Luc et Jean-Pierre Dardenne, chantres inspirés de "ceux qui ne sont rien", et tout particulièrement des enfants -qui a pu oublier la petite Rosetta, courant comme un hamster pour survivre, pour vivre! font cette fois ci un flop retentissant. On ne peut pas réussir à tous les coups, même quand on est les meilleurs....
Ahmed (Idir Ben Addi), 13 ans, est tombé sous la coupe d'un imam (Othmane Moumen). Courageux imam qui a déjà envoyé au djihad et à la mort un cousin d'Ahmed, et qui préfère l'héroïsme pour les autres -lui tient à sa vie pépère dans sa petite épicerie, coupée de prêches incendiaires dans sa mosquée. Et qui poursuit tout particulièrement de sa vindicte Inès (Myriem Akheddiou), qui le soir surveille les devoirs des enfants et prétend leur apprendre l'arabe dans autre chose que dans le Coran, et même les faire chanter! Elle a beaucoup aidé Ahmed -et maintenant il ne veut même plus lui serrer la main. A treize ans, on n'est plus un enfant. On ne touche donc plus une femme!
Le personnage le plus vrai, et le plus émouvant du film est certainement la mère d'Ahmed, qui boit du vin (que dire de la soeur qui porte des robes très décolletées et a un copain!), et qui ne comprend pas ce qui lui arrive, lorsque son fils agresse Inès chez elle, essaye de la tuer, et se retrouve en centre éducatif fermé. On propose à Ahmed de travailler dans une ferme: le chien, animal impur, lui lèche la main. Mauvais début. Mais le gamin n'a pas renoncé à son idée fixe -tuer l'apostate, et pour cela, il n'hésitera pas à jouer les repentis....
On suit le garçon au long d'interminables ablutions, d'interminables prières, pour meubler l'heure et demi de film, mais on sent que les Dardenne, en dépit de leur bonne volonté, n'ont pas réussi à entrer en empathie avec ce personnage décérébré, qui marche comme un robot, la tête baissée. La scène de tentative de séduction tentée par la jeune fille des fermiers vaut son pesant de crottin sec.... A éviter