La reconquista
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Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 mai 2026
"La reconquista" est un film sur le temps qui passe, les souvenirs amoureux et les promesses que l’on se fait adolescent sans vraiment croire qu’elles survivront aux années. À Madrid, Manuela et Olmo se retrouvent après une longue séparation. Le temps d’une nuit, les souvenirs remontent à la surface et les deux anciens amoureux tentent de retrouver ce qu’ils étaient. Le film avance comme une longue errance. Trueba privilégie les séquences de vie, les discussions interminables, les moments suspendus faits de danse, de musique, de rires et de silences. Il filme les personnages avec beaucoup de douceur, laissant le temps aux émotions d’exister naturellement. Cette approche a aussi ses limites et le film finit parfois par tourner un peu en rond. Heureusement, la seconde partie arrive au bon moment. Le retour aux personnages adolescents redonne soudainement de l’énergie et de la fraîcheur au récit. En découvrant leur histoire passée, le film retrouve une émotion plus directe et un véritable supplément d’âme.
AZZZO

363 abonnés 998 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 mai 2026
Jonas Trueba est un jeune cinéaste délicat qui aime filmer la complexité des sentiments, fuyant les facilités de l'explicite pour lui préférer les gros plans sur les corps, les visages, les regards et tout ce qui peut cacher la fragilité des interactions humaines.
Sur ce plan, ce nouveau film est très réussi. Mais demeure un petit goût d'ennui ; les amours adolecentes se prêtent mal au grand écran et c'est ici le cas.
Bien fait mais sans saveur.
Eriksen
Eriksen

15 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 avril 2026
Quand on regarde en arrière, il est des choses que l’on aimerait refaire. C’est un peu le projet de Manuela, jeune trentenaire volontariste à la poursuite d’idéaux amoureux qui inlassablement se refusent à elle.
Quinze ans plus tôt elle avait rencontré Olmo, un nounours maladroit, aussi mou et limité qu’elle était pétillante et décidée. Pourquoi avait-elle jeté son dévolu sur lui, on ne sait pas, mais lui s’était senti pousser des ailes… spoiler: cette fille lui donnait l’occasion d’exister (enfin); il tenta d’être à la hauteur et mit son courage dans une lettre. Elle parlait d’avenir lointain et de vieillesse partagée. Piètre romantique de l’instant, incapable de lui donner de l’intensité, il misait tout sur la durée de la relation: c’était osé, …et peu efficace sur le moment puisque la jeune fille le laissa immédiatement, trop encombrée de ses désirs de conformité à l’Amour. Pourtant une graine de constance avait été semée, et maintenant qu’elle constatait son errance de mec en mec et de faux semblants en déceptions, ce lointain souvenir lui apparut autrement. Cette petite musique de la constance, renforcée d’années en années par les échecs, magnifiée par les réécritures successives du souvenir, n’est-ce pas ce que tout un chacun recherche ? Un partenaire de confiance avec qui traverser la vie ?

Ces deux individus handicapés de la rencontre, l’un par absence de charisme l’autre par excès d’idéal, vont-ils entrer en synergie ? Chez Trueba, ses personnages lambdas ne sont pas séduisants pour le spectateur. Ils ne sont pas intéressants, mais ils touchent ; ils sont énervants mais ils émeuvent.
Jacques Barbier
Jacques Barbier

8 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 3 avril 2026
Long, lent, ennuyeux.
Une mauvaise resucée de la Nouvelle Vague 60 ans après.
Aller/retours interminables sur les visages de personnages qui passent le film à se parler de choses qui n’arrivent pas une seconde à nous intéresser et encore moins à nous émouvoir.
Un pensum.
Theo
Theo

35 abonnés 1 074 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mars 2026
Il y a des films sur le premier amour qui cherchent à faire remonter la nostalgie comme un parfum agréable, et puis il y a ceux, plus rares, qui comprennent que le souvenir n’est pas un refuge mais une matière instable, parfois tendre, parfois cruelle, toujours un peu menteuse. La reconquista appartient clairement à la seconde catégorie. Jonás Trueba y suit Manuela et Olmo, deux anciens amoureux qui se retrouvent à Madrid des années après leur histoire adolescente, autour d’une lettre écrite autrefois et d’une nuit qui ravive moins un passé qu’une façon d’habiter le temps. Film espagnol de 2016, longtemps inédit en salles en France avant sa sortie française en janvier 2026, il repose sur une idée d’une simplicité désarmante, mais assez forte pour porter presque deux heures de cinéma : que reste-t-il, non pas d’un amour, mais de la personne qu’on était quand on l’a vécu ?

Ce que j’ai aimé d’emblée, c’est que Trueba ne filme jamais ces retrouvailles comme un événement romantique au sens banal du terme. Il ne force ni la grâce ni la douleur. Il laisse les visages, les corps, les hésitations, les petits déplacements dans la ville produire eux-mêmes leur charge émotionnelle. On sent très vite que le vrai sujet n’est pas seulement le couple, mais la fidélité à soi, à ses promesses, à ses gestes anciens, à ce noyau de sensibilité qu’on croit avoir dépassé alors qu’il nous structure encore. C’est d’ailleurs exactement ce qui rend le film si singulier : il ne cherche pas à répondre à la question “s’aiment-ils encore ?” de la manière la plus spectaculaire possible, il préfère une question plus fine et plus troublante, à savoir “qu’ont-ils conservé de ce qu’ils étaient ensemble ?”. Cette obsession du temps, de la mémoire et de la fidélité traverse explicitement la conception du film chez Trueba lui-même, qui parle de couches temporelles et d’une œuvre moins sur l’amour que sur la fidélité à nous-mêmes.

La très grande qualité du film, c’est sa délicatesse. Pas une délicatesse molle, décorative, mais une délicatesse d’observation. Itsaso Arana et Francesco Carril ont quelque chose de précieux ici : ils n’essaient jamais d’être adorables, jamais d’être brillants, jamais d’être des emblèmes du “couple de cinéma”. Ils sont simplement justes dans cette zone presque impossible où le naturel doit rester cinématographique. Le film vit beaucoup de cette justesse-là. Un regard tenu un peu trop longtemps, une phrase qui semble anodine puis revient frapper après coup, une fatigue dans la voix, une manière de marcher à côté l’un de l’autre sans parvenir à retrouver tout à fait le rythme d’autrefois : tout cela est très bien saisi. Madrid, en plus, n’est pas ici un décor de carte postale, mais une ville respirée, traversée, presque mémorisée par la mise en scène. Elle devient le prolongement affectif des personnages.

J’ai aussi beaucoup aimé la façon dont La reconquista accepte le bavardage sans tomber totalement dans le maniérisme. Ce n’est pas un film pressé. Il prend le risque de parler, d’attendre, de laisser des scènes s’allonger au lieu de les ramener à une efficacité de scénario. Dans le meilleur des cas, cela produit quelque chose de très beau : une sensation de durée vécue, de pensée qui se cherche en direct, de sentiments qui n’arrivent pas sous forme de grandes déclarations mais par glissements successifs. C’est là que le film touche juste, et même parfois très juste. Il a cette grâce discrète des œuvres qui ne veulent pas “faire scène” à tout prix et qui, justement pour cette raison, finissent par atteindre une émotion plus intime.

Mais c’est aussi là que le film s’arrête, pour moi, juste avant l’accomplissement total. Parce que cette liberté formelle, que beaucoup ont saluée, a son revers : par moments, le film donne davantage envie d’être admiré pour sa sensibilité que véritablement éprouvé dans sa nécessité. Certaines séquences s’installent un peu trop dans leur propre charme, dans leur propre musicalité, dans leur propre conscience d’être délicates. Le résultat n’est jamais ennuyeux au sens lourd du terme, mais il arrive que l’émotion flotte au lieu de se fixer. Je me suis surpris plusieurs fois à admirer l’intelligence du dispositif plus qu’à me sentir entièrement emporté par lui. C’est un film qu’on respecte beaucoup, qu’on trouve souvent très beau, qu’on peut même trouver bouleversant par éclats, mais qui conserve par endroits une légère distance, comme s’il préférait la modulation fine à la brûlure.

Cette retenue explique aussi pourquoi le film me semble plus réussi dans ce qu’il capte que dans ce qu’il laisse durablement derrière lui. Je garde des sensations, des visages, une ambiance nocturne, une impression de jeunesse perdue qui ne se réduit pas au regret amoureux, et c’est déjà beaucoup. Je garde aussi l’idée très belle que revenir n’est jamais reconquérir, seulement mesurer autrement ce qui a été vécu. En revanche, je ne peux pas dire que tout le film possède la même force, ni que chaque détour formel m’a paru indispensable. Il y a des moments où la douceur confine un peu à l’autosatisfaction sensible, où le film frôle une préciosité qu’il ne bascule pas complètement à incarner. C’est assez fin pour ne jamais devenir poseur, mais pas assez incandescent pour atteindre le sommet auquel il semble parfois prétendre.

La musique de Rafael Berrio, que Trueba disait décisive dans l’inspiration même du projet, participe beaucoup à cette impression générale : quelque chose de mélancolique, d’usé, de chaleureux, d’un peu brumeux aussi, comme une chanson qu’on aime davantage à la deuxième écoute qu’à la première. C’est peut-être la meilleure image du film au fond. Je comprends très bien qu’on le considère comme une pépite, surtout pour sa liberté, sa douceur et sa manière très singulière de croiser passé, présent et futur. Pour ma part, j’y vois surtout un très beau film imparfait, profondément sincère, souvent touchant, parfois lumineux, mais qui me laisse légèrement en deçà de l’élan total à cause de ses longueurs diffuses et de cette tendance à effleurer le vertige plus qu’à s’y abandonner. Cela reste une œuvre précieuse, sensible, élégante, qui pense le sentiment amoureux avec plus de sérieux et de modestie que l’immense majorité des films du genre. Et rien que pour cette rareté-là, elle mérite d’être vue.


Spoilers:

spoiler: Il y a quelque chose de très beau, et même de très juste, dans l’idée centrale de La reconquista : faire d’un ancien amour non pas un suspense sentimental, mais une enquête presque mélancolique sur ce qu’il reste de nous quand le temps a fait son travail. Jonás Trueba part d’un dispositif très simple — Manuela retrouve Olmo à Madrid, lui rend la lettre qu’il lui avait écrite quinze ans plus tôt, et tous deux traversent une nuit où les paroles d’hier contaminent le présent — pour construire un film qui regarde moins la possibilité d’une seconde chance que l’impossibilité de revivre une première fois. Réalisé en 2016, montré à Saint-Sébastien puis longtemps inédit en France avant sa sortie française du 28 janvier 2026, le film a d’emblée quelque chose d’un objet précieux revenu en retard, comme si sa circulation même venait redoubler son obsession du temps perdu, retrouvé, puis reperdu. Ce que j’aime beaucoup chez Trueba, c’est son refus du spectaculaire amoureux. Il ne cherche jamais à faire de Manuela et Olmo un grand couple de cinéma au sens démonstratif du terme. Il filme deux êtres qui se jaugent, se testent, se rappellent à eux-mêmes, et essaient surtout de voir si l’autre contient encore la version de soi qu’on croyait disparue. C’est là que le film est le plus fin : dans cette façon de faire sentir que le désir ne revient pas seul, qu’il revient avec la honte, l’écart, la comparaison, la conscience presque humiliante de ne plus correspondre à l’image qu’on avait laissée dans la mémoire de l’autre. Itsaso Arana et Francesco Carril sont excellents dans cette zone très difficile où il faut jouer la gêne sans raidir le film, la tendresse sans l’épaissir, et le flottement sans perdre la tension. Madrid, les bars, la nuit hivernale, les chansons de Rafael Berrio, tout cela donne au film un climat de dérive contrôlée très séduisant, un romantisme abîmé mais encore vivant. Là où le film devient réellement intéressant, c’est dans sa structure, parce qu’elle finit par contredire le fantasme que son titre semble promettre. La “reconquête” n’aura pas lieu, et c’est précisément ce qui donne sa force au film. D’abord, on suit cette nuit adulte comme s’il pouvait encore se passer quelque chose, comme si les mots, la lettre, les chansons, la danse, l’alcool et les silences pouvaient reconstituer l’ancien lien. Puis Trueba fait un geste beaucoup plus cruel et plus intelligent : il déplace le film vers le lendemain matin, avec le retour d’Olmo chez sa compagne, avant d’ouvrir le grand bloc adolescent. Et là, tout se retourne. Ce flash-back d’été, qui pourrait servir de supplément nostalgique, agit au contraire comme une révélation tardive : ce qu’ils ont vécu n’était pas petit, ni naïf au mauvais sens du terme, c’était immense parce que c’était absolu, et justement cette absoluité n’est pas reconductible. Le passé n’est pas ici une réserve d’émotion à réactiver, c’est la preuve même que le présent ne pourra jamais redevenir cela. Le film gagne alors une gravité discrète, presque douloureuse. Il y a plusieurs moments très réussis dans cette logique-là. La scène où la possibilité du baiser se dissout au lieu d’exploser est magnifique, parce qu’elle dit tout : ils sont là, presque au bord du geste attendu, et pourtant le film préfère l’ajournement, le décalage, la suspension. De la même manière, le retour d’Olmo au petit matin est une idée décisive, parce qu’elle coupe net avec la tentation du fantasme romantique. Trueba ne veut pas faire croire que cette nuit efface les vies déjà construites. Il veut montrer qu’un souvenir peut reprendre corps sans devenir un avenir. Et la longue partie adolescente, baignée de lumière d’été, ne vient pas flatter la nostalgie du spectateur ; elle vient lui rappeler ce qui séparera toujours la promesse d’un monde et sa réalisation. En voyant enfin ces deux-là jeunes, on comprend mieux la densité de la nuit adulte, mais on comprend aussi qu’elle était condamnée dès le départ. C’est une très belle idée de cinéma : faire venir la jeunesse après la fatigue, non pour consoler, mais pour rendre la fatigue plus poignante. Mais c’est aussi à cet endroit que le film me résiste. Parce que cette délicatesse constante, cette intelligence de la modulation, cette manière de refuser tout effet trop appuyé finissent parfois par produire une forme d’affectation douce. J’admire énormément ce que Trueba essaie de faire, et souvent ce qu’il obtient, mais je dois reconnaître que le film s’étire. Les dialogues ont une musique réelle, les gestes sont bien observés, certaines scènes sont d’une finesse rare, mais l’ensemble n’a pas toujours la nécessité que sa construction ambitionne. Il y a des passages où l’on sent davantage la volonté de capter l’instant que la force de l’instant lui-même. L’émotion flotte un peu, se dilue, revient, puis se retire encore. C’est un film qui touche souvent juste, mais qui ne me traverse pas de part en part, parce qu’il garde par moments quelque chose de trop conscient de sa propre fragilité. Plusieurs lectures critiques ont d’ailleurs relevé à la fois son extrême sensibilité et le risque inverse de cette sensibilité : une certaine résistance à l’abandon, une émotion qui peut se perdre dans la durée ou dans l’insistance du dispositif. Au fond, La reconquista est pour moi un très beau film imparfait, un film de détail, de climat, d’intelligence sentimentale, qui pense admirablement la mémoire amoureuse mais qui ne se hisse pas tout à fait jusqu’au vertige auquel il aspire. Je comprends sans peine qu’on y voie une pépite, et il y a effectivement dans cette œuvre une liberté, une douceur et une noblesse rares. Mais ce que j’en retiens surtout, c’est la beauté précise de son échec intérieur : il raconte une reconquête, puis montre que l’on ne reconquiert rien, qu’on visite seulement les ruines encore chaudes de ce qu’on a été. C’est très fin, souvent très émouvant, parfois même bouleversant, mais pas assez incandescent ni assez resserré pour devenir, à mes yeux, un grand film d’évidence. C’est le genre d’œuvre que je recommande volontiers, que je respecte beaucoup, que je suis heureux d’avoir vue, mais que j’admire un peu plus que je n’aime sans réserve.
Shanajoly
Shanajoly

3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mars 2026
La mise en scène, d’une élégance discrète mais inventive, accompagne cette exploration en privilégiant les gestes, les silences et les variations émotionnelles. Le film déploie ainsi une mélancolie lumineuse, où la nostalgie ne fige pas les personnages mais les aide à avancer.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mars 2026
On se demande bien pourquoi ce très beau film a mis 10 ans pour arriver dans les salles de cinéma hexagonales. Quel plaisir de voir un film dans lequel le réalisateur prend son temps tout en restant captivant du début jusqu'à la fin. L'histoire est toute simple, presque tout étant dit dans le synopsis, mais elle est racontée avec une délicatesse infinie et merveilleusement servie par l'interprétation de Itsaso Arana, la compagne du réalisateur, interprète de Manuela, de Francesco Carril (Celles et ceux qui ont vu l'excellente série "Los años nuevos" se rappellent à coup sûr de lui), interprète de Olmo, sans oublier Aura Garrido, l'interprète de l'épouse de Olmo. Un film qui confirme la richesse et les qualités du cinéma espagnol contemporain.
Paul Desgranges
Paul Desgranges

5 abonnés 39 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mars 2026
Une histoire merveilleuse car il s'agit d'amour et une histoire terrible car il s'agit d'amour.
Une apparente légèreté des situations, mais l'heure est grave dans cette épreuve de vérité des sentiments...
Tout se joue en une nuit, on avance et c'est comme en vrai on ne sait pas exactement où on en est, on est plein d'espoir et plein de doute. Les clefs du passé éclairent petit à petit la sincérité des sentiments.
À voir !
Un petit chef d'œuvre !
Pierre Phdb
Pierre Phdb

24 abonnés 297 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 février 2026
C'est simple, frais tendre, deux jeunes se retrouvent alors qu'ils ont eu un amour d'adolescent. c'est superbe, tout en touche,, en nostalgie.

Un excellent moment.
norman06

425 abonnés 1 822 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 février 2026
Un bijou de délicatesse et de construction narrative. On retrouve l'univers familier de Jonas Trueba qui signe peut-être ici son meilleur film.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 février 2026
A la recherche du temps perdu et retrouvé
Vive la Movida !!! Ce film se déroule à Madrid, ville dans laquelle Manuela et Olmo, la trentaine, se retrouvent après 15 ans. Elle lui tend une lettre qu’il lui a écrit 15 ans auparavant lorsqu’ils étaient ados et vivaient leur premier amour. Le temps d’une nuit, dans les rues de leur ville, Manuela et Olmo se retrouvent comme ils se l’étaient promis dans leur tendre jeunesse.
Commençons par des références à la hauteur du film : Richard Linklater pour le travail autour d’une relation amoureuse sur le temps long type la trilogie des « Sunrise » ; et Maurice Pialat pour la manière dont il construit une fiction à partir de dialogues sortis de la banalité du quotidien et qui finissent par nous émouvoir par leurs pouvoirs d’identification forte.
Construit en trois parties, ce récit s’étire en trois actes sur trois périodes distinctes. Pour la première, à Noël, les deux trentenaires s’accordent un sursis dans leurs amours adolescentes. Dans la seconde, on y voit Olmo reprendre le cours de sa vie après cette nuit parenthèse de son adolescence et reprendre ses esprits. Dans la dernière, c’est un flash-back de 15 ans où le mystère de leurs correspondances est révélé et prend tout son sens. Avec beaucoup de délicatesse, Jonas Trueba ne brusque jamais ses personnages et le rythme ; certains s’y ennuieront d’autres, comme moi, se loveront dans cette histoire.
Cette histoire de reconquête montre au combien le premier amour nous poursuit, nous guide, nous impact et est parfois idéalisé. Ce film pose des questions intimes profondes comme « Qu’est ce qu’une première fois ? » ; « Son importance résiste-t-elle aux affres du temps ? » ; « Prévaut-elle vraiment sur les expériences futures, ne fait-elle pas l’objet d’une sacralisation qui s’effrite dès lors qu’on la regarde de plus près ? » ; et bien d’autres qui nous embarquent durant ces deux heures. Fan du sentiment mélancolique, ce film a été un bonheur de bout en bout car il a l’intelligence de ne jamais trancher entre ces deux personnages et surtout entre le recommencement ou la répétition d’un empêchement et sans nous laisser malgré tout sur notre fin. Que c’est délicat et d’une beauté désarmante ! C’est petit bijou espagnol tourné en 2016 et qui, mystère, aura dû attendre 2026 et des succès en France pour Truebas pour trouver un distributeur en France. Dire que le public français aurait pu passer au travers de ce magnifique film nous interrogeant sur notre rapport au temps.
Thierry Cheze : « La Reconquista se déploie alors en deux temps. D’abord la nuit qui suit cet échange où ils décident, dans une forme de parenthèse enchantée, de vivre l’avenir qu’ils s’étaient jurés de vivre et de vérifier si les occasions perdues peuvent se rattraper. Puis un flashback 15 plus tôt pour voir si la mélancolie du temps passé n’a pas enjolivé leurs souvenirs. Et comme dans la trilogie Before sunrise de Linklater, cette façon de disséquer le sentiment amoureux dans un geste où sensorialité et cérébralité ne font qu’un se révèle un pur délice. »
A voir absolument
TOUT-UN-CINEMA;
Arnaud Daubanes
Arnaud Daubanes

1 critique Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 février 2026
L'idée est bonne mais quel ennui !
Des plans fixes très longs, l'histoire n'avance pas...
Les personnages sont sympas et on aurait aimé qu'il pousse les personnages, qu'on apprenne à les connaitre, qu'on s'attache.. Il manque bcp de choses!
bernard volker
bernard volker

1 abonné 4 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 23 février 2026
Lors des films les plus ennuyeux de toute l’histoire du cinema. Il ne se passe absolument rien entre ces deux acteurs qui n’échangent que des banalités à éviter à tout prix 
Sarah L
Sarah L

2 abonnés 6 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 23 février 2026
Trop lent et immobile. La réalisation est soporifique, dommage car le sujet était pourtant intéressant.
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 266 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 février 2026
Un film qui n’a pas grand chose à dire hormis son petit discours en boucle sur le temps perdu et l’amour retrouvé
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