Parasite
Note moyenne
4,5
33749 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

1 582 critiques spectateurs

5
556 critiques
4
604 critiques
3
204 critiques
2
114 critiques
1
53 critiques
0
51 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2019
Palme d'Or au dernier Festival de Cannes. Le scénario ne tombe pas dans l'écueil d'un prologue trop explicatif de présentation des protagonistes, le récit se mets en route dès les premières minutes pour ne plus jamais nous lâcher. En effet, pas de temps mort il se passe toujours quelque chose. La force du film réside dans ce scénario implacable, toujours en constante évolution et qui explore plusieurs genre au fur et à mesure que l'intrigue se dévoile. Le tout dans une fluidité remarquable et un suspense efficace. C'est assurément la Palme d'Or qu'il fallait cette année, une Palme d'Or incontestable, jouissive et stimulante.
Site : Selenie
pitch22
pitch22

198 abonnés 691 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juin 2019
PARASITE : le mot est lancé. De fait, tout au long du film, on peut retrouver cette figure allégorique de l'insecte. En l’occurrence le CAFARD, qui vient manger dans l'antre du riche et qui rattrape ce pauvre personnage de Ki-taek (interprété par l'incontournable Song Kang-Ho, un fétiche du ciné de Bong Joon Ho). On finit aussi par y "avoir le cafard". Les petits, les inférieurs, les serviteurs, doivent jouer ce rôle: domestiques de bonne présentation, esclaves consentants, bien payés au prix d'une soumission qui les dépersonnalise et les ravale à leur rôle, fichés à leur place, qu'on peut balayer, expulser faute de satisfaction, de subordination, comme de sales insectes. Ou alors spoiler: (dans le cas des enfants Ki-taek)
ils simulent la réussite sociale, l'appartenance à une classe supérieure et sont alors tenus à n'être plus que des comédiens, de jolis imposteurs, de feints hypocrites à l'allure innocente. Qu'ils rêvent d'évoluer, de progresser dans la hiérarchie des modèles du succès, leur extraction originelle les rappelle toujours à l'ordre. Parce qu'ils sont d'habiles débrouillards mais aussi parce qu'ils se sentent trompés par cette société trop inégalitaire, il y aura tromperie sur l'identité, et ils deviendront ainsi d'ambitieux parasites: des profiteurs de riches, des pique-assiettes d’accapareurs, des usurpateurs d'exploiteurs. Et pourtant, leurs qualités, leur motivation à trouver reconnaissance sont là, elles existent mais, faute de références et d'argent pour les faire reconnaître, pour être reconnues, ils n'hésitent pas à opter pour les meilleures combines, sans scrupule d'y inviter la mystification. Bon, ceci posé, niveau critique sociale c'est balaise, voilà un bon clash de classes qui montre jusqu'à quel point on peut ruser et se battre à force de frustrations et de jalousie. On peut l'observer également en particulier au Brésil, sauf qu'ici, on est dans une société globalement super-éduquée dont les valeurs de sincérité et de respect authentique se sont liquéfiées dans une concurrence impitoyable pour la réussite. De plus, la famille "parasitée" n'est pas une caricature du genre méchamment intransigeante, bêtement intolérante ou insupportable, mais juste de gros privilégiés ramollis par leur statut élitiste et eux-mêmes plongés dans une certaine irréalité et bercés de fantasmes. Cette configuration soutient l'intérêt du film, qui laisse ainsi la plus grande part de son intérêt au conflit entre réalité et simulacre. L'imposture parasite même le casting... En effet si, dans l'histoire, la duperie fonctionne, néanmoins le spectateur lui-même se retrouve volontairement manipulé puisque les membres de cette famille biologique ne se ressemblent à vrai dire pas suffisamment, en cela que les enfants ne reflètent pas le physique des parents. On est donc vraiment dans une grosse farce, un théâtre des apparences complet, qui glisse vers un grand-guignol assumé, une fois franchie la limite entre manipulateur et manipulé. Et alors tout s'inverse, la tentative de vampirisation cédant à la réalité d'un parasitisme. De fait, le thème de l'odeur s'invite comme marqueur de classe stigmatisant. On peut certes parler de comédie dramatique, à la fois d'un point de vue social spoiler: (l'épisode tragique du quartier d'habitat précaire est là pour intensifier le propos)
et individuel mais, en même temps, l'humour affleure partout, qu'il soit noir ou celui du désespoir, qu'il soit moquerie (qui n'épargne personne), raillerie des attitudes ou autre satire des apparences. Ça n'est pas non plus un simple divertissement car l'historie, bien qu'elle soit tirée par les cheveux spoiler: (surtout avec le bunker)
repose aussi sur une réalité d'injustices sociales cinglantes (qui mettent à mal le modèle Sud-coréen) et ne ménage pas la sensibilité du spectateur lambda. Les scénaristes invitent même une caricature gênante du "chef suprême" Kim Jong-un spoiler: à travers la bonne devenue folle
. On peut toutefois regretter que le scénario n'exploite pas jusqu'au bout certaines données qui auraient pu rajouter du piment spoiler: (par exemple, il n'est rien fait de la découverte du décodage en morse par Da-Song; la relation entre Ki-woo et la fille n'évolue guère)
. A vrai dire PARASITE, par son côté par trop fantaisiste, semble démériter le statut de chef-d’œuvre; pourtant il a su réconcilier choix élitiste (palme d'Or) et succès populaire pour proposer un film au thème pertinent, à la réalisation extrêmement talentueuse et à l'efficacité remarquable.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 septembre 2019
Réalisateur émérite et déjà auteur de plusieurs films remarquables (Memories of Murder, en premier lieu), Bong Joon-ho revient avec une farce sociale matinée de thriller particulièrement jouissive. Ou comment une famille modeste et maligne va tenter de profiter de la naïveté d'une famille riche pour... Vous le découvrirez vous-meme ! La film a remporté une Palme d'Or unanimement saluée au festival de Cannes, grâce à sa mise en scene de classe mondiale, à l'excellent Kang-Ho Song et consorts qui nous en font voir de toutes les couleurs, en plus d'offrir une profondeur remarquable. Et qu'importe que certains enchaînements soient parfois un peu "facile", on boit du petit lait devant la démonstration cinématographique qui se déroule sous nos yeux. Le cinéma Coréen, en plein forme depuis une vingtaine d'année, accueille une nouvelle oeuvre majeure !
miouze
miouze

69 abonnés 164 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 juin 2019
Ici la lutte des classes est prétexte à un thriller burlesque et dramatique qui nous happe du début à la fin, en suivant le plan machiavélique d'une famille pauvre et opportuniste qui parasite une famille riche et perchée. De surprises en rebondissements le film, impeccable de maîtrise, est fascinant. Un pur bonheur .
Rhumcoco
Rhumcoco

9 abonnés 52 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 7 juin 2019
C’est lourd, pas drole, et super ennuyeux. Film caricatural, le discours politique ne l’est pas moins.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 13 juin 2019
Je suis allée voir ce film avec un vrai enthousiasme – quasi infantile.
Je m’attendais à un effet « waouh ». Au bout de quelques minutes j’ai senti que ça allait faire « splash »… et ce fut le cas.
J’ai à peu près tout détesté dans ce film.
- une bande son absurde et un recours à la musique baroque dont je ne m’explique toujours pas la présence égarée. L’univers musical d’un film dit beaucoup de l’intention de son metteur en scène. En l’occurrence, la bande son ne sert qu’à créer des effets faciles et sans contenu autre qu’un bruit désordonné.
- des personnages douteux, non par leur absence de moralité pour les pauvres et leur naïveté condescendante pour les riches. Non ! ce qui est très douteux, pour ne pas dire suspect est la pseudo revendication sociale du film, qui ne rend que plus criante la vacuité louche du propos. Quand nos amis italiens dépeignent des « affreux, sales et méchants », ils y vont à fond : tout le monde est affreux, sale et méchant, personne n’est épargné ! la satire est radicale. Là… comment dire… les pauvres donnent l’impression de se complaire dans la laideur et la crasse, même quand ils squattent une maison magnifique. Les riches…. Hmm…. Que dire des riches ? D’abord ils sont d’une naïveté incompréhensible, notamment le père, censé être un super businessman. Ensuite… certes, ils ont un mépris de classe olfactif manifeste, mais ils sont surtout bêbêtes, vides, ce qui par contraste avec le goût pour la crasse des pauvres et sans les rendre sympathiques, les rend neutres, absents de l’histoire avec un grand H que sous-tend une critique sociale un peu réfléchi. Leur disparition ne dit rien sur le monde et n’inspire que l’oubli.
- Enfin, je n’ai pas ressenti la moindre émotion face à ces personnages, qui paraissent davantage être des prétextes grossiers à une succession d’images léchées et/ou gores, que l’expression sensible d’individus vibrants. La palme d’or 2017 (Un air de famille) n’était pas un chef d’œuvre, mais il y avait une humanité qui finissait par émouvoir. Ce film, dont je ne m'explique pas l’unanimité dont il fait l’objet, est un vulgaire navet mal cuisiné par un chef prétentieux.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 juin 2019
Famille de ratés au chômage et vivant dans un taudis, la vie des Ki-taek change lorsque leur fils a l'opportunité de devenir professeur particulier pour la jeune fille des Park, famille très aisée occupant une maison de maître. C'est le début d'un engrenage et d'une invasion très lucrative... Débutant comme un comédie grinçante pour se finir comme un thriller malaisant, "Parasite" est surtout un portrait au vitriol de la société coréenne, où tout le monde en prend pour son grade. Des riches qui accordent énormément d'importance à des détails superficiels mais qui sont bien trop crédules et dépassés sur le fond, et qui pensent posséder leurs employés parce qu'ils les paient. Et des pauvres qui profitent de leurs failles pour leur ponctionner un maximum... Le tout porté par des personnages nuancés, dont aucun de sortira indemne d'une intrigue comportant pas mal de rebondissements inattendus, d'ironie, et d'idées tordues qui servent le propos du film. Les acteurs sont particulièrement en forme, dont surtout Song Kang-ho en père de famille au fond du trou, dont le masque de chauffeur respectable s'effritera peu à peu devant un écart abyssal de situation entre les deux familles. Quant à Bong Joon-ho, il nous livre un réalisation impeccable, pensée pour donner un maximum d'espace à l'interaction entre ses personnages : plans séquences de dialogues, décors épurés, travelings malins dans la maison. Tandis que les séquences les plus mouvementées, qui se rapprochent du thriller, prennent aux tripes. Une jolie réussite !
L'AlsacienParisien

686 abonnés 1 431 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 juin 2019
Première Palme d'Or décernée à la Corée du Sud, "Parasite" a su se distinguer parmi les oeuvres de grands réalisateurs internationaux. L'oeuvre raconte la cohabitation de deux familles issues de milieux sociaux opposés, l'une riche et l'autre pauvre, au sein d'une maison luxueuse. Mais derrière ce huis-clos contemporain se cache une parabole acide sur la lutte des classes, en Corée du Sud, certes, mais aussi à l'échelle universelle... Comment cohabiter dans un monde où les inégalités sont de plus en plus violentes ? Où le capitalisme transperce littéralement l'humanité ?
Ce récit limpide rend accessible ces réflexions sur notre société, mais tout en gardant sa part de complexité et de mystère. Car "Parasites" ne va jamais là où on ne l'attend... Il surprend, bouscule, dérange. Au début, on ne sait pas trop ce qu'il raconte, quel est son point de vue, mais par l'effet d'un boomerang scénaristique, il met la barre très très haute. Bong Joon Ho passe d'un genre à un autre sans jamais se contenter de "déjà-vu" efficaces. Par sa virtuosité cinématographique et son gout pour les rebondissements, il assure un thriller dramatico-comico-horrifique où le burlesque du récit dresse un constat alarmant sur notre rapport à la société et aux autres. D'une extrême justesse, loin de tous clichés, de tout pathos, on se laisse emporter par cette satire revigorante, inspirante et truffée de subtilités narratives.
J'ai essayé d'être le plus objectif possible, surtout face à une Palme d'Or que tout le monde adule. Force est de constater que la maitrise aiguisée du rythme, l'image et les lumières impeccables, l'imprévisibilité du scénario et la richesse de confrontation des personnages dans ce huis-clos doré rendent jubilatoire et bluffant ce "Parasite". Les origines et la solidarité de cette famille face aux aspérités du monde sont brillamment mis en scène, notamment au début lorsqu'on les découvre lors d'un plan séquence dans leur habitat exigu à moitié sous terre à la recherche désespérée d'un réseau qu'ils trouveront juste à côté des toilettes... Rage et douceur s'entremêlent dans ce mille-feuilles où chaque couche est porteuse de sens, qu'il soit politique ou totalement tragique... Une chose est sûre, il ne l'a pas volé sa Palme d'Or !
Ti Nou

624 abonnés 3 851 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 janvier 2020
Bong Joon-ho, cinéaste coréen de génie sachant mêler l’angoisse et l’humour comme personne, fait mouche une nouvelle fois avec ce réjouissant "Parasite". Son regard acerbe sur la société coréenne et ses inégalités n'a rien perdu de son acuité.
Alasky

454 abonnés 4 541 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 novembre 2021
N'attendant rien de ce film, et ne m'étant pas du tout renseignée avant de le voir, je me suis pris une sacrée claque tant ce film est génial. La photo est superbe, la brochette d'acteurs est irréprochable et très crédible, et le scénario m'a complètement scotchée. Un thriller social qui véhicule de grands messages et qui vaut sacrément le détour. Un des meilleurs films de ces dernières années.
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 juin 2019
Un film de Bong Joon-Ho est toujours un phénomène. Comme tout le cinéma coréen, le cinéaste façonne un cinéma qui mêle avec adresse, le fantastique, la drame familial, la dénonciation sociale et la satire. "Parasite" n'échappe pas au savoir-faire du réalisateur. On assiste à un cocktail réjouissant de joie, de cynisme, de peur, et de tristesse, le tout dans une atmosphère ultra-stylisée, en dépit des presque deux seuls décors, une maison aristocrate, sublime et fascinante, et à l'opposé, un appartement de fortune, aménagé dans les caves d'une rue populaire. Ces deux lieux sont peut-être le Ying et le Yang d'un état de la Corée, pays émergent, qui a vu une partie minoritaire de sa population exploser ses revenus, et la majorité continuer de survivre.

Le récit est articulé autour d'une famille tout autant attachante que redoutable. Ils vivent à l'image des cafards immondes qui courent dans leur appartement, et se sauvent pour se cacher dès que la lumière apparaît. C'est une bande de comédiens affamés, qui voudraient bien de la richesse des autres, et qui, faute de possibilités, vivent par procuration, aux dépends de familles riches auxquelles ils s'accrochent comme de véritables parasites. La cruauté règne en maître dans ce film et on reconnaît le désarroi comme la lutte qui caractérisaient le sublime personnage principal de "Mother". Ils cherchent à échapper à leur condition pauvre, tous les moyens sont bons et il faut admettre qu'ils sont brillants dans les stratégies qu'ils déploient pour assouvir leur projet. La mise en scène méritait bien le Graal de Cannes, tant elle est précise et brillante. L'écriture est parfaite, donnant au détails narratifs une portée et une cohérence, rarement si aboutis dans la fiction.

Au bout du compte, "Parasite" est un film profondément mélancolique. Il donne à voir un état de la Corée absolument dramatique, où l'ombre de son rival, celle du Nord, pourrait faire des envieux.
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juin 2019
Le mystère qui entoure ce film est un peu surfait. Je m'attendais à un film d'horreur, un film fantastique, un film de science-fiction, etc. C'est avant tout un film social. Et en cela, il s'avère extrêmement proche du récent Burning. Le film se démarque par sa mise en scène extrêmement fluide qui met en valeur des comédiens au sommet. Mention spéciale à la mère fortunée, complètement barrée. La maison pourrait elle-même recevoir un prix d'interprétation tant elle occupe une place cruciale. Reste que le scénario ne m'a pas totalement convaincu. Ce n'est pas une ligne droite qui nous mène vers un but clair. Plutôt un zigzag où le spectateur perd un peu en tension à chaque bifurcation. La morale de l'histoire, donc, est sociale. Et ça, c'est plutôt salutaire dans notre monde où les inégalités sont devenues insupportables.
tifdel13
tifdel13

104 abonnés 519 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 janvier 2024
Est-ce que Parasite méritait la palme d’or ? Sans doute. Il faudrait avoir vu tous les films en compétition au dernier festival de Cannes pour réellement se faire une idée. Le film de Bong Joon Ho (Snowpiercer, Okja, Mother, Memories of Murder, The Host…) n’en reste pas moins, un savoureux thriller tragicomique sur fond de drame social. On s’amuse de la percée de la famille de “prolos” chez les riches Park tout en sachant que le caractère...

Venez lire ma critique sur ScreenReview !
ouadou
ouadou

98 abonnés 412 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 juin 2019
Encore une claque de ce merveilleux réalisateur. Un des plus grands actuellement. Huis clos, genre, social, comédie... La Palme de cette année est un bijou, un film fou et génial, d'une beauté saisissante, d'une intelligence et d'une ironie incroyables. A ne pas louper
stanley
stanley

83 abonnés 769 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 juin 2019
Après deux films moins personnels, Bong Joon-ho revient à son plus haut pour livrer avec Parasite, ce qui est peut être son plus grand film. Tout à la fois film de genre (horreur, thriller, catastrophe) et chronique sociale acérée, Parasite ne se départit jamais d'un humour très noir tant sont drôles les personnages (sans jamais être caricaturaux), les situations, parfois comiques et les allusions à la Corée du Nord et à son chef. Le cinéaste oppose deux milieux sociaux, sans jamais les juger sur le fond, par la monstration de leurs lieux d'habitations, beau, lisse, hermétique et froid pour les riches, serré, en sous sol et à la merci des intempéries pour la classe laborieuse. Bong Joon-ho ne juge pas de manière péremptoire et superficielle les personnages ; les riches ne sont pas antipathiques mais seulement lisses et aveugles de l'environnement extérieur. Les pauvres, manipulateurs et escrocs, peuvent aussi se comporter de manière humaine, faire preuve d'amour et de compassion. La réussite du film tient aussi de la qualité des interprètes dont la gestuelle du corps, les expressions du visage sont rendues au mieux ; un vrai travail d'artiste. Saluons en particulier Song Kang-ho, l'acteur fétiche du cinéaste et Cho Yeo-jeong. La mise en scène est éblouissante : qualité des décors, de la photographie et des somptueux mouvements de caméra, virtuosité dans la façon de faire mouvoir les corps des personnages dans le plan : la caméra suit avec une grande fluidité les corps dans cette maison magnifique. Il ne ressort en conséquence aucun temps mort dans un film dont il faut nécessairement un certain temps d'adaptation mais dès que la manipulation est en route avec une telle fluidité dans le récit, on ne lâche rien. Si Parasite brasse plusieurs genres, aucun ne prend le pas sur l'autre, tant l'osmose fonctionne. Parasite ne renie pas ses références : La cérémonie de Claude Chabrol, Théorème et d'autres films de Pasolini, le cinéma comique italien de Dino Risi.... Un film choc à la fois monstre et monde dont la conclusion est d'une inventivité scénaristique rare.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse