A mi chemin entre Méliès (et ses trouvailles artisanales), Werner Herzog (et l'excentricité de ses personnages) et Nagisa Oshima (et son utilisation du sexe en surabondance), Les Garçons sauvages est une longue video conceptuelle qui aurait sa place dans un musée, voire au théâtre, probablement davantage que dans une salle de cinéma. Des garçons délinquants sont pris en charge par un capitaine cruel pour les rendre dociles comme des chiens, ils sont progressivement transformés en jeunes femmes. Bertrand Mandico crée à merveille une atmosphère glauque dont on peine malheureusement à trouver le sens caché. Les allégories sexuelles ne transmettent pas vraiment de messages. Les actrices interprétant ces garçons sont formidables, androgynes et perturbantes, mais il aurait été plus intéressant de faire créer ces personnages à de réels jeunes hommes. Le trouble de la transformation aurait été encore plus radical. Cette expérience visuelle vaut indéniablement le détour, mais l'absence d'enjeu ne lui permet pas de devenir un chef d'oeuvre du septième art.
Prêts pour une expérience rimbaldo-baudelairienne ? Les garçons sauvages a pour premier mérite de nous transporter dans un paysage cinématographique différent, dans un pays de luxuriante luxure bien éloigné des intérieurs bourgeois si souvent utilisés dans les productions françaises. Cap sur l'aventure et sur la démesure, vers des contrées imaginaires le plus souvent réservées à la littérature. C'est un film pour les yeux plus que pour le cerveau, et alors ? Alors, justement, on aurait aimé que les splendeurs et les audaces visuelles soient soutenues par des dialogues un peu moins ineptes et des voix off moins sentencieuses. Cet OFNI, saturé de nombreuses influences cinématographiques, picturales et littéraires, a toutefois sa propre personnalité, sa véritable originalité, avec son pari un peu fou de faire jouer ces garçons sauvages par de jeunes actrices, tentative couronnée de succès et haut la main. Le côté fantastique, bricolé avec les moyens du bord, et rappelant les innovations du cinéma muet, fait oublier les défauts de ce film inclassable qui va jusqu'au bout de ses ambitions, aussi extrêmes et délicieusement déraisonnables fussent-elles. Ce n'est pas rien dans une production cinématographique dominée par les recettes prémâchées destinées à plaire au plus grand nombre. Les garçons sauvages est l'antithèse du cinéma dominant et en cela le film de Bertrand Mandico est très précieux.
On est sur une plage, la nuit. La voix off d’un garçon ivre-mort raconte son trip. Avec quatre copains de bonnes familles - apprentis comédiens ou pensionnaires en virée, en uniforme - ils ne rêvaient que de liberté et de sexe. Au bout d’une nuit de défonce, ils finissent par tuer une femme perverse. En répression, ils se retrouvent placés en redressement, sous le joug d’un capitaine tyrannique, qui les embarque vers l’île des Plaisirs… Tenus en quasi-esclavage pendant le voyage sur une mer déchaînée, ils envisagent de se mutiner. Même si l’arrivée sur l’île est censée remettre leurs désirs sur le chemin du plaisir. La végétation luxuriante et les immenses plantes carnivores et phalliques de cette jungle onirique, sont autant d’invitations à l’abandon des sens. Mais le voyage surréaliste sur cette île tropicale prendra fin à l’issue de scènes mêlant drame et fantaisie. Car dans ce récit fantastique, parfois un peu foutraque, l’humour est un bon compagnon… Le film de Bertrand Mandico est une des plus pures fictions et sans doute la plus originale, vue depuis longtemps. Une sorte de rêve étrange qui oscille entre conte fantastique et dérive psychédélique. « Par une sorte de désir romanesque, j’avais envie de voir ce film, alors je l’ai fait ! » explique dans une pirouette le réalisateur. Décors flamboyants, mise en scène brillantissime, malgré la théâtralisation de certains tableaux. On peut n’y rien piger et se laisser embarquer quand même !
Interdit aux moins de 12 ans ?? avec avertissement ?? seulement ? j'ai 18 ans et j'aurai aimé que l'on me prévienne de l'impact que peuvent avoir ces images ! Maintenant c'est trop tard, j'ai vu des images que je ne voulais pas du tout voir. De plus, c'est de la violence gratuite, de la pornographie malsaine et dérangeante, de mauvais goût avec des dialogues qui frôlent le ridicule. Le seul point positif, un tout petit peu positif, c'est le jeu des actrices. Si la nouveauté dans le cinéma français ne peut qu'être lié au sexe, présenté de façon malsaine que pouvons-nous espérer ? je suis déçue et mal depuis ce film, j'aurai aimé que l'on me prévienne. Je ne suis pourtant pas fermé à tous les arts possibles et inimaginables et j'aime tous les genres de film j'aime la découverte mais.... en bref ce fut une très TRES mauvaise expérience.
Pour avoir lu les critiques dithyrambiques de la presse unanime, je m'attendais à être dérouté, surpris, et pourquoi pas choqué par ces "Garçons sauvages"... Las ! Ni déroute, ni surprise (et il faut bien plus que cela pour me choquer). Seulement une accumulation de références de Franju à Pasolini, et une plongée dans l'eau plus terne que trouble des fantasmes de Mandico, visiblement fasciné par le sordide, l'humiliation et la taille des sexes d'hommes. Il n'y a pas de propos dans ce film qui joue à choquer le bourgeois. C'est sans intérêt.
Nul et archi nul, mal fagoté, mal joué, mal monté, obsédé du cul. Ridicule. D’ailleurs nous étions deux dans la salle. Ce n’est avec ça que les critiques professionnels se rachèterons.
Véritable OVNI dans le paysage cinématographique français, "Les Garçons Sauvages" n'est pas pour autant un film que j'ai pris un grand plaisir à visionner. La faute notamment à une interprétation assez fade de la part de son casting - notamment en ce qui concerne des comédiennes qui ont la particularité d'incarner des personnage masculins - et à une histoire vraiment très spéciale. Reste la présence d'une très belle photographie et d'une mise en scène plutôt agréable.
J'ai voulu y croire, j'aurais dû me méfier… Lorsque les critiques sont à ce point dithyrambiques, ce n'est jamais très bon signe mais j'étais loin d'imaginer une chose pareille… Le film ressemble à un film de fin d'étude : le réalisateur a voulu y mettre tout ce qu'il savait faire (du noir et blanc tape-à-l'œil, des couleurs criardes, une esthétique rétro-chic de mauvais goût, une musique "mystérieuse", des sons insupportables, une voix off murmurée exaspérante, une direction d'acteurs horrible, un propos douteux…). Le pire étant certainement toutes les allusions lourdingues au sexe. Sûrement ne suis-je pas suffisamment ouvert d'esprit pour comprendre pourquoi il était nécessaires que tous les garçons soient joués par des filles, qu'ils/elles sucent le jus de fruits phalliques, que l'un d'eux soit pris au piège dans une toile d'araignée brillante en film étirable tout en s'urinant dessus… Je ne vois pas où est la finesse ni même l'irrévérence. C'est juste pathétique et ce n'est pas ce film qui me réconciliera avec un certain cinéma français ou encore avec la critique professionnelle.
Il y a bien des références artistiques et des influences à des cinéastes mais il y a surtout une grande absence de véracité! L'habillage fantasmagorique N&B (souvent très mal réalisé) voudrait combler ce récit irréel et absurde : du bateau-vaisseau fantôme aux décors de cette île des plaisirs. Pompeux, pretentieux, se voulant créatif et imaginatif, ces garçons joués par des filles fini d'ôter toute crédibilité à ce délire érotique post-moderne. Coup d'essai d'art dramatique, zéro pointé!
Cinq adolescents issus de la bourgeoisie et rompus à tous les vices assassinent leur professeur de français. Confiés à un capitaine aux méthodes répressives, ils échouent sur une île sauvage recouverte par une étrange végétation et où vit le docteur Séverin...
Les garçons sauvages est une fable fantastique française de Bertrand Mandico dont c'est le premier long métrage. Il s'agit d'un film très original et vraiment particulier, vendu par une talentueuse bande annonce. Confier le rôle des 5 garçons à 5 actrices (on comprend mieux pourquoi à la fin du film...) et le rôle du capitaine (Sam Louwyck) au "clone à maxi rouflaquettes" de Lemmy Killminster est déjà révélateur de la démarche.
Burroughs écrivait en 1973 dans son livre Les garçons sauvages: " Des adolescents guérilleros, rompus à toutes les armes du sexe et de la drogue, dévasteront la terre". Si nous n'en sommes pas encore là, le film se situe à la croisée des mondes de William Burroughs, Jean Genet, Jean Cocteau et Jules Verne.
Ce mélange étonnant débouche sur un film "hyper sexué" qui nous montre une société où l'homme, contrairement à la femme, est responsable de toutes les violences physique et de toutes les exactions. Cela donne un film très original qui chahute un peu le paysage cinématographique actuel. La réalisation passe du noir et blanc à la couleur comme dans les films de Koji Wakamtsu. Ceux qui chercheront une parenté avec d'autres mauvais garçons tels qu'Alex et ses "droogies" (Orange mécanique) en seront pour leurs frais.
A titre personnel, j'ai trouvé toutefois pas mal de défauts au film à commencer par sa durée excessive (1h50). Mandico vient du court métrage et son insistance à faire durer certaines scènes est un peu vaine sur le plan narratif. De même, le jeu des actrices est loin d'être inoubliable. Elles en "font des tonnes" à commencer par Vimala Pons (Jean-Louis) et on flirte parfois avec le ridicule.
Le propos sexué est appuyé... il l'est même un peu trop et de façon constante dans ses réminiscences de symboles phalliques et érotiques.
spoiler: Quant on voit Jean-Louis et Romuald perdre leur "service 3 pièces" sur la plage (ils se transforment en femme après avoir bu de l'eau et mangé des fruits de l'Ile), on a quand même très envie de rire.
Certains des protagonistes ne sont pourvus que d'un seul sein et conservent leurs attributs masculins...quant leur volonté de rester un homme est la plus forte...
Le film se termine sur un dernier conseil du docteur Séverin, interprété par Elisa Lowensohn: "Ne soyez jamais vulgaire ". C'est un peu le contraire de ce qui a été montré dans le film...
Deux étoiles pour l'effort esthétique ! En effet il y a un univers dans ce film, on ne sait pas très bien dans quelle mesure on est dans la réalité ou dans l'onirisme, et c'est plutôt réussi. Et puis le noir et blanc, n'est-ce pas, ça vous habillerait un épouvantail pour le festival de Cannes. L'histoire est ce qu'elle est, j'avoue avoir renoncé à approfondir cette intrigue androgyne dans laquelle on voit les couilles tomber comme châtaignes en automne (et pour les effets spéciaux il faudra retravailler, parce qu'on a beau savoir que les prothèses sont en plastique, il aurait phallu (sic) les acheter ailleurs que dans un magasin de jouets) . Mais pour le jeu des acteurs, c'est-à-dire, en majeure partie, des actrices, comment dire... s'ils semblent tous en décalage, hors du coup, faux, faut-il en déduire qu'ils sont mauvais? Je ne pense pas. Je pense surtout qu'ils ont été mal dirigés. Ainsi, l'actrice qui joue cette femme mystérieuse (celle qui dit que cette île est une huître, et qu'elle en est la perle - mon Dieu qui a inventé une réplique pareille ?? - ) m'a fait l'effet d'une sorte de Charlotte Rampling du pauvre, tellement elle semble vouloir à tout prix, mais vainement, nous clamer à quel point elle est FA-TA-LE . Oui, en quelque sorte, cette séance de cinéma m'a été fatale.
Bertrand Mandico est, sans doute, l'un des cinéastes les plus prometteurs de sa génération.Auteur de court métrage fascinants, il livre avec les garçons sauvages un trip halluciné, queer et sensoriel d'une beauté plastique renversante. Empruntant autant à sa majesté des mouches qu'à Crobenberg ou qu'à Querelle de Fassbinder, les garçons sauvages est une rêverie incandescente, un film où l'outrance kitsch se mêle au lyrisme et à la poésie. La question de la féminité au centre de cette quête trouble et fascine à la fois. Atemporel et fou, déjà sans aucun doute, l'un des grands films de cette année.
une tentative vaine de faire un cinema baroque, fantastique, hors des canons habituels. sauf que là, tout sonne faux. ça ressemble à un film d'adolescent fabriqué pendant les vacances, avec des décors bricolés. la référence au cinéma muet vendue par les critiques est juste une scandale de mauvaise foi. et les dialogues.... pour donner une idée, une actrice face camera déclare le plus sérieusement du monde "l'espoir est proche de la joie, presque aussi fort que la joie". Bon. Pas de second degré, c'est sentencieux et complètement gratuit. incompréhensible que des critiques cautionnent ça. à éviter.
... Tout à fait dérangeant. On se demande quelle était l'idée de départ et quelle est la conclusion. Des phrases parfois en forme de conseil de vie maladroit. Une partie des interprètes relativement crédibles et qui font peut-être tout l'intérêt du film... oui avec la photo bien sûr, je suis d'accord. En revanche on déplore la longueur des scènes et des textes, un style plus lapidaire aurait parfois été bienvenu. Là on a l'impression que la réalisation se complaît à faire travailler leurs voix à ses spoiler: actrices sous les traits de jeunes hommes et ce qui est dommage c'est que le son est parfois pris de façon à camoufler les détails féminins de ces voix... mais du coup on comprend rien !
On ne rentre pas vraiment dedans, on est mal à l'aise pour les acteurs et surtout pour les scènes spoiler: dérangeantes par l'attitude du capitaine envers les garçons, en plus de la scène de maltraitance sexuelle du début (il devrait y avoir un avertissement spécial pour ça . L'univers n'est pas dénué d'intérêt mais la narration est pauvre et bourrée de contre-sens. Je salue malgré tout deux scènes : spoiler: celles au ralenti représentant les ébats des jeunes garçons entre eux puis jeunes filles avec des marins, elles permettent de souffler un peu, de goûter du plaisir dans ce monde sexualisé jusqu'au dégoût