El Reino
Note moyenne
3,9
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234 critiques spectateurs

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Marc L.
Marc L.

69 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 mai 2020
Au cours des premières minutes de ‘El reino’, on s’y perd un peu et on redoute un peu de ne pas avoir les bases pour suivre correctement cette histoire de détournement de fonds publics qui plonge dans les méandres de la politique locale espagnole, mais ‘El reino’ ne situera jamais le contexte avec précision, ni ne citera qui que ce soit : finalement, cette histoire de la chute d’un homme parvenu au sommet aurait pu se dérouler dans n’importe quel pays et dans n’importe quel secteur d’activité, même si on se doute que le spectateur espagnol y décèlera des ressemblances avec l’un ou l’autre des gros dossiers de corruption qui ont entaché le corps politique de son pays depuis une dizaine d’années. Pourtant, le pensum politique laisse vite à la place à un Thriller du meilleur tonneau, tendu comme un chef de cabinet une veille d’élection : Manuel Lopez-Vidal, sous-secrétaire régional à qui tout semblait sourire, se retrouve en quelques jours à porter le chapeau pour des malversations largement partagées par toute sa famille politique. Constatant que la nasse se referme peu à peu sur lui et qu’il ne peut compter sur aucun de ceux qui l’assuraient de leur soutien quelques jours plus tôt, l’homme décide de fourbir ses propres armes et d’entraîner le Parti entier avec lui dans sa chute. ‘El reino’ obéit à une lente montée en puissance, dans laquelle la dégradation progressive de la situation de cet arriviste aux dents longues est aussi hypnotisante que sa contre-attaque soudaine qui prend tout l’appareil d’état de cours, pour en arriver à une dernière demi-heure totalement haletante, à l’image des Thriller politiques américains les plus roués. L’unique problème est qu’à force de voir ce politicard refuser sa rétrogradation au statut de proscrit et combattre le sort avec l’énergie du désespoir, on finit par le prendre en sympathie, alors qu’il reste concrètement un salaud de première. Il faut attendre les toutes dernières minutes pour que le scénario se remette à réfléchir et à poser des questions, ou plutôt LA question qu’il fallait poser, celle sur laquelle se ferme le rideau, et qui devrait hanter, selon le sens qu’on lui donne, n’importe quel individu au 21ème siècle. .
Benjamin Braddock
Benjamin Braddock

1 abonné 16 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 avril 2019
Un film coup de poing sur la corruption politique en Espagne à la frontière entre la série Baron noir et La Isla Minima.
Rodrigo Sorogoyen fait preuve encore une fois d'une grande maîtrise à la réalisation et s'impose désormais comme un des virtuoses du thriller au cinéma.
Rick Dangerous
Rick Dangerous

20 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 mai 2019
Thriller politico financier efficace à la mise en scène puissante et haletante. Seul petit bémol, le manque de clarté sur la nature réelle des malversations évoquées, mais un choix assumé.
le clunisois
le clunisois

10 abonnés 214 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 mai 2019
Une remarquable plongée dans le monde de la corruption vécue finalement comme ordinaire, où seul ne pas se faire prendre est important... On ne comprend pas très bien en quoi consiste cette corruption, mais ce n'est pas le sujet du film. Je regrette juste les rebondissements moins crédibles de la dernière partie. L'interprétation comme la mise en scène sont excellentes. Je lis ici où là que le message du film est "tous pourris", je pense que c'est une erreur d"interprétation. Mais c'est bien le quotidien de cette minorité de "pourris" qui est décrite, et le dérèglement de leurs vies une fois l'affaire sortie au grand jour. C'est tout un système politico-médiatique qui est disséqué dans ce film, d'autres l'ont déjà fait, mais pas toujours avec autant de brio.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 avril 2019
Sorogoyen aborde le monde politique en neurobiologiste. Il dissèque parfaitement la manière dont fonctionnent la plupart des politiciens : un cerveau reptilien hypertrophié, un cerveau limbique très développé, un néocortex au service des deux premiers. Antonio de la Torre est impressionnant dans le rôle du cobaye.
henma
henma

9 abonnés 21 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 novembre 2019
Brillant plaidoyer contre la corruption, qui devrait faire froid dans le dos à certains de nos hommes politiques. Au début le film est un peu fatiguant, car les dialogues fusent et les scènes s’enchaînent rapidement. On ne capte pas trop ce que magouillent ces politiciens véreux, mais rapidement on comprend que ce n’est pas ça le plus important. Le film montre la descente en enfer d’un homme politique impliqué dans des affaires de corruption. C’est lorsque ces magouilles vont commencer à éclater au grand jour que cela devient haletant : notre pauvre « héros » lâché par tous ses petits camarades va déployer une énergie folle pour, si ce n’est s’en sortir, tout du moins faire tomber toute la branche pourrie jusqu’au siège du parti à Madrid. La tension monte crescendo. On finit par ressentir un peu d’empathie pour le personnage, ce qui rend la fin…magistrale. Je suis restée scotchée.
Gentilbordelais

404 abonnés 3 582 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 21 août 2019
une affaire de corruption au sein d'un parti politique vécu de l'intérieur. tout un monde de trahisons, de manigances, les rouages dévoilés par le personnage central où rien ne lui est épargné : une photographie d'une certaine politique, avec un parti prix affiché. néanmoins, le film aurait gagné à être bien plus condensé, avec certaines scènes annexes ralentissant l'intrigue et jusqu'à son absence de dénouement! en outre, avec un manque d'intensité, un jeu d'acteur parfois excessif, ce film est long et poussif.
pierrre s.

561 abonnés 3 435 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 février 2019
Par le duo acteur/ réalisateur de, Que Dios nos Perdone, El Reino, est un film politique énergique, intéressant mais également classique. Là où le précédent film du duo faisait preuve d'une grande singularité et cassé avec les codes du polar, celui-ci nous surprend moins.
Craoux
Craoux

38 abonnés 326 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 avril 2019
La révélation d'un scandale (corruption, détournement de fonds européens) va remettre en cause personnellement l'ascension de Manuel Lopez-Vidal au sein de son parti. Avec beaucoup de rythme et de virtuosité, le réalisateur enchaîne les scènes où la défiance, la rupture voire même la trahison caractérisent d'un coup les relations entre les "amis" d'hier au sein du parti après que la direction ait décidé d'une ligne privilégiant d'assurer la survie du parti .. et accessoirement "sa" survie. Dès lors, on assiste à la descente aux enfers du "banni", accroché à l'idée de rechercher des éléments de preuves susceptibles d'incriminer tout ce petit monde qui ne lui tend pas la main) et ça prend même des allures de (bof-bof !) thriller quand il comprend qu'on cherche à le faire disparaître (ndlr : que penser de cette course poursuite nocturne assez invraisemblable ... voitures tous phares éteints !!). Mais ce travail d'enquête pour réunir les preuves à même de discréditer toute le classe politique - de tous bords - conduit plus le film dans un mur qu'il ne le tire par le haut vu que le réalisateur choisit en effet l'option de faire grossièrement la démonstration que toute la classe politique est pourrie, en a croqué ou en croque, et que la corruption est installée voire est endémique au cœur du système. Mais la démonstration est le plus souvent assez elliptique. Quant à la scène finale - sur le plateau TV - elle nous ramène à l'humain, à sa faiblesse.
FaRem

10 595 abonnés 11 630 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 janvier 2019
Deux ans après le très bon "Que Dios nos perdone", Rodrigo Sorogoyen retrouve Antonio de la Torre dans ce thriller politique. Ce dernier, qui est de toutes les scènes du film, incarne un homme politique qui va voir sa vie basculer lorsque les médias révèlent une grosse affaire de corruption dans laquelle il serait impliqué. En pleine descente aux enfers, Manuel prend les choses en main pour laver son nom de ces accusations. Si le réalisateur situe les faits tout de suite, il nous plonge également directement dans le vif du sujet et avec toutes ces informations et, ces personnages, j'ai été déboussolé et j'ai eu du mal à rentrer dans le film et ce fut comme ça pendant un très long moment. Tout va très vite avec un rythme soutenu et des scènes souvent dynamiques notamment lorsque le réalisateur suit de très près Manuel avec sa caméra à l'épaule. Si j'avais beaucoup aimé "Que Dios nos perdone", je dois dire que je n'ai pas été très passionné par cette histoire. Ce n'est pas qu'elle est mauvaise, mais l'univers ne m'intéresse pas vraiment et les personnages ne sont pas attachants même si Antonio de la Torre est une fois de plus très bon dans son rôle. J'ai trouvé toute la première partie poussive et brouillonne par contre, la deuxième est bien meilleure comme par hasard quand le fond est moins important et que le terme thriller prend tout son sens. À partir de ce moment-là, on se retrouve face à des situations sombres et intenses avec une ambiance pesante comme lors de cette scène lorsque Manuel tente de récupérer des documents ou encore celle dans la station-service. En fait, toute la dernière partie en somme avec notamment ce final très étonnant. Je mets la moyenne parce que j'ai été aussi indifférent face à la première heure, que captiver lors de la seconde, mais dans l'ensemble, c'est un film que j'ai trouvé moyen, et très en dessous du précédent.
lionelb30

543 abonnés 2 924 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 juin 2019
Pas passionnant , trop long , pas toujours credible , pas tres bien filme , dommage car les acteurs sont plutot pas mal.
Jean-luc G
Jean-luc G

89 abonnés 901 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 mai 2019
Démarrage trépidant, on ne comprend pas tout, mais qu'importe, on se laisse emporter par une bande sonore tecno est omniprésente pour bien marquer l'emballement de la vie de cet homme politique espagnol. La (seule) nouveauté vient du fait que la corruption est vécue et filmée du point de vue du protagoniste principal. Malheureusement, le scénario manque rapidement de fond. À rester vague et dénoncer tout le monde, on perd de la force (tous pourris, tous les mêmes). Il n'y a pas qu'en Espagne que l'on trouve ses principaux adversaires dans son propre parti. Antonio de la Torre se démène comme il peut, survit à un accident un peu incompréhensible (même si la tension qui précède est haletante), et nous rappelle le film policier d'atmosphère plus convaincant La isla minima. Dans le genre complot, El reino n'arrive pas à la cheville de Ghost-writer (Costa-gavras), et dans le genre analyse du pouvoir inoxydable, fait regretter Il divo (Sorrentino). Bref, tout cela manque de fond, la fin ne tranche pas complètement le débat qui s'annonçait: "pendant quinze ans que tu as bien profité, tu t'es jamais posé de questions?" Cinema VO - mai 2019
sararemi
sararemi

6 abonnés 157 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 juin 2019
Super film que j'ai beaucoup apprécié. Suspens jusqu'à la dernière minute et cet acteur est remarquable tant par son jeu et son interprétation. J'ai adore
lhomme-grenouille

3 621 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 avril 2019
Un thriller politique au cinéma ! En voilà une idée qu’elle est bonne ! Parce que l’air de rien, autant cette dernière décennie a été riche en la matière dans le monde des séries (« Borgen », « House of Cards », « Baron noir »), autant le monde du long-métrage nous a un petit peu laissé sur notre faim ces derniers temps. Certes, on a bien eu quelques biopics (je pense notamment aux récents « Les heures sombres » et « Vice »), voire des thrillers qui traitaient indirectement de questions politiques brûlantes (dernier excellent exemple en date : « L’Insulte » de Ziad Doueiri), mais ces derniers temps, moi je n’ai pas le souvenir d’être tombé sur de vraies fictions qui prenaient pour principaux protagonistes de bons vieux politicards. Et pour le coup « El Reino » a le mérite de bien mettre les pieds dans le plat. Du début jusqu’à la fin, ce film trempe dedans. Son sujet est d’ailleurs autant la politique que les politiques. Alors après je me doute bien que ce genre de description en rebutera peut-être certains d’entre vous, notamment ceux qui s’imaginent déjà un film aussi captivant qu’un débat de trois heures animé par Nathalie Saint-Cricq. Pourtant ce serait se faire là une bien belle fausse idée de ce qu’est vraiment cet « El Reino ». Parce qu’en termes de thriller, ce film il se pose quand même là. Dès les premières minutes, le train est déjà lancé à toute vitesse. Musique très pulsante. Plans serrés, caméra au poing. Cadrages pertinents et très dynamiques. Usage savant du cut, permettant des ellipses qui stimulent le rythme… Ce film est incontestablement nerveux. Et même si je ne suis vraiment pas fan de l’usage de la caméra au poing sur des plans fixes, je me dois néanmoins de reconnaître qu’il y a un vrai savoir-faire dans la mise en scène de Rodrigo Soroyogen. Elle est pour moi le véritable point fort de ce film… Tout comme elle est également son point faible. Point fort d’abord parce que le rythme de l’intrigue est vraiment soutenu et maitrisé. Il y a un vrai art de l’élagage, de la respiration et de la redynamisation régulière par la musique. C’est ni trop ni trop peu. Je trouve que Soroyogen a su trouver un très bon équilibre entre « suffisamment nerveux » et « pas trop boursoufflé ». Seulement, cette mise en scène est aussi un point faible car plus le film se déroule et plus celle-ci dénote parfois avec son propre sujet. Pourquoi le choix d’une musique techno pour des délinquants en cols blancs ? Pourquoi ne pas adopter des cadres plus posés pour les moments et les lieux qui le sont ? (La scène dans le bar avec Alvarado est d’ailleurs la seule qui rompt vraiment avec cette logique et c’est pour moi la meilleure de ce film.) A dire vrai, au bout d’un moment le problème ne devient plus la réalisation en elle-même mais plutôt la relation qu’elle entretient avec son intrigue. A trop vouloir pulser dans tous les sens – ce qui apporte certes une frénésie vraiment appréciable – le film s’emballe parfois sur des aspects de son intrigue qui auraient mérités plus d’insistance afin d’apparaître plus concrets et cohérents. Parce qu’autant je trouve très intéressant et très pertinent qu’au départ le film jette le trouble sur l’identité réelle de ces sans-gênes qui se vautrent dans le luxe, au point qu’on les prenne pour des mafieux, autant je regrette que la confusion de ces identités n’ait pas été entretenue sur le long terme en mobilisant davantage l’image conventionnel du politicien. Lopez-Vidal et toute sa clique n’apparaissent jamais sous les oripeaux habituels du politicien que nous connaissons tous. D’ailleurs, à aucun moment on ne voit vraiment ces politiciens faire ou parler de politique. A travers la caméra de Rodrigo Sorogoyen, tout ce petit monde ne reste qu’une bande de criminels sans foi ni loi, voire même sans jugeote. spoiler: Par exemple, difficile de justifier sur le long terme l’action de Lopez-Vidal. Tout ce qu’il fait, il le fait pour sauver ses miches personnelles. Il veut faire chanter son parti pour obtenir une porte de sortie honorable. Sauf que cette porte de sortie, sa présidente de parti lui a déjà offert en début de film ! Pourquoi ne l’a-t-il pas saisie ?! Certes c’est un magouilleur mais c’est aussi un politicien ! Se lancer dans cette vendetta suicidaire pour obtenir ce qui est déjà acquis ça n’a strictement aucun sens !
D’ailleurs, à vouloir tout miser sur le thriller, la tension et la vitesse, ce film en oublie trop souvent de creuser son sujet. Ainsi apprendra-t-on à la fin qu’en fait spoiler: tout le monde trempait dans les magouilles depuis le début, mais vu qu’on ne sait jamais rien de cette affaire, qu’on ne nous montre jamais les personnes visées, et surtout vu qu’on ne nous les incarne jamais comme des politiciens, le propos tourne un peu à vide.
Au final on se retrouve davantage avec un film de gangsters plutôt qu’avec un vrai thriller politique. Alors certes, ça ne lui retire pas ses qualités intrinsèques de thriller, mais par contre cela fait clairement tomber la portée de la conclusion. spoiler: En soi, je trouve excellente cette idée qui consiste à montrer que le système parvient à s’autopréserver coûte que coûte. Néanmoins, non seulement je trouve cette fin peu crédible (Comment espérer que personne dans l’opinion publique ne réclame ces carnets par la suite ? Comment s’imaginer que Lopez-Vidal ne les balance pas sur le net juste après l’émission ?), mais en plus je trouve qu’elle ne parvient pas à prendre l’ampleur de ce qu’elle entend dénoncer. Dans un film où les politiques n’apparaissent jamais comme des politiques, l’attaque lancée contre eux ne porte pas. Elle n’est qu’une idée. Elle ne parvient pas à se transformer en réalité incarnée.
Alors du coup, forcément, je ne peux m’empêcher d’être frustré face à ce film. Parce que quand je le compare à ce que des séries comme « Borgen » ou « Baron noir » arrivent à nous dire et à nous montrer de la politique, forcément je trouve que cet « El Reino » passe à côté de son sujet et ne conscientise finalement pas grand-chose de son sujet. Au fond, il résume sa démarche à un simple « tous pourris » très primaire parce que peu/pas développé dans ses formes et ses ramifications, ce qui va, de mon point de vue, à contre-sens de ce qui semblait être recherché. Mais bon, d’un autre côté reste le thriller échevelé. Et malgré la frustration, il faut avouer que, sur ce domaine là, « El Reino » fonctionne quand même plutôt bien. Donc l’un dans l’autre, ça reste quand-même un spectacle que j’ai trouvé agréable cet « El Reino ». Et peut-être d’ailleurs que ça saura donner des idées à d’autres. Qui sait ? Espérons… Bon après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Christoblog

922 abonnés 1 805 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 avril 2019
Ayant très moyennement apprécié l'esbroufe désordonnée du film précédent de Roberto Sorogoyen (Que dios nos perdone), je suis allé un peu à reculons voir El reino.

Si le style de réalisateur est toujours le même (tour de force permanent dans la mise en scène et narration saccadée), j'ai trouvé que la conduite du film était cette fois-ci menée avec beaucoup plus de maîtrise.

Ce qui paraissait outré et invraisemblable dans le film précédent du réalisateur espagnol semble ici mieux coller au scénario. On est donc progressivement happé par le toboggan sensoriel que constitue El reino : tour à tour fasciné et dégoûté par ce monde de collusions politiques à la petite semaine, puis associé presque contre notre gré à la cavalcade sauvage de son héros, avant de finir hébété devant le plan final, qui nous laisse comme deux ronds de flan.

Alors, oui, c'est du cinéma décomplexé du travelling et qui ne rechigne pas aux effets les plus faciles (du fish eye bien angoissant au gros plan bien resserré), bref du cinéma à la Sorrentino (le génie baroque en moins), mais cette fois-ci je suis plutôt tombé avec plaisir dans les pièges qui m'étaient grossièrement tendus. L'interprétation époustouflante - et épuisante - d'Antonio de la Torre n'y est pas pour rien.
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