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Laurent D
4 abonnés
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3,5
Publiée le 1 mai 2019
Ce film vaut surtout pour la qualité de ses interprètes, notamment les enfants et Brooklynn Prince en tête. Il pose également un oeil pertinent sur la précarité aux États-Unis et sur ces laissés pour compte moisissants dans des motels à bas prix et luttant au jour le jour pour leur survie, montrant clairement que c'est presque exclusivement des mères isolées qui viennent s'échouer dans ce type de schéma
Un film très social, qui met en avant une galerie de personnages en détresse sociale et à tous les niveaux. Ils sont aussi attachants que détestables, le réalisateur ne nous demande d'ailleurs pas de prendre fait et cause pour eux. Ce sont seulement des portraits, d'ailleurs il ne se passe pas grand chose. On voit juste des instants de vie, le quotidien de personnages pauvres aux États-Unis. Je n'y ai pas forcément vu un message militant, juste cette volonté de la part de Sean Baker de mettre en avant des figures que le cinéma américain nous montre trop peu. A ce titre les acteurs sont tous excellents et amènent ce réalisme cru, appuyé par une mise en scène épurée.
ce film évoque avec courage la vie de ses mères célibataires , sans travail, sans toit très souvent avec des enfants à charge, obligées de faire diverses petits boulots pour survivre , pour manger. bien sur il y a aussi de la prostitution , des arnaques plus ou moins bien rémunérées. les enfants sont fantastiques et jouent à merveille. un bon point également pour Halley la maman complétement disjonctée.
Pour commencer, je salue les acteurs, plus particulièrement les actrices, à commencer par les deux petites filles, bluffantes et Bria Vinaite (Haley) aussi issue d’un casting sauvage. Ce sont ses vrais tatouages ! Ils n’ont pas été dessinés pour les besoins de son personnage. Elles sont toutes d’une crédibilité inouïe. Le jeu de Willem Defoe est tout en subtilité. C’est normal, c’est Willem Defoe, mais franchement, son interprétation est remarquable. Bienveillant et autoritaire. Tendre et ferme. Quant au récit, il est bruyant, cacophonique, déprimant, malaisant, mal élevé. Ces Motels qui se trouvent à proximité des hôtels de luxe qui ponctuent la route qui mène à DisneyWorld sont la face cachée voire honteuse d’une Amérique qui est impuissante à s’occuper de tous ses citoyens. La joie est illustrée côté enfants, insouciants, presque indifférents par ces Motels aux couleurs chatoyantes, sucre d’orge. Une façade qui cache la misère comme la poussière sous le tapis. Tous ces précaires sont de la poussière ; ils entachent la belle maison U.S. Un débarras qu’on garde bien fermé quand des visiteurs se présentent. Sean Baker se garde bien de juger ces précaires. Pourtant, je ne vous cache pas, j’en voulais à la mère. Je lui en voulais pour ne pas avoir un minimum de dignité, un minimum de discrétion. Haley et sa fille inciviles. Je n’ai pas aimé la violence de Haley, elle a été pour moi le personnage antipathique du film. « The Florida Project » est tout aussi vulgaire que les paillettes de Las Vegas qu’un certain Verhoeven s’était permis de critiquer dans « Show girls » et qui a vexé une Amérique exagérément pudibonde ! Comment cette Amérique peut-elle ne pas être vexée par la vision de Sean Baker ? Je ne fais pas la morale, en France nous avons aussi nos faces cachées et honteuses que l’on s’évertue de camoufler. Après un film pareil, je vais me plonger dans une comédie à la française, bien franchouillarde pour me redonner du moral car j’en ai bien besoin. Déprimant et instructif. A voir en VO pour le jeu impressionnant des actrices.
La misère n'est pas moins pénible au soleil de Floride, dans un motel près de Disneyland, mais elle a des couleurs acidulées et est captée avec une énergie et une empathie singulières par un cinéaste talentueux : Sean Baker. Ce chassé-croisé de personnages est bien agencé, bien rythmé. Et très attachant, notamment grâce à la jeune actrice Brooklynn Prince, dont le tempérament et le bagou sont irrésistibles.
Plus je pense à ce film, plus je le trouve génial. Plusieurs niveaux de lecture. Des personnages bien pensés, des vrais gens de tous les jours très crédibles. Une excellente idée d'opposer DisneyWorld et aux tristes motels d'à côté, hébergeant de "presque SDF". L'angle apporté par la vision des enfants têtes-à-claques est touchant et parfaitement trouvé. J'ai failli décrocher au début car ça peine un peu à démarrer, mais je suis ravi de m'être un peu forcé. Plus on avance dans le film, meilleur il est!
Film aux couleurs pop, c'est là tout ce que je vais en retenir... L'histoire est très plate, globalement peu intéressante, pas très audacieuse... Aucun rebondissement si ce n'est les bêtises incessantes de cette bande de gamins américains. Observer le portrait de l'Amérique et sa misère sociale en tons rose-pop laisse un goût amer, voire glauque. C'était peut-être l'effet recherché après tout.
Que pensez de ce film ? J'ai vraiment du mal à y répondre mais je vais tenter d'expliquer pourquoi en 3 points : spoiler: (1) car mon quotidien est tellement loin du leur. La scène de distribution de nourriture est flippante dans sa normalité : Hally a complètement intégré que sa bouffe lui est donné par une association. Leur vie m'est donc étrangère mais en plus (2) je ne peux me reconnaître dans ce qu'ils en font : leur quotidien entre télé et piscine, l'éducation donnée aux enfants, les bêtises, provocations et mensonges de ces derniers. Jamais le soleil joyeux et la BO entraînante ne m'auront autant paru déplacé. Jamais les rires d'enfant ne m'auront autant mis mal à l'aise. Il n'y a dans leur rêve que l'argent et la consommation : on ne voit pas un livre ni n'entend de conversation dans Florida Project. J'en ai honte mais je n'ai pu m'empêcher d'avoir un jugement sur la vie de ces kassos. Et je pense en lisant d'autres commentaires que beaucoup ont eu le même sentiment inconscient : celui qui attire les louanges c'est William Defoe, le personnage dans lequel il est le plus simple de se retrouver. L'auteur nous fait pénétrer dans l'intimité de ces vies et à son corps défendant, en dégage son humanité mais il tire aussi un constat glacial sur la condition humaine et notre société : entre pitié et mépris. (3) Car ce film en vérité est un mensonge : il prend comme sujet les laissés pour compte américains, ceux en marge de l'économie, les oubliés de la mondialisation mais refuse d'adopter un point de vue misérabiliste en adoptant le point de vue des enfants à l'optimisme inaltérable. Sauf que la réalité est cruelle et la reproduction sociale implacable : Moony est une Halley en devenir mais dont les rires innocents ignore l'avenir qui l'attend. Nous nous savons alors The Florida Project est un voyage que je ne regrette pas mais dont le coté "feel good movie" m'a fait gerber tant il exonère son spectateur de sa responsabilité comme membre actif de cette société inégalitaire. Finalement la pauvreté ce n'est pas si grave : regarde cela n'empêche pas le ciel bleu, les sourires d'enfants et la BO joyeuse. Moi en regardant les rires de ces enfants sous le soleil, j'entendais Revolutionnary Road : "I'm glad I'm not gonna be that kid".
- Scénario : 7/10 simple, efficace, critique du mode et milieux de vie dans les banlieux pauvres de Floride. - Jeux d'acteurs : 9/10 on se croirait au milieux d'un documentaire télé réalité les enfants jouent de manière super naturelle ainsi que les adultes, Willem Dafoe fait plaisirs à voir. - Mise en scène : 8/10 très particulière mais agréable des scènes se suivent poétiquement on se laisse emporter... Bande Original : ... - Dans l'ensemble : 8/10 film à petit budget qui donne un certain charme a l'ensemble du film les situation semble ultra réel, immersif,si l'on possède suffisamment d'empathie. ps : Ca va on n'est juste touché après se film et non pas plomber par une histoire trop triste sur l'échelle de la dramaturgie (1 on fint choqué en pleur) 6/10.
Bien joué, très bien filmé, de l'inventivité dans les cadrages et de belles couleurs en contrepoint de la misère tout ça à deux pas de Disneyland. Assez émouvant même si ça reste un petit film.
Filmée à hauteur d'une gamine hyper-attachante, une chronique sociale solaire et touchante (malgré des répétitions) sur le quotidien désenchanté des déclassés du rêve américain, portée par une interprétation bluffante.
Il serait profondément naïf de penser que The Florida Project ne dispose pas de point de vue ni, par conséquent, de parti pris. Poser sa caméra, cadrer, diriger ses acteurs, monter les images, tout cela signifie prise de position. Le problème central qu’une impression de neutralité renvoie est alors à chercher du côté de la démarche d’une œuvre occupée, pendant plus d’une heure, à s’étirer comme de la guimauve aride pour mieux, dans les quinze minutes restantes, détruire la routine instaurée et nous hurler au visage « tu as vu comme le monde est cruel comme c’était pas si mal avant comme tout se vaut finalement ?! » Puis la fuite dans le château doublement trompeur puisqu’il appauvrit une région tout entière et jette des paillettes aux yeux des plus jeunes. The Florida Project souffre de deux écueils assez pénibles : d’une part sa longueur excessive – le film aurait gagné à être un court ou moyen métrage – qui évacue, au cours d’un segment médian, la puissance du geste, amoindrit la vitalité de l’ensemble ; d’autre part la prétention de rapporter le réel sans artifices de mise en scène, ce qui donne l’impression que l’œuvre oscille entre de la rêverie mal assumée à la Terrence Malick et du néo-réalisme doublé d’une chronique sociale assez maladroite – cf. cette scène au restaurant et son concours de rots ou le gros plan sur une petite fille en larmes. La bonne idée est de renverser le château de Disney pour en faire un motel, envers d’un Grand Budapest Hotel avec ses chambres attitrées et leurs occupants spécifiques ; Willem Dafoe incarne le père de substitution de cette vaste famille d’errants pour un temps figés dans le formol de la chambre à 35$ la journée. The Florida Project pèche par ses excès, aurait trouvé dans la réduction de ses effets et de sa durée une puissance immersive et tonale – le film mêle étroitement les registres – dont il serait sorti grandi.
On peut pas dire que ce soit un mauvais film mais j'ai pas accroché. Les dialogues sont épuisants ( les gosses brament tout le long ) et le scénario est inexistant...
un drame poignant, sur fond de relations entre enfants et adultes, qui nous montre une autre facette méconnue des Etats-Unis. Terrible de sensibilité jusqu'au bout.
Avec Florida Project, qui a pour cadre unique la zone de motels entourant Disney World, Sean Baker a transformé une réalité sociale sordide en film lumineux. Grâce à un excellent casting (un Willem Defoe au grand coeur et des acteurs non professionnels éclatants de vérité), le réalisateur réussit le pari de nous immerger totalement dans cet univers en marge, où femmes et enfants se débrouillent tant bien que mal pour vivre leur quotidien dans une précarité extrême, tout en gardant un appétit de vivre et une faculté d'émerveillement qui nous emportent avec eux dans un tourbillon d'émotions. Souvent drôles, toujours tendres et attachants, tous ces personnages nous deviennent très vite familiers. Le point de vue des enfants, qui sont au centre du scénario, est intéressant. Cela fait aussi de ce film un regard sur l'enfance. Le spectateur découvre, sans lourdeur ni pathos, l'existence de cette société en marge du rêve américain, riche de relations humaines authentiques. C'est vraiment réussi.