"Un amour impossible" nous plonge dans le récit d’une mère à travers le regard de sa fille, retraçant leur histoire depuis la rencontre des parents jusqu’à l’âge adulte de l’enfant. Pour porter un tel film à l’écran, il faut une intrigue forte, et celle-ci ne manque pas d’originalité : une fille née hors mariage en 1959, dans une époque où la société jugeait sévèrement ces situations. Dès les premières scènes, on perçoit que le père, bien que présent, est loin d’être un modèle de vertu.
La grande force du film réside dans son émotion, portée par des performances remarquables, notamment celles de Virginie Efira et Niels Schneider, tous deux convaincants dans leurs rôles. Cependant, le film n’est pas exempt de défauts : certains passages traînent en longueur, et la caractérisation du père, bien que centrale, pose question. Le récit semble en effet osciller entre deux approches. D’un côté, la première partie dépeint avec justesse les rapports hommes-femmes de l’époque, où les femmes avaient peu de pouvoir et où les hommes s’autorisaient des comportements aujourd’hui inacceptables. Ce contexte historique, bien rendu, ajoute une dimension intéressante à l’histoire.
En revanche, la seconde partie bascule vers des révélations plus sombres et plus violentes. Là où le père était d’abord un homme ambigu, il devient soudain un monstre, capable des pires atrocités. Ce virage brutal m’a moins convaincu : la complexité des sentiments, qui rendait le personnage crédible et attachant malgré ses défauts, laisse place à une diabolisation qui sonne un peu forcée. On comprend mal, aussi, les réactions des deux femmes face à ces événements, ce qui renforce un sentiment d’incohérence.
Au final, "Un amour impossible" reste un bon film, porté par une belle interprétation et une intrigue captivante. Dommage que la fin, plus caricaturale, ne préserve pas la subtilité des nuances psychologiques qui faisaient la richesse du début.