Benedetta suit une religieuse au cœur d’un couvent, entre visions, désir et pouvoir. Un film qui se prend très au sérieux mais qui m’a surtout donné l’impression d’assister à une catastrophe.
Avant de le voir, il faut savoir que le film s’inscrit dans le parcours de Paul Verhoeven, habitué à explorer les rapports entre pouvoir, corps et institutions. Inspiré de l’histoire réelle de Benedetta Carlini, le récit prend place dans une Italie du XVIIᵉ siècle marquée par l’emprise de l’Église. Sur le papier, tout est réuni pour jouer sur l’ambiguïté entre foi, désir et manipulation.
J’attendais un film historique un minimum solide sur une figure que je ne connaissais pas. Je me retrouve face à une lourdeur abyssale. Au bout de dix minutes, je me suis sincèrement demandé si c’était volontaire d’être aussi mauvais. Le ton part dans tous les sens, entre sérieux, grotesque et pseudo-satire, sans jamais trouver d’équilibre. J’ai d’abord cru à une intention avant de comprendre que c’était simplement raté. La mise en scène frôle souvent le ridicule, avec un côté involontairement comique et kitsch qui casse toute immersion. Tout sonne faux, des images plates dignes d’un téléfilm aux interprétations caricaturales qui basculent régulièrement dans la parodie.
Les dialogues enfoncent encore le clou. Anachroniques, vulgaires, creux, ils enchaînent les répliques gênantes avec une régularité presque traumatisante. Entre deux échanges grotesques, les scènes de sexualité arrivent avec leurs gros sabots, lourdes, gratuites, sans nuance ni subtilité. Le film réussit même l’exploit d’être à la fois prévisible dans ses dialogues, que l’on voit venir à des kilomètres, et totalement incohérent dans sa construction. Il y avait pourtant matière à proposer quelque chose de solide sur les plans théologique et philosophique, mais tout reste au stade du gâchis et du mauvais goût.
Sur le papier, le film veut interroger la foi, la frontière entre mysticisme et manipulation, ainsi que les rapports entre pouvoir, corps et institution religieuse. Il aborde aussi la répression du désir et la place des femmes dans un système fermé. Mais tout est traité de manière appuyée, sans délicatesse ni nuance, avec une approche souvent grossière.
Au final, Benedetta donne l’impression de vouloir provoquer pour provoquer, sans jamais vraiment maîtriser quoi que ce soit. Un film où tout sonne faux, au point de rendre l’ensemble impossible à prendre au sérieux.