"Cold War" est un film hypnotisant où le réalisateur Pawel Pawlikowski choisit le noir et le blanc pour nous conter la relation tumultueuse d'un musicien et d'une chanteuse au caractère bien affirmé. La réalisation est superbe avec des chansons mélancoliques interprétées magnifiquement par Joanna Kulig. Malheureusement, je n'ai pas été ému plus que ça par ce film qui est esthétiquement superbe avec quelques instants de grâce mais qui survole cette période de Guerre Froide pour n'aborder que la relation entre Wiktor et Zula. De bonne facture quand même.
En 2015, Pawel Pawlikowski obtenait l’Oscar du meilleur film en langue étrangère avec Ida (2013). Dans sa nouvelle réalisation, Cold war, le cinéaste polonais reconduit le même formalisme cinématographique à savoir un noir et blanc enfermé dans un format 4/3. Face à la chronique mélancolique d’un exil entre la Pologne, l’Allemagne, la France et la Yougoslavie, ce style était-il le plus approprié ? Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
Un film décevant par rapport à IDA , parabole sur la quête de liberté d'une femme dans les années 60 et la résolution, dans le spirituel. Cord war nous raconte la rencontre des parents du réalisateur dans la Pologne des années de 1949-1964 dans un style noir et blanc chic et soit disant épuré . L'aspect historique communiste est traité par la propagande au travers de la diffusion de la musique dans le pays et l"Europe . Les comédiens jouent la même partition durant cette période , vieillissent à peine . Aucune émotion , aucun élan vital et une distanciation empêchant toute émotion Un bel écrin pour masquer l'absence de regard et d"empathie , d'où un ennui diffus .
Le film précédent de Pawel Pawlikowski, Ida, m'avait déplu par son formalisme excessif, qui tuait les émotions. Cold war me réconcilie de ce point de vue avec le cinéaste polonais : la caméra est plus agile, les superbes effets de style beaucoup plus au service de la narration.
Après une entame austère et très belle, le film nous entraîne dans une balade désabusée dans l'Europe de la guerre froide. L'histoire d'amour contrariée de Wiktor et Zula, qui parcourt joliment les décennies, est empreinte d'une triste nostalgie. La brièveté du film (1h27) contraste avec l'ampleur du récit. Pawlikowski s'oblige à la concision et parfois même à l'ellipse euphémistique : c'est souvent très beau (par exemple la scène de concert lorsque Zula reconnaît Wiktor dans le public).
Les deux acteurs principaux sont sublimes et la façon dont le temps transforme leur visage est très émouvante. Joanna Kulig, en particulier, irradie littéralement. Sa force de caractère et ses dérèglements la rendent magnétique à l'écran. On ne n'oubliera pas de sitôt certaines de ses répliques ("Mon père m'a confondu avec ma mère, le couteau lui a expliqué la différence") jusqu'à la toute dernière scène, magnifique ("Tu es plus lourd que moi, prends-en plus").
Cold war a obtenu prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2018, et c'est mérité.
C’est l’histoire d’un amour fou comme je n’en avais pas vu depuis longtemps au cinéma. Les contrastes du noir et blanc subliment la flamme dévorante de ces amants enfiévrés. L’âme slave omniprésente densifie cette poignante histoire d’amour, celle d’un couple, celle pour un pays, celle d’une passion sans concession.
De très jolis plans mais un style un peu voir très ampoulé. Et l’histoire ne tient pas debout... Et la musique...je reste sceptique, la Pologne devrait se pencher vraiment sur son passé plutôt qu’édulcorer ainsi les choses.
Comme « Ida », ce film est un chef d'œuvre : magnifique noir et blanc, intrigue poignante. L'amour d'une femme et d'un homme, dans des conditions impossibles (dictature communiste), des notations d'une extraordinaire finesse. Après le film j'étais tellement remué qu'entre la sortie de la salle et mon arrêt de bus j'ai failli me faire écraser deux fois, et j'en ai rêvé deux nuits plus tard. À voir, sûrement.
Celles et ceux qui ont aimé le film Ida sorti en 2014 retrouveront la même ambiance et le style si particulier de Pavel Pawlikovski. Noir et blanc, images sublimes, rendu magistral des sentiments. Nous voici cette fois dans cette Pologne rustique et triste de la Guerre Froide où évolue un groupe folklorique dont les chants et danses seront récupérés par les camarades soviétiques. C'est dans ce cadre où la politique agit comme fil conducteur que naît une histoire d'amour compliquée mais emprise de passion. Du "vrai" cinéma comme avant, quand on avait le temps de donner aux personnages une réelle grandeur.
Je pensais que j'allais aimer ce film romantique et dramatique et au final non pas vraiment, je suis déçue. Alors d'accord le film est de qualité et cela parle d'amour. Mais le film est vraiment mal foutu et l'histoire aussi. D'abord le cadrage est au format carré ce qui est très pénible. Par ailleurs, cela se passe de 1949 à 1965 environ, sur plusieurs pays et on passe trop rapidement d'une année à une autre, d'une scène à une autre, d'une situation personnelle à une autre. C'est trop court, pas assez fouillé, pas assez expliqué, tout va trop vite, tout est effleuré. spoiler: En plus, il s'adore mais ne vivent pratiquement jamais ensemble, ils ont d'autres histoires de coeur à côté, ils n'arrivent jamais à se mettre ensemble véritablement, c'est très frustrant.
Et la fin est vite expédiée et elle est tragique en plus.
J'avais relativement apprécié « Ida » du même Pawel Pawlikowski, tout en m'étant (quand même) légèrement ennuyé. Du coup, j'étais assez tenté par « Cold War », tout en ayant cette inquiétude... pas forcément justifiée. Vous écrire que je me suis passionné pour cette histoire pendant presque 90 minutes serait clairement exagéré. Mais j'ai vu du cinéma. Noir et blanc magnifique, belle histoire d'amour, regard subtil et complexe, duo d'acteurs excellent (notamment la vibrante Joanna Kulig)... Sans avoir des centaines de choses à écrire, j'ai apprécié le moment. Surtout, la musique est admirable, tout comme la manière dont est filmée les scènes de concerts : à vous donner parfois des frissons, à l'image d'un remarquable travail sonore. Alors je ne nie pas : par moments j'ai pu légèrement décrocher, certaines transitions entre les différentes années ne m'ayant notamment pas toujours paru évidentes. Ces quelques ellipses un peu « violentes » exceptées, voici une œuvre résolument personnelle, formellement saisissante et finalement plutôt intéressante à suivre, aussi bien par ses personnages que le contexte historico-politique l'accompagnant. J'ai aimé.
Voici un film qui a de quoi combler tous les cinéphiles amoureux des films inspirés qui ne ressemblent à rien de connu - ou presque. L'histoire qui nous est contée est celle de deux jeunes gens que tout oppose - l'âge tout d'abord, mais aussi l'appartenance sociale et la culture - et qui malgré tout vont s'aimer d'un amour fou en dépit des pressions d'ordre politique qui s'exercent à leur encontre. Lui, Wiktor, est musicien, un musicien confirmé capable d'embrasser tous les genres et les styles musicaux. Au service du pouvoir communiste, il a pour rôle de collecter en compagnie d'une musicologue les chansons qui constituent le vieux fonds traditionnel populaire, à une époque - la fin des années 40 - où la ruralité se doit d'être exaltée et présentée au peuple comme un miroir de son âme profonde. Elle, Zula, a la grâce d'une fille de la campagne, aussi spontanée que douée pour la chanson. Un amour éperdu va les unir bientôt, mais un amour qui va connaître bien des vicissitudes car nous sommes en pleine guerre froide et Wiktor, las d'être constamment surveillé par les autorités locales, décide de passer à l'ouest alors que Zula s'y oppose. Le film se lit donc à deux niveaux : un amour impossible mais qui fera fi des barrières imposées et une vision politique de la Pologne depuis 1949 jusqu'à 1964, les deux niveaux se trouvant combinés et indissociables. La force du film réside dans son austérité de façade - le noir et blanc et un format carré qui rappellent certains films de l'Europe de l'est dans les années 50 - mais aussi dans la poésie qui se dégage des images toujours d'une grande beauté et de plans superbement composés. Ajoutons une pratique systématique de l'ellipse dans la narration qui oblige le cinéaste à aller à l'essentiel et le spectateur à se montrer toujours très attentif. Par ailleurs, la musique joue un rôle essentiel dans ce film hors norme : d'abord les chants et danses de la Pologne rurale (présentés du reste avec une belle ironie), puis le jazz que découvre Wiktor lorsqu'il parvient à Paris et que Zula le rejoint, métamorphosée par de tristes expériences. C'est un film qui chante, un film qui danse en dépit de cette atmosphère austère dont on parlait plus haut. Et les musiques retenues n'ont pas valeur illustrative, mais s'inscrivent toutes dans un dessein précis. Ajoutons la grande qualité de l'interprétation : une Joanna Kulig parfaite dans un rôle qui la fait passer d'une adolescente ingénue à une femme désemparée trouvant dans l'alcool un expédient qui la métamorphose (on ne peut alors que penser à Marilyn, elle en a du reste les traits) ; un Tomasz Kot tout en intériorité et opposant à l'extraversion de Zula l'introversion et le caractère constamment énigmatique de son personnage ; sans oublier les seconds rôles dont Agata Kulesza qui incarne une musicologue au service du Parti et qui confère à son personnage une âpreté des plus ingrates. Bref pas seulement un bon film, mais aussi un très grand film qui fait honneur au cinéma de l'est.
J'attendais beaucoup de ce film, influencé par les critiques qui semblaient bonnes. Quelle deception !!!! Une impression de déjà vu, une version noir et blanc qui n'apporte rien au film, une histoire d'une banalité à pleurer, une nième description de la guerre froide à la fin de la seconde guerre mondiale qui n'a rien d'original, une bande musicale qui n'a rien d'enthousiasmant. Je suis resté jusqu'à la fin, par principe, histoire de laisser une éventuelle chance au film mais j'ai vraiment eu l'impression de perdre 1h30 , heureusement le film n'était pas trop long !!!
Il est un musicien de génie. Elle est une chanteuse incroyable, au caractère affirmé. Ils se rencontrent lors d’une sélection pour un spectacle qu’il met en scène où il s’agira de mettre en scène les chants du peuple, en l’honneur du gouvernement stalinien de la Pologne de l’époque. Le ton est donné, dès l’ouverture de ce film, qui choisit un noir et blanc très esthétisant pour décrire un amour impossible entre ces deux protagonistes dans une période complexe qui opposait l’Occident capitaliste et l’Est soviétique.
La fracture politique est incarnée dans l’alternance entre le Paris et la Pologne des années 50 par ce couple qui se cherche, se guette et sait qu’ils ne peuvent pas faire autrement que de s’aimer. On est dans un drame proprement shakespearien où à la tyrannie des sentiments et des conflits politiques, succèdent la douceur de l’amour et la mélancolie des chansons populaires. La photographie très soignée, assume une tonalité volontairement poétique. Le réalisateur ne cherche pas à démontrer la complexité d’une époque, il met en poésie des sentiments paradoxaux entre deux êtres qui viennent, par analogie, décrire l’absurdité de la guerre froide.
« Cold War » demeure un très beau film qui décline une variation absolument délicieuse d’un même chant, audible dès les premières séquences. La musique fait partie de cette odyssée amoureuse où le Beau est à l’honneur.
Une mise en scène exceptionnelle porte cette histoire d'amour tragique dans l'Europe de la Guerre froide. Les premiers plans sont sidérants de beauté par leur noir et blanc sans équivalent dans le cinéma contemporain. Cette splendeur s'atténue progressivement quand le récit quitte la Pologne pour Paris et ses boîtes de jazz. Car l'histoire que nous propose ici l'auteur d'Ida multiplie les va-et-vient à travers l'Europe en une permanente errance qui traduit l'impossibilité d'aimer pleinement. Les deux protagonistes principaux semblent chercher partout l'intensité de leurs premiers moments. Et l'Histoire, avec un grand H, leur donne bien souvent l'occasion d'atteindre au sublime. Nous n'en dirons pas plus sur ce point. Le film est constamment porté par la musique, depuis les enregistrements ethnographiques de chants populaires des premières minutes au surgissement de l'aria des Variations Goldberg de Bach joué par Glenn Gould dans le générique final. Ce film a tout du chef-d’œuvre. Mais son scénario n'a sous doute pas la pureté du diamant brut qu'était Ida. Restent ces plans hors du commun d'un homme découvrant une église en ruines dans un sous-bois, d'une femme chantant après s'être jetée dans une rivière, et enfin d'un banc vide parmi les champs d'un pays où la vie impossible incite à plonger dans l'inconnu pour trouver du Nouveau.
4 ans après « Ida » et son Oscar du meilleur film étranger, Pawel Pawlowski remporte cette fois le Prix de la mise en scène à Cannes avec les mêmes recettes esthétiques que sur son premier long : un noir et blanc glacé et format carré enserrant ses personnages. Et la photo est réellement somptueuse, les cadrages au diapason ; et le montage, véritable personnage central du film tout comme la musique car eux-mêmes des éléments narratifs forts. Quelle gageure de faire cohabiter l’histoire et l’Histoire durant 15 ans sur 1h27 tout en gardant le souffle mélo-romanesque. Un couple se forme derrière un rideau de fer encore de papier en 1949 et passeront leurs temps à s’unir et se séparer durant 15 ans de chaque côté d’une frontière de moins en moins poreuse entre Pologne et France. Le temps défile à tout à l’allure, cela peut être désarçonnant pour deux raisons : le contexte historique n’apparait qu’en filigrane, les élans amoureux du couple sont observés de manière distancée. Un choix artistique dans lequel il ne perd tout de même pas ces deux personnages en cours de route, mais on adhère ou pas. Le final est aussi déroutant ; filmé comme une scène de « La mort aux trousses » de Hitchcock, le couple descend du bus et le dernier plan, un hors champ fabuleux, donne un ton définitivement très romanesque à cette histoire d’amour fracturé à l’image de l’Europe du XXème siècle. Froid mais pas sans émotion, sauf qu’elle se loge dans des formes plus complexes qu’à l’accoutumée dans les mélodrames amoureux. Très épuré, distancé aussi ; mais avec une grâce incroyable et une beauté sèche ; il est aussi un hommage du réalisateur à ses propres parents. Pawel Pawlikowski a révélé que ce film était « largement inspiré par l’amour compliqué et perturbé de ses parents », morts ensemble en 1989, juste avant la chute du mur de Berlin, condensait leur destin : « incompatibilité de tempérament, appartenance à des cultures différentes, impossibilité de vivre ensemble malgré un désir fou d’y arriver, souffrance de la séparation, difficulté de vivre en exil, de se comporter correctement sous le totalitarisme malgré la tentation de se rebeller. » Les deux héros, Wiktor et Zula, portent les prénoms de ses parents. A voir avec l’idée que soit on aime soit on n’aime pas, ce n’est pas le type de film consensuel. tout-un-cinema.blogspot.com