Alors là je ne m'attendais pas du tout à ça ! Pfff quelle barbe ! Déjà il ne se passe pas grand chose, le vieux plasticien est décevant, les dialogues sont pompeux & creux mais moi ce qui m'a fait sauter le capot, ce sont les chapitres dans le désordre ! c'est le détail qui en dit long je trouve... bref un vrai moment de solitude !
Un dispositif de chapitrages qui a ses limites : on sous-entend, on suggère, on suggère, on fait dans le non dit jusqu'au moment ou ça pète, malmené que nous sommes par une chronologie éclatée.... "Petra " est un film maîtrisé qui déroute voire dérange et pourtant j'aurait aimé une forme moins conceptuelle pour vraiment adhérer à ça. Cependant les acteurs, en particulier Barbara Lennie, sont très bons.
Le film (principalement tourné dans la région de Gérone) s’articule autour de 4 personnages, Jaume Navarro, plasticien célèbre, suffisant, sadique, sa femme (Marisa PAREDES, qui a tourné, notamment, pour Pedro Almodóvar), leur fils Lucas [Alex BRANDEMÜHL, qui jouait le terrible docteur Mengele dans « Le médecin de famille » (2013) de Lucía Puenzo)] et Petra, artiste peintre [Bárbara LENNIE, qui jouait le rôle-titre de « La niña de fuego » (2014) de Carlos Vermut]. Le sujet, en 7 chapitres, est en or car il relève de la tragédie grecque (adultères, inceste et assassinats) et aurait pu être mis en scène par Pedro Almodóvar avec le talent qu’on lui connait. Malheureusement, il est gâché par un réalisateur qui privilégie trop la forme au fond : déconstruction du récit (chapitres dans le désordre) et sens poussé de l’ellipse qui rendent un peu confus l’histoire, montage minimaliste avec une caméra se mouvant lentement, selon des travellings latéraux ou avants à travers une porte, conduisant à des dialogues hors champ ou des plans inutiles (Lucas mangeant une omelette). Quel dommage !
"Petra" est un film bien difficile à suivre car il s'articule autour de chapitres qui ne suivent pas un ordre chronologique. C'est une œuvre assez clivante avec au centre de ces relations amoureuses ou de ces non-dits, une figure emblématique en la personne du chef de famille, détestable et manipulateur. Pour résumer le tout, un film intellectuel dans le milieu de l'art difficilement accessible mais pas déplaisant.
Thriller familiale sur le dit et les non-dits. Malgré un casting remarquable tout semble tellement prévisible et par moments grotesques. Quand l’art détruit l’art d’aimer.
Très déçue de ce film. En effet, l’histoire tire en longueur et il ne se passe pas grand chose. Les seules choses intéressantes qui se passent ne se voient pas à l’écran et son seulement suggérées.
Une petite déception pour ce film qui est bâti sur un bon scénario mais qui en revanche pâti d'un manque de dynamisme et de rythme dû au parti-pris de filmer chaque scène en 1 plan - 1 caméra. Le résultat est lourd, austère, pataud. A cela, s'ajoute un style très naturaliste qui ajoute encore de l'austérité
Je suis allé voir ce film au départ car j'aime bien l'actrice principale. Le film en lui-même n'est pas inintéressant, il montre plusieurs drames familiaux, mais le tout est un peu lent, donc au final j'ai été un peu déçu.
une belle intrigue bien menée , et des acteurs touchants, émouvants.... le suspens nous tient jusqu'au bout .. l'ambiance devient lourde et pathétique à souhait... nous avons passé un trèsbon moment de cinéma comme on les aime...
Si vous aimez les mélodrames, celui ci a quelque chose de puissant et d'original….Une femme (Petra) retourne chez son père (Jaime), artiste de renommée;....en sept chapitres (découpage du film), les secrets de famille se dévoilent;. Son frère est il son frère, mais il y a pire que cela, son père est il son père, mais il y a pire que cela. UN monde s'écroule….En contraste avec des paysages écrasés par le soleil, entre maquis et désert …..Les dialogues sont sobres mais parfois désespérés….Le style est épuré (on n'est pas dans l'extravagance des émotions, c'est le moins qu'on puisse dire)….Et pourtant le sens de la vie se dégage peu à peu, au fil des œuvres d'art, Petra Peint comme son père, lui demande des conseils auxquels il répond avec mépris...Le sens de l'art ? personne n'a vraiment de réponse….Le sens de la vie ? Pas davantage...Le film va à l'essentiel, sans tristesse, presque de façon métaphysique…...C'est sûr il y a un côté intellectuel, qui peut ne pas plaire à tous le monde...Quand les sentiments sont expulsés, ils ressurgissent en force, c'est un peu le constat de ce film âpre mais profond qui m'a intéressé, mais qui je le reconnais prend une certaine distance avec le spectateur……A vous de voir
Indiscutablement, il y avait tout pour faire un bon film : une excellent scénario, des acteurs justes et un vrai réalisateur. Petra est une sorte de Biblis à la recherche de son père, un Miletos destructeur à l'origine de son drame. Avec un peu de rythme et de poésie, ce film aurait pu être haletant avec une fin à la "Manon des sources" (il est né vivant... mais bossu). Malheureusement Jaime Rosales a fait le choix de l'intimisme, avec des travelings, des travelings et encore des travelings dont la lenteur finit par endormir le spectateur et, surtout, un découpage en séquences dont le titre révèle le contenu alors qu'on ne demandait qu'à découvrir les ressorts du drame en même temps que les personnages. C'est un choix de réalisation, certes, mais quel étrange idée de spoiler son propre film et de préférer la lenteur au frisson.
Il faut sans nul doute avoir l'esprit un peu tordu pour imaginer un tel film (et pour l'aimer aussi, je suppose).
Cela commence comme une chronique bourgeoise sous prozac : une jeune femme très avenante arrive comme stagiaire chez un célèbre artiste pervers narcissique.
On se doute assez vite que quelque chose d'anormal sous-tend leur relation, mais on est bien en mal d'imaginer les rebondissements retords et spectaculaire que le réalisateur va nous infliger pendant 1h47, à travers un montage compliqué qui alterne sept périodes dans un beau désordre chronologigue.
Petra est un film glacial et intellectuel, dans lequel la jouissance réside dans l'assemblage minutieux d'un puzzle diabolique, servi par une mise en scène fluide qui aime à filmer les espaces vides, semblant surprendre presque par hasard les interactions entre personnages.
J'ai aimé la construction et le brio glacé du film. Le fait qu'il soit dénué d'émotions ne m'a pas dérangé. J'ai pourtant quelques scrupules à le conseiller : il y a chez Jaime Rosales l'aspect glacial d'Haneke allié à la stimulation intellectuelle de Farhadi, le tout sous influence de la tragédie grecque . Pas évident que le croisement plaise au grand nombre.
J'ai été scotchée et fascinée par ce film d'une remarquable intelligence scénaristique et d'une grande profondeur émotionnelle. La réalisation est classieuse, les acteurs sont très bons et le scénario est très malin. On nage en plein drame humain mais quel délice la narration sobre et sensible.
Voilà un film vraiment remarquable qui raconte un drame humain très bouleversant. C'est une histoire dure, terrible mais j'ai adoré le parcours psychologique dans lequel nous entraîne le réalisateur. Aussi et c'est agréable, la réalisation et l'interprétation sont excellentes, sobres, on ne s'ennuie pas un seul instant, c'est captivant de bout en bout, malgré la narration non chronologique. Si on aime les drames psychologiques particulièrement bien faits, il ne faut vraiment pas rater ce film.