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inspecteur morvandieu
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3,5
Publiée le 21 mai 2026
C'est, comme le dit Mankiewicz, une amère histoire de Cendrillon, l'histoire d'une jeune femme d'une beauté et d'une séduction extraordinaires convaincue de quitter son anonyme cabaret madrilène pour devenir une star du cinéma. Sa fulgurante ascension hollywoodienne et les portraits acides de quelques figures d'un univers cynique et impitoyable font croire, à ce moment, à une nouvelle déclinaison critique des mœurs hollywoodiens. Mais Mankiewicz dépasse ce thème par la complexité et la nature du personnage d'Ava Gardner. Le film raconte ni plus ni moins que le destin tragique de celle qui est l'incarnation de la femme idéalisée, dont la condition est d'être toujours désirée mais jamais aimée. De rencontres en espoirs, c'est le drame de cette femme superbe et intègre, invariablement déçue et mélancolique, que filme le cinéaste. De ce point de vue, Maria est une parente de la Garance de Carné et Prévert, cette autre incarnation de l'Amour imparfait. A la façon d'Orson Welles dessinant le portrait de Charles Foster Kane à l'aide de témoignages posthumes et de flashback, Mankiewicz construit un personnage d'une grande densité, riche de sa signification romantique mais aussi de ses non-dits et de ses allusions, morale et censure obligent. Ainsi, suivant une jolie métaphore, l'amour se trouve parmi les dorures et le luxe tandis que le désir nait au cœur de la plèbe. Voilà la belle idée de Mankiewicz exprimée à travers des scènes longues, souvent brillantes et émouvantes, parfois bavardes cependant.
Incontestable chef d'œuvre. Le milieu du cinema hollywoodien est dépeint àvec pertinence. En relation avec la déliquescence des rapports sociaux aux EU. Bogart et mettent leur immense talent au service du propos. Les dialogues sont ciselé avec pertinence La réalisation est précise sobre et efficace sans affectation.
Hollywood a toujours aimé traiter son propre univers au cinéma. La Comtesse aux pieds nus fait partie de cette mouvance mais l’aborde d’une manière assez originale. En effet, on y retrace la vie d’une star de cinéma en ne montrant jamais son travail ou le moindre tournage, en plus de la raconter par l’intermédiaire de différents narrateurs assistant à son enterrement, un peu comme dans Citizen Kane. Ce qui intéresse Joseph L. Mankiewicz dans ce qu’il imaginait comme une version amère de Cendrillon, c’est de raconter la personnalité intime de son héroïne et non la star. Contrairement à ce que pourrait laisser penser l’utilisation du Technicolor, le cinéaste axe donc essentiellement son film sur les rapports psychologiques et non sur le spectaculaire du milieu dans lequel se déroule son histoire. Les amateurs de l’âge d’or d’Hollywood pourront y trouver des éléments pouvant rappeler certains aspects de cet univers (le milliardaire est inspiré d’Howard Hugues qui aurait aimé avoir une relation avec Ava Gardner, qui joue justement Maria, mais qui fut toujours repoussé par elle ; plusieurs éléments se rapprochent de la vie de Rita Hayworth qui refusa le rôle principal …). Mankiewicz offre donc une réalisation très classique qui se concentre essentiellement sur la prestation de ses comédiens, menés par la grande Ava Gardner et le non moins grand Humphrey Bogart, et les rend suffisamment puissants pour dépasser la simplicité d’une histoire ne jouant pas sur de grands rebondissementsspoiler: (à l’exception d’une fin évoquant des sujets plutôt osées pour une époque encore régie par le Code Hays, même si le réalisateur-scénariste ne put pas évoquer l’homosexualité comme il l’aurait souhaité) et offrir un récit prenant de bout en bout. La Comtesse aux pieds nus est donc une très grande œuvre allant à l’encontre des attentes premières du spectateur.
Ce film est une sorte de Cendrillon transposée dans l’univers flamboyant d’Hollywood, et il y fait lui-même constamment référence. On suit le parcours fulgurant d’une jeune femme, propulsée des bas-fonds de l’Espagne à la jet-set de la Côte d’Azur, où elle devient star puis comtesse. L’histoire, bien ficelée, réserve quelques surprises scénaristiques qui évitent les clichés attendus. Ava Gardner y est resplendissante, incarnant avec crédibilité cette Cendrillon moderne, tandis qu’Humphrey Bogart excelle en confident mystérieux. Le seul bémol ? Un film parfois trop bavard, où les dialogues, omniprésents, auraient pu laisser plus de place à l’émotion et à l’action. Moins d’explications, plus de démonstration, et l’intensité n’en aurait été que renforcée. Malgré tout, le résultat reste convaincant.
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5,0
Publiée le 3 octobre 2025
Que Sara Sara [...] Quand un destin se transforme en mythe, cela donne le sublime "The Barefoot Contessa" (1954) de Joseph L. Mankiewicz, avec la lègende Humphrey Bogart, tèmoin glacial de la vie de Maria Vargas alias Ava Gardner, plus belle que jamais en femme transportèe, tourmentèe et maudite par Hollywood! Une danseuse de flamenco hispanique marièe à un comte italien mutilè de guerre et son insatisfaction conjugale! Bogart raconte en voix off l'histoire de sa mort! Et le mythe Ava que l'on a vu naitre avec "Pandora" (1951) s'èpanouit sous nos yeux èbahis, objet le plus dèsirable qui soit, plus irrèelle que toutes les autres, que ça soit sur un yacht ou dansant pour son plaisir au milieu d'inconnus! Le film, lui, est un chef d'oeuvre, nous offrant de grands moments de cinèma, avec une recherche constante de la beautè, aussi bien dans les dècors et la musique que dans les mouvements de camèra! C'est anecdotique mais n'est-ce pas le petit garçon du « Voleur de bicyclette » que l'on voit dans un cabaret madrilène en dèbut de film ? Prèsentè au Cinèma de minuit...
Au travers les souvenirs d’un réalisateur que joue Humphrey Bogart se rendant aux funérailles d’une actrice ayant tournée pour lui, le cinéaste Joseph L. Mankiewicz réalise sa propre vision du conte de Cendrillon, une version beaucoup plus amère se voilant d’une critique acerbe du monde hollywoodien par l’entremise d’un antipathique producteur qu’incarne Edmond O’Brien. Mais « La Comtesse aux pieds nus » est avant tout le portrait d’une femme en quête d’un prince charmant et qui est campée par l’étincelante et sublime Ava Gardner. En fin observateur, le réalisateur régal d’une mise en scène précise servant à mettre en lumière autant le jeu des acteurs que la finesse des dialogues percutants.
Joseph L. Mankiewicz a dû bien s'amuser en réalisant ce film car le monde du cinéma à Hollywood n'avait plus de secrets pour lui. Sans doute avait-il une idée des vrais personnages d'Hollywood représentaient Bogart, Ava Gardner, Edmond O'Brien, etc.... Il tenait enfin son pamphlet contre un monde qu'il n'aimait pas. ET en plus les acteurs sont parfaits avec un scénario aux petits oignons.
Certes, le film est maîtrisé (excellemment même) et les multiples points de vue sont éclairants. Le casting est au diapason. Mais avec les yeux de 2024, le film résonne tout autrement. On a très peu le point de vue de Maria, et au final, le film raconte juste de manière assez légèrespoiler: un féminicide ...
Le film est un roman-photo assez médiocre. Les dialogues de Mankiewicz sont excessivement longs et remplis de banalités hollywoodiennes. Avant Gardener fait semblant de parler avec un accent espanol peu convaincant.
Si ce n'était la beauté d'Ava et la nostalgie glamour de ces films hollywoodiens bien surannés, cette histoire digne d'une novella est sans intérêt. Bogart s'ennuie et nous aussi.
Sans pouvoir expliquer pourquoi, j'ai toujours aimé ces films qui commencent par la mort de leur personnage principal et qui, par la suite et en usant du flashback, nous font découvrir la vie dudit personnage. Même si l'histoire est très belle, il y a ici deux choses qui m'ont chiffonné : premièrement, un manque de seconds rôle de poids. Derrière le duo vedette, c'est assez fragile. Et deuxièmement (le plus préjudiciable) : Ava Gardner. Entendons-nous bien, elle est sublime et joue très bien mais, le fait que le film a été pensé pour être entièrement articulé autour d'elle or, dès lors qu'elle doit partager des scènes avec Humphrey Bogart, elle se fait bouffer toutes crue. Cela dit, à sa décharge, rares sont les comédiennes qui ont réussi à lui tenir tête. Spontanément, il ne m'en vient que deux à l'esprit : Gloria Grahame et Katharine Hepburn.
J’aurais mis chef d’oeuvre, mais les bavardages assommants, , omniprésents, la musique etouffante , mauvaise, m’ont pollué le film….. Quant aux acteurs, mis à part Bogart ( surestimé pour moi car son jeu est figé dans tous ses films) Ava Gardner parfaite comme toujours, et le Comte, le reste est plat, bavard…Bref, c’est la troisiéme fois que je vois ce film, mais ce sera la derniére.
"La Comtesse Aux Pieds Nus" est une tragique transcription du conte de "Cendrillon" version moderne à l'écran. C'est aussi une satire impitoyable sur des hommes appartenant à la jet-society, souvent cyniques, imbus de leur personne, incapables de se construire un bonheur. L'axe central du récit, c'est un cimetière, d'où partiront en retours en arrière successifs, les séquences qui composeront le film. On sait d'emblée qu'on entre dans une tragédie puisqu'on assiste aux funérailles de Maria Vargas (éblouissante Ava Gardner) nouvelle icône du cinéma à la recherche du prince charmant. Sont présents à la cérémonie, des hommes qui ont connu Maria, et pour beaucoup, désirée. Tour à tour, chaque protagoniste racontera son histoire sur Maria. La réalisation de Mankiewicz est prodigieuse. La première scène de danse de Maria, uniquement suggérée par les regards de l'assistance, les hommes étant captivés, les femmes beaucoup moins, est délectable. Celle où Maria change de prétendant, filmée de deux façons différentes, selon qu'elle est racontée par l'un ou l'autre est un modèle de cinéma. Et puis, il y a ces moments récurrents, traitant des chaussures comme symboles de prison, et des pieds nus symbolisant la liberté. Les dialogues, très abondants, amènent à l'œuvre un aspect de roman littéraire. C'est d'ailleurs Humphrey Bogart (en scénariste et réalisateur lucide, désabusé et vertueux, confident de Maria), qui ouvrira et refermera le livre. Une histoire de godasses signée par une très grande pointure d'Hollywood.
Un grand film mélodramatique signe du célèbre metteur en scène josef mankiewicz qui a réalisé de nombreux films brillants. Il retrace dans celui ci un portrait de cette jeune femme vivant dans la pauvreté joue par la très belle ava gardner, rêvant à une carrière à Hollywood et qui va toucher du doigt son but, car elle rencontra un réalisateur joué par bogart à la solde d un producteur odieux et irascible qui va lui donner une carrière et surtout de mauvaise rencontre qui décrit les côtés sordides de ce milieu qui n est pas un conte de fée. Et petit à petit elle va connaître une issue dramatique, dans une dernière scène assez déchirante. Un très bon film dont mankiewicz s est inspiré du conte de Cendrillon pour raconter la vie de cette jeune femme. Les personnages sont très bien joué grâce à une très bonne distribution, petite mention pour humphrey bogart dont on voit à l ecran malheureusement les stigmates de la maladie et qui est très poignant.
C’est un film riche et profondément humain que Mankiewicz écrit et réalise avec une constante détermination à prendre à témoin son propre monde pour lui dire comment il va… Un conte , Cendrillon, le prince charmant et très vite derrière l’histoire que l’on raconte aux enfants, la vie en illustrations réelles, à travers le filtre déformant d’un scénario malin. Nous voici au cœur du cinéma hollywoodien quand une petite chanteuse espagnole est appelée à devenir une star américaine. Elle en rêvait, mais comprend très vite que ce monde là n’est pas le sien. Mankiewicz en rapporte les éléments constitutifs d’une mise en scène souvent grandiloquente, mais toujours appropriée à la charge émotionnelle conduite par l’héroïne. Ava Gardner en personne plus rayonnante que jamais, habitée par la grâce et l’intelligence. Humphrey Bogart me parait tout à côté un rien palot, mais c’est le jeu qui veut ça . Hollywood est vraiment sans pitié. AVIS BONUS Trois angles différents dont un long entretien avec le réalisateur, pour en apprécier l'œuvre et le parcours Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com