Ce film fait évidemment penser à celui de Valerio Zurlini ( « Le désert des Tartares » ) mais s’en distingue très vite sur la personnalité de son héros : un « magistrat » bon enfant chargé de surveiller un peu de la frontière, quelque part dans le désert, depuis un fort où il gère son petit monde tout aussi tranquillement. Jusqu’au jour où l’Empire assure vouloir se protéger des « barbares » en envoyant l’armée contrôler le secteur. Le début d’une répression aussi aveugle que sanguinaire dont le magistrat sera la grande victime. Ce combat inégal, si souvent relayé encore de nos jours, révèle la stupidité abyssale des puissants dans leur vision paranoïaque du pouvoir et de ses servants. Une forteresse, une frontière et un ennemi que l’on ne voit jamais mais qui un jour viendra. Disent-ils pour mieux asseoir leur autorité aveugle et malfaisante. L'affiche est plus que jolie : Depp, Pattinson, Bayarskaikhan ... autour du remarquable Mark Rylance. A l'écoute d'un cinéaste remarquable ( " L'étreinte du serpent" ,"Les oiseaux de passage"...) Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Sentiments un peu mitigé pour le nouveau film de Ciro Guerra, dont le précedent film, les Oiseaux de Passage, est une de meilleure chose que j'ai vu ces dernières années. D'un coté, la mise en scène est impériale, d'une puissance et d'une lenteur contemplative impressionnante. L'histoire avance avec force, précision et Mark Rylance dans le rôle d'un homme de loi apporte toute son humanité, le peuple "barbare" est lui aussi montré avec sensibilité. D'un autre coté, sans bien sur nier les actes commis par les soldats de l'empire Anglais et la barbarie qui vit en chacun, on peut regretter un manichéisme trop présent qui enlève de la subtilité à l'ensemble.
La bande d'annonce une minute résumé absolument tout ce qu'il y a comme action dans le film, c'est long, moi, mal contextualisé et le manque de dialogue est pesant. La fin... Je n'ai pas de mots pour qualifier cela... En fait ce film c'est l'équivalent d'expebdables en film d'auteur, une promo de folie pour un résultat médiocre malgré un casting hors du commun. Bref grosse deception.
5ème long métrage du réalisateur colombien Ciro Guerra, "Waiting for the Barbarians" est le 2ème à ne pas avoir droit à une sortie en salles dans notre pays. Manque de chance, il s’agit de ses 2 meilleurs films ! Toutefois, alors que "Les voyages du vent", présenté dans la sélection Un Certain Regard de Cannes 2009, n’a même pas eu droit à une sortie VOD ou DVD, les cinéphiles français vont avoir la possibilité d’accéder à "Waiting for the Barbarians" grâce à sa sortie simultanée en VOD, DVD et Blu-ray. Heureusement, car il s’agit tout simplement d’un des 2 ou 3 plus beaux films de ces dix dernières années ! On s’en félicite donc, tout en regrettant amèrement qu’un tel chef d’œuvre n’ait pas eu droit à une sortie en salles et en espérant que de telles « erreurs » ne se reproduisent pas. A noter que ce film avait été présenté en septembre 2019 à la Mostra de Venise et au Festival de Deauville. Pour beaucoup de réalisateurs du monde entier, la consécration consiste à être adoubé par le cinéma américain. Nombreux sont ceux qui arrivent à obtenir leur ticket, moins nombreux sont ceux pour qui la réussite est au rendez-vous. Pour sa première réalisation en langue anglaise sous pavillon US, la réussite de Ciro Guerra est totale. Servi par des moyens manifestement plus importants que ceux dont il disposait pour ses films colombiens, il a su éviter le piège de la grandiloquence pour continuer à creuser le sillon qui lui est cher, la confrontation entre des peuples autochtones et ce qu’on appelle, bien souvent à tort, la civilisation. Un seul regret, donc : qu’il n’ait pas été possible de voir ce film magnifique sur un grand écran de cinéma.
Aux portes du désert, le magistrat d’une petite ville frontière, reçoit un colonel, envoyé par le pouvoir central pour enquêter sur une possible invasion barbare. A part Les voyages du vent, son magnifique deuxième long-métrage (aussi peu connu, hélas, que son premier, L'ombre de Bogota), tous les films de Ciro Guerra ont eu droit à une sortie dans les salles françaises. Ce ne sera pas le cas de En attendant les barbares, adapté du roman de Coetzee, qui est sa première incursion en langue anglaise et hors de la Colombie. Par son thème, le film rappelle de loin Le désert des tartares de Buzzati. Ici aussi, l'ennemi est invisible et peut-être imaginaire pour un empire colonial, peu ou prou inspiré par l'histoire Britannique. Contemplatif, En attendant les barbares est hautement symbolique de l'oppression d'une civilisation paranoïaque sur les peuples autochtones, considérés comme méprisables et sauvages. Une thématique commune à Coetzee et à Guerra qui donne un film peut-être trop manichéen mais fascinant par son élégance et sa lenteur narratives ainsi que par sa splendeur visuelle. L'interprétation, de premier ordre (Depp, Pattinson, Bayarskaikhan, Scacchi), est dominée par l'extraordinaire Mark Rylance.
Le Rivage des Scythes, En attendant les barbares, deux excellents romans qui se ressemblent un peu. Le film a l'air d'être à la hauteur. Pourquoi une sortie directement en DVD? J'ai raté sa sortie en salles ? Confirmation, le film est excellent
Coetzee est resté à la manœuvre pour écrire le scénario. Est-ce une bonne idée ? Si l’écriture se prête à de longues descriptions, le cinéma les absorbe et la restitution à l’image peut être fastidieuse. A trop vouloir nous montrer les « nouveaux » barbares, le film se perd. Au final, chacun est le barbare de l’autre ... on le comprend très vite et la mise en scène ne nous éclaire plus. Encore une fois, tout ça manque de subtilité.