Un film réussi qui doit beaucoup à son montage très serré, très rythmé. Pas de temps mort , une course impitoyable, accompagnée d'une bande son techno oppressante, vibrante qui rajoute une pression importante et une ambiance étouffante .Sur le fonds le scénario n'approfondit pas la corruption politique, ce n'est pas tout à fait le sujet , c'est en filigrane, bien sûr il y a les pots de vin, les "fausses" amitiés, les soutiens qui te lâche dès que le vent tourne mauvais, mais cela pourrait presque arriver dans n'importe quel milieu. Le film est la description d'une descente aux enfers, de la chute , et du combat pour la survie.Une réalisation forte pour un film qui est, avant tout ,un très bel exercice stylistique.
Après un début éprouvant où même le spectateur reposé, attentif et doué d’un minimum d’intelligence que je prétends être à du mal à percevoir un commencement de compréhension, on arrive peu à peu à deviner l’image du puzzle que le réalisateur a entrepris de poser sur l’écran. Donc, « El Reino » nous parle de corruption, de politique, de relations entre des hommes et des femmes privilégiés, de l’Espagne de ces dernières années, à travers les démêlés d’un sous-ministre que la justice va bientôt accabler de toutes les accusations possibles. Ce film, couvert d’honneur en Espagne, doit, sans doute davantage parler aux Espagnols qu’aux Français qui n’ont jamais connu de menteurs ou de corruption dans leur pays - je rigole ! - et doit beaucoup à l’interprétation du héros par Antonio de la Torre, impérial en voleur devenu vengeur. On finit par se laisser convaincre par une caméra dynamique et une musique endiablée qui nous confirment que ce film est un thriller à l’américaine avec voitures qui volent, héros invincibles et femmes fatales. Quelques scènes d’anthologie - dont la conclusion télévisée - finissent par emporter notre adhésion, mais ce fut long et difficile. Et en sortant, se dire qu’on a éprouvé de la sympathie pour un salopard de politicien véreux, bon père et presque bon mari !
Thriller politique ébouriffant, El Reino, en dépit d'une intrigue nébuleuse, offre des morceau de bravoure de cinéma. Il y a une utilisation savante du montage et du cut,, des plans en grand angle et une photo blanchatre une atmosphère à la fois réaliste et légèrement onirique, lui donnant une dimension de film mental. Le récit a toujours un temps d'avance sur le spectateur, offrant ainsi des soubresauts au récit. Grande performance des acteurs pour ne rien gater, alors qu'on devrait les détester. Peu importe le flou qui entoure l'histoire, c'est film de sensation.
Démarrage troublant d'un film où l'on voit un groupe d'amis, influents, désinvoltes, attablés autour d'un homme politique puissant qui décide, entre le fromage et le dessert, que son dauphin sera le prochain candidat des élections de la région. Le rythme alors s'emballe dans un récit effréné où il autant question d'ambition politique, d'orgies financières, d'immoralité politique, que de corruption des partis.
La réussite du film vient d'un traitement de l'épouvante de la corruption et des mensonges des partis similaire à un scénario policier. Le réalisateur offre une vision quasi distanciée de l'horreur de cette nature humaine, sans limite, dès lors que des enjeux de pouvoir naturellement liés à l'argent et à la sexualité sont engagés. Le spectateur se met presque à éprouver de la pitié et de l'empathie pour le personnage central, emporté dans la tourmente, malgré la toute-puissance et l'absence d'empathie qui le caractérisent. A cela s'ajoutent une photographie impeccable et une musique euphorisante.
L'hésitation entre thriller psychologique et satire politique dramatique m'a décontenancée, d'autant qu'elle influe sur le registre ainsi que l'ambition du film dont le message paraît finalement très convenu. Malgré une mise en scène dynamique, j'ai perdu tout intérêt pour le personnage au fur et à mesure de pérégrinations hypocrites et mesquines s'opposant aux premières péripéties. En outre le jeu outrancier espagnol se révèle fort lassant. Reste un acteur principal bluffant.
Les thrillers politiques sont une denrée rare sur le marché. C'est donc toujours avec enthousiasme que je me lance devant le visionnage de cette production franco-espagnole. Si les trois premiers quart de l'histoire me bercent d'enthousiasme, par un rythme continu, une mise en scène simple mais efficace, le soufflé retombe dans la dernière demi-heure restante : tout devient confu par une écriture manquant étonnamment de finesse, pour plonger dans du sensationnel que l'on attendait pas... Et que dire de l'épilogue ? Une parodie moralisatrice du dangereux brassage entre l'argent et le pouvoir. Déçu.
Film coup de poing sur la tambouille politicienne et la corruption en Espagne. En changeant quelques noms, on pourrait se croire en France ! (à l’indice de Transparency international Espagne ± 40e, France ± 25e, très loin d’être exemplaire ! ) Le rythme est haletant, à l’image du personnage principal qui court partout pour s’en sortir ou emmener ses potes dans la chute ! Les ellipses vont bon train elles aussi mais c’est un film, pas un documentaire. Donc si l’histoire n’est pas lumineuse, surtout avec une musique percutante qui « bouffe » les dialogues, l’essentiel est compréhensible et on se laisse emporter par le rythme. Mais à mon avis la mise en scène tapageuse nuit beaucoup au film dont il ne ressort principalement que la prestation impressionnante d’Antonio de la Torre. Un thriller pas aussi réussi que l’affiche et les Goyas décernés le prédisent.
Ce film aurait pu s'intituler "le bouc émissaire", ou "comment utiliser un fusible pour se sauvegarder de ses ignominies". Le monde politique en prend pour son grade, un monde où les puissants s'autorisent , souvent impunément, de nombreux écarts. Ce n'est pas un scoop, mais le propos est ici bien traité, et l'accélération dans la dernière demie heure tient sérieusement en haleine . Très bons numéros d'acteurs. Par contre la prise de vue, façon caméra à l'épaule, est un peu agaçante, et la bande son, façon thriller américain, un peu kitsch, mais bon...
Un film sur le milieu politique intéressant, qui aurait gagné à être moins excessif. Comme toujours, à vouloir trop démontrer..... L'avenir s'ouvre devant Manuel López-Vidal, édile d'un grand parti politique espagnol, qui va peut être devenir président de région. La vie est belle pour ces édiles! On boit, on mange des gambas grillées à point, on se dore sur le pont d'un bateau avec les épouses entre dirigeants, arrogants, sûrs d'eux.... Mais l'un de la bande est soupçonné de corruption. Rien n'est très clair dans ce film qui file à toute vitesse: entre autres, Paco (Nacho Fresdena) et ses amis sont accusés de fraudes vis à vis de l'Europe. Ils ont bénéficié de subventions agricoles sur des terrains qu'ils ont ensuite transformés en terrains à bâtir. En fait, ce sont tous les membres du parti qui sont mouillés dans des malversations de tous ordres. Et le bouc émissaire, ce sera Manuel. Parce qu'il en a fait plus que les autres? Sans doute. Mais aussi parce qu'il ne vient pas du sérail. Ses vestes mal coupées qui grignent à la taille, ses pantalons trop courts, ses cravates trop larges lorsqu'il en porte, sa démarche inélégante..... Malgré son appartement chic et son train de vie, ça sent le fils du peuple parvenu. Et il va se battre très mal, montant des arnaques foireuses, s'imposant chez des collègues qui ne veulent plus le recevoir, essayant de dissimuler une clé USB dans sa chaussure lors d'une perquisition, essayant de piéger un collègue trop naïf, Cabrera (Luis Zahera) -lui, c'est un fils de gitan- qui déballe tout sans penser que Manuel a dans sa poche le Dictaphone de son portable, allant jusqu'à terroriser des ados chez le père des quels il vient voler des documents..... Le pouvoir l'a rendu fou, la caméra qui ne le lâche pas le montre de plus en plus fébrile, de plus en plus agité.... Antonio de la Torre est impressionnant dans le rôle de ce salaud pitoyable.... Le frénétisme du rythme filmique accompagne cette montée en puissance tout à la fois de l'affolement et de la rage de vaincre de Manuel, piégé mais bien décidé à gagner. Gagnera t-il, maintenant qu'il a récupéré ses documents? Ou se fera t-il avoir par cette jolie journaliste politique de télévision, Amaia (Barbara Lennie) qu'il pensait avoir aussi manipulée? Son orgueil, son arrogance le perdront-il au moment où il a à nouveau pas mal de cartes en main.... Dommage que la fin, avec cette poursuite en voiture tous feux éteints, vire un peu trop au Grand Guignol..... Enfin, si vous pensez: les politiques, tous pourris, vous serez confortés. Bon, ça se passe en Espagne... On en retiendra avant tout ce portrait d'un arriviste, inconscient de lu même, que le goût du pouvoir et du lucre ont rendu fou.
Un essai de réalisme de la part du réalisateur qui s'appuie sur un scénario assez classique : un homme politique est pris dans la tourmente d'un scandale financier. Pas de drame absolu, pas coups de revolver, mais un suspense particulier qui plonge le spectateur dans une aventure tout-à-fait contemporaine. Pourquoi la corruption, pourquoi la dévoiler, le rôle du pouvoir et des médias, les conséquences après le scandale ? On assiste à un bon jeu d'acteurs qui sont crédibles, même si la fin nous apparaît un peu moins coller à la réalité. Film long mais sans longueurs. Côté version française, nous avons moyennement apprécié. Préférer l'original comme souvent, évitera de faire subir aux oreilles quelques erreurs de dialogues.
Très bon film haletant sur une histoire de corruption politique. On se perd un peu dans les Paco, Alejandro et autre Bermago mais ce n'est pas très grave !
Seul regret la dernière scène, très "gilettos amarillos", n'est peut être pas la meilleure fin pour ce film, elle est forte et bien jouée mais le message est un peu faible.
Suivant au plus près durant deux heures un dirigeant politique espagnol tentant de se dépêtrer d’un scandale de corruption dans lequel il est impliqué « El Reino » est un thriller saisissant grâce à son écriture au cordeau mise en relief par une réalisation solide, au style maitrisée de bout en bout. Parfaitement interprété, le récit dévoile les soubassements des arcanes politiques du pays non sans un certain cynisme.
Ce film raconte l'histoire d'un élu d'un parti politique de gouvernement, ici en Espagne, qui se voit mis au ban de la société pour servir de fusible. La tête du parti essaye de le contraindre à se résigner à son sort mais lui s'y refuse et essaye de réunir les preuves de ce qu'il n'était qu'un rouage d'un système. Cette quête de preuves le conduit à une succession d'actions dangereuses dans lesquelles il s'épuise. Le film est en fait une réussite par sa fin : ayant réuni ces preuves, il ne voit d'autre solution pour faire éclater la vérité du scandale politico-financier, que d'aller sur un plateau TV sur une chaîne d'informations où il a confiance dans une journaliste ambitieuse.... Le film vaut pour ce moment brillant d’explications sur le fonctionnement des médias entre les mains de groupes financiers qui ne sont évidemment pas des philanthropes : l’information doit conforter le système et à aucun prix le déstabiliser. En regardant ce final, les spectateurs avisés penseront aussitôt à cette journaliste de renom qui a fait un salut complice à un candidat vainqueur pendant sa campagne électorale. Ce film aurait pu raconter la même histoire en France où s'est opérée la même concentration de la presse entre quatre groupes financiers.
Un thriller politique brillant. En suivant un homme politique corrompu, sa chute et ses partenaires qui le lâchent, Rodrigo Sorogoyen fabrique un thriller haletant, qui ne laisse que peu de répits à son spectateur. Sa mise en scène est virtuose et fourmille d’idées, les dialogues sont brillants et aident à la mise sous tension d’un film de couloir et de bureau. Il a même l’intelligence de s’arrêter avant un final qui s’annonçait casse gueule, le genre de film que j’aimerais voir réalisé de ce côté ci des Pyrénées.