Chronique sociale autour du déracinement d'un immigré sénégalais travaillant en France, alors que sa famille est restée au pays. Un film sobre et délicat mais qui manque de puissance émotionnelle.
Amin (Moustapha Mbengue) est sénégalais. Pour offrir à sa femme Aïcha (Marème N'Diaye) et à ses trois enfants, restés au pays, une vie meilleure, il a émigré en France. Installé dans un foyer, il travaille sur les chantiers. Gabrielle (Emmanuelle Devos) est infirmière. Après un divorce difficile, elle élève seule sa fille. Amin vient effectuer des travaux dans son jardin.
Le succès surprise de "Fatima" (César 2016 du meilleur film) a révélé au grand public l’œuvre discrète et sensible de Philippe Faucon. Avec "Amin", ce réalisateur toulonnais poursuit sa radioscopie tout en finesse de l'immigration en France. "Samia" faisait le portrait d'une jeune beurette de la deuxième génération en pleine crise d'adolescence ; "La Désintégration" se frottait à la radicalisation intégriste (trois ans avant Charlie Hebdo et quatre avant le Bataclan) ; "Fatima" chroniquait l'intégration sans cesse recommencée.
Avec "Amin", Philippe Faucon hésite entre deux thématiques.
"Amin" est d'abord un film sur l'exil qui rend compte, mieux que de volumineux traités, de la solitude du travailleur émigré, obligé de quitter sa famille pour l'aider à vivre. Un montage alterné montre la double solitude d'Amin en France, réduit à un travail salissant et des conditions de vie misérables, et d’Aïcha au Sénégal qui peine à assumer seule les charges de son ménage.
Mais "Amin" se veut surtout, comme l'annonce son affiche et le couple mixte qu'elle montre, un film sur l'amour qui unit son héros avec la femme blanche qui l'emploie. Il y aurait eu beaucoup à dire et à montrer sur cette relation déséquilibrée, lourde de fantasmes sexuels, pas toujours acceptée par la société. Philippe Faucon la filme avec une grande délicatesse. Trop peut-être. Il va trop vite sur la façon dont le couple se forme : un verre d'eau offert et hop... les voilà tous les deux au lit ! On comprend que deux solitudes se rencontrent, se réconfortent, qu'une page de tendresse s'écrit. Et ... c'est fini.
Vendredi 5 octobre 2018 : très beau film où Moustapha Mbengue réalise une excellente prestation. Le long métrage invite à la réflexion sur la solitude et l'isolement des immigrés qui doivent se battre pour survivre loin de leur racine. Ces personnes sont aussi confrontés à la barrière de la langue.
Un bon sujet, des acteurs sympa, mais trop de longueurs, et surtout, le film est trop plat, on ne ressent pas les émotions des personnages. Je suis un peu resté sur ma faim.
un film qui nous plonge dans le quotidien des travailleurs immigrés , exilés , loin de leur famille; Certains vivent en situation précaire. C'est un film qui dénonce certains travers. a voir pour mieux comprendre
Amin travaille en France pour faire vivre sa famille restée au Sénégal. Sur un chantier, il rencontre Gabrielle, infirmière, divorcée, mère d'une petite fille.
On ne comprend pas très bien ce que veut nous dire ou nous montrer Philippe Faucon. Son histoire dénuée d'émotion ne conte que peut de choses. Les situations et les personnages sont le plus souvent caricaturaux.
Malgré la présence d'Emmanuel Devos et du très beau Moustapha Mbengue, on s'ennuie très vite.
Sans être le meilleur film de Philippe Faucon, on lui préfèrera sa magnifique série sur l'homosexualité ou Fatima, Amin a une façon fort originale de concevoir le problème de l'immigration. Il aborde cette fois le problème de la délocalisation des êtres et du mal du pays à travers le portrait de trois groupes de personnages : le jeune qui ne parvient à s'exciter, l'homme mûr au destin tragique et le trentenaire qui, entre les deux, parviendra à subsister. Jouée remarquablement par Emmanuelle Devos, son personnage de femme est également perdue et délaissée. L'acteur black joue d'une étrange façon, tel un zombie, mort vivant parmi les fantômes, hésitant et touchant. Ce qui frappe chez Philippe Faucon est sa mise en scène douce, délicate, sans la moindre emphase ni pathos. Pourtant la violence, quand elle éclate, est assourdissante et sans contrepartie. Notons, malgré quelques longueurs (le film peine à démarrer) de belles trouvailles scénaristiques dans les scènes tournées au Sénégal. Les relations entre les membres de la communauté et de la fratrie sonnent très justes. Elles posent la question du couple, de la solitude et de la fidélité. Saluons le très beau plan raccord où se succèdent le rêve d'Amin envers son pays et celui de sa femme rêvant d'Amin. Enfin la scène où la jeune fille joue de la flûte est très touchante. Le récit, malheureusement, ne tient pas toujours la distance et manque de surprise. Cependant, Amin est un assez bon film et Faucon un cinéaste très personnel.
« Amin » est sénégalais et a laissé sa femme et ses trois enfants au pays pour venir travailler en France il y a neuf ans. « Amin » n’a que le travail dans sa vie. Il retourne au Sénégal une à deux fois par an. Lorsqu’il rencontre Gabrielle pour des moments de tendresse, sa vie prend un peu plus de sens… Après « Fatima », Philippe Faucon s’attache de nouveau à l’exil et au travail. Mais contrairement à l’œuvre précédente, il n’est pas question ici de faire dans les sentiments. « Amin » est tout ce qu’il y a de plus sobre. Nous sommes spectateurs de faits et non d’émotions. C’est peut-être ce qui en laissera plus d’un sceptique. Pourtant la force du drame est de ne pas juger et de nous laisser à nos propres pensées. C’est un film sur la solitude qui en profite pour nous décrire la condition de travail des immigrés avec poigne. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Quelle déception, après l’enthousiasme devant les deux précédents de Philippe Faucon, révélé avec le très documenté « La désintégration » et consacré avec le magnifique et solaire « Fatima » (César du meilleur film en 2016). Toujours armé de ses intentions humanistes et de son style naturaliste, il s’intéresse ici au quotidien de ses hommes africains venus en France pour travailler afin de faire vivre leur famille restée au pays voire tout un village. Adepte du film court et concis, dès le premier quart d’heure, on comprend qu’il maitrise le sujet : solitude, précarité, soumission, déracinement,… Au point que la partie française fait figure de catalogue, l’écriture pêche souvent par un côté didactique et démonstratif et une mise en scène au diapason, la finesse de « Fatima » est absente ici ; et conséquence, les personnages peu attachants. La partie africaine parvient au moins à donner un second souffle à un film inabouti. Trop de bonnes volontés, le message fort que je retiens du film est le combat contre le mythe du migrant heureux de tout quitter pour prendre le boulot des locaux avec une volonté ultime de s’installer définitivement en Europe. Déçu car maladroit et sans trop d’émotion. tout-un-cinema.blogspot.com
Beau film sur l'itinéraire professionnel d'un ouvrier sénégalais en Île-de-France, ses retours au pays et sa liaison aussi improbable que belle avec une infirmière séparée du père de sa fille. Deux solitudes qui s'unissent quelques semaines ou quelques mois, la temporalité n'est pas précisée et n'a pas d'importance. Tout est très juste. Les séquences au Sénégal sont particulièrement fortes, l'attente de l'épouse esseulée et des enfants en manque de leur père, tout comme l'emprise de la famille. De même, les relations des travailleurs immigrés, souvent non déclarés, avec leurs employeurs, sont dépeintes sans complaisance.
Amin ou la condition d'un travailleur immigré sénégalais en France. Un ton juste, avec beaucoup de délicatesse, d'humanité. De nombreuses difficultés sont évoquées sans jamais être envahissantes: le risque de la "double vie familiale" , le "décalage" quand Amin est de retour au Sénégal. On est pas chez soi en France, on n'est plus chez soi au Sénégal. Plus grave encore, on devient un étranger pour son épouse (et réciproquement). On ne voit pas ses enfants grandir.... Le travail non déclaré et ses conséquences dramatiques (accident, retraite?). C'est le Foyer type sonacotra qui remplace la famille....J'en oublie sans doute mais le tout sans "pathos" excessif.... Le film manque peut-être de dramaturgie mais ce qui le rend si proche de nous. Comme toujours Emmanuelle Devos, est impeccable et les autres comédiens aussi. C'est la signature de Philippe Faucon.
Ça se suit, il se passe des chose,s on ne s'ennuie pas. Mais il n'y a pas vraiment de récit principal, pas vraiment de structure. Du coup, il se passe des choses, on reste assez distant par rapport à ça et quand ça se termine on se dit juste : 'ha ok'. Le film est plus à prendre comme un constat. Ce qui est intéressant, c'est qu'on s'attarde sur le point de vue de la femme restée au pays. Mais au final, toutes les idées proposées sont assez faiblement exploitées, que ce soit la maîtresse française, les amis qui galèrent, les gosses qui sont sujet à moquerie. La seule chose qui est exploitée à fond, c'est le côté stoïque du héros...
Une autre manière de voir l'immigration, le déracinement, la solitude sans discours militant mais pourtant très efficace. Emmanuelle Devos est très bien comme d'habitude. Une impossible histoire sentimentale entre 2 personnes qui n'auraient pas du se rencontrer. spoiler: Chacun va retrouver son destin
J'ai été un peu déçue par ce film. On suit le quotidien de travailleurs étrangers en France, en particulier celui d'Amin qui est au demeurant sympathique. Dans la bande annonce, on s'attend à une histoire d'amour entre Gabrielle et Amin mais il n'en est rien : il s'agit juste d'une femme blanche qui profite de la lascivité d'un homme déraciné pour assouvir son désir sexuel, je n'ai vu aucun sentiment dans leur relation. Film assez pauvre.
Un bon film d'auteur . Le sujet abordé est l'immigration en France. Emmanuelle Devos incarne une femme amoureuse d'un immigré Amin qui se sent seul dans un pays étranger au sein.