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    Benedetta
    note moyenne
    3,2
    1445 notes dont 240 critiques
    répartition des 240 critiques par note
    28 critiques
    52 critiques
    47 critiques
    38 critiques
    42 critiques
    33 critiques
    Votre avis sur Benedetta ?

    240 critiques spectateurs

    selenie
    selenie

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    4,0
    Publiée le 14 juillet 2021
    Nouveau film de Paul Verhoeven sur Benedetta Carlini, une religieuse du 17ème siècle mystique et lesbienne en pleine période de Contre-Réforme en Italie. Le cinéaste va surtout se servir de cette histoire vraie, ce destin pour montrer la face moins lumineuse de l'Eglise chrétienne du Vatican. Ainsi il dénonce l'hypocrisie du clergé notamment envers la sexualité au sein de leur institution, mais aussi toute l'ambiguité des instances supérieures notamment quitte à exploiter les "miracles". Verhoeven choisit très judicieusement de laisser planer le doute sur sa position avec de nombreuses interrogations légitimes et logiques, et la vraie force du film est justement de ne jamais y répondre. Rappelons que l'histoire se déroule au début du 17ème et qu'alors toutes ces interrogations sont complètement compréhensibles. Malgré les parties "visions" trop peu convaincantes le film est donc un drame historique aux sujets riches et foisonnants avec différents niveaux de lecture, avec en prime la performance des acteurs qui sont tous remarquables.
    Site : Selenie
    AMCHI
    AMCHI

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    3,5
    Publiée le 14 juillet 2021
    L'arrivée d'un nouveau Verhoeven en salles c'est un peu comme le retour du Messie sur Terre, il fait depuis longtemps partie de mes cinéastes préférés et Benedetta est plus réussi que son précédent film français. Déjà c'est agréable de voir une production hexagonale historique, notre passé est riche et malheureusement peu exploité au cinéma...oui je suis au courant que l'histoire de Benedetta se déroule en Italie.
    C'est dommage que ce film n'échappe pas à un côté un peu kitch par moment, les apparitions du Christ ne sont pas d'une grande réussite, on sent par moment qu'un budget plus important aurait été nécessaire mais ne boudons pas notre plaisir, cette histoire est suffisamment riche pour se laisser emporter par ce film, que l'on peut qualifier de beau.
    La scène ouvrant le film manque peut-être de force, elle n'a pas autant d'impact voulu mais elle sert bien le ton film et installe un climat sec qui nous heurte, dès que l'on voit la statuette de Marie de la jeune Benedetta on devine de quelle manière elle servira dans le futur.
    Je ne peux pas dire que je sois totalement fasciné par ce film, s'il est clair que le vieux Paulo a encore de quoi nous faire apprécier l'un de ses films, son film a aussi un côté sulfureux qui aurait plus marché dans les années 70 ou 80 qu'à notre époque. Même les scènes de fesses ont du mal à nous choquer, en fait le plus intéressant c'est de se demander si cette nonne était une manipulatrice de première ordre ou une femme vraiment sincère, le final nous laisse dans le doute, ce qui est d'ailleurs très bien.
    Les acteurs sont bons, Virginie Efira séduisante trouve surement son meilleur rôle dans une filmographie qui jusqu'à présent qui ne m'avait jamais vraiment attiré.
    Le reste de la distribution sert bien le film, que ce soit Charlotte Rampling ou Lambert Wilson dans la peau d'un nonce méprisant mais charismatique.
    Paul Verhoeven revient en force sans toutefois atteindre le niveau de certains de ses autres films, il nous offre mêmes des passages scabreux et pétaradants. Un bon film que je suis content d'avoir pu le voir en salles.
    traversay1
    traversay1

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    4,0
    Publiée le 10 juillet 2021
    Malgré l'odeur de soufre persistante qui l'accompagne, Benedetta est loin d'être le film le plus violent ou scandaleux de Paul Verhoeven (voir La chair et le sang, dont le titre aurait parfaitement convenu à son dernier opus). En revanche, c'est l'un de ses plus aboutis en matière de mise en scène et d'écriture, avec une narration claire et cristalline qui change agréablement des scénarios de longs-métrages conçus par des mille-pattes unijambistes que l'on rencontre souvent sur nos écrans. Le dosage entre l'intime et le grandiose est parfait et la façon dont Verhoeven se tient en équilibre devant le précipice du grotesque est pour le moins fascinant. Si le cinéaste néerlandais n'épargne pas l'hypocrisie crasse du Clergé, il ne ridiculise pas la religion à proprement parler, quoiqu'on puisse penser de quelques éléments blasphématoires, qui n'étonnent pas du provocateur patenté qu'il et dont il est trop facile de le réduire à cela, en négligeant son art de l'évocation, particulièrement évidente dans ses films historiques (La chair et le sang, encore, ou Black Book). Il est aussi évident que le talent de directeur d'acteurs (actrices) est éclatant, constante sublimée dans Benedetta par Virginie Efira et Daphné Patakia dans des rôles complexes et physiques mais aussi par Charlotte Rampling, remarquable, Louise Chevillotte, Lambert Wilson et Olivier Rabourdin. Il y a dans Benedetta du sang, de la sueur et des larmes mais aussi de l'humour, du kitsch, de l'érotisme, des images sulpiciennes et d'autres éhontées. Un projet ambitieux et accompli qui dépasse de beaucoup un simple récit de la vie d'une nonne saphique au 17ème siècle en Italie.
    Yves G.
    Yves G.

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    1,5
    Publiée le 15 juillet 2021
    Benedetta Carlini a été placée au couvent des Théatines à Pescia, dans le grand-duché de Toscane, à neuf ans à peine suite au vœu prononcé par ses parents alors qu’elle combattait une grave maladie infantile qui aurait pu lui être fatale. Cette enfant très pieuse prétendit parler à Jésus. Les stigmates qu’elle présentait conduisirent le nonce apostolique de Florence à diligenter une enquête. Témoigna au procès une jeune novice, Sœur Bartolomea, qui reconnut avoir eu des relations sexuelles avec son aînée.

    C’est sur ce fond historique, soigneusement documenté dans les années quatre-vingts par une historienne de Stanford, Judith C. Brown, dans un ouvrage savant intitulé "Immodest Acts – The life of a lesbian nun in Renaissance Italy" publié en français dans la très sérieuse "Bibliothèque des histoires" de Gallimard sous le titre "Sœur Benedetta, entre sainte et lesbienne", que Paul Verhoeven fait un retour fracassant dans les salles.

    Benedetta est projeté en compétition officielle à Cannes. Le film est annoncé par une rumeur insistante que les confinements à répétition ont enflée. Sa bande-annonce tourne en boucle dans toutes les salles depuis leur réouverture. La présence de Virginie Efira à l’affiche, l’une des stars les plus bankables du moment, et son sujet sulfureux garantissent d’ores et déjà à Benedetta un succès au box office.

    Pourtant sa première moitié, mal jouée (qu’est venue faire Clotilde Courau dans cette galère ?), mal éclairée, mal montée, est calamiteuse. L’action tarde à démarrer avec un préambule trop long consacré à l’enfance de la jeune moniale. On entre dans ce monastère dont on ne sortira guère et où se jouera dix-huit ans plus tard le sort de la religieuse. On comprend vite le double ressort de cette histoire. D’un côté une enquête théologique autour de prétendus miracles dont Benedetta est peut-être l’actrice sincère ou l’inventrice rouée. De l’autre la relation coupable que Benedetta entretient bientôt avec une jeune novice, aussi innocente que tentatrice, qu’elle a prise sous sa coupe.

    Ce double ressort n’a rien de très passionnant. Il y a bien longtemps que les miracles de l’Église n’intéressent plus personne. En revanche, les ébats de Benedetta et de Bartolomea, surtout lorsqu’ils sont joués, dans leur crâne nudité, par Virginie Efira et Daphné Patakia (une jeune première que j’ai passé le film à confondre avec Marina Vacth) sont beaucoup plus stimulants, au point qu’on hésite à avouer, au temps de #MeToo, l’intérêt suspect qu’on prend à les regarder et qu’on finit, correction politique oblige, par reprocher à Paul Verhoeven de leur consacrer une place disproportionnée.

    On en est donc là au milieu du film : se désintéresser superbement des enjeux théologiques de cette histoire et en être réduit à jouir d’un plaisir coupable du spectacle dénudé de ses deux actrices. Et on se dit que la seconde moitié risque d’être bien longue.

    Et c’est là que le film est sauvé par là où on ne l’attendait pas. Après avoir fait du surplace pendant une heure, il met enfin en présence des personnages, crée une tension, bref, raconte une histoire. On se prend donc au jeu de ce suspens dont on ignore encore l’issue. C’est aux personnages secondaires qu’on le doit : Charlotte Rampling, Lambert Wilson, des vieux chevaux sur le retour auxquelles les critiques pourtant nombreuses, aimantées par la staritude de Virginie Efira et par la révélation de Daphné Patakia, n’ont pas consacré une ligne.
    Cinéphiles 44
    Cinéphiles 44

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    2,0
    Publiée le 12 juillet 2021
    Il faut un certain temps pour digérer le nouveau film du sulfureux Paul Verhoeven. Vingt-six ans après le mal aimé “Showgirls” et cinq ans après son dernier long-métrage “Elle”, le cinéaste s’attaque à la véritable histoire de Benedetta Carlini relaté par l’historienne Judith C. Brown en 1987. Verhoeven le tend d’ailleurs comme une bible face aux critiques qui jugent son film blasphématoire en rétorquant que ce qui est vrai ne peut pas blasphémer. On vous laissera méditer sur la pertinence de ses mots. “Benedetta” nous plonge en pleine pandémie de la peste noire dans l’Italie du 17ème siècle. Les parents de Benedetta marchandent sa place au couvent de Pescia en Toscane puis achètent celle de Bartolomea, une gamine violée par son père et ses frères. “Benedetta” serait en relation directe avec Jésus et serait capable de produire des miracles. Considérée comme une folle par certains, la jeune femme est également lesbienne et profitera de sa puissance pour abuser de la jeune Bartolomea. En effet, si certains pourraient y voir de l’amour, nous vous mettons au défi de nous trouver un seul moment où Benedetta a exprimé de la tendresse pour celle qui la fait jouir. Car oui, Virginie Efira est filmée nue dans toutes les coutures, se masturbant avec un godemichet en forme de la Vierge Marie ou en s’offrant à Jésus crucifié. Ce film réalisé par un homme pour des hommes n’en rate pas une pour provoquer dans le sang, le sexe lesbien et tout ce qui pourrait scandaliser la communauté chrétienne. Violent et salement sexuel, le film est tellement outrancier qu’il est parfois à prendre au second degré. Entre les très bonnes prestations de Charlotte Rampling et Lambert Wilson et le piètre jeu de Daphne Patakia, nous admettons que Virginie Efira s’est donnée corps et âme pour son rôle. Malheureusement, “Benedetta” est traitée dans une obscénité gratuite et graveleuse. Était-ce franchement nécessaire ?
    D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
    L'AlsacienParisien
    L'AlsacienParisien

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    4,5
    Publiée le 20 juillet 2021
    Lors de sa diffusion au festival de Cannes, "Benedetta" en a outragé plus d'un et a fait couler beaucoup l'encre. Attendu depuis deux ans et présenté comme étant l'un des films choc qui a secoué la Croisette, le film est l'adaptation d'un roman qui retrace le parcours d'une religieuse catholique dans un couvent italien du XVIIe siècle. Semblant être à l'origine de nombreux miracles, la présence de Soeur Benedetta suscite curiosité et admiration auprès de ses soeurs, mais ses visions prophétiques, ses possessions ainsi que sa fervente conviction d'être l'épouse de Dieu vont petit à petit bouleverser la sérénité du couvent. Et c'est sans compter l'éveil sexuel libéré qu'elle explore avec l'une de ses semblables... À 83 ans, Paul Verhoeven n'a plus grand chose à prouver ni à perdre. Sa mise en scène, empreinte d'humour scabreux, de scènes de fesses bien débridées et de violences crues ne se pare d'aucun filtre et fait le choix de tout montrer, de tout tenter. Et c'est là son point fort car sous ses airs scandaleux, "Benedetta" sème le doute et interroge la foi et la religion via un personnage à double tranchant, très ambigu. Est-elle l'Élue ou bien une menteuse manipulatrice de masses ? Sans cesse, le réalisateur introduit le divin dans un cadre austère et monotone. Deux vérités s'entrechoquent constamment, nous faisant comprendre que certains faits peuvent être interprétés à travers deux perspectives différentes. J'ai personnellement été fasciné par cette vague de doute qui plane au-dessus de cette sphère si réglementée et conservatrice de l'Église. Ce monde si mystérieux et invisible est démantelé de l'intérieur par ce cataclysme organique qu'est Benedetta. Pour moi, le sexe, qui a tant dérangé certains spectateurs, est ici un moyen d'émancipation, un outil dévastateur de pouvoir social et rappelle que l'homme (ici, la femme) est fait de désir, de chair, d'un instinct animal. Sans le vouloir peut-être, Verhoeven insuffle du féminisme là où on ne l'attend pas. Et puis, le scénario n'y va pas de main morte pour ériger la puissance trouble de Benedetta ! Alors que les premières scènes s'enchainent de façon trop évidentes, sans véritable profondeur, le développement est remué par un nombre de rebondissements qui promettent un thriller atypique mais étrangement captivant. La déconstruction et la satire de la religion passent par le ridicule, l'outrancier, le fantastique, la perversité, le kitsch mais aussi par le corps qui devient vecteur de passion et de jouissance ! "Benedetta" ne donne pas de réponses sérieuses et c'est là le charme bizarre de ce film qui joue à déranger tout en faisant du beau cinéma haletant. Les acteurs m'ont saisi, bluffé dans leur dévouement à cette douce folie. Tout le monde ne jure que par Virginie Efira dans ce rôle qui pèse dans le game, c'est vrai, mais je retiens surtout Charlotte Rampling, Daphné Patakia, Lambert Wilson (qui m'a surpris !) ou encore la jeune révélation Louise Chevillotte que j'ai trouvé dingue ! C'est non sans émotions que je me suis allé face à cette ribambelle de fantaisies et en cela, ce film a su m'emporter dans sa déviance, son côté sale, grand-guignolesque et malicieux. Et avec cette épidémie de Peste en toile de fond, qui gagne du terrain et divise la société, le parallèle est plus que pertinent...
    Redzing
    Redzing

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    3,5
    Publiée le 27 juillet 2021
    Pour ce qui est peut-être son dernier film, Paul Verhoeven reste en contrées francophones, et nous livre un biopic sur sœur Benedetta. Une religieuse italienne connue pour avoir supposément eu des visions de Jésus. Habitué de la violence crue, du sexe provocateur (ou pas), et des farces en tout genre, le réalisateur néerlandais s'amuse clairement avec ce sujet riche. "Benedetta" est avant tout un film assez drôle, taclant les magouilles de l'Eglise catholique, où la foi sert surtout aux conflits politiques ou simplement aux luttes de pouvoir. Quelques répliques et situations improbables, ou volontairement outrancières, feront ainsi allègrement sourire. Mais le film s'attarde surtout sur sa protagoniste, campée par une Virginie Elfira pour le moins enflammée, semblant aussi à l'aise avec les scènes de nudité qu'avec des passages plus... possédés. L'actrice et le réalisateur choisissent de maintenir le doute quant à la vraie nature de Benedetta (manipulatrice, folle auto-convaincue, vraie miraculée... ou un peu de tout ?), utilisant cette part d'ombre à la fois dans des réflexions sur la foi et le pouvoir de la religion... et dans une histoire d'amour interdite. On regrettera un aspect visuellement assez sage pour une bonne partie de l'oeuvre (photographie à la limite du téléfilmesque, premières visions de Jésus très soft...). Mais ceci est compensé par plusieurs scènes plus audacieuses ou fortes, et par décors extérieurs assez jolis. Question sexe et violence, plusieurs décennies ont passé depuis "Flesh and Blood" ou "Basic Instinct". Les têtes tranchées et les ébats lesbiens auraient pu choquer il y a 30 ans, aujourd'hui c'est presque du normal business, faisant de "Benedetta" un film certes relevé, mais loin d'être sulfureux.
    islander29
    islander29

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    4,0
    Publiée le 12 juillet 2021
    Paul Verhoeven a insufflé un souffle épique à ce film qui rend l'histoire de Benedetta passionnante...Il ne se contente pas de l'Histoire avec un grand H, il la rend romanesque, pour le plus grand bonheur du spectateur .....La mise en scène alterne les scènes rigoureuses et dépouillées, à l'intérieur du couvent, avec les paysages ou les rues de Pescia, d'une façon très lumineuse et dans des tons chauds......C'est une histoire qui mérite d'être découverte, pour découvrir le rapport du peuple à la religion au 17ème siècle , ravagé par des pestes et des guerres....Pour sourire parfois aussi de la foi et d'une certaine naïveté du film à nous la relater...Ce n'est pas la foi qui est naïve, ce peut être les croyants ...Bref le film ne vous rendra ni athée ni croyant, il est trop "léger" à ce niveau, mais il vous relatera l'histoire d'un couvent et de ses sœurs, interprétées notamment par des actrices très séduisantes ( la sensuelle Virginie Efira, la sulfureuse Daphne Parakia, la délicieuse Louise Chevillotte)…Avertissement, le film comporte des scènes "osées", voire érotiques (1 ou 2 fois) et une scène de torture ( "inquisition" oblige).....qui marqueront les esprits (pas un film pour les moins de quatorze ans à mon avis) ....Ce n'est pas du cinéma "intellectuel" (moins que "Elle") C'est un film grand public adulte, dont on sort avec émotion et ravissement.Je conseille
    ConFucAmuS
    ConFucAmuS

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    3,5
    Publiée le 10 juillet 2021
    On l'aura attendu, ce nouveau Paul Verhoeven. Après être allé au bout de ses expérimentations américaines, le Hollandais violent a semble-t-il trouvé en France une terre d'accueil pour en prolonger les thématiques. D'abord avec l'excellent Elle, qui démontrait que les années n'avaient en rien entamé son esprit rebelle, gorgé d'humour et plus que jamais décidé à nous expédier hors de notre zone de confort. Alors quand il décida de s'attaquer à ce gros morceau, on humait déjà l'odeur de scandale alors qu'il entrait à peine en tournage (en 2018). Trois ans plus tard sans surprise, Benedetta divise par son sujet et surtout par cette liberté de ton caractéristique de son auteur.
    Vu l'affiche et l'environnement où Paul Verhoeven, on pouvait s'attendre à de la mesure et de la subtilité, compte tenu d'une époque où le blasphème créé des lignes de fractures au sein de la société. Grave erreur, le réalisateur culte n'entend pas mettre en veilleuse ses accents persifleurs et irrévérencieux. S'il peine à maîtriser tous ses axes de lecture pendant sa première partie, Verhoeven n'a par contre aucun mal à effeuiller les rites chrétiens et l'hypocrisie derrière la hiérarchie paroissiale. La maison du seigneur n'est pas plus protégée des illuminé.e.s ou des pêcheurs que n'importe quelle structure de pouvoir et l'ambivalence du personnage-titre ne fait que mettre en lumière cette frontière parfois bien poreuse entre croyance et folie. Et ça ne s'arrête pas là.
    Benedetta s'amuse à regarder derrière le rideau, à livrer en l'espèce les trucs derrière les cérémonies, les visions délirantes de son héroïne (qui semblent échappées du sketch Jesus II le retour des Inconnus), et les imposteurs au sein de l'église. Dans ce panier de crabes, bien malin qui pourrait dire qui est le plus coupable. De fait et en toute logique, l'œuvre garde une certaine ambivalence à l'égard de la nonne invertie, puisqu'elle est à la fois le catalyseur des perversions au sein du dogme mais aussi la dénonciation de préceptes rigoristes et propagandistes. En cela que le film s'inscrit parfaitement dans le sillon de La Chair et le Sang ou Basic Instinct. Il y a du sang, beaucoup d'humour et évidemment du sexe. Sauf que le metteur en scène est trop malin pour sombrer dans l'érotisme beauf, que ne manquerait pas de susciter pareil canevas. À l'inverse, il joue contre la tendance voyeuriste en livrant des séquences crues, inconfortables, parfois même insolites. Il faut tout le talent de ses interprètes pour donner corps et crédibilité à Benedetta. Virgina Efira bien sûr qui trace sa route entre doucereuse innocence et dévote impie, mais aussi l'incontournable Charlotte Rampling et le réjouissant Lambert Wilson, sans oublier la révélation Daphné Patakia.
    Malgré la réputation sulfureuse de Verhoeven, je me surprend encore de son effronterie et de sa capacité à transgresser les attentes avec sarcasmes et une vivacité d'esprit qu'on ne retrouve que trop rarement dans les salles. Si Benedetta n'est pas aussi réussi que ses précédents travaux, il est parfaitement synchrone avec les obsessions et les figures provocatrices chères à son metteur en scène.
    Fêtons le cinéma
    Fêtons le cinéma

    Suivre son activité 245 abonnés Lire ses 2 103 critiques

    1,5
    Publiée le 26 juillet 2021
    L’échec retentissant de Benedetta tient à l’absence de vision claire et cohérente du personnage central, sur lequel Paul Verhoeven fait peser ses obsessions sans jamais lui conférer d’opacité ou de mystère véritables. La religieuse est écartelée, elle est tirée dans des directions opposées qui ne sauraient converger : une émancipation grossière et anachronique de la femme lesbienne soucieuse de mener sa vie contre vents et marées, la peinture d’une foi tourmentée dont l’exaltation atteste une relation tout à la fois sacrée et profane à Dieu, le théâtre de guignols qui représente Jésus comme un beau gosse et les hommes d’Église comme des êtres avides de pouvoir et dangereux, le théâtre de la cruauté enfin avec ses séquences à la violence outrancière et gratuite. Voilà donc un éparpillement esthétique et tonal qui invalide l’entreprise de reconstitution historique tout autant que celle de son démantèlement par l’ironie : le grotesque des situations mises en scène par le long métrage mute en grotesque du long métrage lui-même, le rire gras du cinéaste ne suffit plus à divulguer la bêtise profonde de sa démarche anticléricale datée. Nous ne pouvons croire en Benedetta, nous ne pouvons apprécier le trouble qui doit la définir, nous ne pouvons interroger ses miracles sans un réalisateur qui atteste une foi sincère en son personnage et en son art ; la foi exige, de la part de celui qui la représente, une forme de religiosité, puisse-t-elle être opposée à la religion établie. Une telle désacralisation généralisée de toute chose change le film en une démonstration de cynisme qui ne trouve que le sexe et la violence pour capter l’attention de son spectateur. Deux actrices sauvent quelque peu ce triste spectacle : Virginie Efira et Charlotte Rampling. Le plus mauvais film de Paul Verhoeven.
    Ufuk K
    Ufuk K

    Suivre son activité 235 abonnés Lire ses 982 critiques

    4,5
    Publiée le 10 juillet 2021
    " Benedetta" sélectionné cette année au festival de Cannes est un drame historique qui ne laissera personne indifférent. En effet Paul Verhoeven revient à la réalisation de nouveau avec un film sulfureux, l'histoire revient sur l'incroyable histoire de Benedetta Carlini (sœur accusée d'avoir une relation interdite au XVII éme siècle) interprété à la perfection par Virginie Effira à la fois fascinante, mystérieuse, cruelle et si touchante dans le premier grand film de l'année.
    Cinemadourg
    Cinemadourg

    Suivre son activité 231 abonnés Lire ses 879 critiques

    2,0
    Publiée le 12 juillet 2021
    Paul Verhoeven ("RoboCop", "Total Recall", "Basic Instinct", "Starship Troopers") se lance ici à l'assaut de la religion, et notamment de la vie sulfureuse de la religieuse Benedetta Carlini (début du XVII ème siècle) ayant marqué l'histoire de l'église avec son étiquette de Sainte et de lesbienne à la fois.
    Le sujet est évidemment malsain, surtout pour les personnes sensibles à la spiritualité de Jésus-Christ et de la vierge Marie.
    La réalisation est particulièrement crue et sans fard, les scènes dénudées et blasphématoires sont bien présentes, surtout dans la seconde moitié de ce drame biographique.
    Malgré le talent indéniable des comédiens (Virginie Efira, Charlotte Rampling, Lambert Wilson...) et une vraie démarche de reconstitution fidèle de la vie au monastère des Théatines à Pescia (Italie), je n'ai pas accroché du tout à cette oeuvre nauséabonde et sans grand intérêt à mes yeux.
    Globalement assez indigeste.
    Site CINEMADOURG.free.fr
    Laurent C.
    Laurent C.

    Suivre son activité 204 abonnés Lire ses 1 107 critiques

    3,5
    Publiée le 12 juillet 2021
    Est-elle schizophrène ? Est-elle une élue de Dieu choisie pour se marier avec le Christ et réaliser des miracles ? Le nouveau film de Verhoeven garde le mystère et construit toute sa narration sur cette ambiguïté. L'enjeu est de taille car le risque est de verser sans garde dans la caricature psychologique ou fantastique. Or, le réalisateur naturellement expérimenté et doué échappe à ce risque sans difficulté et parvient à rendre un récit haletant et rythmé.

    On ne connaît pas Verhoeven et Virginie Effira dans un film de costume. On les connaît d'autant moins que l'histoire se passe dans un couvent tenu par une Charlotte Rampling absolument étonnante. Les personnages évoluent dans ce registre avec une aisance remarquable, même quand le long-métrage s'invite dans le fantastique, le thriller et l'érotisme. Les fantasmes pernicieux hantent le scénario où la vengeance, le pouvoir, l'ambition et le désir de liberté côtoient l'opportunisme religieux. On se demande pendant 2 heures si tout est construit de fond en comble par Benedetta ou au contraire, si elle est promise à un destin divin.

    Un petit regret assombrit toutefois le film. On ne comprend pas toujours l'intérêt du réalisateur de faire dériver son récit la possession mystique. De même la provocation assumée laisse penser une volonté suspecte de créer le scandale, le long-métrage faisant remonter à la mémoire la révolte qui avait accompagné en son temps la sortie du film de Godard "Je vous salue Marie".
    Sylvain P
    Sylvain P

    Suivre son activité 175 abonnés Lire ses 1 225 critiques

    0,5
    Publiée le 24 juillet 2021
    Benedetta a été sélectionné à Cannes... et on se demande bien comment : on est ici devant un film sans mise en scène, grotesque, où chaque scène est plus risible que la précédente, sans direction d'acteurs et qui croit choquer avec des thématiques erotico-religieuses qui n'offusqueraient pas même un grand-papounet. Benedetta est une sorte de parodie des Monty-Python qui a tout de même un énorme défaut : on n'arrive même pas à en rire.
    PLR
    PLR

    Suivre son activité 161 abonnés Lire ses 1 005 critiques

    3,0
    Publiée le 10 juillet 2021
    Thème mystique de chez mystique ! Registre qui, loi du genre oblige, mettra en scène l’hystérie, la névrose peut-être, et chahutera les dogmes. Il appartiendra à chaque spectateur de savoir garder la (sa) juste distance. Le blasphème n’est pas un délit – certainement pas cinématographique car on en a vu bien d’autres - et c’est très bien comme ça. Il n’empêche que ça peut troubler ou gêner certains spectateurs. Je n’écris pas ça pour moi mais pour mise en garde d’un public qui ne serait pas certain de son niveau d’acceptation et de tolérance dès qu’un scénario touche au domaine religieux avec une bonne dose d’érotisme. Tabou de chez tabou dans la religion catholique romaine. Intégristes, fuyez ! Mais cinéphiles à l’esprit ouvert et curieux, vous vous laisserez porter sans trop de problèmes.
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