personnages. Pour autant, le réalisateur ne se contente pas de soigner que l’image. La bande-son est proprement enivrante. Le spectateur est particulièrement bluffé par les percussions japonaises qui donnent un rythme drôle et envoutant au récit. D’ailleurs, tout le film est pris dans une énergie incroyable que des dialogues d’une rare drôlerie accompagnent.
La version américaine est tout aussi intéressante que la version française. Le doublage qui a été fait relève d’un véritable jeu d’acteurs. Wes Anderson a participé à la mise en scène des voix de Huppert, Duris, Lindon, Almaric, etc., ce qui démontre un attachement du réalisateur à faire des films projetés dans des pays étrangers une œuvre à elle toute seule.
« L’ile aux Chiens » constitue un petit chef d’œuvre d’animation, de satyre politique et d’humour.
Moi qui adorais Wes Anderson d'ordinaire, j'avoue que pour le coup, j'ai été déçu. J'ai trouvé le film trop farfelu, trop long, des discours à n'en plus finir, et un univers un peu glauque (qui d'habitude ne me déplais pas). Je l'ai vu au cinéma le jour de sa sortie et je peux vous assurer que pour la deuxième partie, j'ai failli partir de la séance. Cependant, j'ai trouvé le thème original, il faut aussi avouer que la forme - que l'on aime ou pas - sort de l'ordinaire, la bande originale est intéressante et surtout, on s'y croirait presque. Peut-être que j'ai été trop sévère au vue de ses autres longs métrages que j'avais vraiment apprécié mais bon ... c'est le jeu. Mi figue, mi raisin donc. 10/20.
Visuellement et techniquement "L'île aux chiens" est magnifique et l'histoire complètement folle ne ressemble à rien d'existant. C'est dans ce genre d'exercices que j'apprécie et comprend le travail de Wes Anderson qui m'irrite très souvent avec ses œuvres plus conventionnelles. J'aurais quand même une petite préférence pour "Fantastic Mr. Fox" moins redondant dans sa narration.
Un film soyeux comme la fourrure d'un saint Bernard, tendre comme un cocker faisant jouer ses muscles LAOM et intelligent comme un Border Collie; ce Isle of dogs ("I love dogs") porte bien son nom. C'est du Wes Andersen tout craché avec son rythme long, son traitement du sérieux par une insouciance absurde, son obsession de la symétrie, son humour raffiné et sa beauté qui ne l'est pas moins. Une nouvelle oeuvre d'art poétique qui ne cède jamais à la facilité, à la fois lent et envoûtant. Une friandise qui pourrait vous laisser la truffe humide.
J'ai toujours apprécié l'univers de Wes Anderson, mais avec une réserve, la construction millimitrée de ses films ayant souvent tendance à brider les ressentis. L'utlisation de l'animation semble libérer le réalisateur de cette difficulté. Très riche visuellement (en même temps d'une originalité réjouissante), "l'Ile aux chiens" délivre également de belles émotions.