Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec le dernier Guiraudie, mais qu'est-ce-que je l'attendais et je trouve ce film assez différents des autres. Toujours très cru, magnifique visuellement, mais cette fois il est plus ancré dans une réalité (même si on a des passages merveilleux que ne renieraient pas un conte de fées) et contrairement à l'inconnu du lac, on voit que c'est moins épuré, qu'il se permet quelques digressions et mine de rien Guiraudie se renouvelle et propose à chaque fois une expérience cinématographique nouvelle et intéressante.
Je dois cependant dire que j'ai préféré le début et la fin au milieu du film et que rester vertical est sans doute l'un des moins bons films de son auteur avec le roi de l'évasion (mais ça reste vraiment un bon film malgré tout), disons qu'il m'a moins marqué, peut-être car plus réaliste, plus terre à terre sans pour autant avoir la simplicité d'autres de ses films.
Mais voilà dès que ce type erre dans la nature sublime, qu'il est là avec son fils devant son troupeau de mouton à garder, ben moi aussi je me dis que j'ai envie de garder des moutons, seul avec mon gosse... que c'est juste sublime. Guiraudie compose magnifiquement bien ses plans en extérieur, on ressent toute la beauté et toute l'austérité du paysage... grandiose.
Et puis si on excepte le côté gay du film, je me suis vraiment retrouvé dans ce héros, notamment sur la fin, barbu, portant son agneau dans les bras, figure limite christique... et c'est ça qui est magnifique chez Guiraudie, que ça soit dans le silence ou dans les dialogues on sent que le film porte quelque chose de grand en lui, quelque chose de profondément universel et beau et ceci quand bien même ça s'intéresse à quelque de très précis. La beauté de la complexité des relations humaines, la beauté de la tendresse, mais aussi de celle du mépris, la beauté de cette envie de fuite en avant résonne dans chaque être humain...
Et puis il y a cette fascination pour le loup, qui nous offre l'un des meilleurs final qui soit, donnant tout son sens au titre (qui ne fait pas uniquement référence à l'érection). Et dans cette austérité globale qui donne quand même lieu à l'une des scènes les plus improbables et marquantes de l'année 2016 au cinéma, comme chez Dumont, tous les petits signes de tendresse, d'affection résonnent et rendent le film absolument sublime...