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Clément R
20 abonnés
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3,5
Publiée le 3 mars 2019
L’acteur principal est fabuleux. Le film aborde l’histoire d’un homme simple (un brin simplet) qui se trouve confronté à la violence sans pour autant la rechercher... La vengeance est un plat qui se mange froid. Dérangeant, noir mais efficace
Un polar social qui arrive avec une identité assez unique. Cela ressemble beaucoup à un western moderne, cette cité italienne qui est dépeinte ressemble à un îlot paumé loin de tout que l’on a laissé à l’abandon et dans lequel les protagonistes se débattent pour exister. C’est sombre, cruel,c’est très romancé et il se dégage pourtant une impression d’authenticité très prenante. Et puis il y a son improbable « héros », chétif, quasi transparent et qui semble tout le long se battre avec l’énergie du désespoir pour exister et qui dégage du coup une force interne impressionnante.
Il y a d'abord ce choix d'une station balnéaire abandonnée au nord de Naples qui sera un des facteurs de la réussite incontestable de ce film. Il y a ensuite le comédien principal magistral, justement récompensé à Cannes par un prix d'interprétation, qui porte le film sur ses épaules à chacun des plans. Et puis ce drame implacable et violent qui se déroule devant nos yeux à la façon d'une tragédie moderne, où l'on sait que l'étau va se resserrer quoi qu'il arrive. que ce rapport de dominé/dominant ne se finira que dans le sang et la fureur. Le cinéma italien de la grande époque refait surface dans ce superbe "Dogman", maîtrisé de bout en bout, à côté duquel il serait dommage de passer...
Matteo Garonne, après quelques errements cinématographiques, revient avec cette implacable tragédie aussi puissante que le long qui le fît connaitre : « Gomorra ». Dans l’ouverture du film tout y est ; on assiste à la confrontation d’un pitbull hyper agressif et effrayant avec le frêle toiletteur luttant contre sa peur pour laver ce monstre de muscle et d’agressivité. Cette parabole introductive donne le ton de la violence que va subir Marcello de la part de Simo. Tout au long du film, c’est le portrait d’un homme humilié qui est dressé et qui accepte toute cette violence par simple désir d’être aimé de tous. On pressent un drame se nouer dont on ignore la nature mais dont on entrevoie les contours se dessiner jusqu’à un final hallucinant. Marcello et Simo tellement physiquement atypiques tous deux, le décor de cette station balnéaire italienne délabrée hors du temps ; tous les éléments rappellent le cinéma italien de la belle époque lorgnant résolument vers la fable voire le conte macabre. Marcello serait à l’image du monde d’aujourd’hui, un homme doux et innocent que la violence du monde actuel oblige à révéler la part animale et monstrueuse en lui afin de survivre. Le mécanisme superbement bien huilé montre comment un homme doux comme un agneau à force de vexations, humiliations, brutalité peut se transformer en tigre. Ce petit diamant du cinéma italien montre le côté obscur de l’humain et une conception assez sombre du monde contemporain. Radical, froid et violent ; le ton de la fable offre des moments de sourire… ironique. Esthétiquement bien léché, Matteo Garrone signe un beau retour aux affaires. A voir absolument. tout-un-cinema.blogspot.com
La récompense cannoise remise à l'acteur principal est ici pleinement justifiée : époustouflant de justesse dans toutes les émotions ressenties par le personnage. Néanmoins, les autres aspects du film ne sont pas à la hauteur de cette performance remarquable. Si le décor est brillamment mis en scène, les rôles secondaires sont trop effacés, et l'épilogue quelque peu bâclé (ou simpliste, ce n'est qu'affaire de sémantique). D'où un doux goût d'amertume...
Tourné dans une ville balnéaire italienne que l’on croirait laissée à l’abandon, superbement mis en scène et baigné d’une lumière crépusculaire, Dogman est l’histoire d’un toiletteur pour chiens trop gentil martyrisé par une tête brûlée de son quartier. Mais après des années d’humiliation, le frêle Marcello (magnifique Marcello Fonte, qui gagna le prix d’interprétation masculine à Cannes en 2018) décideraspoiler: d’employer la méthode forte pour se débarrasser de la brute Simone . Malgré des qualités indiscutables, le film souffre de deux faiblesses qui finissent par le fragiliser : la construction du personnage du méchant, décidément détestable du début à la fin et n’inspirant pas une once de sympathie, et un final peu réfléchi qui part à vau-l’eau.
Coup de cœur pour ce film magistral... L’acteur principal, qui a remporté le Prix d'interprétation à Cannes, est simplement incroyable. Ce film est un conte moderne subtil et puissant
Un thriller viscérale à la réalisation époustouflante où Marcello Fonte brille; en toiletteur pour chien embarquer par un boxeur violent, dans un traquenard; qui passe d'un extrême à l'autre durant tous le film. Les décors sont étonnant. En appuyant sur le côté dramatique, le scénario est juil bien du coup bien plus dense qu'il n'y paraît au départ. Et Un finale qui fait pauser beaucoup de questions. Captivant !
Film remarquable, l’acteur principal est excellent et tient le film de bout en bout. Il interprète Marcello un toiletteur pour chiens un peu naïf et qui veut croire au peu d’humanité qui reste dans ce quartier pauvre de l’Italie... Cette banlieue est filmée dans toute sa laideur et toute son horreur... les images sont pourtant belles.. Quelques scènes un peu gores. A voir sans hésitation
Bon drame intimiste, servi par des acteurs surprenants. Toutefois, Dogman n'est pas le film ultra-violent que les médias m'ont vendu. On aurait cru un nouveau Martyr, gorgé de scènes dérangeantes. En fait la violence est dans l'atmosphère du film, qui reste bien maîtrisé.
Le cinéma italien d'aujourd'hui offre souvent de belles surprises. On en a eu récemment de beaux exemples et ce n'est pas le "Dogman" de Matteo Garrone qui nous démentira. Certes le spectateur s'attendant à retrouver l'esprit des chefs-d’œuvre d'antan risque fort d'être déçu. Mais le monde a changé, l'Italie en particulier, et par voie de conséquence le cinéma. Le microcosme que nous présente le réalisateur doit donc se lire comme le reflet d'un certain visage de l'Italie. L'histoire se déroule dans une ancienne station balnéaire des environs de Rome : maisons délabrées, vestiges de ce qui fut un parc d'attractions, le tout occupé par une faune interlope. Marcello a donc bien du courage à tenir son modeste salon de toilettage canin, d'autant qu'il reçoit la visite d'une ancienne connaissance, un certain Simoncino, qui vient de sortir de prison. D'emblée, la relation de fort à faible s'établit, l'ami taulard apparaissant comme un rude gaillard, boxeur de surcroît, alors que Marcello est petit, malingre et ne sait guère user de sa force pour contrer les mauvais coups. Matteo Garrone a choisi la caricature : pourquoi pas ? Toujours est-il que Marcello va devoir subir les pires humiliations et les violences physiques de la part de Simoncino. Nous n'en dirons pas davantage : contentons-nous d'énoncer qu'une terrible vengeance se prépare, sanguinolente à souhait. Attention : âmes sensibles et peu portées sur l'hémoglobine en délire, s'abstenir... Car le réalisateur n'y va pas avec le dos de la cuiller : le dernier quart-d'heure rappelle la violence de certains films de Scorsese et laisse le spectateur un peu groggy. Il n'empêche que ce film est une réussite et dresse un portrait sans complaisance d'une certaine Italie. Nous n'oublions pas que Matteo Garrone est le cinéaste de "Gomorra", un film adapté de l'essai de Roberto Saviano sur la camorra. Deux niveaux de lecture - au moins - s'imposent pour rendre compte de "Dogman" : une réflexion pour ainsi dire existentielle sur le pouvoir de la force et la vengeance d'un faible (rien de plus triste à ce sujet que le dernier plan du film) et le portrait d'une Italie dévastée et méconnaissable, en proie à une violence quotidienne et à l'omniprésence de clans mafieux. Enfin, saluons la performance de Marcello Fonte, cet acteur qui jusqu'alors s'était contenté de seconds rôles et dont le talent explose dans ce film qui a les allures d'une fable.
Dogman est un film intéressant de part son style hyper réaliste avec des décors qui collent à la réalité sans aucun doute. Tout est dans la simplicité et et la neutralité ce qui ne veut pas forcément dire que c'est simple justement. Le personnage principal est intéressant, on s'attache à lui et on a de la peine pour lui lorsqu'on voit dans quelle situation il se retrouve bien malgré lui. Je suis beaucoup plus réservé sur simoncino, ce personnage qui est très vide à part être une raclure et très violent. Je ne le trouve pas intéressant, juste très bête. Ce film est donc intéressant pour le côté réel qu'il dégage et pour l'évolution du personnage principal qui va s'aguerir au fil du temps. La fin reste troublante, on se sais pas vraiment le vrais du faux, au spectateur de se faire son opinion.
"Dogman" est film à la réalisation maîtrisée et qui fait preuve d'un vrai réalisme. Rien d'extravagant, jusque ce qu'il faut pour cette belle petite production.
Quel attachant personnage. Un peu dans la Lune, tendre avec sa fille et passionné par les chiens qu'il trouve ou qu'on lui laisse, impossible de ne pas se dire que cet homme est un bon gars, malgré les magouilles dans lesquelles il se débat, avec souvent peu de succès. On suit le quotidien de ce gérant de chenil qui remet en forme les petits chiens (Choupette, l'adorable chihuahua) comme les plus impressionnants molosses (le premier que l'on voit, à qui l'on frissonnerait d'aller porter un biscuit, et qui pourtant se révèle finalement docile sous l'insistance de l'homme). Et l'on suit également ses galères avec les dettes, les vols, les demandes d'argent parfois musclées, même si c'est "la famille"... L'ambiance oscille avec talent entre mélancolie et joies éphémères, avec une résilience qui mène à une fin assez ouverte pour que le spectateur y réfléchisse un peu. Le générique avec sa piste audio apaisante le permet amplement. Loin d'un film de super-héros, Dogman est une ode aux travailleurs de l'ombre, aux amoureux des bêtes et aux papas dans la Lune.