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Un visiteur
3,5
Publiée le 18 août 2018
Ce film norvégien nous propose un voyage froid et maîtrisé aux frontières du surnaturel, entre pouvoir psychique, contraintes religieuses, exploration des sens et des désirs... On suit hypnotiquement Thelma jusqu'à sa révélation... Intéressant...
Joachim Trier, en cinéaste des seuils : ceux de la mémoire, du deuil, du devenir, donne à voir ici son geste le plus radical : donner forme, matière et corps à la psyché. Thelma est moins une fable fantastique qu’un film de sensations cryptées, un récit d’émancipation où chaque interrogation devient l’indice. Et si ce qui nous hante ne venait pas de l’extérieur, mais du plus intime, du plus enfoui, de ce qui, depuis l’enfance, se tait en nous à force de vouloir hurler ?
Avec Thelma, Trier déploie une autre grammaire, plus souterraine, où le corps (féminin) devient le champ de bataille entre un désir qui s’éveille et une culpabilité héritée. Thelma quitte ses parents, mais c’est un exil en trompe-l’œil : le père, la foi, la honte collent à ses pas comme des ombres persistantes.
Trier ne s’aventure pas dans l’horreur frontale : il préfère les glissements, les étrangetés périphériques. Des oiseaux tombent du ciel, des tremblements sont à peine perceptible : le trouble colle au récit.
Thelma est amoureuse, et tout se dérègle ; pas parce que l’amour corrompt, mais parce qu’il révèle, qu’il met à nu ce qui jusqu’ici résistait à toute formulation. Trier ne filme pas une homosexualité taboue : il filme la violence de devenir soi quand tout, autour, vous intime de rester l'autre que l’on attend de vous.
La structure du film elle-même se dérègle. Les flashbacks n’expliquent rien, ils contaminent le présent. On passe d’une piscine chlorée à un souvenir noyé, d’un flirt à un feu intérieur. Le récit ne suit pas une logique, il épouse une crise.
Et l’on comprend peu à peu que le surnaturel n’est pas un détour de genre, mais la seule manière, ici, de dire ce qui ne peut être dit autrement. Le corps comme une fiction dont Thelma doit reprendre la narration.
Trier, pour pourtant, ne surligne rien. Il filme la religion sans dogmatisme, la famille sans pathos. Le père n’est pas un tyran, c’est pire : c’est un homme doux, aimant, terrifiant. La violence n’est jamais là où l’on croit. Elle se cache dans le geste qui prétend protéger, dans la parole qui veut "sauver". Trier filme cette emprise comme un poison lent, sucré, et Thelma comme un organisme qui résiste en mutante.
Alors, peu à peu, le film prend une autre tournure. Ce n’est plus seulement l’histoire d’une jeune fille aux pouvoirs incontrôlables. C’est une genèse. Une naissance. Ou plutôt une re-naissance, arrachée aux limbes d’une enfance dévotionnelle. Le climax n’est pas un déchaînement d’effets spéciaux, mais un basculement intérieur : Thelma accepte de ne plus être l’innocente, la coupable, la victime. Elle embrasse son pouvoir, non comme une revanche, mais comme une nécessité.
C'est un joli conte fantastique. On le découvre petit à petit. Tout est fait en finesse et on plonge facilement dans cette histoire fantastique. Les thèmes abordés sont ceux de l'éducation parentale, l'adolescence, les rapports frères-sœurs etc... L'ambiance est ni complètement noire, ni complètement malsaine. C'est un thriller psychologique. Avec en primes quelques beaux paysages glacés.
"Thelma" est un film à la photographie soignée et qui laisse planer le mystère. La qualité de la mise en scène et du déroulement scénaristique est un vrai plaisir pour le spectateur. On regrettera l'abstraction trop ouverte du film qui nous laisse en suspend.
Thelma vient de quitter sa famille pour poursuivre des études de biologie à Oslo. Mais elle peine à s'accoutumer à sa nouvelle vie. Alors qu'elle tombe amoureuse d'une camarade de classe, des troubles inquiétants menacent sa santé et son équilibre psychologique. Leur cause est peut-être à chercher dans son enfance.
Une jeune fille se découvre des pouvoirs surnaturels. Le pitch vous dit quelque chose ? C'est celui de "Carrie au bal du diable", le livre de Stephen King porté à l'écran par Brian De Palma en 1976. Le jeune réalisateur norvégien Joachim Trier, remarqué pour "Oslo 31 août" et "Back Home", offre une relecture très scandinave de ce thème universel.
Chez Brian De Palma, Sissy Spacek était la fille d'une mère confite en religion. C'est aussi le cas de Thelma dont les deux parents sont des chrétiens fondamentalistes. Ce n'est d'ailleurs pas la meilleure idée du film, qui aurait très bien fonctionné sans cette dimension religieuse là, inutilement surlignée par l'affiche.
On se souvient dans "Carrie" de la scène terrible où la jeune héroïne, que sa mère n'avait pas prévenue, a ses premières règles sous la douche au lycée. Sa terreur devant son sang n'a d'égale que l'hilarité qu'elle provoque chez ses camarades de classe, plus dégourdies. Thelma, de quelques années plus vieille, vit la même expérience en découvrant sa sexualité. Cette découverte réserve à cette jeune fille prude d'étonnantes surprises. À rebours de ce que son éducation strictement religieuse lui a enseigné, c'est vers une fille que ses premiers émois la portent. Tiraillée entre les impératifs de sa foi et les élans de son cœur voire de son corps, elle ne sait que choisir. Les scènes saphiques joliment transgressives et la romance entre Thelma et Anja ne sont pas non plus les parties les plus réussies du film.
Alors, me direz-vous, pourquoi lui mettre trois étoiles ? À cause surtout de la maîtrise de la mise en scène. Joachim Trier réussit quelques scènes d'anthologie : un spectacle de danse contemporaine d'une étouffante sensualité, une piscine déserte, un lac gelé... À cause surtout de l'habileté du scénario qui conduit Thelma à un retour sur elle-même et sur sa famille. Comment s'explique la scène d'ouverture où son père la menace de sa carabine ? Pourquoi sa mère est-elle en fauteuil roulant ? Qu'est-il advenu de sa grand-mère ? Autant d'énigmes qui tiennent le spectateur en haleine et auxquelles on aura la réponse comme dans tout bon polar.
Portée par une réalisation ample et enveloppante, la première partie distille habilement mystère et questionnements. Puis le scénario s'essouffle et ne parvient pas à s'affranchir d'un schéma psychanalytique un peu lourdingue. La mise en scène de Trier n'en demeure pas moins fort élégante et l'actrice principale très convaincante.
Une jeune fille, très croyante, comme ses parents se rend compte qu'elle est douée de pouvoirs qui lui permettent même de faire disparaître des personnes qui entrent dans sa vie. Elle comprend qu'elle le détient depuis l'enfance. Parallèlement elle retrouve également sa grand-mère qui a également été dotée des mêmes pouvoirs. Le père très présent veut préserver l'ordre naturel et quotidien de la vie.
Excellente surprise que ce film que j 'avais enregistré sur Arte.Interpretation, scenario, realisation, ambiance...tout y est pour passer un tres bon moment.
Un très bon film fantastique suédois avec une belle histoire prenante sur une chrétienne qui tombe amoureuse d'une femme, et le développement surnaturel de ses pouvoirs mystérieux.
Joaquim Trier, fidèle à son style épuré, s’empare du fantastique pour livrer une œuvre métaphorique sur la nécessaire affirmation de soi face à l’autorité parentale. Il signe ici une suite de scènes toutes plus belles et fascinantes les unes que les autres. Magnifié par une photographie superbe, par une musique prenante et par quelques plans grandioses, le film se pare de nombreux atouts pour nous faire ressentir le trouble de cette adolescente, notamment quant à sa sexualité ambiguë. Chaque plan surpassant le précédent, on est là face à une œuvre majeure qui n’a malheureusement pas eu l’écho qu’elle méritait en salles.
Thelma est troublante. On la suit dans les couloirs de l’université. En cours, sur le campus ou dans son petit studio , elle est frêle, sage et disciplinée.
Un film de Joachim Trier qui peut déranger, mais particulièrement bien réalisé, il nous fait basculer du cauchemar à la réalité, ou l’inverse. Les limites sont floues. L’ambiance générale n’est pas à la déconnade entre étudiants. Joachim Trier fouille dans l’esprit de ces jeunes adultes, la barrière entre l’adolescence et l’âge adulte n’est pas encore franchie, chacun se cherche sans se trouver vraiment.
Thelma vient d’un milieu catholique, voire réactionnaire, elle est fliquée par ses parents, ces derniers semblent inquiets pour elle et de manière obsessionnel.
A la bibliothèque Thelma rencontre Ajna, mais elle est terrassée par ce qui ressemble à une crise d’épilepsie. Dès lors Anja va devenir son amie, mais la jeune Thelma est attirée par Anja et sa culpabilité chrétienne va la bouleverser.
L’histoire nous raconte l’émancipation de Thelma et sa difficulté à surmonter ses premiers émois, mais aussi la relation étrange entre une jeune fille, sa famille et son enfance.
Les crises se multiplient, elle consulte. Les médecins lui assurent que tout n’est déclenché que par le stress. Après le déni et la résignation, Thelma va enquêter sur son passé, les spécialistes touchent du doigt des trous noirs dans sa petite enfance.
On se perd à la moitié du film entre fantastique et épouvante. Son retour à l’abri chez ses parents est très révélateur du désordre ambiant. Même si c’est un peu nébuleux, on s’égare avec Thelma , ses pouvoirs étranges, sa sensibilité et sa personnalité particulière nous déstabilisent.
Un bon film sombre et perturbant mais indéniablement différent.
Excellent film... Il m'a mis une bonne petite claque de même type que lorsque j avais vu Morse à l'époque... La construction de la narration est quasi parfaite... On part d'une histoire tout à fait ordinaire de type drame social pour dériver lentement et insidieusement vers quelque chose extraordinaire et d horrifique... Ici on part des crises d'épilepsie de notre héroïne Thelma et de ses problèmes sexuels, pour ensuite parler plus généralement d hystérie et enfin dériver vers la thématique des sorcières et de leurs pouvoirs maléfiques... C'est subtile et brillamment mis en scène... Le film est assez lent pour bien poser les bases de son personnage que je trouve vachement attachant... Pas de surenchère d effets visuels ici mais juste un soupçon bien placé pour marquer le coup... Joachim Trier est vraiment un réalisateur à suivre de près...
Mon troisième film visionné de ce realisateur danois joachim trier,un film talentueux dans la ligne d oslo et aussi julie en 12 chapitres où il aborde des thèmes mes récurrents tel que le besoin d d'emancipation surtout des femmes,la liberté de nos sens,et bien entendu la tentation,la découverte d une sexualité savamment illustre,la scène des serpents par exemple. L histoire se déroule à oslo une jeune femme vivant en province se rend à la capitale pour étudier a l université,elle va rencontrer une étudiante très belle dont elle va tomber amoureuse.cela va déclencher en elle des phénomènes étranges à la limite du paranormale. Un très.beau film
"Thelma" est de ce genre de film intrigant dont on peut sortir légèrement frustré. En effet, l'histoire de cette adolescente qui découvre le monde adulte et sa sexualité en entrant en fac est pour le moins attrayante. Ses crises d'épilepsie qui s'avéreront être psychogènes ainsi que son pouvoir sur les autres est pour le moins surprenant. Malheureusement, la suite est ratée su fait d'une trop grande confusion dans ces histoires entremêlées. Le résultat est quand même intéressant et le style du réalisateur, Joachim Trier, est pour le moins audacieux. Quant à la performance d'Eili Harboe dans le rôle de Thelma, elle est exceptionnelle.
Thelma est une jeune fille qui reçu une éducation religieuse très conservatrice. Lorsqu'elle arrive à l'université, elles voit autour d'elle des jeunes qui fument des joints, boivent, ... cet univers de liberté lui est étranger. Elle va peu à peu succomber à la tentation en craquant pour Anja.
La deuxième partie du film est complètement différente : spoiler: on apprend que Thelma est la dernière héritière d'une malédiction et que pour masquer les effets, elle a reçu toute son enfance des puissants neuroleptiques.
Au final le film aborde les thèmes de la religion, l'éducation, les névroses et les secrets de familles.