The House That Jack Built
Note moyenne
3,6
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184 critiques spectateurs

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28 critiques
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15 critiques
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20 critiques
Trier par :
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Carlos Stins
Carlos Stins

88 abonnés 657 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 octobre 2018
Comme souvent avec Lars Von Trier, il est compliqué de poser des mots sur son ressenti tant le visionnage de "The housse that Jack built" a provoqué chez moi une foule de sentiments contradictoires. C'est un long-métrage assez déconcertant et inégale que nous offre le cinéaste danois, une oeuvre difficile à saisir tant celle-ci part dans tous les sens. Pour ma part, j'ai vu ce film comme une grande mise en abîme, une introspection du réalisateur sur son oeuvre toute entière. Ainsi, le tueur représente pour moi Lars Von Trier tant il concentre toutes les étiquette attribuées au réalisateur de "Melancholia" à savoir : un sociopathe provocateur et imbu de sa personne qui élève des atrocités au rang d’œuvres d'art. C'est ainsi l'occasion pour lui de répondre à ces détracteurs et d'également d'expliquer sa démarche artistique, allant même jusqu'à diffuser des images de ses précédents métrages et à revenir sur les propos concernant Adolf Hitler qui lui avaient valu une exclusion de Cannes il y a de ça quelques années. Mais, même si cette idée de mise en abîme amène quelques pistes d’analyse intéressantes à creuser, il serait surement une erreur de tout prendre au premier degré tant Lars Von Trier n'hésite pas à se vautrer à nouveau dans une attitude cynique et méprisante à l'égard de son spectateur. Ce n'est pas seulement que le film est très nombriliste, il est parfois puant tant son réalisateur tombe dans la provocation puérile qui est peut-être la grande limite de son oeuvre. A travers des scènes volontairement subversives, Von Trier prend plaisir à maltraiter le spectateur dans des séquences qui, paradoxalement, sont à mon sens les moins réussies du film tant elles ne sont finalement que peu choquantes. Si l'imagerie qu'il convoque a de quoi gêner, sa manière de la mettre en scène est somme toute assez banale, Lars Von Trier donne l'impression d'aller trop loin sans pour autant aller quelque part dans des scènes plus promptes à provoquer la lassitude du spectateur qu'une véritable réflexion ou même sensation forte. C'est ce qui fait toute la particularité de ce long-métrage où le très bon côtoie le médiocre, les superbes idées de mise en scène s'alliant à des scènes beaucoup moins inspirées pour un résultat pour le moins désarmant. Mise à part la prestation grandiose de Matt Dilon, il est difficile d'avoir des certitudes concernant "The housse that Jack built" si ce n'est qu'il n'est clairement pas le meilleur long-métrage de Lars Von Trier mais que certains de ses coups d'éclats laissent entrevoir le génie d'un artiste qui a le don de me fasciner.
Antoine D.
Antoine D.

47 abonnés 343 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2018
Son récit prend la forme, par moment, d’un documentaire où l’artiste (psychopathe) défend son art (tuer des gens) en discutant avec Verge comme dans un essai philosophique. Mais la mise en scène du danois fait que ce rythme ne baisse jamais et nous implique dans la peau du tueur grâce au personnage et à l’interprétation de Matt Dilon.

Un OVNI qui aura créé du scandale notamment sur la Croisette durant la conférence de presse, un très bon film qui nous donne la nausée, bref du Lars von Trier.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 19 octobre 2018
ok au départ je suis plus Melancholia ou dancing in the dark que antichrist mais ce film est une abomination. au départ nous étions 10 avant de nous retrouver à 3 dans la salle. Violence extrême et choquante et montrée avec complaisance, pour une pseudo démonstration intello-artistique sur l'enfer. va te faire f*** mec tu viens de perdre une spectatrice quasi assidue
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 19 octobre 2018
Mais quel ennui...outre l’esthétique morbide ce film est une accumulation de réflexions désenchantées prépubères sur l’art, qui posent pour principe que les meurtres du personnage principal seraient des œuvres d’art. C’est long, très long, et sans intérêt. Et pourtant j’aime LVT! Mais il m’a fait perdre 2h35 de ma vie.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 octobre 2018
Un film dans le voyeurisme. Celui du réalisateur,

Au premier abord c'est un fil, impétueux en 5 chapitres.
Mais la violence de l'image est un miroir du réalisateur dans la perdition.

C'est une ode aux films précédents; d'ailleurs ils sont remis en cadre.
La descente aux enfers est bien contée.
Kiwi98
Kiwi98

293 abonnés 238 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 octobre 2018
Il faut se l’avouer d’emblée : Lars Von Trier est un cinéaste du médiocre. Et « The House That Jack Built » est peut-être la pièce la plus médiocre de sa filmographie. Misanthrope morbide par excellence et nihiliste absolu, le cinéaste danois s’emploie ici à une analyse psychologique auto-réflective, où le meurtre se voile consciemment à la manière d’un processus créatif. Mais alors, cette métaphore du psychopathe vue en tant qu’artiste, énième grossièreté ou véritable élévation du crime au rang d’art ? « The House That Jack Built » donne a son personnage principal trois masques : celui du meurtrier, celui de l’architecte, et celui du photographe, n’hésitant pas à montrer ses crimes sous le prisme d’une « œuvre », guidant le spectateur dans la psychologie d’une âme obscure, où le cinéma devient l’Enfer de l’inconscient.

Lars Von Trier va donc directement théoriser sa conception de la gestation d’une œuvre. Son tueur, Jack, prête notamment intention aux matériaux, guidant sa main vers la mort de ses victimes. Comme un artiste, il aime mettre en scène ses créations, expérimenter : son dernier meurtre ambitionné, par exemple, consiste à répondre à une problématique : peut-on tuer plusieurs personnes d’un seul coup de fusil en utilisant une balle blindée ? Bien sûr, Lars Von Trier profite amplement de ces thématiques afin de laisser paraître une gymnastique s’appliquant à l’humour noir, se targuant d’un cynisme foutraque. Lorsque Jack, atteint de TOC, nettoie une scène de crime à coup d’éponge, on croirait presque voir un peintre exécuter sa toile. Totalement immoral et se jetant corps perdu dans le romantisme noir, « The House That Jack Built » nous emmène sur le sentier de la chambre froide de l’auto-justification, tout en profitant d’un échange philosophique, entre Jack et un mystérieux « Verge », en voix-off, pour tendre vers l’introspection.

Cependant, il ne faut pas l’oublier : Jack n’est pas un artiste, c’est un homme impulsif, pervers et psychopathe. Et Lars Von Trier, en bon provocateur, n’hésite pas à tourner ces aspects à son (dés)avantage, en dressant, à travers les traits de Jack, une forme d’autoportrait en tant que « Mr Sophistication ». À vrai dire, « The House That Jack Built » aurait aussi bien plus s’appeler « Egomaniac », pour l’exemple. Le réalisateur va même jusqu’à insérer dans le montage des images de ses propres films (dont notamment sa trilogie féminine : « Antichrist », « Melancholia » et « Nymph()maniac »). D’ailleurs, le montage de « The House That Jack Built » s’accompagne d’une vision brutalement illustrative. Par exemple, en voix-off, Jack et « Verge » parlent de l’agneau comme une incarnation de l’innocence, et du tigre comme celle de la puissance. Que voit-on à l’écran ? En bonne et due forme, des images d’agneaux et de tigres mises en opposition. Et cette séquence met au premier plan une première limite au cinéma de Lars Von Trier : il se voue aux icônes, et à une esthétique se galvanisant d’une démoniaque superficialité. Cela pourrait même s’illustrer dans un seul plan, dans la scène finale, où l’on observe une reproduction de « Dante et Virgile aux Enfers » de Delacroix. Certes, c’est une sublime mise en scène de la lumière démoniaque du médium cinématographique, mais cela a tendance à considérablement limiter la réflexion au rang de benoit monologue.

Avec « The House That Jack Built », Lars Von Trier constitue une œuvre testamentaire. Depuis le début de sa carrière, avec « Element of Crime », le cinéaste n’a jamais laissé paraître l’ombre d’une thèse, ou d’une antithèse, mais tisse une figuration chaotique de la condition humaine, par choix comme par accident. Mais qu’est-ce qui entraine l’homme dans le néant ? Tout simplement la quête de l’absolu. Face à un film tel que « The House That Jack Built », on ne peut s’empêcher, par moment, de rire aux éclats, tant la mécanique du film est profondément textuelle, et tant son aspect de « long-métrage » s’avère fondamentalement malsain. C’est ça, le néant, résultat de la quête d’un absolu de cinéma.

« The House That Jack Built » n’est donc pas une provocation, ni une déviance cinématographique. C’est un texte illustré, voire, comme nous l’avions dis, un testament, une histoire horrifique vue à la hauteur d’un enfant découpant les pâtes des canetons, où, même, pourquoi pas, une relecture de « La Divine Comédie » de Dante Alighieri, où le mal serait intimement lié à la force créatrice. Détruire des vies pour construire une maison ; aux yeux du projecteur, c’est un peu comme utiliser la pulsion de mort pour faire de l’art. L’acmé de la bassesse humaine, et l’apogée d’un cinéaste toujours aussi médiocre. Rarement l’abject aura si bien flirté avec le sublime.

Vraiment, de rien, Lars.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 octobre 2018
Lars Von Trier cinéaste provocateur. Lars Von Trier cinéaste nihiliste. Lars Von Trier cinéaste misanthrope. Lars Von Trier cinéaste complaisant. Lars Von Trier cinéaste négationniste. Mais, surtout, à plusieurs reprises à travers sa filmographie, Lars Von Trier cinéaste brillant. Sa carrière est en dents de scie et ses films sont clivants. Souvenons-nous de « Dancer in the Dark », palmé à Cannes mais bien trop versé dans le pathos, ou de son diptyque cru, jusqu’au boutiste mais fascinant sur la sexualité féminine nommé à juste titre « Nymphomaniac ». Mais il y a toujours du propos et matière à débat dans ces œuvres et c’est qui les rend intéressantes. Néanmoins, on sait très bien que le cinéaste danois aime à choquer et bousculer les conventions du cinéma. Formellement, comme le prouve la création du Dogme 95 duquel sont nés « Breaking the Waves » ou le magistral « Dogville », et thématiquement comme ici avec son portrait d’un serial-killer qui lorgne un peu trop vers « American psycho » qui n’était pas des plus réussis.

« The House that Jack built » propose donc, à travers cinq chapitres représentant cinq crimes, de brosser le portrait d’un anti-héros puisque tueur en série cruel et dénué de morale. Si le film est parfois très violent, et gratuitement (ce sein découpé ou cet enfant empaillé), il n’est pas insoutenable grâce à un second degré parfois salvateur (le côté maniaque de Jack) et un humour noir bienvenu mais pas vraiment drôle. Pour mettre un contre-pied aux agissements de ce serial-killer qui considère chaque meurtre comme une œuvre d’art, Von Trier lui adjoint en voix off entre chaque partie des discussions avec Verge, son passeur vers l’Enfer à sa mort. Ces dialogues avec ce personnage joué par Bruno Ganz cristallisent toute l’œuvre du cinéaste jusqu’à l’auto-citation (on voit des extraits de ces propres films par exemple) et des récurrences de son œuvre comme le Mal en chacun de nous ou une certaine misogynie. Parfois intéressants, parfois trop triviaux, ils permettent néanmoins d’oxygéner un peu ce postulat malsain.

Ni aussi déplaisant que « Antichrist », ni aussi réussi formellement que « Melancholia » ou thématiquement que le « Nymphomaniac » cité plus haut, « The House that Jack built » s’apparente au un chant du cygne d’un cinéaste qui tourne un peu en rond mais qui nous propose parfois des fulgurances dans sa mise en scène comme dans la manière de traiter son sujet. C’est imprévisible et certaines scènes sont quand même sacrément barrées (et donc jouissives) mais tout cela s’étire bien trop en longueur au point d’en devenir prétentieux et complaisant et c’est à la limite de la redondance. Quant au dernier acte, plus allégorique, il dénote un peu trop du reste et semble être le testament d’un auteur revenu de tout. Il y montre toute sa maestria visuelle dans certains plans qui rappellent les tableaux de Dante, mais s’éternisent à n’en plus finir. Le constat est donc mitigé mais la cruauté dont fait preuve le cinéaste dans sa filmographie et dans les sujets qu’ils traitent n’aura que peu d’égal contemporain (Haneke peut-être). Ce long-métrage est donc tout aussi répulsif que passionnant sur certains aspects mais bien trop long et surtout sa cruauté ne mérite pas toujours qu’on s’y attarde. Lars Von Trier, cinéaste dépassé ?

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zorro50
zorro50

128 abonnés 254 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 octobre 2018
C’est avec plaisir que j’ai eu la surprise de voir que Lars von Trier qui aime trop choquer, s’est un peu assagi après les quelques navets pervers et dégradants qu’il a réalisés avec Charlotte Gainsbourg pour interprète. Ici, il s’attache au parcours d’un serial killer cultivé et esthète, magistralement interprété par un revenant, Matt Dillon, qu’on aimerait bien retrouver dans d’autres rôles aussi forts, car cet acteur a beaucoup de talent et mérite bien mieux que tous ces rôles de méchants crétins, dans des comédies farfelues, auxquels on l’a cantonné. Le film est quand même choquant car Lars von Trier frappe toujours très fort, et j’ai eu l’impression qu’il avait utilisé comme base le film culte « Maniac » de 1980, puis, après s’être inspiré de Quentin Tarantino pour les états d’âme et Woody Allen pour les analyses, il avait développé le sujet en l’allongeant de plus d’une heure afin d'expliquer et de justifier les agissements de son personnage. C’est un film très dérangeant qui provoque un malaise palpable chez les spectateurs. Cependant, la séquence d’ouverture avec Uma
Thurman est franchement jouissive car cette femme est tellement insupportable qu’on est contents qu’il lui coupe enfin la chique, on se demande même comment il a eu la patience de ne pas le faire plus tôt !
L'Info Tout Court

464 abonnés 1 025 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 octobre 2018
Le cinéaste danois a une mise en scène redoutable lorsqu’il s’agit d’impliquer le spectateur dans le récit. Dès les premières secondes, on est émotionnellement impliqués et il ne nous lâche plus jusqu’à la fin. De plus, il réussit à mélanger des réflexions philosophiques à propos de la pensée du tueur – qui se voit comme un artiste – sur un format quasi documentaire sans que cela ne nuise au rythme de son récit. Comme dans American Psycho, on se sent littéralement dans la tête d’un tueur… Quel plais… Euh… quelle horreur !
Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 17 octobre 2018
J'ai grandi avec Lars Von Trier. Ses premiers pas au cinéma coïncident avec la naissance de ma cinéphilie. Je me souviens encore de "Breaking The Waves", vu en 1996 lors de ce qui était à l'époque une des toutes premières séances du matin. J'étais tombé immédiatement amoureux d'Emily Watson et lui avais prédit le destin d'une star. Je me souviens de "Les Idiots", de sa folle liberté, de son audace transgressive. Je me souviens de "Dogville", de sa mise en scène épurée, de l'intelligence machiavélique de son scénario. Je me souviens, plus récemment de "Melancholia", de ses premiers plans, d'une beauté plastique digne d'un tableau de maître, de la beauté catatonique de Kirsten Dunst.

Et puis je me souviens aussi de "Antechrist", de mon incompréhension face à ce long huis clos, de mon dégoût devant ce sexe mutilé filmé en gros plan. Je me souviens de "Nymphomaniac", d'une longue succession de Scènes SM mettant en scène Charlotte Gainsbourg, dont ni la douleur ni le plaisir ne m'étaient compréhensibles.

C'est donc lesté de tous ces souvenirs, bons ou mauvais, que j'ai abordé le dernier film du maître danois qui fit, comme de bien entendu, un scandale au dernier festival de Cannes. Comment aurait-il pu en être autrement pour un réalisateur qui y avait tenu, neuf ans plus tôt, des propos pour le moins ambigus sur le nazisme ? Car, stratégie inconsciente ou volonté délibérée, Lars Von Trier choque et y prend manifestement du plaisir.

"The House That Jack Built" ne laissera pas indifférent. On y voit un tueur en série (Matt Dillon, qui a bien vieilli depuis "Rusty James" et dont la carrière prometteuse a été cannibalisée par ses quasi-sosies James Carrey et Matthew McConaughey) d'une cinquantaine d'années raconter cinq de ses crimes. Le procédé n'est pas d'une grande subtilité. Il permet au scénariste de coller bout à bout cinq historiettes - qui auraient tout aussi bien pu être montées dans un autre ordre. Il présente surtout, du point de vue du spectateur l'inconvénient de scander ce film de deux heures trente en cinq tranches de trente minutes environ chacune, qu'on accuse l'une après l'autre comme autant de passages obligés d'une pièce en cinq actes.

Qu'y voit-on ? Un tueur en série qui en rappelle d'autres. Au premier chef Patrick Bateman, le héros de "American Psycho", qui commettait en toute impunité des crimes sordides. On ne sait d'ailleurs ce qui est le plus dérangeant de la barbarie de ses crimes (une automobiliste en panne tuée à coups de cric, une mère et ses deux enfants tuées à la carabine comme du gibier de chasse, une femme dont Jack découpe les seins parfaits...) ou de l'impunité dans laquelle cet assassin, peu soucieux de couvrir sa trace, les commet. Le châtiment, s'il arrive lors d'une tardive catabase (à vos dictionnaires !) patauge dans des références mythologiques sinon psychanalytiques qui pèsent des tonnes.

Les crimes en série de Jack sont racontés avec un humour pince sans rire, un second degré, qui tout à la fois en atténuent la monstruosité (on ne sursaute jamais pas plus qu'on ne s'angoisse) et en accroissent l'inhumanité (Jack ne tue pas des êtres humains mais traite des "matériaux"). Car, en commettant ces crimes, Jack entend signer un geste d'artiste. Délire psychotique où Lars Von Trier, mi-lard mi-cochon, fait mine de suivre son héros. Et c'est là qu'on décroche. Définitivement. Car s'il n'est pas question d'imposer à un artiste le respect d'une quelconque moralité, si le beau comme le laid, le sublime comme le sordide, peuvent et doivent être montrés, l'art ne saurait avoir pour objet de glorifier le laid, de magnifier le sordide. La complaisance de Lars Von Trier, le plaisir malsain qu'il prend à choquer le bourgeois (qui en a hélas vu d'autres) sont les limites de son génie. Il les a dépassées. Puisse-t-il dans ses derniers films comprendre que son talent s'y égare.
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 octobre 2018
Lars Von Trier n'est pas assagi du tout et poussant encore plus loin ses théories sur le mal avec le portrait d'un tueur en série, et fier de l'être, dans le très méchant The House that Jack Built. Certains verront dans l'évocation de Jack et dans sa philosophie de la "pourriture noble" une sorte d'auto-portrait. Voire. En tant que cinéaste et démiurge, il a aussi la licence de donner à un personnage un mode de pensée qui peut certes se confondre avec la sienne mais aussi outrepasser les bornes comme le provocateur-né qu'il adore être. On soupçonnerait facilement Von Trier d'affoler le curseur jusqu'à l'abjection pour mieux se faire détester des uns et porter aux nues par les autres. Il faut donc se garder de confondre l'homme et le cinéaste et ne juger que le second faute de véritablement connaître le premier. Les 5 chapitres qui constituent The House that Jack Built (l'épilogue dantesque est à part) illustrent des monstruosités en série commentées par l'auteur en voix off, lestées de comparaisons avec des créations artistiques où la figure de Glenn Gould revient comme un mantra. On est alors partagé entre fascination et horreur, agacé par le ton professoral mais aussi diverti par les touches d'humour très noir. Il serait aisé de condamner le film pour abomination morale mais c'est justement le piège que Von Trier nous tend avec un rire sardonique. Pas question non plus de s'extasier comme devant une icône car si l'on peut admirer le savoir-faire du réalisateur et notamment sa science du montage, il ressort de tout cela l'impression d'une vaste fumisterie artistique. Mais ludique et cathartique, d'une certaine façon, ce qui n'est pas le moindre des paradoxes de ce film (très) malade.
Jean-Flavien P
Jean-Flavien P

30 abonnés 44 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 octobre 2018
L’histoire d’un tueur en série vu dans son for intérieur.
Film ultra violent (âmes sensibles s’abstenir), ambigu notamment dans ses multiples thèmes qui prêtent à débat. Œuvre qui mérite certainement plusieurs visions pour la comprendre dans une tentative de compréhension personnelle. Intéressant donc comme on peut s’attendre d’un Lars Von Trier. Tout à fait le genre de films dont on a envie de discuter dès la fin de la projection.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 6 octobre 2018
J'ai assisté à l'avant-première aux Halles ce 1er octobre (en présence de Matt Dillon). La salle était pleine au départ. Ce qui n'était pas le cas à la fin !!! Il serait cependant très exagéré de dire que le lieu s'est vidé ! Il y eut "quelques défections" (dans le calme !). Pourtant l'acteur héros maléfique nous avait prévenus en insistant pour que nous restions jusqu'au bout. Je suis encore abasourdi par ces images terribles ( spoiler: sans parler des images d'archives...
). Dillon nous prouve une fois de plus quel grand acteur il est mais est-ce vraiment ce que l'on retiendra tant Lars von Trier s'est une fois de plus lâché dans sa nouvelle tentative d'explication du mal ? C'est aussi un talentueux réalisateur, mais là n'est pas le problème ! Je ne vais pas vous décrire les scènes mais il est certain que le film est vraiment à déconseiller formellement aux âmes sensibles. Je ne sais pas comment le bouche à oreille va fonctionner. Il n'y a pas beaucoup de personnes dans mon entourage à qui je pourrais favorablement recommander cette expérience extrêmement malsaine ! Je vais régulièrement voir des films d'horreur mais je n'ai pas ce malaise et surtout cette incompréhension en sortant. Le film est bien trop long. On n'en peut plus de cette fin qui s'étire, s'étire...Même si on a du mal à voir où le réalisateur veut en venir, il est dommage que le trop plein de bavardage vienne quelque peu gâcher son propos. Car (et il fallait s'y attendre), Lars von Trier a parasité tout son film de ses obsessions, notamment celles qui l'ont un temps banni de la Croisette...On dit souvent que la qualité d'un repas se définit par la dernière sensation, le dessert, et bien pour ce long-métrage, il est fort probable que la chute laisse une impression qui casse totalement le propos. Que certaines scènes soient pénibles, certes, mais ma frustration principale vient surtout du fait de n'avoir pas saisi le sens réel de tout cela. Peut-être qu'après le 17 octobre, j'aurai des éclaircissements. On ne pourra que retenir la prestation incroyable de Matt Dillon. Bon courage aux futurs spectateurs !
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 septembre 2018
Il existe des films qui attirent l’attention au début mais dont l’intérêt s’émousse petit à petit. The House that Jack built fait hélas partie de ceux-là. Le film de Lars von Trier séduit (si on peut dire) d’abord par son étrange mélange d’humour et de violence, mélange très rare pour les films de serial-killers à l’exception notable de C’est arrivé près de chez vous. Hélas, au bout d’une heure et demi, le film semble commencer à s’étirer inutilement. Le cinéaste, s’en rendant sûrement compte, modifie petit à petit son récit vers un aspect plus fantasmagorique mais continue hélas à diluer l’intérêt du public au cours d’une dernière heure devenant de plus en plus agaçante et pénible à suivre. The House that Jack built est donc un film d’abord intrigant qui perd hélas petit à petit son intérêt.
Agathe G.
Agathe G.

2 abonnés 11 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 20 octobre 2018
Jattendais avec impatience la sortie du niveau film du pittoresque Lars Von Trier. Si vous voulez un bon conseil gardez votre temps et votre argent. Je mets une étoile pour la performance de Matt Dillon qu'on se doit de saluer. Quand au reste, nous avons la une succession de scènes dérangeantes et ennuyantes, qui s'etirent de plus sur 2h30, et dieu que c'est long. Les dernières 30 minutes dépassent tout entendement avec un scénario grotesque dont on ne doit comprendre le but qu'en étant sous drogue dure. Passez votre chemin.
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