L’autre côté de l’espoir
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traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 mars 2017
Si vous cherchez un véritable auteur dans le cinéma mondial, du genre qui possède une constante formelle, film après film, et qui fait passer son message sans recourir à l'outrance ou à la démagogie, inutile de chercher au-delà de la Finlande, Aki Kaurismäki, depuis plus de 30 ans est cet homme. Un signe qui ne trompe pas : alors que la mode dans l'hexagone est de donner des titres anglais à toute oeuvre étrangère d'où qu'elle vienne, par exemple One Kiss pour l'italien Un bacio (ridicule), Kaurismäki n'a jamais subi cet outrage. Respect ! L'autre côté de l'espoir, après l'épisode français de Le Havre, peu concluant, rejoue un air que l'on croit connaître, en ce pays nordique où les vieux rockers ont encore la banane et où une simple lampe éclaire une scène que l'on croirait surgie d'une mise en scène de théâtre. C'est l'art de Kaurismäki, ce minimalisme ironique, cette impassibilité des protagonistes, cet humour qui tend vers l'absurde (moins que dans le passé, c'est vrai), ces décors vintage ... Pourtant, le sujet du film ne peut pas être plus actuel avec son personnage principal, migrant syrien confronté aux autorités locales. La tranche d'humanisme que nous sert le cinéaste finlandais est de celles qui réconfortent et réchauffent, sans donner de leçons, sans appuyer sa démonstration, bref sans tomber dans les défauts criants du dernier Loach. L'autre côté de l'espoir a des allures de conte avec ses méchants grotesques, sa solidarité sans discours superflu et sa bienveillance sans chichis. Un vent frais qui vient du nord et qui donne à penser que de l'autre côté de l'espoir, tout n'est pas encore fichu.
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 mars 2017
un Kaurismaki est par définition un film à ne pas manquer .....C'est un réalisateur qui sait utiliser, l'image, les personnages, les dialogues et l'humour plus que décalé pour partager un univers unique , finlandais, chaplinesque d'une certaine façon (il est pour moi le réalisateur le plus proche de Chaplin) et qui nous parle du monde tel qu'il est dans l'état......C'est bien simple en regardant le film, je me suis senti comme un personnage de Kaurismaki (une tête d'enterrement mais pas mal d'humour enfoui, sans prétention)...
Ce film traite de la guerre, des immigrés , du racisme avec toujours ces colorisation naïves, ces décors qui semblent en carton, ces personnages aux visages machinaux, tristes comme nulle part ailleurs, mais qui nous touchent beaucoup plus, qui nous contrecarrent presque dans notre logique....bon , il faut admettre que dans le film, si on est kaurismakien, on se sent plus proche des personnages finlandais que des autres mais le discours universaliste du film et sa mise en scène en font un bijou absolu.....J'ai aimé évidemment, sans que cela soit mon préféré chez le réalisateur........
TTNOUGAT

699 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 août 2018
Tant qu’il restera des réalisateurs en vie comme Kaurismaki, le septième art ne pourra pas mourir complètement. Ce seront leurs films qui donneront à certains des nouveaux professionnels le goût de l’art cinématographique. Art total que tant d’artistes, en tous domaines, nés avant 1850 n’auront pas eu le temps d’apprécier et d’aimer. Comme tous les ‘’Kaurismaki’’ celui ci possède cette authenticité qui lui est propre. Sa sincérité et son humour, si indispensables dans les contextes dramatiques, sont présents de bout en bout. Son humanisme est parfait, aucun misérabilisme, aucun attendrissement, seulement une approche au plus juste de la réalité de la vie actuelle dans certains lieux. Evidemment le cinéma de Kaurismaki n'est pas exaltant, son approche est difficile et les sentiments qu'il fait naitre n'arrivent pas immédiatement à l'esprit, la réflexion et la mémoire du vécu doivent s'y mêler pour en tirer toute la profondeur...Cela n'est pas simple mais en vaut tellement la peine tant notre vie a à y gagner en sérénité.
lionelb30

535 abonnés 2 903 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 mars 2017
Deux histoires totalement différentes qui meme si elles se recoupent par la suite en font un film decousu.
Deux personnages avec des comportements un peu bizarre et qui laisse un peu pantois.
Difficile de voir une vraie coherence dans tout cela.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 avril 2017
Quelques jours avant la sortie de "L'autre côté de l'espoir", Aki Kaurismäki a annoncé qu'il s'agissait de son dernier film. Mais celui qui voudrait y trouver une dimension testamentaire serait déçu car le film est on ne peut plus actuel, questionne la crise des migrants en Europe et en Finlande avec une frontalité et une lucidité malheureusement trop rares au cinéma. Il ne s'agit pas seulement de montrer les images d'attentats en Syrie relayées par un journal télévisé mais de voir précisément comment le trajet d'intégration des migrants sur le Vieux Continent se joue, c'est-à-dire comment débarquer, comment faire le choix ou non de demander l'asile, travailler dans le pays, être sous la menace des nationalistes violents ou encore tenter de faire venir sa famille (en l’occurrence, Khaled souhaite retrouver sa sœur). Faire du cinéma politique implique donc de filmer ces étapes mais aussi à travers les éléments de la fiction - les personnages, les dialogues, les situations - de faire émerger des questions et des problèmes sur le rapport de l'Europe aux migrants, sur le traitement de leur accueil et la capacité à les intégrer. Car il faut le dire, Kaurismäki est avant tout un créateur de situations, qui sont dans ce film pour le plupart réjouissantes et drôles; cet humour à froid et cocasse, qui n'est pas sans rappeler celui de Chaplin, écarte d'ailleurs tout esprit moralisateur ou démago. Le cinéaste traite de faits indéniablement graves mais sous un angle humaniste, cela ne signifie pas qu'ils sont infantilisés ou désamorcés mais qu'ils sont vus à travers un regard singulier, bienveillant mais jamais naïf. Avançant dans un rythme indolent qui n'atténue en aucun cas la force du propos et ponctué de chansons rocks transitoires, le film laissera à coup sûr des images en tête : on gardera longtemps en mémoire ce corps qui sort du charbon une fois débarqué sur une terre soit-disant apaisée et un dernier regard évasif, dont on ne sait s'il est tourné vers l'espoir ou la mort.
Domnique T
Domnique T

80 abonnés 245 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mars 2017
Ce film a un charme fou. C’est inattendu, déroutant, à la fois glacial et chaleureux. C’est le récit de deux trajectoires convergentes qui se joignent au milieu du film. Un immigré clandestin syrien découvre l’accueil nordique en Finlande tandis qu’un représentant, cinquantenaire insignifiant, décide de plaquer sa femme et son travail de VRP en chemise. Les trajets de chacun d’eux sont grinçants et font sourire à la fois. Le traitement est glacial et chirurgical entrecoupé de fulgurances humoristiques toujours inattendues. Ces dernières permettent de supporter la profondeur du message … Une brillante sinistrose !
btravis1
btravis1

127 abonnés 529 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 mars 2017
Comme souvent avec Aki Kaurismäki, le thème est fort, la bande-annonce donne envie et finalement on se retrouve devant un film terne et ennuyeux. Sur un scénario humaniste ancré dans la réalité d'aujourd'hui, le réalisateur nous propose encore une fois un univers atemporel, qui ne nous permet jamais de croire à cette histoire (surtout les scènes dans le restaurant) et qui finit très vite par lasser. Au bout du compte seuls les scènes musicales accrochent notre attention, c'est trop peu.
Craoux
Craoux

38 abonnés 324 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 23 mars 2017
Je suis décidément bien incapable d'apprécier ce réalisateur. Certes, je lui reconnais son humanisme. Mais Dieu que ce cinéma désincarné (et sophistiqué) est pénible .. pour ne pas dire plus. Oui, désincarné. Qu'il chiade ses cadrages, ses lumières (usage de filtres .. à outrance), bon, admettons sa spécificité. Mais il chiade ses "ambiances" jusqu'à parvenir à une certaine forme d'irréalité .. voire, à glisser dans un registre "bande dessinée" dans lequel les personnages n'ont pas à proprement parler de chair, sont littéralement désincarnés afin que ne soient mis en lumière que des relations et des comportements "sociaux", assez caricaturés au demeurant. On peut aimer cette forme de stylisation. Moi, pas.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 22 novembre 2017
Une sorte d’ovni, lent, qui parle pas beaucoup au début, mais que j’ai trouvé plaisant à suivre, très drôle avec les sushis et globalement touchant.

Ma critique complète sur mon blog --> Critique du dimanche
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mars 2017
Le finlandais Aki Kaurismäki fait partie de ces cinéastes dont on reconnaît tout de suite les films. Il suffit d'en voir une scène pour savoir à qui on a affaire. Il y a un style Kaurismäki comme il y a aussi des sujets et des personnages qui semblent passer d'une œuvre à une autre et se répondre, même quand les acteurs changent. C'est encore le cas avec ce nouveau film qui reprend la thématique déjà abordé en 2011 dans « Le Havre ». Le décor et les acteurs changent, on passe de la ville normande à la capitale de la Finlande, Helsinki, mais pour y retrouver une problématique semblable. Dans les deux cas, on a affaire à un migrant cherchant refuge sur une terre nouvelle : dans « Le Havre » c'était un Gabonais, cette fois c'est un Syrien prénommé Khaled.
En Finlande comme ailleurs, on peut trouver de sombres racistes prêts à en découdre avec les clandestins. Mais en Finlande comme ailleurs, on peut aussi trouver des gens qui, même s'ils n'ont pas grand chose, sont capables de donner sa chance à plus misérable qu'eux. Dans les fables de l'humaniste Kaurismäki, les humbles se reconnaissent et s'entraident.
C'est le cas, à nouveau, puisque le chemin de Khaled croise celui d'un certain Wikström, un homme ayant quitté sa femme et vendu tout ce qu'il avait pour le miser au jeu. Par chance, il gagne et rachète un piteux restaurant. Et c'est lui qui tend la main à Khaled, lui et ses employés, car chez Kaurismäki, la solidarité et le partage l'emportent sur tout le reste.
On n'a pas affaire néanmoins à un film déconnecté du monde réel. La violence des racistes, que j'ai déjà indiquée, fait son œuvre, tout comme les autorités du pays qui ne voient pas d'un bon œil ce Syrien qui débarque chez eux. Mais c'est la générosité des humbles qui l'emporte et, chez Kaurismäki, elle se décline avec de bonnes doses d'humour et de chansons. Ce qui rend le film à la fois touchant et agréable. 8/10
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 mars 2017
Nouveau chef-d'oeuvre du cinéaste Finlandais, qui va à l'essentiel ; les rapports humains sont comme toujours prodigieusement crus, d'une vérité rare dans le cinéma des 35 dernières années. La mise en scène, à la fois dépouillée et stylisée, fait de "L'autre côté de l'espoir" un des plus beaux Kaurismaki.
Le scénario, dramatiquement actuel, traité avec le détachement habituel du metteur en scène, jamais misérabiliste, donne une dimension universelle au long-métrage, qui s'impose d'ores et déjà comme un film de référence sur notre époque, tel "Le Havre" avant lui.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 10 avril 2017
On accroche ou pas avec l'univers de Kaurismaki. Pour ma part ça ne fonctionne pas. Le thème est fort, mais le style de Kaurismaki m'ennuie. Le fait de nous sortir de toute référence temporelle (au delà de l'actualité syrienne) est bien entendu respectable, mais du coup je n'adhère pas du tout. C'est très froid, voire sinistre. Bref pour moi strictement aucun plaisir. Je passe mon tour.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 20 mars 2017
Trop caricatural et manichéen. Toujours le style froid et triste de Kaurismäki. On s'ennuie pas mal même s'il y a de belles scènes, notamment de musique et une mise en scène travaillée
velocio

1 538 abonnés 3 497 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 mars 2017
Six ans qu'Aki Kaurismäki nous avait laissé tomber, nous les adeptes de son cinéma si particulier. Et voilà qu'en plus on entend dire que ce dernier film serait son dernier film. Non mais quoi, à même pas 60 ans, il prendrait sa retraite et nous laisserait définitivement tomber ! Figurez vous qu'on a besoin de vous, Monsieur Kaurismäki, pour nous offrir de temps un film où le besoin de solidarité le dispute à un humour à froid qui fait rarement rire aux éclats mais arrive toujours à réchauffer le cœur. Il y a 6 ans, c'était "Le Havre" qui voyait un cireur de chaussures faire tout son possible pour aider un jeune africain à rejoindre l'Angleterre, aidé par tout un voisinage haut en couleur. Depuis 2011, on ne peut pas dire que le problème des immigrés ait trouvé une solution satisfaisante : les guerres et les famines se déroulant dans leurs pays d'origine les ont rendus de plus en plus nombreux et ils sont de plus en plus mal accueillis par les pays européens.

"L'autre côté de l'espoir" se passe à Helsinki, en Finlande, et commence par la vision de Khaled, un immigré syrien, s'extirpant tant bien que mal de la soute à charbon d'un cargo. Nous allons suivre son "accueil" en Finlande en parallèle avec le changement de vie de Wikström, un sexagénaire finnois qui vient de quitter sa femme trop portée sur la vodka, qui quitte son travail de VRP spécialisé dans les chemises et embrasse la profession de restaurateur, passant de la cuisine finlandaise, aux sushis puis à la cuisine indienne. On dira que l'accueil réservé à Khaled est très mitigé, avec des autorités qui proclament que la situation à Alep ne justifie pas d'accorder le droit d'asile à quelqu'un qui en vient et qui doit donc y retourner, au moment même où la télévision finnoise montre les bombes qui tombent sur la ville et tue ses habitants par centaines. Quant à Wikström, quelqu'un lui dit que vendre des boissons ne peut être que lucratif puisque, quand ça va mal, on a tendance à boire et qu'on boit encore plus quand ça va bien ! Bien entendu, Khaled, Wikström et les employés de son restaurant vont finir par se rencontrer et le film va s'enrichir de ce futur partagé.

Dans cette Finlande que nous montre Kaurismäki, le peuple semble majoritairement solidaire avec les immigrés, même si sévissent aussi quelques bandes de nervis prêts à les tabasser, voire à les tuer, et la police semble se montrer, sinon vraiment serviable, du moins relativement polie. Et puis, à intervalles réguliers, on croise des personnages chers au réalisateur : des vieux rockers avec leurs Fender Stratocaster ou avec leurs guitares Gretsch, s'exprimant le plus souvent en finnois, une langue très bien adaptée à ce genre de musique. Quant à la photo du film, elle est absolument magnifique. Elle est l'œuvre de Timo Salminen, le chef op habituel de Kaurismäki, mais à qui on doit aussi la non moins magnifique photo de "Jauja", le très beau film de l'argentin Lisandro Alonso. En tout cas, Monsieur Kaurismäki, je me répète : même si "L'autre côté de l'espoir" n'est pas tout à fait au niveau, exceptionnel, de "L'homme sans passé", nous sommes nombreux à espérer voir à plus ou moins long terme un autre film que vous aurez réalisé.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 mars 2017
Voilà un film qui fait un bien fou.

On parle souvent des migrants, mais on ne les montrent quasiment jamais comme le fait ici Aki Kaurismaki : pour ce qu'ils sont, des hommes comme les autres, avec leur dignité, leurs valeurs et leurs espoirs.

A ce titre, la scène durant laquelle Khaled raconte son périple de Syrie en Finlande est un moment de cinéma superbe, un des plus émouvant de ce début d'année. Que cet aspect presque documentaire rencontre le cinéma tellement typé de Kaurismaki est un petit miracle. Le résultat est empreint d'une poésie douce et parfois peu engageante, qui séduit tout au long film - en même temps qu'elle tient un peu l'empathie à distance.

De l'autre côté de l'espoir est une leçon de mise en scène : éclairages magnifiques, méticulosité du cadrage et du montage, extrême précision de la direction d'acteur. L'esprit finlandais du réalisateur (pour simplifier une sorte de bizarrerie apparemment guindée, mais qui ne se prend pas au sérieux) insuffle dans ce conte moral une fantaisie très agréable.
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