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Nicolas S
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2,0
Publiée le 3 avril 2026
Malgré ses marottes que d'aucuns peuvent trouver agaçantes (je suis personnellement mitigé), on peut tout de même reconnaître chez Franco un art de trousser des scénarios qui se déplient habilement, grâce à un sens du cadrage et du rythme d'une très grande précision. Dans Les filles d'Avril, ces qualités sont toutefois assez peu visibles, ce qui fait du cinquième long-métrage du réalisateur mexicain un objet généralement pénible. Le scénario peine en effet à convaincre, Avril étant un personnage dont les motifs et agissements vampiriques sont tout de même assez peu cohérents, tandis que les ellipses, au lieu d'ouvrir le film à l'interprétation du spectacteur, semblent au contraire simplement venir colmater ses béances, par paresse. Ainsi, même si le film parvient effectivement à aborder quelques sujets intéressants comme l'adoption notamment pour les enfants nés de parents mineurs, le remariage, et les relations mère-fille, cela se fait sans véritable d'épaisseur, sans qu'on puisse y déceler une véritable volonté d'exploration, mais principalement à des fins de transgression sans intérêt.
Je craignais un peu le retour au film social brut après avoir vu Después de Lucía de Franco. Les Filles d'Avril est effectivement, lui aussi, concentré sur la parentalité et inquiété par la sexualité des jeunes, mais il y a une différence de style majeure : sa narration, d'une fluidité telle qu'on sentira à peine son rôle de miroir sur une certaine tranche de la population mexicaine que ces sujets concernent plus durement. Des liens se forment et remplacent les anciens sans qu'on puisse s'en rendre compte, avec toujours un point d'ancrage : des personnages filmés dans la pénombre, comme s'ils nous révélaient leur côté sombre à chaque instant. Peu à peu nous est révélé le message caché sur qui sont vraiment les filles d'Avril.
Même instable et changeant, le noyau familial demeure solide chez Franco, qui n'a plus qu'à métamorphoser les personnages au gré de leurs rencontres. Ça reste assez brut, mais ça rend mieux.
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1,5
Publiée le 10 juillet 2021
Il n'y a pas grand-chose à dire sur Les Filles d'Avril. Le jeu d'acteur était bon mais c'est la seule chose à moitié décente qu'il ait. Le reste est au mieux risible et ridicule. Valerie était le seul personnage avec des émotions apparemment humaines. Clara était juste là a se demander ce qu'elle faisait dans cette histoire. Mateo était aussi stupide que les gens peuvent l'être un peu plus et il serait un dauphin. La mère est la cerise sur le gâteau. Elle est tout simplement cliniquement folle et le film ne prend pas la peine de nous donner une conclusion sur ce qui se passe dans sa tête. En ce qui concerne l'intrigue il ne se passe pas grand-chose. Dans ce film nous sommes témoins des pires parents sur terre et c'est tout...
Un thriller psychologique troublant et malsain sur une femme prête à tout pour vivre une seconde jeunesse, au scénario intrigant mais inabouti, porté par une interprétation remarquable.
Film un peu long à se mettre en place mais qui se révèle être finalement passionnant et tellement malsain qu'il ne peut pas laisser indifférent. Le rôle de la mère est pervers et retors et j'ai beaucoup aimé suivre sa descente aux enfers ! Un joli film mexicain !
C'est décevant. Le film semble adopter un ton réaliste au départ... pour nous offrir ensuite un développement illogique et injustifié. On commence par un drame familial subtil dans la mise en scène des interactions psychologiques et on se retrouve avec un personnage qui devient pervers et manipulateur comme un antagoniste de thriller. Le souci c'est que ce n'est pas un thriller, il n'y a pas de suspens ni d'intensité, le ton retenu est définitivement celui du drame réaliste. Si le but est de secouer ou déranger le spectateur, ce n'est pas réussi, le regard porté sur le sujet est trop froid, insuffisamment émotionnel pour que cela fonctionne. L'histoire n'est pas en rapport avec le ton adopté. Le film me perd plus qu'il ne me surprend. Aussi, la narration est difficile à suivre, spoiler: par exemple, est ce que la procédure d'adoption a été faite dans la légalité? On ne sait pas, nous avons juste vu des protagonistes signer des papiers, ce qui fait croire à un acte légal, mais à la fin Valeria est en mesure de faire appel aux services officiels pour obtenir gain de cause après voir constater en détail la réalité de la situation... Mais que s'est-il passé? On pourrait supposer que le réalisateur préfère développer en profondeur d'autres aspects du long-métrage, mais j'ai du mal savoir quoi. Et puis il y a un élément que je trouve incohérent : le moment durant lequel Avril demande de l'aide au père de Valeria. Cette scène nous fait croire que Avril a de bonnes intentions vis à vis de sa descendance, qu'elle cherche une solution raisonnable. Or, ce protagoniste va ensuite dérailler de façon imprévisible et inexpliquée. Elle commet un acte manifestement illégal et apparaît littéralement "névrosée". Le changement de comportement d'Avril m'a paru invraisemblable. Pire, elle fini par abandonner le bébé dans un bar alors que le début du film nous fait croire à une grand mère qui assure et assume des responsabilité. . Il ne reste que le jeu des actrices jouant Avril et Valeria pour me contenter. J'aurai probablement été moins critique avec ce film si je n'avais pas su qu'il avait été présenté au festival de Cannes. Pour quelle raison? La réalisation n'est pas mémorable et le scénario n'est ni subtil ni intelligent. Je note un regard froid et distancié sur le sujet. Le recul et la neutralité seraient plus pertinents s'ils s'accordaient avec un style réaliste ou documentaire.
Une mère et sa fille qui se ressemblent dans leur égoïsme, fourberie et l'antipathie pour l'autre. Un film censé de nous émouvoir mais finalement on est dégouté par cette famille. Nul !
Quel est le propos du film ? On se pose la question sans arrêts devant la cruauté et l'injustice grandissante de l'intrigue. Car rien n'est expliqué ou suggéré. Ce qui n'est pas un problème en soit mais quand on ne comprend pas les motivations des personnages ça devient problématique. Cette femme vole tout à sa fille sans qu'on sache bien pourquoi. Puis cette fin mystérieuse, ou plutôt abscons. Un nouveau mystère presque surréaliste qui tue tout le reste du film déjà limite. Le réalisateur devrait essayer d'un peu moins se prendre la tête.
Drame mexicain sur fond de déchirement familial, "Les filles d'Avril" est un film à la mise en scène brillante mais qui ne sert pas le film comme elle le devrait. Michel Franco nous offre des plans certes d'une beauté profonde et d'une grande richesse mais qui ne servent jamais le propos du film. En effet, les personnages et les événements auxquels ils sont confrontés sont filmé avec tellement de distance que l'émotion ne passe pas. On a l'impression que le réalisateur n'aime pas ses personnages, qu'il les méprise et refuse de porter sur eux un regard particulier. Il se contente de se placer en retrait et de filmer avec une certaine neutralité ses personnages, tuant dans l’œuf la potentielle émotion que le film pourrait dégager. La beauté de la mise en scène m'a paru alors bien vide et il m'a semblé que Michel Franco faisait du beau pour du beau sans servir aucun propos. Reste au film l'interprétation très juste de ses acteurs en particulier de Emma Suarez, qui doit faire appel à tout son talent pour exister. "Les filles d'avril" est une longue descente aux enfers filmé avec style mais sans personnalité, qui m'a tantôt rebuté par sa dureté, tantôt laissé insensible en raison de sa froideur.
Valéria, jeune ado de 17 ans, attend un enfant avec son compagnon tout aussi jeune et va devoir faire appel à sa mère incarnée par Emma Suarez (inoubliable "Julieta" chez Almodovar). Ce film mexicain tarde à prendre son envol mais la deuxième partie est délicieusement malsaine quant à l'évolution du bébé et surtout l'état psychique de la grand-mère. Malgré quelques longueurs, ce drame de Michel Franco suscite de l'émotion et franchit les limites de la morale pur notre plus grande délectation avec des scènes dures mais un ensemble qui mérite le visionnage.
Quadragénaire épanouie, Avril a deux filles qui vivent ensemble dans la maison de vacances qu'elle possède en bord de mer. Elles ont quinze ans d'écart : Clara qu'elle a eue très jeune est complexée par ses kilos en trop, Valeria, dix ans à peine, est enceinte de Mateo que ses parents ont chassé. Le quatuor cohabite en attendant la naissance du bébé.
Il ne faut pas s'arrêter au résumé que je viens de faire des "Filles d'Avril". Il annonce un film à la Bergman tendance "Cris et chuchotements" : un long huis clos familial entre des femmes qui se déchirent. Il n'en est rien. Car le scénario original de Michel Franco cache des rebondissements étonnants. Ils ne sont pas toujours crédibles ? Qu'importe. Ils vous scotcheront à votre siège. Ils le feront avec d'autant plus d'efficacité qu'ils le feront sans avoir l'air d'y toucher. Aucune théâtralisation. Aucune bande son surdéterminante. une façon unique de jouer avec les temporalités, en allongeant le temps par de brusques ruptures ou en l'étirant dans de longs plans séquences. On dirait du Stephen King filmé par Eric Rohmer.
Avril est l'héroïne du film. Emma Suarez, une star en Espagne, une quasi-inconnue en France, lui prêt ses traits. Elle est d'une sensualité folle. Mais sa beauté solaire cache bien des failles. "Les Filles d'Avril" dévoile progressivement une mère pathologique, une femme vampirisante. Elle est d'autant plus saisissante qu'elle nous reste quasiment jusqu'au bout sympathique.
Face à elle, les autres protagonistes en sont réduit à la passivité - au point que l'ultime rebondissement me soit paru incohérent avec le reste du film. Le plus pathétique est Mateo, jeune homme inconsistant, marionnette entre les mains des femmes qui l'instrumentalisent. Valeria est moins passive mais guère plus subtile : c'est une jeune fille qui s'est mis dans les têtes de faire un enfant. Dommage qu'une plus grande place n'ait pas été laissée à Clara, la fille aînée, qui aurait pu jouer un rôle dans le dénouement de l'intrigue.
Introspection dans une famille bourgeoise mexicaine. Ou presque. Maman espagnol qui sombre peu à peu dans la folie. On est d'abord dans un conflit sociale moderne, une opposition mère-fille complexe, qui laisse présager d'un film choral, où le bon sens y sortirai gagnant. Mais c'est sans compter sur l'étrangeté du cinéaste Michel Franco. Les tournures choisies et l'angle sont vraiment curieux. La détermination de cette maman est difficilement explicable. Le rôle de la grande soeur est complètement abandonné au milieu du film. La cadette elle se voit enterrer par sa propre mère sans justification plausible. Déroutant.
Film carrément nul. Les personnages réagissent de manière complètement irréalistes. Je ne suis jamais rentré dans le film car on n'y croit pas. La scène la plus ridicule que j'ai trouvée étant la scène où la mère et Mateo se retrouvent dans l'hôtel avec le bébé et que Mateo se met à chialer comme un bébé et que finalement la mère pour le consoler ne trouve rien de mieux que de coucher avec lui. A éviter à tout prix.
On ne peut que penser à Michael Haneke par l'extrême rigueur clinique de la mise en scène et la distanciation avec laquelle chaque personnage est traité. Mais, malgré la lumière aveuglante qui les entoure en permanence (travail admirable d'Yves Cape), ceux ci et surtout leurs motivations restent physiquement et définitivement dans l'ombre et le spectateur, quant à lui, un peu en dehors des enjeux, juste fasciné par les névroses qui irriguent tout le film. Emma Suarez, beaucoup plus solaire qu'Isabelle Huppert, n'en dégage pas moins la même ambiguïté et le même charme vénéneux.
Film inabouti , sans réelle consistance et peu crédible ( la mère qui adopte en 2 signatures l'enfant de sa fille ) . Toutes les situations sont superficielles ( le soudain regain de libido d'Avril est presque risible ) mais heureusement sauvés par des acteurs magnifiques ( Emma Suarez est phénoménale ) . Le réalisateur joue et surjoue des effets de surprises pour tenir le spectateur en haleine mais sans vraiment convaincre tant les invraisemblables plombent le récit . Comme souvent la fin reste énigmatique et beaucoup trop ouverte pour donner au film le caractère réaliste sans doute recherché par le metteur en scène .