Second film de Teddy Lussi-Modeste après l’excellent Jimmy Rivière (2011). Après l’univers des gens du voyage (dont il est issu), il se frotte à la célébrité, au succès et tout ce que celui-ci peut engendrer sur un homme et une famille d’origine modeste pas préparés à ça. Le tout est fait de façon très convaincante. La mis en scène est solide, le scénario, une nouvelle fois co-écrit par Rebecca Zlotowski (Belle Epine, Grand Central) plausible (on pense beaucoup à Jamel Debbouze). Le tout évoque peut-être (sur la forme et sur le fond) un sentiment de déjà-vu, mais ça fonctionne. On y croit et on est pris d’entrée. Il faut dire que le casting est particulièrement bien choisi. Et particulièrement performant. Tahar Rahim est impeccable, Maïwenn sobre et juste (pour une fois…), mais celui-qui m’a le plus convaincu est Roschdy Zem, absolument formidable (ça sent au moins la nomination au César du second rôle…). Avec aussi un excellent Grégoire Colin. L’exercice du deuxième film est toujours périlleux. On peut dire que le metteur en scène réussit l’examen. Il confirme donc tous les espoirs mis en lui. Le prix du succès est une jolie réussite. Sans réelle surprise mais parfaitement maitrisé. Et un vrai plaisir d’acteurs. Un beau film. Et un réalisateur plus que jamais à suivre...
Un film qui ne m'a pas totalement convaincu, dû à des baisses de tension et une interprétation qui m'a parfois semblé sur joué. Rien de déshonorant ni de passionnant !
Un très bon film (mais pas le film de l'année!) bon scénario mais pas exceptionnel, en revanche c'est un « film d'acteurs » et là, on peut dire que l'interprétation est remarquable ; l'affrontement de Tahar Rahim et Roschdy Zem , tous deux au zénith de leurs carrières, vaut le déplacement...
Un casting 5 étoiles, un rythme soutenu, un sujet prometteur... mais au final peu d'émotions. La faute à un scénario ultra balisé et très linéaire que les interprétations pourtant sans faute ne peuvent totalement sauver. Toutes les situations sont couru d'avance et les surprises jamais au rendez-vous. Un film néanmoins qui se laisse voir mais qui ne laissera pas de trace indélébile. Au suivant !
Teddy Lussi-Modeste, depuis sa première oeuvre fulgurante "Jimmy Rivière" continue d'être hanté par les conflits de loyauté entre les aspirations personnelles de chacun et ses origines sociales. En ce sens, "Le Prix du succès" est une oeuvre quasi autobiographique, même si le réalisateur choisit de camper le décor de sa narration dans une famille maghrébine. Le réalisateur visite plusieurs univers : celui des banlieues où les détours de langage prennent le pas sur les échanges, celui du star système qui ferait oublier malgré soi d'où l'on vient, et celui d'une famille où se mèlent indiféremment les émois affectifs et les connotations sociales. Le réalisateur a choisi Tahar Brahim pour incarner le rôle de l'acteur populaire comique. C'est là la plus grande qualité du long-métrage. Le comédien, très glamour d'ailleurs, se fond dans ce personnage complexe, avec facilité et passion. Il paraît même prêt à gravir les planches d'une scène pour faire des spectacles comiques, tant la vraisemblance est troublante. Le bémol du film demeure par contre claiement le scénarion. Le récit ne peut éviter certains écueils narratifs voire des grosses ficelles de la mise en scène. D'ailleurs plus de nuances et de sobriété dans la mise en scène, et sans doute moins d'effets visuels auraient été utiles pour éviter que le film ne tombe parfois dans un académisme scolaire à la FEMIS. Néanmoins, "Le Prix du Succès" demeure un film honnête, intègre, dynamique qui fait passer un joli moment dans le coeur même de son réalisateur.
"Mon frère". Dans ces deux mots, tout est dit. L'insu religieux de cette formule est jeté à notre face via l'écran.On sait combien la relation entre Caïn et Abel s'est mal terminée. Qui faut-il incriminer ? Qui est coupable ? Peut-être faut-il simplement penser que le lien s'établit sur la rivalité fraternelle et contient de la haine. L'amour ne vient que de surcroît, si cette haine première est reconnue. Teddy Lussi-Modeste réussit brillamment, je trouve, à explorer cette thèse. La loyauté à l'égard de sa famille n'est pas synonyme de soumission ou d'écrasement. Cette loyauté doit aussi s'appliquer à mon endroit, c'est-à-dire que ma famille respecte mes positions, mes choix. Qu'elle valide ou non mes choix amoureux, n'implique pas qu'elle se mêle de ma vie personnelle. Elle peut émettre un avis, ce n'est pas à elle de trancher à ma place. Le casting est magnifique. Les trois personnages centraux sont exceptionnels. J'ai passé tout le film à ressentir une tension permanente, tant la violence est palpable au-delà des moments démonstratifs où nous y assistons. La baffe paternelle est un moment important, puisque l'intervention du père arrête la flambée de l'affrontement, mais elle signe aussi la fin d'une dynamique. Plus rien ne sera comme avant après ce moment. Ce qui est aussi très bien exposé, c'est lorsque Brahim tend à épouser la vision persécutrice que sa famille a de Linda. Teddy Lussi-Modeste a réussi à mettre à l'écran les revirements, les mouvements d'ambivalence, que traverse le héros. "Le prix du succès" est effectivement élevé. On ne sort pas indemne de la réussite, (surtout ?) si l'on provient d'un milieu modeste, puisqu'on "trahit" en quelque sorte ses origines. Cela s'appelle l'altération, le "devenir autre".
immersion dans le monde du show biz surtout côté coulisse où l'on assiste à la montée d'un comique interprété avec brio par le toujours excellent Tahar Rahim managé depuis toujours par son frère ainé le génial Roschdy Zem. entre amour amitié conflits l'itinéraire hors norme de cet homme fait froid dans le dos.
Immersion très communautariste dans un conflit familial qui met surtout l'accent sur le sang chaud et la violence verbale si ce n'est à l'occasion physique ainsi que la place à part des femmes. A partir de ces clichés (?) ainsi assemblés, pas tellement de quoi raconter une histoire.
Dommage que ce soit si mal filmé ! ralentis, gros plans, caméra qui bouge sans cesse. Le sujet de ce film est très intéressant et les acteurs sont excellents. L'histoire de ce jeune fils d'immigré qui réussit dans le spectacle et laisse le frangin sur le carreau nous en dit beaucoup sur la société d'aujourd'hui. Il est difficile de se sortir de son milieu malgré la notoriété. Quelques rappeurs ou humoristes réussissentspoiler: et les autres finissent comme le frère de Brahim chauffeur chez Uber
"Le Prix du Succès" met en relief une histoire aux multiples résonances, une histoire forte, vraie, totalement en prise directe avec la vie et ce que l'on en fait ou ce que l'on veut en faire... En réalité, plus que le succès lui-même, c'est ici la philosophie première, l'état d'esprit de chacun des deux qui divisent d'emblée déjà ces deux frères Brahim en haut de l'affiche et Mourad plus dans l'ombre... Et ce sera la réussite qui les rapprochera, pour mieux les éloigner. Pour arriver à ce tour de force si évident, le réalisateur Teddy Lussi-Modeste a su s'entourer de deux acteurs qu'il a su aussi diriger de main de maitre, car Tahar Rahim et Roschdy Zem semblent tellement vrais, qu'ils arrivent ensemble à percer et convaincre dès les premiers instants ! Au centre de leur relation, c'est la trahison et la faiblesse de l'un qui sera l'élément épineux de cette histoire, tandis que le côté violent, toxique et envahissant de l'autre fera le reste... Tout l'enjeu du film tient dans l'évolution des personnages face au changement de vie qu'amènent la célébrité, la reconnaissance, le public et les paillettes inévitables qui vont avec ! Et qui dit changement, dit aussi divergence dans le ressenti et l'orientation à prendre. Ce que l'un pense être nécessaire et indispensable à travers ses conseils, son aide, son soutien, sa protection, l'autre finit par y voir une gêne ou une entrave à son avenir. Tout le contexte culturel et familial joue ici un rôle immense avec le poids et l'importance des traditions, et ce que représentent les parents, les frères et sœurs... De plus la place que tient Maïwenn, véritable nouvel électron libre parmi cette famille, aura aussi des répercutions bien intéressantes à analyser et dont certains échanges seront même passionnants à découvrir et disséquer ! D'ailleurs à l'image du cinéma de l'actrice plus en retrait ici, celui de Teddy Lussi-Modeste est aussi totalement naturaliste dans la façon de filmer, dans cette façon d'aller au plus profond des regards, de saisir la moindre interrogation, la moindre peur, parmi toutes ces effusions de joie qui ponctueront le film. Du cinéma dépouillé et sincère, intelligent et subtil, qui apporte beaucoup et pose question sur ce succès si recherché et ses conséquences. La fin magnifique qui se résume à la difficulté de communiquer ses propres sentiments, plus facile d'ailleurs à écrire qu'à dire, est par ce dernier échange entre les deux frères, une très belle leçon sur la nature humaine !
Il s'agit d'une bonne comédie dramatique. Rien d'exceptionnel mais ce film est intéressant et divertissant. Cela parle de problèmes de famille comme on en connaît tous.
Bonsoir a tous, les 2 acteurs principaux sont a leur place, Roshdy Zem confirme encore une fois son talent et sa large palette de jeu. Maiwen délicieuse et trop rare en tant qu'actrice - elle est douée dans ses deux domaines. Je ne note que 2 et demi au regard du démarrage lent du film et aux mouvements incessants de caméra avec des scènes filmées de trop près ce qui peut vite être irritant même si au fil de film on commence à s'y habituer. Et aussi pour le thème "famille je t'aime je te hais" ici relativement peu crédible.
Brahim (Tahar Rahim) commence à se faire un nom dans le one-man show comique, genre Jamel Debbouze, un genre que j'exècre -mais je suis très mauvais public en ce qui concerne le comique. Depuis Georges Clemenceau, je n'ai jamais vu quelqu'un qui me fasse rire- Son manager, c'est son frère aîné, Mourad (Roschdy Zem), qui a quelques antécédents de petit délinquant, des copains carrément chelous, mais qui lui trouve des petites salles, des spots de pub miteux.... Qand Brahim rencontre Linda (Maïwenn) qui met en scène son spectacle dans un théâtre parisien, et qu'elle lui présente Hervé (Grégoire Colin), un agent d'artiste digne de ce nom, il comprend qu'il est temps pour lui d'avoir d'autres ambitions, de jouer dans une autre catégorie -mais comment le dire à Mourad? Mourad le sanguin, le violent? Mourad et ses amis cailleras qui ont vite fait de repeindre le portrait de quelqu'un qui leur aurait déplu.... Bref, cela tourne mal.
A la mort du père, les pieux musulmans tentent de réconcilier les deux frères, car la brouille de deux frères déplaît à Dieu, tandis que les cailleras continuent de leur côté à monter la tête à Mourad....
Ce qui m'a gênée, c'est justement que cette histoire soit enfermée dans le milieu arabe. Même si les deux acteurs sont excellents, à commencer par Roschdy Zem qu'on a l'habitude de voir dans un registre plus intello, plus posé..... Car, c'est une histoire universelle; l'histoire de quelqu'un qui sort de son milieu et de celui qui, frère ou ami, reste de l'autre côté de la barrière, jaloux, frustré.... Alors qu'ici, Mourad se retrouve figurant un stéréotype quasiment raciste de la brute des "quartiers" Il est vrai que Scorsese aurait pu raconter la même histoire chez des boxeurs siciliens, avec la même prégnance de la famille, les soeurs mêle-tout et le frère aîné imposant son autorité.