Enfin un film français qui s'éloigne des sentiers de la comédie, sans se frotter non plus au film d'auteur ennuyeux. Une femme à la tête d'une grande firme d'état. Pas innocente mais confiante en un système qui s’apprête à la manger toute crue. Un très bon sujet qui est développé avec quelques clichés sur les hommes et le femmes de pouvoir, sans compter les inévitables féministes de l'ombre qui veillent à la défense, elles aussi, de leurs intérêts. Le propos est convaincant, un peu trop romancé façon série, mais on est ravi de voir que ce genre-là n'est pas mort en tout cas en France. Et puis les acteurs sont quand même tous très bons.
Depuis "Vénus Beauté" qui en 1999 l'avait propulsée un court moment en haut de l'affiche (4 Césars), Tonie Marshall a plutôt déçu, aucun de ses films suivants n'étant vraiment captivant. Elle tente ici de surfer sur la vague "me too" pour relancer d'un bon pied sa carrière de réalisatrice. Rien de mieux que le monde de l'entreprise pour mettre à nue les inégalités entre hommes et femmes. En partant du constat qu'aucune femme n'a encore jamais été nommée à la tête d'une entreprise du CAC 40, Raphaëlle Bacqué, Marion Doussot et Tonie Marshall rédigent un scénario retraçant le parcours semé d'embûches "machistes" d'une jeune femme poussée vers ce Graal par un cercle féministe bien introduit dans la sphère politique. Les films sur les méandres du monde des affaires sont actuellement très en vogue et Tonie Marshall en respecte efficacement les canons esthétiques avec l'architecture glaciale des quartiers d'affaires et narratifs avec la violence feutrée qui régit une guerre des égos sans trêve. Récemment convertie au féminisme comme elle l'avoue elle-même, la fille de Micheline Presle dresse certes un portrait touchant de l'aspirante PDG en la personne de la toujours parfaite Emmanuelle Devos, mais charge sans doute un peu trop la barque en présentant les choses de manière déséquilibrée voire parfois caricaturale. Emmanuelle Blaché (Emmanuelle Devos) sa postulante au poste de PDG d'une compagnie qui s'apparente à la Générale des Eaux présente en réalité un profil humaniste en trompe l'œil qui pour fois disons le, reflète la vision déformée d'une femme par une femme. En effet à la tête d'une entreprise publique dans le domaine sensible de l'énergie il y a quelques années, une Présidente avait montré qu'elle n'avait rien à apprendre en terme de rapacité et de cynisme des personnages peu ragoûtants interprétés dans "Numéro Une" par Richard Berry ou Benjamin Biolay. Il est sans aucun doute évident que les femmes ont toute leur place au sein des top management ou à la tête des plus grandes entreprises. Mais le discours un peu usé qui voudrait faire croire que la face des choses en sera forcément changée est un peu dépassé. On peut malheureusement regretter l'insincérité de cette utopie. Tonie Marshall et ses scénaristes sont tombées dans le piège. Les excès du pouvoir n'ont pas de sexe, on peut tous les jours le vérifier. Le grand poète Louis Aragon faisait chanter à Jean Ferrat : "La femme est l'avenir de l'homme..." On voudrait encore le croire. C'est sans doute le petit bémol de ce film qui nous confirme que Tonie Marshall a un talent certain quand elle le met au service de sujets consistants et surtout que la troublante Emmanuelle Devos fait aujourd'hui partie des toutes meilleures actrices françaises aux côtés des Isabelle Huppert, Isabelle Carré, Karin Viard, Sandrine Kiberlain , Juliette Binoche ou de la désormais trop rare Emmanuelle Béart.
L'accès aux plus hautes states du CAC40 pour une femme où il ne suffiit plus de montrer ses compétences, il faut s'imposer en utilisant les armes de ses adversaires aussi basses soient-elle. PLV : avec l'impeccable Emmanuelle Devos
Emmanuelle Devos toujours impeccable, rôle extrêmement bien joué, les situations sont crédibles, on s'y croirait..à voir ne serait-ce que pour se mettre dans la peau d'une femme plongée dans les "hautes sphères".
Les magouilles dans le monde des entreprises du CAC40 et la politique, les faux semblants associés et la misogynie...Assez lent, mais plutôt prenant avec des acteurs au top! Je ne sais pas si c'est réaliste, mais j'y ai bien cru.
Tonie Marshall, Marion Doussot et Raphaëlle Bacqué ont fait du bon travail et peuvent en être fières. Je ne sais pas s'il s'agit d'un hommage à Isabelle Kocher, directrice générale d'Engie... ou un clin d’œil à Sophie Bellon, directrice Générale de Sodexo... Deux femmes seulement à la tête d'entreprise du CAC 40... en effet... c'est le constat que beaucoup de choses restent à faire en matière de parité et d'égalité. Le film met également en évidence la corruption, la bassesse morale, l'ignominie intellectuelle, et le clientélisme mafieux au mépris des réelles compétences requises pour occuper ces postes tant convoités. Emmanuelle Devos, magnifiquement longiligne, est excellente dans son rôle. Je trouve que c'est un film très courageux !!!
C'est plus un téléfilm qu'un film de cinéma, d'ailleurs le bide fut comme d'habitude sidéral mais subventionné, normal avec Biolaid, Berry et toute la clique...... c'est d'un ennui de jour sans alcool, le seul intérêt résidant dans les coulisses du pouvoir qu'on veut nous montrer mais sans vraiment aller jusqu'au bout du propos comme si la réalisatrice avait peur quand même de trop en dire, fallait pas commencer.....
l'excellente Emmanuelle Devos apporte une jolie crédibilité à son personnage au film dont le thème résonne particulièrement en cette période où le paritarisme et le respect des femmes n'ont jamais autant fait parler. Original mais un peu longuet malgré la découverte des arcanes du pouvoir et de la puissance des lobbys...
plutôt bien et très bon casting . très justement réalisé et surtout très bien interprété par Emmanuelle. le film repose sur elle et tant mieux la fin est un peu particulière mais l 'ensemble nous fait assez bien voir le cynisme du pouvoir à ce niveau
Je crois que le casting m'a dérangé. Emmanuelle Devos n'arrive pas à incarner cette femme que tout destine à devenir la "number u(o)ne" d'une grande entreprise du CAC 40. A ce niveau, on s'attend à une "tueuse", dévorée par un feu intérieur ... ce que manifestement notre gentille (et un peu "mollassonne") Emmanuelle ne sait pas restituer dans le film. En revanche, elle semble plus à son aise dans la partition de la femme affectée par les désordres collatéraux affectant sa vie de couple : en effet, on cherche à la déstabiliser à travers son mec dont la carrière sera compromise et qui sera contraint pour rebondir d'accepter un poste l'éloignant d'elle, pour au moins 6 mois. On se dit à cet instant du film que le scénario est bien "lourd", entendons par là que ça semble assez convenu de lui faire payer chèrement sa promotion par ce détour au plan intime. Certes, je ne me suis pas ennuyé mais de là à pouvoir prétendre avoir été un tant soit peu captivé ....
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3,0
Publiée le 16 mars 2018
"Numéro une" suit le parcours d'une femme brillante à l'incroyable carrière qui tente d'accéder à la tête d’une entreprise du CAC 40, ce qui serait une première, à l'aide d'un lobby féministe. Avec ce nouveau film, Toni Marshall change complètement de registre puisqu'elle avait réalisé la comédie romantique "Tu veux... ou tu veux pas?". Ici, elle met en avant les inégalités dans ce milieu d'hommes et ce combat annoncé comme perdu d'avance. Le film est comme un thriller politique, mais dans le milieu industriel avec Emmanuelle qui doit faire face aux manigances, aux coups de pression et coups bas de la concurrence comme si elle briguait un poste politique. Une guerre d'image en somme durant laquelle les compétences n'ont pas leur importance. La réalisatrice dresse le portrait d'une femme forte en apparence, mais fragile à l'intérieur à cause de douleurs passées, mais aussi d'un milieu impitoyable et hypocrite. L'enjeu principal n'est finalement pas cette accession au pouvoir ou non, mais plutôt le parcours semé d'embuches que rencontre cette femme. En somme, un bon film avec une bonne Emmanuelle Devos qui est crédible et convaincante dans ce rôle. Il manque peut-être un peu d'émotion, de tension et de profondeur, mais rien de grave.