Faute d'amour
Note moyenne
3,9
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208 critiques spectateurs

5
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44 critiques
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Roberto R.
Roberto R.

17 abonnés 31 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 septembre 2017
Film long, lent, avec des plans insistants qui m'ont paru sans intérêt sur le moment et qui au final s'avèrent inutiles. En fait le scénario est vide, tout repose sur les acteurs (tous très bons) et le rendu de l''ambiance de la Russie d’aujourd’hui. Amateurs de récit et d'action passez votre chemin !
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 25 septembre 2017
Zviaguintsev dissèque avec une violente virtuosité ces couples russes formés trop jeunes dans le seul but d’échapper à leur propre milieu familial. L’enfant n’est alors que la concrétisation permanente de ses propres erreurs puis devient obstacle à un changement de partenaire, changement déjà bien engagé mais dont on comprend qu’il ne résoudra rien. Moins virulente que dans Leviathan, la critique sociale est en arrière-plan, concentrée sur la place de la religion et l’individualisation de la société.
Le déroulement du film peut surprendre alternant étude psychologique et scènes de thriller « à l’américaine ». Il est d’une surprenante beauté plastique. Le déjeuner à la cantine est un véritable morceau d’anthologie.
Ninideslaux
Ninideslaux

105 abonnés 284 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 septembre 2017
C'est sûr, Andrey Zvyagintsev est un grand! Il est russe, très russe certes, mais dans Faute d'amour, son propos s'élargit -devient plus universel, plus humain aussi- que dans le génial Léviathan, qui était le film le plus russe que l'on puisse imaginer.

        Ici, quand il décrit un monde sans amour, où la seule recherche qui vaille est celle de biens matériels, où les couples se déchirent sans aucune considération pour ces enfants qu'ils ont fait, on dépasse évidemment le petit univers de cette ville de la Russie du nord, cernée par la forêt.

         Alyosha (Matvey Novikov) sait, bien sûr, que ses parents vont divorcer. Que l'appartement est en vente, qu'il va falloir quitter cette chambre où ce petit garçon introverti passe beaucoup de temps, au milieu de beaucoup de jouets. Mais, ce qu'il entend derrière une porte, au cours d'une de ces disputes haineuses dont Boris et Zhenya sont coutumiers -dès qu'ils se retrouvent en face l'un de l'autre-, ce qu'il comprend, c'est que ni l'un ni l'autre ne veulent de Lui. C'est que, dans leur nouvelle vie, à l'une comme à l'autre, il n'y a pas de place pour Lui. Que sa grand mère, seule autre famille disponible, ne veut pas de Lui non plus, et qu'il faudra trouver un pensionnat pour se débarrasser de Lui, bien loin et pas trop cher....

        Ils se sont mariés parce qu'elle était enceinte. C'est Macha (Marina Vasilyeva) qui est enceinte maintenant, et Boris (Alexey Rozin) veut vivre avec elle, petite poupée infantile et geignarde, et on se doute bien qu'après elle il y en aura d'autres! Le seul petit problème pratique qui l'embarrasse, Boris, c'est que son patron, orthodoxe sectaire, ne veut pas de divorcé chez lui..... Zhenya (Maryana Spivak), elle, a trouvé le bon filon, un divorcé plus âgé qu'elle et riche, riche!  Il suffit de voir son magnifique appartement très design (avec un arbre au milieu du living), qui donne sur la forêt pour comprendre qu'on a à faire avec un "nouveau Russe". Absorbés l'un et l'autre par leurs nouvelles amours, les parents vont mettre 36 heures avant de s'apercevoir que leur fils a disparu..... La police leur fait comprendre qu'elle n'a aucune chance de prendre en charge la disparition avant belle lurette (pas de moyens, pas de personnel, trop d'affaires à gérer....); là, la critique sociétale est patente, et les renvoie vers une association privée qui va, elle, déployer de gros moyens (beaucoup de bénévoles, donc, tout espoir n'est pas mort; il reste des poches de générosité...). Le film, c 'est cela: cette recherche de l'enfant, à travers cette forêt mystérieuse, qui devient vite effrayante comme celle du Projet Blair Witch, avec les averses de neige fondue, puis de grésil, puis de neige, à travers les hôpitaux aussi, et l'espoir qui petit à petit disparaît...

          C'est un divorce dans la haine. Et la disparition d'Alyosha, vécue comme un désagrément de plus dans leur vie ne fait que l'exacerber, cette haine. La visite à la grand mère, chez qui il aurait pu se réfugier, est encore un grand moment d'affrontement, atroce, entre Zhenya et sa mère, horrible vieille mégère.... dans la voiture de retour, ils se crachent à la figure -leur seul point d'accord- que, oui, elle aurait eut mieux fait d'avorter.... 

        Et ceux qui, se disant croyants, auraient pu présenter un visage moins noir? Haha! le patron orthodoxe est un bel exemple d'intolérance et de sectarisme. Et la vieille mégère se signe à tour de bras, tout en affirmant léguer sa vieille baraque perdue aux oeuvres, plutôt que de la laisser à sa pute de fille..

         Film magnifique, film d'une noirceur, d'un désespoir absolu.
Aulanius
Aulanius

227 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 septembre 2017
Dès les premières minutes, j'ai vraiment accroché. Une très belle photographie, une bande originale super efficace, des acteurs méconnus qui respirent le naturel, une histoire commune mais tourné de manière à ce qu'on s'identifie et surtout une tension palpable pendant plus de deux heures. J'ai aussi adoré le fait que l'on nous laisse avec des questions car de nos jours, c'est assez rares. Après, je regrette aussi pas mal de choses comme le fait que beaucoup de scènes soient portées sur des scènes sexuelles car pour moi ce n'est pas le sujet même de la chose même si on peut voir en ça, l'égoïsme de chacun. Après, je trouve aussi dommage que ce soit aussi long car certains passages sont longuets et idem pour quelques dialogues. Aussi le fait que l'on peut tomber parfois dans le cliché alors que ce long métrage n'est pas du tout fait pour ça. En fait, "Faute d'amour" est une bonne surprise même si je savais qu'il a eu le prix au Festival de Cannes mais bon, ça ne m'a pas influencé. Je pense qu'avec certaines choses en plus, on aurait pu passer au statut de "claque cinématographique" assez facilement mais bon, on ne peut pas plaire à tout le monde. Il faut quand même aller le voir par curiosité. 13/20.
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 septembre 2017
D'abord, l'image se fixe sur des paysages forestiers enneigés. On devine à travers le feuillage blanchi des arbres l'ombre bétonneuse de la ville, Moscou, des sortes de tours immenses, bourgeoises, neuves, qui tranchent avec un passé communiste et austère. Parmi les habitants, il y a Genia, une très belle femme, apprêtée et sensuelle, et son mari, Boris, un homme qui est l'exact contraire de son épouse : bedonnant et mélancolique. Le couple se déchire, chacun entretenant une relation adultère apparemment constructive pour les deux. Mais il demeure l'enfant, au milieu des deux, assommé de désespoir, qui disparaît en plein tumulte conjugal. Le nouveau film de Zviaguintsev, après trois ans de silence, s'intéresse cette fois à la Russie urbaine et contemporaine. Le réalisateur regarde avec mesure et précaution, l'envahissement de la vie moderne par la télévision, les téléphones portables, l'Internet, et surtout en filigrane, l'âge d'or du capitalisme financier. Comme dans "Léviathan", le réalisateur filme plusieurs mondes dans son film. Il dénonce avec gravité un état qui méprise ses enfants, et plus largement ses citoyens à coup de manipulations médiatiques. On se souvient du portrait de Poutine filmé au-dessus du bureau dans "Léviathan", bureau où se jouaient corruption et abus des droits de l'homme de toutes sortes. Il filme aussi plusieurs univers qui se méprennent quand ils ne s'ignorent pas : celui des campagnes, arriérées, éduquées au communisme réactionnaire, et celui des villes bourgeoises ou du monde des affaires et de l'amour libre. Le réalisateur ne tombe jamais dans l'excès. Il choisit une photographie parfaite, très belle, qui permet à l'œuvre en tant que manifeste esthétique et politique, de prendre le pas sur une narration trop démonstrative. Sa maîtrise absolue de la mise en scène préfère la nuance, la délicatesse, à une dénonciation formelle et grossière des personnages qu'il filme. "Faute d'amour" constitue une œuvre majeure du cinéma mondial. C'est un petit bijou saisissant de beauté, tout autant que courageux, qui critique un état de la société russe jusqu'au sublime.
WutheringHeights
WutheringHeights

131 abonnés 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 septembre 2017
Andreï Zviaguintsev poursuit une filmographie passionnante et qui ressemble de plus en plus à une œuvre majeure. Entre métaphore de la Russie actuelle et portrait glaçant du désamour, le film subjugue par sa cruelle beauté.
Anne M.
Anne M.

85 abonnés 658 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 septembre 2017
Les environs de Saint Petersbourg, en 2012, à l’époque du fameux calendrier Maya annonçant la fin du monde, quelques mois avant la crise Ukrainienne.

Un homme et une femme en train de divorcer, cherchent à vendre leur appartement et à trouver une solution pour leur fils de 12 ans, Aliocha, dont personne ne veut. Aliocha est le témoin caché de propos haineux et violents.

Le lendemain et pendant plus de 24 heures les parents poursuivent leur vie : salon de beauté, travail, ébats sexuels chacun avec son nouveau/sa nouvelle amant/maîtresse. Ce n’est qu’alors, que la professeure principale annonce l’absence de plus de 24 h de l’enfant à sa famille.

La police oriente le couple vers une association de volontaires spécialisée dans la disparition d’enfants.

La film est composé de 4 parties : la présentation de la crise familiale, 24 h de la vie de chaque membre du couple, la recherche d’Aliocha, avec quelques moments de cauchemar chez la grand mère et le grand professionnalisme de l’équipe de recherche ; quelques mois plus tard.

De la Russie soviétique, il ne reste que ce bâtiment en ruine au milieu de la forêt avec les vestiges d’une décoration digne des années 50, ou le profil décharné des quartiers avec des immeubles à n’en plus finir. Sinon, c’est le confort « occidental » et les technologies de pointe ou la mode du fitness. Les signes extérieurs présument une société mondialisée, une de plus.

Et il lui manque, un coeur, une âme, surtout un peu d’amour. Seuls les bénévoles dévoués de l’association montrent un peu d’humanité.

Sinon, avec des dialogues sortis à la fois d’un film d’Ingmar Bergmann et d’un roman russe pré-révolutionnaire, le film présente une humanité proche du déclin, vidée de sa substance. il en découle un sentiment de tristesse et du nihilisme.

La mise en scène, le scénario, le jeu des acteurs accompagnent ce vide et cette froideur avec une perfection tout aussi sidérante.

Attention, chef-d’oeuvre .

Mon blog : larroseurarrose.com
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 24 septembre 2017
Film après film, Zviaguintsev illustre ce qu'a si bien décrit Svetlana Aleksievitch dans " La fin de l'Homme rouge", à savoir la destruction de tout sentiment moral et de toute empathie après soixante-dix ans de communisme.
Le constat est glaçant , et la démonstration sans pitié, avec un refus de rendre les personnages un tant soit peu attachants. Le jeune garçon, victime innocente de l'égoïste recherche de bonheur individuel illusoire de ses parents, est à la fois au centre du film mais absent à l'image , sauf dans de rares plans , dont un , bouleversant, digne du "Cri" d'Edvard Munch .
Par contre, la construction du film pêche un peu , avec de trop longues séquences répétitives de recherche.
nadège P.
nadège P.

149 abonnés 538 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 septembre 2017
Je dis bravo à ce film très maîtrisé, implacable et bouleversant.
Nous sommes comme l'enfant qui disparaît c'est-à-dire témoins des parents qui viennent de se séparer, essayent de vendre le logement commun, qui ont refait leur vie sentimentale et qui sont accaparés par leurs jobs.
Ils pensent en plus le mettre en pension.
Ce pauvre enfant est en grande souffrance.
Un beau jour il quitte le domicile familial mais ne se rendra pas à l'école et ne rentrera pas le soir (comme il a 12 ans les parents le font aller à l'école et rentrer le soir seul)
Le soir en question, le père est chez sa nouvelle compagne enceinte et la mère avec son nouveau compagnon et elle ne rentrera qu'en pleine nuit pensant son fils au lit dans sa chambre.
Quand elle se lève le matin suivant très tard, elle pense son fils à l'école mais elle sera averti que depuis deux jours son enfant n'y est pas venu.
Cet enfant a décidé de fuguer et ensuite ? que lui est-il arrivé précisément ?
Les jours passent et ni la police ni l'association de recherche bénévole n'arrive à le retrouver, malgré tous les moyens déployés.
Et là c'est nous les spectateurs qui sommes témoins de la suite, que l'enfant ne verra pas, c'est-à-dire, de l'enquête, des recherches, des informations nouvelles qu'on apprend sur les parents (notamment la grand mère du petit garçon) etc...
Ce qui rajoute au coté extrêmement dramatique de l'histoire, c'est la période hivernale, grise et froide et effectivement l'ambiance du film est grise et froide.
Nous sommes en pleine tragédie.
Les sentiments humains, les relations entre les gens, les désespoirs, la survie des gens, tout cela est bien analysé et retranscrit.
Un petit chef d'oeuvre à voir d'urgence.
angelo F.
angelo F.

59 abonnés 129 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 septembre 2017
Nous sommes devant un presque chef d'oeuvre dramatique.
J'ai été passionnée et bouleversée par cette histoire déchirante.
Tout est bien mis en en place et expliqué : les parents qui se séparent, leur nouvelle vie de couple chacun de leur côté, leur enfant laissé pour compte si on peut dire, la brutalité des rapports humains, tout ce qui est mis en oeuvre pour retrouver un enfant disparu.
J'adore voir ce genre de film sobre et de haute qualité cinématographique, car c'est de plus en plus rare.
colombe P.
colombe P.

144 abonnés 695 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 septembre 2017
Ce film qui dépeint la déchirure d'un couple, la disparition de leur enfant, leur remise en ménage, l'enquête pour retrouver l'enfant est tout simplement remarquable.
Je ne comprends ABSOLUMENT PAS ceux qui mettent une mauvaise note car ce film est REMARQUABLE.
Oui évidemment cette histoire est dure à regarder, c'est un DRAME, en plus on est en Russie l'hiver.
Quand on vient voir un DRAME au cinéma, avec l'histoire que l'on sait (parents en pleine séparation et déchirure, enfant plus ou moins à l'abandon et qui disparaît, enquête qui patine etc...) on sait où l'on met les pieds, on est pas là pour se détendre ni rigoler.
Pour moi ce film est un drame excellent, percutant, très bien analysé et il mérite amplement le prix qu'il a reçu à Cannes.
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 septembre 2017
Quelle claque ce film ! Franchement c'est du lourd en terme de bon film dramatique.
Pendant 2 h 05 on est littéralement happés par cette histoire terrible et tenus en haleine.
Il faut souligner la réalisation impeccable et l'interprétation aux petits oignons.
C'est vraiment agréable d'avoir la possibilité de visionner un film comme celui-ci, bien construit, solide et de grande qualité.
Pour résumer, l'histoire est vraiment dure, terrible.
Un couple est en instance de divorce (la trentaine pour elle et la quarantaine pour lui).
Ces personnes ont un fils de 12 ans.
Ils se disputent régulièrement et ont mis en vente l'appartement commun.
Chacun des deux a refait sa vie, elle fréquente un riche quadra/quinqua déjà père d'une grande fille et lui s'est remis en couple avec une femme plus jeune et qui est déjà bien enceinte de lui.
Leur fis de 12 ans est complètement anéanti par leur divorce et leurs disputes, d'autant qu'ils ne s'occupent pas bien de lui, étant accaparés par leurs nouvelles relations sentimentales et leurs boulots.
Un jour cet enfant disparait.
Quand ils s'en rendent compte c'est plus de 24 h après.
Il ne s'est pas présenté à l'école.
La police va enquêter mais surtout une équipe de bénévoles spécialisés va encadrer les parents et chercher aussi, parallèlement à la police.
Ce sera une recherche tendue, brute, de longue haleine.
Quand le film se termine, c'est un an et demi plus tard environ.
L'enfant aura-t-il été retrouvé ? Le papa et la maman seront-ils toujours en couple avec leurs nouveaux conjoints ?
Ce film met bien en valeur la vie de personnes de la classe moyenne en Russie, la vie de couple, la séparation et les enfants qui en souffrent, les parents qui se remettent en ménage avec un nouveau conjoint, et pour cette histoire précisément les recherches concernant un enfant disparu.
C'est un film à ne surtout pas rater.
Stéphane C
Stéphane C

75 abonnés 389 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 septembre 2017
La désintégration d'un couple aveuglé par la haine de l'autre et dont la présence de l'unique enfant ne parvient pas à susciter le bonheur.
C'est aussi la radioscopie accablante d'une société russe en proie à ses démons et devenue très individualiste ... un film absolument magnifique !
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 23 septembre 2017
Je ne comprends pas la note des critiques et spectateurs, pour Barbara faible chez les spectateurs, forte chez les critiques, ici forte chez les deux alors que film recèle un mortel ennui, la grisaille des âmes, la laideur des paysages, la nloirceur des images...même la haine dans le couple est caricaturale, faute d'émotions un film sans intérêt et qui ne dit rien, vraiment rien du tout, contrairement à ce racontent les publicités, sur la société russe à la différence du précédent Leviathan.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 septembre 2017
Parents d’Aliocha, 12 ans, Boris et Genia, sont un couple de la petite bourgeoisie moscovite. Lui travaille dans une entreprise aux principes très rigides, elle dirige un institut de beauté. Leur appartement est en vente et ils vivent un divorce conflictuel. Elle est pressée de retrouver sa liberté, car un autre compagnon l’attend. Lui aussi est attendu par une jeune femme, mais il est plus hésitant, car la séparation pourrait lui couter son travail. Genia est hystérique, Boris mutique et Aliocha pleure beaucoup. Jusqu’au jour où il disparaît sur le chemin de l’école… Accident, fugue, enlèvement ?
On passe de la désagrégation d’un couple qui ne se respecte plus, ou l’innocence même de l’enfant est bafouée, à une poussive enquête pour retrouver celui-ci. Ça commence donc comme les « Scènes de la vie conjugale » de Bergman, pour se terminer sur le constat de Piaf « Sans amour on est rien du tout ». Car, même hors du cadre familial, police, hôpital, administration sont rongées par la bureaucratie et l’indifférence. Et c’est toute la Russie de Poutine qui est froide et sans amour, tandis que défilent à la télé les images de la guerre du Dombass dans une Ukraine qui tente de résister à l’ours soviétique.
L’énigme policière n’est évidemment pas première dans ce conte moral. Pour Andreï Zviaguintsev, elle est prétexte à peindre une société individualiste, cynique et glaciale. Comme dans l’âpre Elena et le puissant Léviathan, c’est la même histoire qu’il raconte, celle d’une décomposition. Il le fait en peintre cruel des mœurs dépravées d’une Russie en pleine déliquescence morale. A l’aide de longs plans fixes, jusqu’à l’emphase parfois. Il le fait en opposant la douceur des paysages naturels à la dureté des rapports citadins. Et il atteint le sublime dans quelques scènes d’extérieur, comme sur ces visages butés qui ont tant à dire…
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