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Flaw 70
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2,5
Publiée le 19 avril 2018
Qu'a-t-il bien pu arriver à Deniz Gamze Ergüven depuis son très bon Mustang ? Elle qui avait su mettre tout le monde d'accord en 2015 avec un premier film percutant, touchant et d'une finesse rare pour une première oeuvre. Son avenir s'annonçait radieux mais avec ce deuxième film se voit encombrer d'une déplaisant nuage orageux. Muni de grandes ambitions, celui de raconter une histoire intimiste d'une famille recomposée prenant place dans la grande Histoire. Les événements se déroulant avec en toile de fond les émeutes qui ont suivis le verdict de l'affaire Rodney King. Un drame adolescent sous fond de racisme et de violences policières, de quoi donner le champ libre à la réalisatrice pour offrir une oeuvre sociale aussi pertinente que son Mustang.
Malheureusement Kings est une amère déception. Un bordel sans nom qui part dans tout les sens et qui finit par n'avoir plus aucun sens justement. Alors qu'avec Mustang, Deniz Gamze Ergüven avait réussi à offrir un film très resserré et qui allait droit au but, son Kings cumule toute les erreurs d'un premier film. Il ne sait pas vraiment où il va et empile les thématiques et les directions du récit sans véritable logique et perd très vite son focus. Les événements historiques ont une approche trop documentaire et cela tranche avec les trop nombreuses ruptures de tons, le film jouant souvent la carte de la légèreté voire même de l'humour puéril ce qui donne parfois des enchaînements assez ridicules d'une scène à l'autre. Car mêlé à ça, on va suivre trois storylines assez distinctes entre celle de l'adolescent de la famille qui va se confronter à un amour chaotique rongé par la jalousie et qui va s’imbriquer à la grande Histoire lorsqu'il se mêlera à un groupe qui tente directement de faire part aux émeutes, mais aussi celle de ses petits frères puis de sa mère et de leur voisin qui font vivre aussi leur romance.
Suivre l'ensemble devient assez épuisant surtout que les tonalités varient selon l'intrigue et que certaines se montrent franchement peu nécessaire. Surtout la romance des deux adultes où le voisin blanc et excentrique apparaît presque en trop même si Daniel Craig se montre excellent dans sa manière de l'incarner. Il apporte une couche d'humour supplémentaire à un film qui en avait peut-être déjà trop.Pourtant l'humour en lui-même est souvent réussi mais il ne se mélange que très mal avec le côté sérieux de l'histoire vraie et des tournants dramatiques de l'histoire. Pourtant le film arrive aussi à viser juste, notamment dans le parcours du jeune adolescent qui fait office de personnage principal. Non seulement il se montre attachant, devant prendre des responsabilités qui ne devrait normalement pas lui incomber, il en ressort avec une certaine noblesse. Il apparaît comme plus mature que beaucoup des personnages et se retrouve en victime d’événements et d'une époque qui le dépasse. Son parcours se révèle être le plus intéressant et offre de vraies fulgurances au film, ce qui montre que Deniz Gamze Ergüven vise encore juste lorsqu'elle filme les adolescents et l'amour fraternelle.
Pourtant on s'avère aussi déçu en terme de réalisation et de mise en scène. Même si la volonté d'imposer une atmosphère chaotique et oppressante sur le récit se montre louable, notamment dans cette aspect très inévitable de la menace qui pèse sur L.A. Deniz Gamze Ergüven filmant souvent la ville sous des plans zénithaux, elle foire totalement en raison d'un montage catastrophique. Les scènes s'enchaînent comme des bribes de vie de la famille mais sans liens logiques, les ellipses deviennent confuses et les morceaux que l'on nous montre paraissent artificielles. Le film étant très court, il ne développe ni son contexte ni ses personnages et tombent dans des artifices tire-larmes ou trop forcés pour nous faire nous attacher à la famille. Quelques scènes de tensions arrivent tout de même à persister, comme certains gags visuelles bien pensés mais Kings manque d'un regard clair sur son récit. Surtout lorsqu'il tente des plages oniriques plus que ridicule, comme une séquence de rêve qui tient du malaise nanardesque, et qu'il tombe dans une fin qui n'en est pas une et qui se montre même gênante. Reste un très bon casting, même si Halle Berry offre une prestation un peu trop superficielle.
Kings est un film bien étrange. Il part dans tout les sens, manque de focus et offre des ruptures de tons aberrante surtout dû à un montage catastrophique. On dirait presque que Deniz Gamze Ergüven a oublié tout le savoir-faire mis dans Mustang et tombe dans tout les pièges d'un premier film qu'elle avait pourtant su habilement éviter avec son premier long métrage. On a aussi parfois l'impression qu'on lui a imposé des têtes d'affiches comme Daniel Craig et Halle Berry à mettre en avant, car elle ne semble jamais trop savoir quoi faire avec eux et tombent dans des situations au ridicule assez encombrant. Reste qu'elle sait encore faire un drame adolescent assez touchant, grâce surtout à un personnage principal des plus touchants. On retrouve par quelques fulgurances la réalisatrice de Mustang qui parvient encore à faire rire bêtement mais aussi à toucher au cœur, quand bien même elle gère son contexte historique avec beaucoup de maladresse. Par ces aspects, Kings arrive à éviter d'être un cuisant ratage et montre ici et là quelques belles qualités. Pas de quoi totalement le sauver, mais pas de quoi le condamner non plus. Juste assez pour faire de lui, une bien étrange curiosité.
Kings est un film louable dans son intention, moins dans son résultat.Tout l'intérêt, réussi il me semble, est de nous immerger au cœur des quartiers théâtres des émeutes, comme nous pourrions nous-mêmes en être les témoins. L'affaire R. King n'est évoquée que via les TV des appartements, comme ce serait le cas pour le spectateur. On assiste donc aux commencements des émeutes, avec toutes les décisions ou les hasards qui amènent des personnes ordinaires à faire des choix et des actes qui ne leur ressemblent pas d'habitude. IL n'y a aucun jugement, simplement des faits. Au-delà de ça, visuellement je déteste les gros plans perpétuels qui bougent dans tous les sens, comme si c'était la marque de fabrique des films indés de ne surtout jamais stabiliser la moindre image. Certaines scènes deviennent tout à coup assez oniriques alors que 95% du reste du film est au contraire terre à terre et ancré dans la réalité, ce qui perturbe. Enfin, le synopsis global laisse un immense arrière-goût d'inachevé. Les émeutes ont duré 6 jours, la réalisatrice-scénariste ne nous fait vivre que la première journée et la première nuit en s'arrêtant brutalement et en nous laissant en plan.
2,2 - bruyant et sans répit !!... ok, l'immersion dans le contexte du film est totale... mais trop "anxiogène" pour un divertissement.. trop de cris... ça donne une impression de brouillon et manque des éléments au scénario. dommage !
La réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven, nous avions fait sa connaissance il y a 3 ans pour un film qui avait recueilli un jugement positif pratiquement unanime : "Mustang". La voilà qui franchit l'Atlantique pour réunir Halle Berry et Daniel Craig dans un film ayant comme toile de fond les émeutes qui se déroulèrent à Los Angeles en 1992 suite à l'acquittement de quatre policiers (blancs) ayant tabassé un jeune afro-américain un an auparavant. La voilà qui franchit l'Atlantique et qui rate complètement son coup : le film s'attarde beaucoup sur Millie, une mère-courage qui élève des enfants destinés à l'adoption ou dont les parents sont à l'hôpital ou en prison, et la greffe de l'histoire de Millie et de son voisin blanc sur ce fonds historique ne prend jamais. Une certitude : Deniz Gamze Ergüven apprend très vite, car elle a su intégrer dans sa mise en scène les pires défauts d'un certain cinéma américain, lequel est heureusement capable par ailleurs de nous donner de véritables bijoux comme "Lucky" ou "Katie says goodbye". Résultat : "Kings" est aussi lourdingue et caricatural que "Mustang" était lumineux et d'une grande justesse. Halle Berry alterne le bon et le oins bon, Daniel Craig est mauvais comme un poux ; chez les jeunes, on remarque les qualités de Rachel Hilson, à peine 22 ans et pleine de talents. A noter qu'il ne faut même pas compter sur la musique, pourtant écrite par Nick Cave et Warren Ellis, pour remonter le niveau du film !
J'ai hésite avec "mauvais" tant le film part à la dérive, à en devenir très agaçant au fur et à mesure. C'est très bien filmé ce qui laisse toujours le plaisir d'assister à un beau spectacle au moins. Le thème pourtant est poignant et malheureusement, toujours d'actualité. La réalisatrice de Mustang en fait un meltingpot de n'importe quoi, principalement quand elle suit les "aventures" presque pathétiques de Daniel Craig et Halle Berry, décidément piteuse actrice. Comme bcp d'autres, son oscar est plus un hasard de rôle et d'un "one-shot" qu'une consécration méritée. Elle ici vite excessive, hurlant la plupart du temps ou complètement déplacée vis à vis de ces enfants paumés (ce n'est pas que le rôle lui-même qui est "too much", quoique très limite aussi, mais bien comment elle l'interprète). L'image des familles d'accueil en prend un coup! La réalisatrice enchaîne les stéréotypes et les clichés, comme si l'amour pourrait suffire à aider ces gamins à la dérive (et encore, il semblerait qu'il s'agisse d'un amour disproportionné et inadapté). Que dire du rôle de Craig qui passe d'un véritable fou armé et alcoolique, hurlant lui aussi sur la terre entière, au doux agneau sauvant sa belle et ses bébés. Peu crédible. Le seul intérêt pour le film est l'intrigue des adolescents, plus matures que ces 2 adultes "zinzins". La réalisatrice montre ici son savoir faire avec des scènes assez prenantes et dramatiques, avec une touche de poésie dans la douleur et la détresse. L'incursion de véritables scènes du procès de Rodney King, des émeutes est également un autre intérêt mais qui ne semble pas finalement rattaché à l'histoire de ces personnes que l'on perd donc en route. Car le film part dans tous les sens, avec un final même ridicule. "Tout ça pour ça" en conclusion. On ne comprend pas parfois le montage, lui aussi de plus en plus hystérique. Usant!
Avril 1992. Los Angeles. Un an plus tôt, quatre policiers ont tabassé Rodney King. La vidéo de leurs agissements a fait le tour du monde. Lorsqu'ils sont acquittés, la communauté noire laisse éclater sa colère. Millie habite South Central, un quartier populaire de Los Angeles, au cœur des émeutes. Elle met tout son amour à accueillir et élever des enfants placés chez elle par l'assistance sociale. Saura-t-elle les protéger du délire de violence qui menace de tout emporter ?
Deniz Gamze Ergüven réalise son deuxième film qu'elle avait écrit avant Mustang, dont le succès critique autant que populaire (quatre César, le Golden Globe du Meilleur Film en langue étrangère et une nomination à l'Oscar du Meilleur film en langue étrangère) lui aura enfin permis de le tourner. On l'attendait au tournant. Hélas, elle rate dans les grandes largeurs son expatriation à Hollywood.
Pourtant ce n'était pas faute de s'entourer des précautions d'usage. Un casting en or, mais curieusement décalé, les hottissimes Halle Berry et Daniel Craig n'étant pas les choix les mieux adaptés pour interpréter la courageuse Millie et son voisin, moins acariâtre qu'il n'en donne l'air. Un sujet historique et polémique - les émeutes qui embrasèrent L.A. suite à l'acquittement des agresseurs de Rodney King - comme Hollywood aime ces temps-ci les filmer, qu'il s'agisse des émeute de 1967 dans le Michigan ("Detroit" de Kathryn Bigelow) ou de la marche de Martin Luther King contre la ségrégation dans l'Alabama en 1965 ("Selma" de Ava DuVernay).
Ergüven, en se focalisant à tort sur le personnage de Millie, tourne une guimauve sans saveur. Aussi bien jouée soit-elle par Halle Berry, qui a à cœur de démontrer par moult embrassades affectueuses et inquiétudes larmoyantes quelle mère aimante de substitution elle fait, Millie n'a pas grand intérêt. Et ce n'est pas la romance cousue de fil blanc, et soulignée par un rêve érotique embarrassant, qui confère au personnage plus d'intérêt.
La jeune réalisatrice turque est passée à côté de son sujet. Elle aurait dû concentrer son scénario dans le temps, autour des quelques heures durant lesquelles la violence se déchaîne et le désordre règne. Elle aurait dû se délester de tout sentimentalisme. Elle aurait dû, comme Kathryn Bigelow l'avait fait avec tant de maestria, gratter jusqu'à l'os la rancœur accumulée des Noirs, le racisme à fleur de peau des Blancs. Elle y parvient un instant quand un policier met en joue Millie et ses enfants apeurés et déverse sur eux sa bile. Mais la scène, trop courte, cède vite la place à la suivante, inutilement étirée qui met en scène Halle Berry et Daniel Craig menottée... à un réverbère.
Où est passé Le talent de Deniz Erguven ?? Et que viennent faire Daniel Craig & Halle Berry dans ce film qui Ne raconte rien, Ne nous donne aucune émotion, aucune réflexion et qui finit d'une manière banale . On s'ennuie tout le film en attendant que quelques chose arrive, en attendant de voir un film avec un scénario, une histoire . Non tout ce qu'on a ce sont des images d'archives des émeutes de 92 entrecoupées de scènes sans grand intérêt. Il aurait été préférable de suivre l'exemple de Kathrin Bigelow qui a fait avec son film Detroit un film poussé, réfléchi, un excellent film et une leçon d'Histoire.
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1,0
Publiée le 19 février 2021
Aux Etats-Unis, Deniz Gamze Ergüven ("Mustang") rèalise le très inègal "Kings", dont l'inèvitable comparaison avec "Boyz'n the Hood", vingt-cinq ans plus tôt, donne clairement l'avantage, à tous points de vue, à l'oeuvre de John Singleton! Ce qui chez Singleton, est profondeur et rèalisme, dègènère chez Deniz Gamze Ergüven en sentimentalisme et loufoquerie! Le drame n'est jamais loin et pourtant on baigne tellement dans le film hollywoodien que l'on dècroche totalement dans la seconde partie! Halle Berry et Daniel Craig ne sont jamais bons et c'est d'ailleurs le rèverbère qui fait la meilleure prestation du film (les amoureux d'acrobaties seront aux anges). C'est peu crèdible, bruyant et maladroit où les èmeutes et autres violences urbaines reprèsentent deux tiers de l'histoire! Et comme "Kings" ne dure que 1h25, il ne reste pas grand chose à se mettre sous la dent! Un faux pas...
Aborder les émeutes de Los Angeles suite au jugement de l'affaire Rodney King à travers les yeux d'une mère de famille vivant dans le quartier était une bonne idée, que Deniz Gamze Ergüven décide d'aborder dans un style réaliste, presque documentaire. Malheureusement, hormis la belle Halle Berry et éventuellement Daniel Craig dans la seconde partie, trop de personnages (notamment chez les jeunes) ne faisant que passer ou dont on ne sait quasiment rien, limitant en grande partie l'impact que le film aurait dû avoir sur nous. On ne se sent qu'à moitié concerné, faute d'implication dans leur quotidien, au point qu'on a tendance à les confondre régulièrement, la réalisatrice ayant beaucoup de difficultés à trouver son rythme de croisière. En revanche, cette dernière intègre bien au récit les différentes images d'archives, enrichissant avec habileté son propos, notamment les scènes de procès, toutes plus ahurissantes les unes que les autres, concernant les arguments de la défense. De plus, la deuxième partie est nettement plus intense, les protagonistes étant mis sous tension par un style très direct, assez immersif, quelques scènes (surtout celle du poteau) marquant les esprits. Cela permet de rester sur une note plutôt positive, même si, sur un tel sujet, on pouvait espérer mieux de l'auteur du multi-primé « Mustang ». Honnête, à défaut d'être indispensable.
Un drame social efficace qui dépeint parfaitement la violence latente des quartiers chauds de Los Angeles lors de cette sombre affaire. Les évènements sont vécus à travers le carcan d'une famille qui essaie de s'en sortir tant bien que mal et l'on sent bien que la cocote minute est sur le point d'exploser. Filmé à la manière d'un documentaire, le seul reproche que l'on peut faire au film est de s'éparpiller un peu et de ressembler finalement à une simple chronique.
Un sentiment très mitigé à la sortie de la salle. Où la réalisatrice veut-elle en venir ? Pourquoi placer cette histoire dans ce contexte ? le lien est difficile à saisir. Et lorsqu'on établit des hypothèses c'est quand même grossièrement amené. Trop de mise en abîme. L'histoire donne aussi l'impression d'être un joyeux bordel qui séduite guère. Un chaos qui renforce l'incompréhension vis à vis des intentions de la réalisatrice. Reste les acteurs, attachants.
Mais que sont venus faire Halle Berry et Daniel Craig dans ce film. On ne saisi jamais le style de la réalisatrice, donnant un résultat peu convaincant à ce drame teinté de romance, d'humour, de....on ne sait pas quoi.... Bref, pour le fond de l'histoire , les éternels problèmes des ghettos ethniques qui ne s'en sortiront jamais car ils rejettent toujours la faute sur les autres.
Ce film, c'est le foutoir ! Un flop ! On se dit qu'en s'accrochant, ça va se démêler, avoir un sens, mais non ! American nightmare pendant 20 minutes mais sans but, sans morale, sans histoire. La communauté noire vole mais vit heureuse du social, au soleil d'Hollywood. Les policiers bêtements racistes. OK mais il faut que ça mène quelque part ! Le pire étant cette fin en queue de poisson ! Pourquoi un tel gâchis ? Il y avait la beauté du soleil mais la misère. Le voisin blanc qui est dur mais serviable. Un début de film qui n'en finit pas. 2/5
Après l’excellent « Mustang » la réalisatrice Deniz Gamze Ergüven peine à transformer l’essai avec ce drame autour des émeutes raciales ayant secouées Los Angeles en 1991. Outre un maniérisme inutile, c’est surtout la frénésie de la mise en scène qui agace le plus. Le récit peine à convaincre avec ses personnages hystériques et son manque cruel de substance en dépit d’un sujet fort.