C'est toujours un pari risqué d'adapter Duras au cinéma. Ce pari-là est plutôt réussi, fidèle à l'esprit, au style, sans l'être forcément à la lettre. Autour du thème de l'absence douloureuse et de la complexité des sentiments, le réalisateur restitue avec une sobriété sèche les mots et le rythme si singuliers de l'écrivaine. On retrouve la force émotionnelle du texte. On découvre une Mélanie Thierry transcendée. Le côté viscéral et décadent est épuré, soit. Mais dans ce sens, le récit aurait pu être encore taillé pour éviter quelques répétitions et longueurs...
Un peu trop de formalisme, à mon goût, dans ce film émouvant adapté d'un récit autobiographique de Duras. Mélanie Thierry, remarquable de sensibilité, retient l'intérêt du spectateur de bout en bout, jusqu'aux vingt dernières minutes saisissantes, qui captent magnifiquement le retour d'un homme que plus personne n'attend vraiment. Outre l'actrice principale, il faut signaler l'interprétation parfaite de Magimel.
Pas un très grand film même si mention spéciale à Magimel et Biolay. En revanche la voix off de Mélanie Thierry qui cite des passages du livre de Duras donne envie de le lire. En revanche si on a lu le livre je pense qu'il n'y a aucun intérêt à voir ce film.
Long, très long, bien trop long. Tout comme l'attente interminable de cette femme qui espère, désespère de revoir l'homme qu'elle aime, revenir de la guerre. La douleur ne s'arrête pas avec l'épilogue, la notre si puisqu'ainsi se termine plus de 2 h d'ennui...
La douleur est un bon film avec un casting intéressant, une histoire alléchante mais malheureusement le rendu est trop soporifique et mou pour captiver pendant 2 heures !! C'est pompeux, pénible et un brin bobo et le thème de la seconde guerre mondiale devient tellement lassant que là c'en est trop !! Je n'ai pas accroché et j'ai eu beaucoup de mal à suivre !! Trop c'est trop !
Un film rugueux et délicat qui évite avec brio les écueils de l’adaptation. Mélanie Thierry offre une performance rare, la mise en scène avec une caméra au plus près des corps et qui joue sur les floues nous fait ressentir à chaque plans le décalage par rapport à la réalité que vit Marguerite. Avec elle, nous tentons de ne pas sombrer face à l’attente.
Emmanuel Finkiel a longtemps hésité à adapter au cinéma le roman autobiographique de Marguerite Duras. Si les écrits de l’écrivaine sont d’une indéniable qualité, ils ne constituent pas pour autant un matériau pouvant être porté au cinéma en l’état. Que penser alors de La douleur, adaptation trop littérale du texte source ? Fondée sur l’absence d’un époux, l’attente de l’héroïne est longue, très longue, trop longue. La multiplication des plans serrés et des gros plans répétitifs aucunement fluidifiés par un montage abstrait, une narration atone abusant d’une voix-off littérale et descriptive et une atmosphère écrasante n’aident pas à l’affaire. L’argument de départ du film, sauver un époux, se perd rapidement dans une attente sans fin pour les spectateurs d’autant que le film fait abstraction du retour de l’époux pourtant relaté dans le roman… L’errance est celle aussi d’acteurs guère dirigés et qui trouvent refuges dans des rôles que nous qualifierons de « taiseux ».
Mon premier avis... J'ai été totalement bouleversée par cette douloureuse attente exprimée par les mots de Duras et si bien rendus par l'intense interprétation de Mélanie Thierry. Un superbe film visuellement aussi : quand la forme nourrit le fond... avec l'impression de voir l'intérieur et l'extérieur de Marguerite. Ces flous et focales évocateurs, un peu comme si l'anxiété rendait Marguerite à la fois flottante et très "aiguisée", lucide. Et la puissance de l'avant dernière scène, quand elle a tant de mal à affronter la réalité de la situation et que sa douleur et sa peur s'expriment enfin... magnifique Mélanie Thierry. Je n'ai pas lu le livre mais j'imagine qu'il fallait beaucoup de talent pour le porter à l'écran. Celui de l'adaptation, de la mise en scène et de l'interprétation. Pour ma part, proche du chef d'oeuvre.
Un film impérial de justesse. Le parti-pris de base (une voix off récitant le texte de Duras) me faisait douter...mais le réalisateur arrive à donner toute sa force au texte, sans que jamais les images ne soient illustratives...
Film puissant avec une Melanie Thierry époustouflante qui mène naturellement cette fresque subjective qui empreinte les mots de Duras pour nous plonger dans la réalité du Paris de l'occupation et les premiers temps troubles post libération.La photographie travaillée notamment qui joue beaucoup avec les flous et les focales, et la mise en scène efficace d'Emmanuel Finkiel nous font vivre chaque moment aux côtés de Marguerite, de la déportation de son mari résistant, à l'enfer de l'attente. Magimel impressionnant dans le rôle de Rabier, avec cette présence qui rappelle un Depardieu. Biolay touchant et juste dans un mélange de pudeur et d'autorité comme amant et compagnon de résistance de Marguerite. La douleur a tout du film de l'année. Le texte de Duras n'avait jamais retenti aussi fort depuis Hiroshima mon amour. À voir !
Du très très lourd. Des plans d'anthologie qui permettent de traduire à l'écran des émotions profondes, troublantes et contradictoires. Les mots me manquent pour décrire la singularité de l'image made in Finkiel. Pour sa dimension historique, je recommande au Ministère de l’Éducation Nationale d'inciter les enseignants à montrer ce film aux lycéens. La confusion des premiers temps de la Libération y est palpable. Pluie de récompenses attendues pour ce film et pour la prestation de Mélanie Thierry. A voir absolument.