« La villa », le nouveau film de Robert Guédiguian est fait comme souvent de sentiments forts, simples et beaux, d’engagements sincères et citoyens, mais aujourd’hui, c’est la grande nouveauté, tout cela est empli d’une grande nostalgie. A l’image de la troupe habituelle d’acteurs de Guédiguian que l’on retrouve vieillis, le film évoque le temps qui passe avec cruauté et lucidité, thème déjà évoqué dans « Les neiges du Kilimandjaro » et bien plus développé ici.
Les acteurs de la bande à Guédiguian, une nouvelle fois si parfaits, en totale osmose avec le cinéaste et ses propos. La nostalgie sur un quartier qui se meurt et sur ces êtres qui nous quittent ou qui sont diminués, tout cela est évoqué avec tendresse et délicatesse.
Opposés à cette génération vieillissante, les plus jeunes incarnent la réussite, l’appât du gain et sans présenter ses personnages entièrement noirs, Guédiguian les renvoie à une réalité qu’ils refusent de voir.
Car, il y a encore beaucoup d’espoirs chez les personnages de Guédiguian. De leurs blessures sortiront un apaisement et un nouveau départ, douloureux peut-être mais toujours là.
C’est le plus beau message du film, constamment juste, parfois drôle, toujours émouvant. Bizarrement, si il ne faut retenir qu’une scène, c’est celle où, par la magie du cinéma, on retrouve nos 3 protagonistes du temps de leur jeunesse et de leur insouciance. Le contraste avec l’esprit du film et le physique actuel des acteurs a quelque chose à la fois de cruel et de lumineux.
A l’image du film, film nostalgique et engagé, qui offre aussi une intéressante réflexion sur le problème acteur des migrants.