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Jmartine
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2,5
Publiée le 5 octobre 2017
Fin 2014, Audrey Zvyagintsev présentait LEVIATHAN , film ample, fort , puissant , critique acerbe de la Russie de Poutine, gangrénée par la corruption, y compris dans ce village de nulle part où maire, procureur, juge, commissaire de police sinon le pope, se liguaient contre ce pauvre Kolia, en tentant de s’approprier son terrain, et toute la beauté des alentours où il baignait depuis sa naissance. Le film avait reçu le prix du scénario à Cannes et le Golden Globe du film étranger…récompenses amplement méritées…Dans LEVIATHAN, le spectateur pouvait ressentir de l’empathie pour Kolia, de l’aversion pour la nomenclatura du village…et même sourire devant ces mêmes élites qui fortement alcoolisées tiraient à la kalachnikov sur des cibles représentant les anciens dirigeants de l’URSS… dans Faute d’amour, nouvelle allégorie féroce de la Russie actuelle, nouvelle récompense à Cannes avec le prix du Jury et pourtant mon exaspération a grandi au fur et à mesure du film…j’ai vainement cherché un personnage positif…certes il y a cet enfant, Aliocha, timide et fragile, gêne et embarras pour ces parents qui se déchirent aux portes du divorce...comme il disparait assez rapidement, son image s’efface tout aussi vite et c’est dommage… Reste une accumulation de portraits monstrueux, des montagnes d’égoïsme, une mère indigne, Zhenia, mais qui ne fait peut-être que reproduire la relation que sa propre mère avait avec elle, elle a trouvé le nouvel homme de sa vie, qui de plus est riche…et sans doute le seul homme « normal » du film, un père veule, Boris, dont la première préoccupation est de cacher son divorce à son employeur, orthodoxe intégriste pour qui la famille est sacrée…Il a trouvé lui aussi une nouvelle compagne qu’il a engrossée, Masha, immature et possessive, qui lui reproche de l’abandonner quand il participe aux recherches de son fils…une police cynique qui se moque de leur problème, justifiant sa position par un manque de moyens et de personnels...refrain connu …et qui les oriente vers le GRED, groupement de recherche des enfants disparus, association de bénévoles, qui existent réellement en Russie, et qui lance les recherches avec une discipline toute soviétique…à moins que nom de code du coordinateur (Père Noel) soit un trait d’humour ? Le film s’empêtre alors dans une recherche qui traine en longueur et finit par nous lasser…On pourra toujours dire que si le film est glacial, c’est pour mieux rendre compte de la froideur et de la cruauté du monde contemporain et de la Russie en particulier…mais un zeste d’empathie n’eu pas été superflu…j’en suis sorti agacé par des personnages qui m’étaient devenus totalement indifférents…
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3,5
Publiée le 1 février 2018
Un titre évocateur pour un drame âpre, terrible et d'une certaine façon terrifiant... Alors qu'il traite du désamour de deux parents pour leur fils, Andrey Zvyagintsev aurait pu centrer son histoire sur ce dernier pour accentuer tout ce qui se passe, mais il a choisi de nous mettre à la place de ces deux égoïstes ce qui est tout aussi efficace même si à la place d'avoir de la compassion, on ressent plus de la gêne et du dégoût. Il faut dire qu'ils sont très durs, ils en viennent à se disputer pour savoir qui va le récupérer comme s'ils parlaient de leur chien et les mots prononcés sont affreux. Finalement, le petit Aliocha n'a aucune importance dans le film ce qui peut avoir un impact sur la deuxième partie du film si l'on n'éprouve aucun intérêt pour son sort. Les deux parties ne se valent pas forcément du moins, il n'y a pas les mêmes qualités dans les deux, mais l'ensemble est réussi et captivant. Contrairement à "Leviathan", j'ai vraiment accroché à ce drame familial glaçant parfaitement mis en scène qui doit beaucoup à son ambiance et ses acteurs.
J’ai découvert Andrey Zvyagintsey avec Elena, que j’avais adoré. Après le très beau Leviathan (prix du scénario), il était de nouveau à Cannes cette année avec ce Faute d’amour (prix du jury). D’ailleurs, tous ces films sont passés et été primés sur la Croisette sauf Le retour, son premier (Lion d’or à Venise). Voilà donc une nouvelle vision, toujours très noire, de la Russie d’aujourd’hui. C’est sombre, froid, glacial même, que ce soit les images, le propos ou le traitement. La mise en scène est sèche, minimaliste, sans effets et sans esbroufe mais terriblement puissante. Le récit fait froid dans le dos, nous laissant, au sortir, pantelant. Résultat d’une angoisse sourde qui monte progressivement jusqu'à un dénouement (attendu, ou pas) d’une terrible mélancolie. L’interprétation est de haute volée. Alexey Rozin (déjà dans Elena) et Maryana Spivak (dont c’est le premier film) sont formidables dans le rôle des parents. En résumé, encore une très belle réussite du réalisateur et une nouvelle vision au vitriol de la Russie de Poutine (et plus largement d’un état de l’humanité toute entière), aussi sombre et désespérée que le récent Une femme douce. Un film intense et oppressant.
On trouve beaucoup d’émotion dans cette scène d’amour. « Tu m’aimes vraiment ? » La femme ne veut pas renoncer à son bonheur et dès lors serait prête à délaisser son fils. Petite déception dans la première partie où l’on assiste en gros à « la séparation » de Farhadi. Le point de vue de l’enfant ne brille que par son absence de point de vue justement. Cependant il faut bien admettre que la dramaturgie de fin de film est assez forte et intense. C’est la partie la plus intéressante. Et la fin cultivant le mystère est assez belle.
Un drame très noir à la mise en scène certes somptueuse, mais qui manque un peu d’empathie. La première partie du film, sur la dispute face à leur enfant d’un couple entrain de divorcer est la meilleure. La seconde sur la disparition m’a moins percuté. Même si le dernier plan est magnifique. César du meilleur film étranger.
Peu considéré par ses parents, Aliocha décide de fuguer. Voilà le point de départ d’un film froid dont le sujet est l’absence supposée de sentiments. Le seul personnage semblant ressentir quelque chose disparaît en effet dès le début et ses parents semblent bien peu concernés, comme forcés d’enfin accomplir leur rôle mais finissant par se rendre compte qu’il est trop tard pour cela.
Dans une ambiance grise et froide, dans un décor tantôt urbain, tantôt rural, ce film raconte l'histoire de deux parents en plein divorce, confrontés à la disparition/fugue de leur fils. Un film lent mais agréable à suivre. spoiler: J'ai aimé la métaphore de la déshumanisation et de l'égoïsme des parents : le squat dans un bâtiment abandonné, quasi détruit, en ruine.
Retour en force d’Andrey Zvyagintsev après Leviathan dont l’éclatante mise en scène côtoie l’obscurité et la noirceur d’un propos que le réalisateur tente de dépeindre à travers un couple en guerre. Le film est autant bouleversant que perturbant par sa décharge dramatique. Rares sont les films dont la mise en scène peut à elle seule servir de facteur majeur à un long-métrage, ici, des cadres, aux mouvements de caméras, en passant par les comédiens, tout est réunit pour infliger un véritable uppercut. Uppercut seulement possible dans le cadre d’un tel drame ; qui à lui seul, décharge un choc émotionnel frontal.
Le cinéma russe, un art bien trop méconnu dans nos contrées occidentales. Cette faculté à filmer le non-dit, à suggérer plutôt que projeter, c'est tout bonnement étonnant. La sobriété de la mise en scène et du jeu d'acteurs, bercée par des dialogues maîtrisés, tend à faire dire que ce film est d'une brillante noirceur.
Encore un très joli drame de Zviaguintsev qui démontre une fois de plus un talent incroyable pour tourner des scènes de dialogue d'une grande intensité et maintenir une tension remarquable pour nous interroger sur la disparition de ce gamin. Réalisation et interprétation magnifiques, du grand art comme on commence à être habitué avec lui...
Un chef d’œuvre ! Beaucoup le voyaient Palme d’Or à Cannes où il obtint le Prix du jury. Ça donne une indication mais ce n’est pas les breloques qui font la valeur des films ! Celui-ci est magnifique, bouleversant, mais nous laisse l’âme grise à la sortie. Sur fond de divorce et de disparition de l’enfant du couple – fugue ? enlèvement ? suicide ? –, y sont exposés avec un brio égal à celui d’un Bergman l’égoïsme sans âme de bien de nos contemporains et la déliquescence de la Russie de Poutine. Mais qui est en fait celle de notre monde. Ce drame puissant s’accompagne d’une photographie magnifique : chaque plan est image grandiose. Un film que l’on n’oublie pas.
Zviaguintsev propose un drame d'une sèche beauté et d'une force insoupçonnée. La musique minimaliste de Galperine, un scénario simpliste-la fugue d'un ado rejeté par des parents au paroxysme de leur divorce-, sont suffisants pour permettre que cette réalisation soignée, presque hypnotique, toujours plus élaborée qu'elle n'en a l'air, nous happe dans cette revisite de la Russie moderne. La brève apparition de Alyocha est début de film est bouleversante,spoiler: le passage final dans une morgue tout autant . Certes la Russie moderne n'est pas épargnée - des adultes accros à leur téléphone et leur petit bonheur personnel, la règle tacite dans certaines boites de ne pas divorcer-, mais le propos vise à l'universel, l'homme ayant besoin dans n'importe quel pays d'un minimum d'amour pour accepter sa propre vie de mortel. Décidément, sans crier pour autant au chef d'œuvre, revoir Faute d'amour permet de mieux appréhender cette tragédie à l'état pur, le respect de Zviaguintsev, voire son empathie pour ses personnages issus de la classe moyenne, indéfiniment englués dans leur solitude, leur incapacité à aimer autre chose qu'eux même. Les parcs de la banlieue moscovite sont inquiétants sous le ciel plombé de l'hiver qui arrive, mais à nouveau, le refus de tomber dans la facilité de belles images pour s'attarder sur des sites bétonnés voire des sites industriels en décrépitude, confère à Faute d'amour la quintessence d'un cri d'alarme, brut et sans fard, inextinguible quand un enfant disparait. TV2 vo - mai 2020
un tres bon film avec une première partie dans le drame mais par la suite cela se mène dans le thriler en enquêtant sur la disparition de l'enfant des parents en mal d'amour. une belle mise en scène et belle realisation qui donne une grande réalité sur la cie quotidienne en difficulté de la vie en couple. un film qui fait 2 sujets en 1. il merite bien le prix du festival de cannes.
Un film froid mais percutant et très enrichissant pour en apprendre davantage sur la société actuelle russe partagée entre le poids des traditions qui enferment chaque être dans un tôle figé sans chaleur sans amour et la soumission face aux nouvelles technologies. Tout une réadaptation à enclencher pour pouvoir vivre heureux.
Primé au Festival de Cannes « Faute d’amour » est un drame racontant les conséquences de la disparition de l’enfant sur un couple en instance de divorce et ne pouvant se supporter. Le réalisateur russe Andrey Zvyagintsev livre un récit austère et un poil analytique mais néanmoins très pertinent sur les dynamiques animant les protagonistes de cette histoire où manque seulement une pointe d’émotion.