« Vice » le portrait édifiant d’un homme de l’ombre qui vire à la satire politique en dénonçant brillamment par une démonstration impeccable les agissements d’un Dick Cheney plus qu’opportuniste (et dirigé de main de fer par son épouse !), alors vice-président de Georges W. Bush !
Avec sa politique ultra-conservatrice et agressive, cet homme a en effet laissé son empreinte indélébile sur un monde laissé au bord du précipice, et qui en porte par ailleurs toujours les stigmates...
Ce film après une première partie relativement moyenne, quoique instructive sur l’histoire du personnage, se met enfin en marche dès septembre 2001, avec l’attentat du World Trade Center...
Le chaos règne complètement et l’homme aux dents longues révèle sa personnalité comme jamais, avec des prises de décisions qui suscitent bien des réactions dans ceux qui l’entourent à ce moment précis !
Manipulateur, conspirateur, rien ne l’arrête et c’est donc à partir de cet instant T, que tout devient passionnant en interpellant le spectateur exactement comme il se doit...
On entre en effet dans les coulisses de ce couple Cheney, qui tire les ficelles ensemble et de manière diabolique !
Une véritable association de presque « malfaiteurs » car en êtres intéressés et malfaisants, ces deux-là font la paire comme il se doit !
Incroyable, impensable, les qualificatifs manquent presque pour les désigner et à ce jeu, Christian Bale, époustouflant en véritable caméléon transformiste et surtout Amy Adams, plus que convaincante dans le rôle de Lynne, une maîtresse femme, intelligente, ambitieuse, féroce dans ses idées là aussi ultra-conservatrices, au point de devenir une véritable machine de guerre !
Le film en devient ainsi par ce prisme, une analyse terrible du couple à travers lequel on pointe tous les dysfonctionnements, que ce soit sur le plan familial avec cette prise de position avec leur fille, qu’au niveau de leurs intérêts propres quand on pense à leur cause personnelle et à l’enrichissement gigantesque que ce conflit en Irak leur a permis, en tant que PDG de Halliburton !
Pour arriver à ses fins et à ce résultat parfaitement efficace, Adam McKay a recours à un montage étonnant avec des allers-retours incessants dont la narration elle-même en devient de plus en plus profonde et pertinente à mesure que le film avance !
Pas de doute, ce cinéma après un « Big Short » assez phénoménal, est malgré ici quelques défauts à ses débuts, une sacrée piqûre de rappel sur un personnage caché et oublié, qui a fait de sacrés ravages encore présents et ressentis actuellement, (quand on pense à notre propre politique en France !), et dont rien que ce fameux interview final en dit long sur sa personnalité profonde !