Comédie coécrite et coréalisée par les frères Peter et Bobby Farrelly, Fous D'Irène est un film particulièrement divertissant. L'histoire nous fait suivre Charlie Baileygates, un motard au sein de la police de Rhode Island qui, depuis que sa femme l'a subitement quitté pour un autre alors qu'ils avaient ensemble des triplés dont il a désormais la garde, refoule complètement ses émotions et renfrogne sa colère. Incapable d'extérioriser ses sentiments négatifs, il se laisse sans cesse marcher dessus, les autres profitant de sa bonté et de son comportement ultra-passif. C'est alors qu'un jour il explose intérieurement et se met ainsi à souffrir d'un sérieux trouble de la personnalité jusqu'à développer un double, Hank, au caractère impulsif, extrême et colérique. C'est à ce moment là qu'il se voit confier la mission d'escorter Irène Waters dans un autre État où elle est recherchée comme témoin dans une sombre affaire. Les deux personnalités vont tomber sous le charme de la jeune femme et se disputer son amour alors que celle-ci est poursuivie par des hommes la trouvant trop gênante pour leurs magouilles. Ce scénario original s'avère extrêmement réjouissant à visionner pendant toute sa durée de près de deux heures. Une durée qui ne se fait pas ressentir à la faveur d'une intrigue décalée et bien rythmée multipliant les situations farfelues. On assiste ainsi à une fuite en avant nous faisant vivre une romance troublée par la présence de deux personnalités vivant dans un seul corps. L'humour se veut insolite et ambivalent puisqu'il change en fonction de la personnalité prenant le dessus sur l'autre. L'un est bienveillant et soumis alors que l'autre est graveleux et extravagant. Cette double dose humoristique est franchement très drôle et accouche de scènes aux gags inspirés. L'ensemble est porté par des personnages appréciables, interprétés par une distribution hautement sympathique comprenant Jim Carrey grimaçant en tête d'affiche qui s'en donne à cœur joie dans son double rôle, accompagné par une Renée Zellweger tentant de le canaliser. Ils sont entourés par une distribution tout aussi joyeuse trouvant parfaitement sa place avec les trois enfants de Charlie campés par Anthony Anderson, Mongo Brownlee et Jerod Mixon, mais également par Chris Cooper, Michael Bowman, Richard Jenkins, Robert Forster ou encore Tony Cox qui ne sont pas en reste. Tous ces individus hauts en couleur entretiennent des rapports saugrenus, soutenus par des dialogues tantôt grossiers et sous la ceinture, tantôt plus matures. Sur la forme, la réalisation du binôme s'avère de bonne facture. Leur mise en scène n'est pas très élaborée mais elle parvient parfaitement à faire mouche à travers ses séquences bien trouvées. De plus, elle évolue dans des environnements changeant puisque les deux tourtereaux parcourent pas mal de route. Ce visuel assez classique est accompagné par une b.o. aux titres collant bien à l'ambiance légère et marrante. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à Fous D'Irène, qui, en conclusion, est un long-métrage méritant clairement le coup d'œil tant il fait passer un bon moment drôle.