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Jonathan M
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1,5
Publiée le 29 août 2016
Guiraudie se goure de tempo. Dès le départ, c'est 36 plans en moins de 10 minutes (j'exagère à peine). Mal de mer d'entrée de jeu, on comprend pas très bien où il mène sa barque. C'est un itinéraire d'un scénariste en perdition, rencontrant une bergère et son papa obsédé par les moutons mais pas que. Délicieusement érotique, forcément par moment dérangeant, la pudeur n'est pas au rayon du cinéaste français. Il a conservé sa fantaisie, combinée à sa coquinerie. Mais le côté road-trip ne prend jamais à l'écran. En plus d'avoir du mal à croire à l'histoire, on s'affranchit totalement du penchant rebelle d'Alain Guiraudie. C'est un mix de ces derniers films (Le roi de l'évasion & L'inconnu du lac) en complètement amorphe. Rendez-vous manqué avec la compet à Cannes, mais royalement.
"Rester Vertical" m'a laissé stoïque, de marbre face au déferlement que j'ai pu voir. Des scènes osées (crues sexuellement parlant) à une histoire sympathique d'un père qui perd la garde de son enfant, Rester Vertical semble brosser tout un pan des genres cinématographiques (drame, western, quête spirituel). Néanmoins, la lenteur du scénario, les multiples aller-retour entre Brest, le marais Poitevin et la Lozère, des enjeux précisés à partir de 60 mn de visionnage (sur 1h40) achève le spectateur dans un brouillon austère, réaliste mais finalement pas assez cinématographique. Devons nous alors le rapprocher du genre documentaire ? Ce serait le cas si le réalisateur ne nous avait pas imposé ce brouillon entre rêve et réalité. Pénible alors que le propos parait simple au 1er abord. Finalement, le nouveau film d' Alain Guiraudie devient finalement mineur avec un degré de pessimisme fort et sans grand enthousiasme.
Quand un film ne nous parle pas, on hésite à le critiquer durement. Notre avis n’est pas supérieur à un autre, alors pourquoi dégoûter les gens à qui cela pourrait plaire, d’y aller. Mais j’aurais aimé qu’un avis me dise « si vous êtes sensible, et que le malsain vous choque, ce film pourrait vous déprimer durement. » Car en sortant de la séance, j’avais l’impression que quelqu’un avait déversé dans mon esprit l’inverse de ce que j’aime. L’inverse de la poésie. L’inverse de la fraternité. L’inverse de la beauté. Choquer, ne pas montrer une vie idéalisée, sortir les gens de leur zone de confort pour les faire évoluer, pourquoi pas (cf. les films de Ozon qui mélangent toujours subtilité et beauté). Là, je n’ai pas vu la subtilité. Je n’ai pas vu la beauté. C’est la première fois que je sors d’une séance de cinéma avec une telle tristesse.
J'attendais un film aussi réussi que "l'homme du lac" mais j'ai été déçue. "Rester Vertical" manque d'unité et on ne comprend pas toujours ce que le Cinéaste a voulu exprimer. Certaines scènes m'ont paru gênantes, d'autre incompréhensibles (Le refus de l'enfant par le personnage féminin). Ce qui est aussi magnifique que dans le film précédent, c'est la nature filmé. On apprécie moins les pérégrinations du personnage principal dont on ne comprend pas bien la motivation. Vraiment dommage car on attendait le nouveau film de Alain Guiraudie avec impatience.
Plutôt désagréable à regarder. je m'attendais à voir les grands espaces de Lozère que j'adore et je me retrouve avec un film limite porno. La mention "interdit aux moins de 16 ans" a-t-elle été oubliée ? Même si les grands thèmes de la vie sont traités dans ce film, celui du loup l'est au début, et ensuite plus rien. Soit le résumé n'est pas le bon, soit je n'ai pas vu le bon film.. La scène de l'accouchement ne m'a pas dérangée car elle est naturelle, par contre on a bien compris que le couple a une relation, inutile d'en rajouter avec ces plans très crus. Quand à la dernière scène de sexe on peut largement s'en passer il suffisait de la suggérer de loin. Vraiment très déçue.
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec le dernier Guiraudie, mais qu'est-ce-que je l'attendais et je trouve ce film assez différents des autres. Toujours très cru, magnifique visuellement, mais cette fois il est plus ancré dans une réalité (même si on a des passages merveilleux que ne renieraient pas un conte de fées) et contrairement à l'inconnu du lac, on voit que c'est moins épuré, qu'il se permet quelques digressions et mine de rien Guiraudie se renouvelle et propose à chaque fois une expérience cinématographique nouvelle et intéressante.
Je dois cependant dire que j'ai préféré le début et la fin au milieu du film et que rester vertical est sans doute l'un des moins bons films de son auteur avec le roi de l'évasion (mais ça reste vraiment un bon film malgré tout), disons qu'il m'a moins marqué, peut-être car plus réaliste, plus terre à terre sans pour autant avoir la simplicité d'autres de ses films.
Mais voilà dès que ce type erre dans la nature sublime, qu'il est là avec son fils devant son troupeau de mouton à garder, ben moi aussi je me dis que j'ai envie de garder des moutons, seul avec mon gosse... que c'est juste sublime. Guiraudie compose magnifiquement bien ses plans en extérieur, on ressent toute la beauté et toute l'austérité du paysage... grandiose.
Et puis si on excepte le côté gay du film, je me suis vraiment retrouvé dans ce héros, notamment sur la fin, barbu, portant son agneau dans les bras, figure limite christique... et c'est ça qui est magnifique chez Guiraudie, que ça soit dans le silence ou dans les dialogues on sent que le film porte quelque chose de grand en lui, quelque chose de profondément universel et beau et ceci quand bien même ça s'intéresse à quelque de très précis. La beauté de la complexité des relations humaines, la beauté de la tendresse, mais aussi de celle du mépris, la beauté de cette envie de fuite en avant résonne dans chaque être humain...
Et puis il y a cette fascination pour le loup, qui nous offre l'un des meilleurs final qui soit, donnant tout son sens au titre (qui ne fait pas uniquement référence à l'érection). Et dans cette austérité globale qui donne quand même lieu à l'une des scènes les plus improbables et marquantes de l'année 2016 au cinéma, comme chez Dumont, tous les petits signes de tendresse, d'affection résonnent et rendent le film absolument sublime...
3 ans après "L'inconnu du Lac" qui avait beaucoup défrayé la chronique et permis de populariser le cinéma de Guiraudie, ce dernier fit son grand retour à Cannes avec un nouveau film (cette fois-ci en compétition) : "Rester Vertical" et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce film est extrêmement ambitieux, trop ambitieux !
A vouloir trop en faire, Guiraudie a tellement fragilisé son script qu'on se retrouve avec une narration totalement déstructurée et d'ailleurs pas rattrapée par un montage abominable où s'enchaînent les transitions et les cuts incohérents. Alors que la première partie du film permet au spectateur de se familiariser avec les personnages et le cadre rural de l'action, elle s'avère être assez réussie car elle arrive à être pertinente sans pour autant perturber la perception de la visée cinématographique d'Alain Guiraudie; tout de suite la fonction cathartique et les thèmes paraissent très clairs : la place de l'enfant dans un couple, la place du sexe dans l'amour, la remise en cause du cinéma moderne, la crédibilité des normes sociales actuelles... mais pour le reste, le film va se résumer à une suite de situations invraisemblables, noyées par un surplus de thématiques abordées, devenant très vite nocif pour la compréhension de l'œuvre de Guiraudie, déjà assez brouillonne.
On a bien compris que le cinéaste français revendique un style libre et voyeuriste mais il est ici tellement grotesque qu'il en devient malsain et trop gênant; on a clairement l'impression que les nombreuses scènes très osées de ce film ont été uniquement tournées pour choquer et mettre mal à l'aise : accouchement plein cadre, scènes de sexe traduisant l'ambivalence de la sexualité, que ce soit l’hétérosexualité, l’homosexualité, la bisexualité ou encore la gérontophilie. L'évocation de la sexualité n'est pas, en soi, quelque chose de malsain ou tabou mais elle peut paraître ici scandaleuse : ce film (peut-être inconsciemment) ridiculise l’homosexualité en délaissant trop brusquement son caractère paraphile et en la réduisant à de simples rapports et attirances sexuelles qui ne représentent qu'un vulgaire exutoire à ses pulsions, si répétitives et généralisées que ça en devient hautement ubuesque. De plus l'excès d'importance donné à l'écran aux scènes à caractère sexuel devient vite pesant et continue de porter préjudice au film.
Heureusement que l’indulgence est ici quelque peu permise grâce au côté métaphorique et symbolique de ce film, laissé à la discrétion du spectateur qui peut tantôt se cantonner à un simple vécu empathique de l’œuvre ou tantôt se laisser plonger dans la réflexion sociétale et le décorticage des différentes allégories.
Il s'avère ainsi très regrettable que cette fascination qu’a Guiraudie pour le sexe vienne entacher le potentiel artistique d’un film de genre. Inutilement voyeuriste, malsain à souhait et trash à outrance, il va falloir vite oublier cette farce onirique amorale et ratée qui fait tâche dans une filmographie jusqu’alors empreinte de succès et d’intelligence.
Il existe concernant les bons films sur lesquels écrire ensuite deux types de séances. Celles tout d’abord où ce qui en sera retiré paraît immédiatement évident (et où le risque, à trop vouloir déjà mémoriser un commentaire, est dès lors de s’aliéner une expérience pleinement immédiate). Celles ensuite où, non seulement ce qu’il faudra en raconter ne le paraît pas encore, mais où la question ne se pose nullement pour le moment. Les films procurant cet effet sont souvent plus importants que ceux fournissant le premier – précisément parce que ce qui en fait la force, la séduction, demeure à clarifier pour soi-même. Rester Vertical est de ceux-ci. L’incertitude qu’il procure ne provient pas d’une difficulté à détailler son histoire (touffue mais aisément compréhensible), ou ses thèmes (nombreux et explicites). Elle concerne la nouveauté pour Guiraudie de ce qu’il filme, alors que les motifs lui sont typiques. Le genre de film laissant à penser qu’il pourrait s’avérer encore mieux que tout le bien qu’on en pense déjà. Qui remettrait en question plus encore que d’autres la pratique, utile pour saisir rapidement une appréciation mais limitée en terme de portée critique, d’attribuer des notes. L’incertitude est pour son personnage principal au cœur de Rester Vertical : sur quel positionnement adopter concernant certains sujets de société, sur son orientation sexuelle même. Un film incertain sur la place de Guiraudie lui-même dans le cinéma actuel. Cette faculté de douter est un bien précieux, de la part d’un cinéaste d’une humilité saisissante dans sa franchise – par exemple quand il admet l’insatisfaction partielle qu’il conserve à certains égards vis-à-vis de son film (notre entretien est à lire ici).
La suite de la critique avec l'interview de Guiraudie à Lire sur Film Exposure.
C'est une expérience étrange, dérangeante et vaine que de s'imposer le visionnage de ce film, beaucoup des spectateurs ne sont pas allés jusqu'au bout. C'est pénible et violent. Quelques scènes mystiques et belles mais on ne peut en profiter car elles sont prises dans un ensemble incompréhensible et déroutant. Un film qui dérange sans véritablement donner de quoi penser ou de quoi contempler.
Consternant, c'est le premier qualificatif qui me vient à l'esprit, bon avait déjà eu droit à "l'inconnu du lac" et ses scènes de sexes franchement crues et là rebelote, une histoire sans queue ni tête (si je puis dire dans le cas présent), je ne dois pas avoir le niveau pour comprendre le sens caché ou non du film, interdit aux moins de 12 ans c'est quand même un minimum.
Grande déception ! Dialogues, jeu, comédiens, même paysages : tout est plat, sans âme, sans émotions. Tout les personnages font la gueule (exception faite des deux (deux !) sourires du rôle féminin principal), s'expriment dans la même langue primaire, ont la même espèce d'agressivité désagréable. En fait de voyage, on suit un antihéros insipide qui fait des allers-retours incessants et sans intérêt entre la ferme, la ville et la maison du vieux... Même la séquence "scandaleuse" du film, qui aurait dû déranger, choquer, interpeller, reste plate, sans saveur, et l'on se dit que Guiraudie ne l'a pas prise au sérieux et que tout ce qui l'intéressait, c'était le "gag" des gros titres des journaux s'emparant du "scandale". "L'Inconnu du lac" n'était pas un grand film, mais il y avait un cadre formel intéressant (les répétitions) et surtout une très belle relation entre le personnage principal et l'hétérosexuel. Ici j'ai beau cherché, je ne trouve rien.
Film fascinant, bucolique, onirique , sexuel...ce n'est pas un film facile. "Rester vertical" est 1 film art et essai qui tente de faire bouger les lignes d'un cinéma français bourgeois et ronronnant. Son héros se trouve donc embarqué dans une sorte de road-movie d'une totale liberté. La sexualité, la mort, la vie et la peur de l'autre ( symbolisée ici par le loup), tous passés au filtre de ce regard radical. Rien n'est vraiment aimable là dedans, mais tout est filmé avec beaucoup de douceur. On trouve dans ce film de nombreuses scènes rarement ou jamais vues dans un cinéma commercial traditionnel. des plans de sexe féminins ou masculins que l'on excite, un accouchement en gros plan, et je ne parlerai pas de la scène d'euthanasie, qui filmée par n'importe qui d'autre aurait été d'une vulgarité insoutenable et qui ici prend les allures d'un tableau classique d'une grande force et d'une beauté, ( j'y ai retrouvé un peu de Pasolini !) c'est un grand film d'auteur audacieux
Je mets 0.5 pour la beauté des paysages, le reste étant pour moi à vomir tant c'est vulgaire, obscène et moche. J'ai perdu 1h30 de sommeil en le visionnant à la TV. Ce navet fait honte au magnifique cinéma français. N'est pas réalisateur qui veut.
Alain Guiraudie aura donc connu les honneurs de la compétition à Cannes avec un de ses films les moins convaincants, alors qu'il aurait à l'évidence plus mérité cette sélection en 2015 avec L'inconnu du lac.
Autant ce dernier possédait une structure resserrée très prenante, autant Rester vertical part lui dans toutes les directions.
Le début du film est très réussi. Son étrangeté naïve surprend et inquiète à la fois. Une menace plane, la nature est belle et indifférente. Le personnage principal semble le seul à adopter un comportement normal dans un ballet d'attitudes bizarres.
Hélàs, ce beau début lozérien se gâte quand les allers-retours avec les autres endroits commencent à se mettre en place (la guérisseuse, la maison du vieux, la ville). Le film devient alors un peu mécanique, enchaînant les moments creux et les morceaux de bravoure pseudo-provocante (l'euthanasie sodomite et l'accouchement), dans une ambiance grand-guignolesque qui n'autorise pas l'empathie.
Rester vertical finit par reposer sur les épaules de son acteur principal, Damien Bonnard, qui interprète avec une certaine maladresse la candeur inefficace. J'ai regretté pendant le film que Guiraudie ne fasse pas une place un peu plus grande au personnage de Marie, campée avec une assurance terrienne par la prometteuse India Hair.
La scène finale est au diapason du reste du film : elle en fait trop.
Déçu, c'est un de ces films dont l'histoire me paraissait intéressante mais dont je n'ai pas vraiment aimé le résultat... Malgré une photo remarquable, de belles séquences et surtout une très bonne interprétation , l'histoire n'est pas des plus claire, ça part un peu dans tous les sens alors au final, on ne sait pas trop ce que Alain Guiraudie cherche à faire passer à travers l' histoire du jeune Léo... Toute la partie qui traite du monde rural et du mode de vie des paysans est vraiment intéressante surtout avec la relation de machin avec Marie. Mais voilà, le metteur en scène a choisi de mélanger les genres et c'est justement ce qui ne m' a pas plu et qui plombe un peu mon avis sur le film. Je n'ai de plus pas bien saisi ce besoin d'insister autant sur les scènes de sexe que j'ai trouvé un peu trop crues par rapport au reste du film qui est loin d être aussi direct,bien au contraire! Dommage car c'est finalement ce qui ressort à chaque fois que j' ai évoqué le film ici et là. Mis à part ce défaut, le film ne manque pas de qualités à commencer par l' originalité de son scénario qui met en avant un milieu trop rarement traité au ciné, mais aussi sa mise en scène et ses acteurs dont l'interprétation convaincante nous fait bien ressentir l'atmosphère de ce milieu et la solitude de beaucoup de paysans qui peut expliquer certains comportements ou traits de caractère. Un film intéressant donc mais peut-être un peu trop lent (et peu de dialogue) et qui laisse un ptit goût d' inachevé ...