Benedetta
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selenie

7 445 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juillet 2021
Nouveau film de Paul Verhoeven sur Benedetta Carlini, une religieuse du 17ème siècle mystique et lesbienne en pleine période de Contre-Réforme en Italie. Le cinéaste va surtout se servir de cette histoire vraie, ce destin pour montrer la face moins lumineuse de l'Eglise chrétienne du Vatican. Ainsi il dénonce l'hypocrisie du clergé notamment envers la sexualité au sein de leur institution, mais aussi toute l'ambiguité des instances supérieures notamment quitte à exploiter les "miracles". Verhoeven choisit très judicieusement de laisser planer le doute sur sa position avec de nombreuses interrogations légitimes et logiques, et la vraie force du film est justement de ne jamais y répondre. Rappelons que l'histoire se déroule au début du 17ème et qu'alors toutes ces interrogations sont complètement compréhensibles. Malgré les parties "visions" trop peu convaincantes le film est donc un drame historique aux sujets riches et foisonnants avec différents niveaux de lecture, avec en prime la performance des acteurs qui sont tous remarquables.
Site : Selenie
traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juillet 2021
Malgré l'odeur de soufre persistante qui l'accompagne, Benedetta est loin d'être le film le plus violent ou scandaleux de Paul Verhoeven (voir La chair et le sang, dont le titre aurait parfaitement convenu à son dernier opus). En revanche, c'est l'un de ses plus aboutis en matière de mise en scène et d'écriture, avec une narration claire et cristalline qui change agréablement des scénarios de longs-métrages conçus par des mille-pattes unijambistes que l'on rencontre souvent sur nos écrans. Le dosage entre l'intime et le grandiose est parfait et la façon dont Verhoeven se tient en équilibre devant le précipice du grotesque est pour le moins fascinant. Si le cinéaste néerlandais n'épargne pas l'hypocrisie crasse du Clergé, il ne ridiculise pas la religion à proprement parler, quoiqu'on puisse penser de quelques éléments blasphématoires, qui n'étonnent pas du provocateur patenté qu'il et dont il est trop facile de le réduire à cela, en négligeant son art de l'évocation, particulièrement évidente dans ses films historiques (La chair et le sang, encore, ou Black Book). Il est aussi évident que le talent de directeur d'acteurs (actrices) est éclatant, constante sublimée dans Benedetta par Virginie Efira et Daphné Patakia dans des rôles complexes et physiques mais aussi par Charlotte Rampling, remarquable, Louise Chevillotte, Lambert Wilson et Olivier Rabourdin. Il y a dans Benedetta du sang, de la sueur et des larmes mais aussi de l'humour, du kitsch, de l'érotisme, des images sulpiciennes et d'autres éhontées. Un projet ambitieux et accompli qui dépasse de beaucoup un simple récit de la vie d'une nonne saphique au 17ème siècle en Italie.
Hervé L
Hervé L

16 abonnés 82 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 juillet 2021
Un film désastreux à tous les niveaux. Beaucoup trop caricatural et sans aucune finesse. Dès la scène d'ouverture, ça sonne faux. L'interprétation très médiocre et caricaturale plombe le film dès le début. Jusqu'à la fin, ce film restera gravement endommagé par son interprétation... notamment avec le personnage de Bartolomea dont l'anachronisme de son langage est particulièrement gênant et tellement peu crédible. Et malheureusement, le personnage principal de Benedetta manque également de crédibilité et de nuances en apparaissant surtout comme une folle schizophrène et hystérique.
Ce film est également une caricature de la religion catholique, c'est un film à sens unique: complétement à charge contre la foi chrétienne et l'église. Beaucoup de scènes sont insultantes pour la religion chrétienne, les symboles religieux sont volontairement dégradés (insulte à la Vierge Marie, Jésus,...). C'est de la provocation facile et complaisante qui devient très vite du mépris et de l'irrespect total.
En résumé, un tel niveau de caricature et de scènes grossières empêche toute adhésion au film. Un ratage total.
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 juillet 2021
Paul Verhoeven a insufflé un souffle épique à ce film qui rend l'histoire de Benedetta passionnante...Il ne se contente pas de l'Histoire avec un grand H, il la rend romanesque, pour le plus grand bonheur du spectateur .....La mise en scène alterne les scènes rigoureuses et dépouillées, à l'intérieur du couvent, avec les paysages ou les rues de Pescia, d'une façon très lumineuse et dans des tons chauds......C'est une histoire qui mérite d'être découverte, pour découvrir le rapport du peuple à la religion au 17ème siècle , ravagé par des pestes et des guerres....Pour sourire parfois aussi de la foi et d'une certaine naïveté du film à nous la relater...Ce n'est pas la foi qui est naïve, ce peut être les croyants ...Bref le film ne vous rendra ni athée ni croyant, il est trop "léger" à ce niveau, mais il vous relatera l'histoire d'un couvent et de ses sœurs, interprétées notamment par des actrices très séduisantes ( la sensuelle Virginie Efira, la sulfureuse Daphne Parakia, la délicieuse Louise Chevillotte)…Avertissement, le film comporte des scènes "osées", voire érotiques (1 ou 2 fois) et une scène de torture ( "inquisition" oblige).....qui marqueront les esprits (pas un film pour les moins de quatorze ans à mon avis) ....Ce n'est pas du cinéma "intellectuel" (moins que "Elle") C'est un film grand public adulte, dont on sort avec émotion et ravissement.Je conseille
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 567 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 12 juillet 2021
Ai vu "Benedetta" de Paul Verhoeven. Autant le dire tout de suite nous sommes à des lustres de "Thérèse" d'Alain Cavalier et du "Dialogue des Carmélites" de Bernanos. C'est aussi sulfureux que "Claudine au Couvent", démodé qu'un film ennuyeux et ringard de Just Jaeckin et aussi navrant qu'un navet de Vadim tel "Don Juan 73". Il est totalement inimaginable que ce film soit réservé par Thierry Frémaux depuis deux ans pour être présenté au Festival de Cannes... J'aime beaucoup Paul Verhoeven dont pour moi "Black Book" est un chef d'oeuvre. Où sont le suspens et la fièvre de "Basic instinct", où sont l'humour et le malaise d'"Elle" ? Le scénario totalement linéaire est d'une platitude confondante et d'un ennui mortel. L'interprétation des acteurs français est à la limite du néant (tout le monde où presque joue faux avec Lambert Wilson comme souvent en tête de peloton, suivi de très près par Daphné Patakia, le maillot jaune revenant haut la main à David Clavel ...) Seuls Hervé Pierre de la Comédie Française et Charlotte Rampling magnifique, sont crédibles et concernés. Les 30 premières minutes du film où tout les personnages parlent le français de 2020 au fin fond de l'Italie du moyen âge ruinent le projet irrémédiablement. La pauvre Virginie Efira, que j'aime beaucoup, n'est absolument pas à sa place dans ce rôle dont elle n'a ni l'âge, ni le corps. Sa plastique parfaite au teint halé est totalement incompatible avec une vie monastique. Pourtant l'actrice se livre corps et âme dans son interprétation mais en vain, les scènes pseudo érotiques sont d'un convenu et affligeantes (plus personne ne s'étonne qu'une bonne soeur se masturbe et jouisse de nos jours quand bien même avec une statue de la Vierge), les reconstitutions des apparitions de Jesus sont totalement risibles même Claude Lelouch n'avait pas été si proche du fond à l'époque de "La belle histoire" ... c'est dire. Anne Dudley ruine encore plus le long métrage de sa musique synthétique en toque. L'image est agressive et rarement belle. On espère un moment, pour donner un peu de vie à tout cela voir surgir Mylène Farmer ("je suis libertine, je suis une catin") où Madonna ("Like a prayer") de derrière un bénitier, ou d' un confessionnal. Benedetta est elle une folle, une vraie sainte, une mythomane, une manipulatrice ? voila le sujet à côté duquel passe totalement Verhoeven, qui s'éternise sur l'homosexualité de la nonne avec des scènes d'une platitude sans fin et qui sont aussi subversives que les films érotiques d'M6 au début des années 90. On a souvent envie d'éclater de rire devant tant de grotesque et de facilité mais pour cela il aurait fallu que je sois dans un état d'ébriété avancé. Alors je me suis contenté de soupirer et de me morfondre devant cette petite chose bien malade. "Benedetta" est un film grand guignol et tartignole qui veut choquer le bourgeois des années 80 et qui a donc 40 ans de retard, si ce n'est plus.
remyll
remyll

256 abonnés 578 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 13 juillet 2021
Encore une fois un réalisateur un chouïa vicieux et tout proche de la démence sénile s’attaque aux chrétiens. C’est tellement facile puisque les croyants chrétiens fidèles aux préceptes de Jesus Christ se laissent insulter, massacrer et tuer.
Le réalisateur s’attaque tel un petit démon précisément à l’univers féminin de la chrétienté : celui des sœurs qui de tous temps fascine surtout les incroyants. Ces incroyants qui n’hésitent jamais à se moquer d’elles et à les parodier pour mieux les moquer. C’est en fait effrayant et désolant mais tellement « dans l’époque ».
Un film facile, destructeur et malsain frisant le voyeurisme primaire, et exacerbant un talent devenu très secondaire pour ne pas dire évanescent du cinéma.
ConFucAmuS

650 abonnés 1 039 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 novembre 2021
On l'aura attendu, ce nouveau Paul Verhoeven. Après être allé au bout de ses expérimentations américaines, le Hollandais violent a semble-t-il trouvé en France une terre d'accueil pour en prolonger les thématiques. D'abord avec l'excellent Elle, qui démontrait que les années n'avaient en rien entamé son esprit rebelle, gorgé d'humour et plus que jamais décidé à nous expédier hors de notre zone de confort. Alors quand il décida de s'attaquer à ce gros morceau, on humait déjà l'odeur de scandale alors qu'il entrait à peine en tournage (en 2018). Trois ans plus tard sans surprise, Benedetta divise par son sujet et surtout par cette liberté de ton caractéristique de son auteur.
Vu l'affiche et l'environnement entourant le dernier Paul Verhoeven, on pouvait s'attendre à de la mesure et de la subtilité, compte tenu d'une époque où le blasphème créé des lignes de fractures au sein de la société. Grave erreur, le réalisateur culte n'entend pas mettre en veilleuse ses accents persifleurs et irrévérencieux. S'il peine à maîtriser tous ses axes de lecture pendant sa première partie, Verhoeven n'a par contre aucun mal à effeuiller les rites chrétiens et l'hypocrisie derrière la hiérarchie paroissiale. La maison du seigneur n'est pas plus protégée des illuminé.e.s ou des pêcheurs que n'importe quelle structure de pouvoir et l'ambivalence du personnage-titre ne fait que mettre en lumière cette frontière parfois bien poreuse entre croyance et folie. Et ça ne s'arrête pas là.
Benedetta s'amuse à regarder derrière le rideau, à livrer en l'espèce les trucs derrière les cérémonies, les visions délirantes de son héroïne (qui semblent échappées du sketch Jesus II le retour des Inconnus), et les imposteurs au sein de l'église. Dans ce panier de crabes, bien malin qui pourrait dire qui est le plus coupable. De fait et en toute logique, l'œuvre garde une certaine ambivalence à l'égard de la nonne invertie, puisqu'elle est à la fois le catalyseur des perversions au sein du dogme mais aussi la dénonciation de préceptes rigoristes et propagandistes. En cela que le film s'inscrit parfaitement dans le sillon de La Chair et le Sang ou Basic Instinct. Il y a du sang, beaucoup d'humour et évidemment du sexe. Sauf que le metteur en scène est trop malin pour sombrer dans l'érotisme beauf, que ne manquerait pas de susciter pareil canevas. À l'inverse, il joue contre la tendance voyeuriste en livrant des séquences crues, inconfortables, parfois même insolites. Il faut tout le talent de ses interprètes pour donner corps et crédibilité à Benedetta. Virgina Efira bien sûr qui trace sa route entre doucereuse innocence et dévote impie, mais aussi l'incontournable Charlotte Rampling et le réjouissant Lambert Wilson, sans oublier la révélation Daphné Patakia.
Malgré la réputation sulfureuse de Verhoeven, je me surprend encore de son effronterie et de sa capacité à transgresser les attentes avec sarcasmes et une vivacité d'esprit qu'on ne retrouve que trop rarement dans les salles. Si Benedetta n'est pas aussi réussi que ses précédents travaux, il est parfaitement synchrone avec les obsessions et les figures provocatrices chères à son metteur en scène.
Ismael
Ismael

127 abonnés 209 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 11 juillet 2021
Waouh ! Je ne m’attendais pas à ça. Ou plutôt tout ça pour ça pourrait-on finalement dire. Des mois, quasiment des années de patience pour découvrir le nouveau film du « maître » Paul Verhoeven qui aura 83 ans la semaine prochaine. Un peu à la manière d’un Kubrick, le cinéaste hollandais nous fait désormais attendre 5 ou 10 ans entre chacun de ses films (son dernier Elle date de 2016, son avant dernier Black Book de 2006) ce qui semble être une façon comme une autre de suggérer leur importance.

Sur le sujet même du film en revanche, il n’y avait plus vraiment de mystère. Il avait été parfaitement bien vendu dans la presse, accompagné d’un légitime parfum de scandale et cela semblait d’autant plus intéressant que cette fameuse Benedetta a réellement existé. Benedetta Carlini de Vellano de son vraie nom, fût une religieuse italienne du XVIIe siècle qui eut une certaine influence locale en prétendant avoir des visions divines ou démoniaques et a finie condamnée à 35 ans de réclusion pour avoir eue une relation homosexuelle au sein du couvent.
Avec tout cela il y avait en effet matière à faire quelque chose d’intéressant, certainement de sulfureux, peut être même de transcendant, sur la rencontre entre la foi et le désir ou encore les tabous de l’église autour des passions charnelles.

Mais alors qu’on s’attendait à découvrir un nouveau Des hommes et des dieux conjugué au féminin , on se retrouve en face d’une sorte de série B mi-érotique, mi-horrifique avec son lot d’hémoglobine et de nonnes à poil. Verhoeven nous relate effectivement, encore que de façon assez cartoonesque, l’ histoire (véritable ?) de cette nonne, mais ce qu’on retient surtout c’est le kitch et la provocation de tous les instants, sans cesse soulignés par les nombreuses transgressions un peu puériles du film et par l’apparition par intermittence d’un Jésus de pacotille dans les « visions » de notre héroïne.

Au lieu d’être transporté par le propos du film, on alterne donc sans-cesse, entre dégoût et fou-rires. C’était sans doute volontaire, sauf que Benedetta n’est absolument pas vendu comme une comédie, mais plutôt comme un drame religieux (cf son affiche). L’aspect humoristique est d’ailleurs sans cesse renforcé par le fait que les acteurs, prestigieux pour certains, donnent l’impression de nous livrer la version parodique des rôles sérieux qu’ils déjà ont tenus auparavant. Pour rappel, Lambert Wilson incarnait déjà une figure d’autorité religieuse dans Des Hommes et des dieux.

Comme on pouvait s’y attendre le kitch finit par déraper vers le grand guignol à la fin. Bref on a droit au bûcher, à des tortures diverses, à la peste noire qui transforme les personnages en zombies et bien sûr des massacres sanglants dans tous les sens. Verhoeven semble s’être bien amusé en tout cas. Pour ma part un peu moins.
Sylvain P

387 abonnés 1 429 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 24 juillet 2021
Benedetta a été sélectionné à Cannes... et on se demande bien comment : on est ici devant un film sans mise en scène, grotesque, où chaque scène est plus risible que la précédente, sans direction d'acteurs et qui croit choquer avec des thématiques erotico-religieuses qui n'offusqueraient pas même un grand-papounet. Benedetta est une sorte de parodie des Monty-Python qui a tout de même un énorme défaut : on n'arrive même pas à en rire.
Nath N.
Nath N.

6 abonnés 28 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 13 juillet 2021
Que dire de plus que ce que j' ai déjà lu notamment dans les deux critiques que j'ai plébiscitées d'un large sourire ?
Une bouse obscène.
Voilà.
Et Virginie Elfira, que pourtant j'aime bien, qui est venue se perdre là dedans, qui nous dit qu'elle a vu Jésus avec ses airs de Oui-Oui en décapotable sous son voile de nonne , et déjà là j'ai éclaté de rire .
Mais bon, c 'est pas la pire, loin de là . Sa petite camarade neurasthénique au mono faciès lui fait largement concurrence dans le genre pas crédible pour deux sous.
Bref, si ce film gagne la Palme , c 'est moi qui me fais nonne.
Bdfoucher
Bdfoucher

69 abonnés 94 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 octobre 2021
Difficile de trancher. Je ne me suis pas ennuyé… le film n’est pas mauvais mais il n’est pas bon non plus. En fait, il ne choisit pas son angle. Vieille querelle quand on porte l’histoire en costume à l’écran: les liaisons dangereuses vues par Stephen Frears (1988) ou par Milos Forman (1989)? Lire Montaigne dans le texte ou sous une forme modernisée ? Parler du corps au 17 ieme est une gageure, sur fond de peste, pandémie courante alors, qui pousse à la dévotion, renforce l’église très puissante … et suscite le mysticisme, les délires en tout genre, vrai ou faux, simulés ou non dans un monde où la peur domine … Paul Verhoeven est un authentique réalisateur dont la force des obsessions est sa marque de fabrique -sexe, violence et religion- et on pouvait s’attendre à mieux, à ce que les moyens qu’il déploie pour mettre en scène l’histoire de Benedetta dans son jus s’accorde finement à sa grille de perception … Dans ce schéma, Charlotte Rampling est extraordinaire et crédible. C’est le meilleur rôle. Le couple Benedetta (Virginie Efira) et Bartolomea (Daphné Patakia) est emporté par une passion saphique, trop envahissante, au point d’affaiblir l’ensemble. On ne peut pas traiter un sujet comme celui-ci à la manière de Basic Instinct. L’influence de l’Amérique, patrie d’adoption de l’auteur, avec ses codes d’aujourd’hui, n’a pas que du bon.
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 15 juillet 2021
Benedetta Carlini a été placée au couvent des Théatines à Pescia, dans le grand-duché de Toscane, à neuf ans à peine suite au vœu prononcé par ses parents alors qu’elle combattait une grave maladie infantile qui aurait pu lui être fatale. Cette enfant très pieuse prétendit parler à Jésus. Les stigmates qu’elle présentait conduisirent le nonce apostolique de Florence à diligenter une enquête. Témoigna au procès une jeune novice, Sœur Bartolomea, qui reconnut avoir eu des relations sexuelles avec son aînée.

C’est sur ce fond historique, soigneusement documenté dans les années quatre-vingts par une historienne de Stanford, Judith C. Brown, dans un ouvrage savant intitulé "Immodest Acts – The life of a lesbian nun in Renaissance Italy" publié en français dans la très sérieuse "Bibliothèque des histoires" de Gallimard sous le titre "Sœur Benedetta, entre sainte et lesbienne", que Paul Verhoeven fait un retour fracassant dans les salles.

Benedetta est projeté en compétition officielle à Cannes. Le film est annoncé par une rumeur insistante que les confinements à répétition ont enflée. Sa bande-annonce tourne en boucle dans toutes les salles depuis leur réouverture. La présence de Virginie Efira à l’affiche, l’une des stars les plus bankables du moment, et son sujet sulfureux garantissent d’ores et déjà à Benedetta un succès au box office.

Pourtant sa première moitié, mal jouée (qu’est venue faire Clotilde Courau dans cette galère ?), mal éclairée, mal montée, est calamiteuse. L’action tarde à démarrer avec un préambule trop long consacré à l’enfance de la jeune moniale. On entre dans ce monastère dont on ne sortira guère et où se jouera dix-huit ans plus tard le sort de la religieuse. On comprend vite le double ressort de cette histoire. D’un côté une enquête théologique autour de prétendus miracles dont Benedetta est peut-être l’actrice sincère ou l’inventrice rouée. De l’autre la relation coupable que Benedetta entretient bientôt avec une jeune novice, aussi innocente que tentatrice, qu’elle a prise sous sa coupe.

Ce double ressort n’a rien de très passionnant. Il y a bien longtemps que les miracles de l’Église n’intéressent plus personne. En revanche, les ébats de Benedetta et de Bartolomea, surtout lorsqu’ils sont joués, dans leur crâne nudité, par Virginie Efira et Daphné Patakia (une jeune première que j’ai passé le film à confondre avec Marina Vacth) sont beaucoup plus stimulants, au point qu’on hésite à avouer, au temps de #MeToo, l’intérêt suspect qu’on prend à les regarder et qu’on finit, correction politique oblige, par reprocher à Paul Verhoeven de leur consacrer une place disproportionnée.

On en est donc là au milieu du film : se désintéresser superbement des enjeux théologiques de cette histoire et en être réduit à jouir d’un plaisir coupable du spectacle dénudé de ses deux actrices. Et on se dit que la seconde moitié risque d’être bien longue.

Et c’est là que le film est sauvé par là où on ne l’attendait pas. Après avoir fait du surplace pendant une heure, il met enfin en présence des personnages, crée une tension, bref, raconte une histoire. On se prend donc au jeu de ce suspens dont on ignore encore l’issue. C’est aux personnages secondaires qu’on le doit : Charlotte Rampling, Lambert Wilson, des vieux chevaux sur le retour auxquelles les critiques pourtant nombreuses, aimantées par la staritude de Virginie Efira et par la révélation de Daphné Patakia, n’ont pas consacré une ligne.
Flo rian
Flo rian

5 abonnés 11 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 10 juillet 2021
Les acteurs sont médiocres et caricaturaux , un film qui n'a que pour seul but de critiquer les cathos , pas étonnant que ce soit le chouchou de la presse ... À la moitié du film quelques personnes ce sont barrées , j'aurais mieux fait de les suivre au lieu de m'infliger cette immondice .
Ufuk K

617 abonnés 1 719 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 juillet 2021
" Benedetta" sélectionné cette année au festival de Cannes est un drame historique qui ne laissera personne indifférent. En effet Paul Verhoeven revient à la réalisation de nouveau avec un film sulfureux, l'histoire revient sur l'incroyable histoire de Benedetta Carlini (sœur accusée d'avoir une relation interdite au XVII éme siècle) interprété à la perfection par Virginie Effira à la fois fascinante, mystérieuse, cruelle et si touchante dans le premier grand film de l'année.
YVES B.
YVES B.

7 abonnés 4 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 12 juillet 2021
Encore plus bourrin que d'habitude, Verhoeven ! La foi religieuse, ça le dépasse... Tout sonne faux dans l'histoire de cette religieuse tiraillée entre ses élans mystiques et l'appel de la chair, le comble du ridicule est atteint quand Virginie Efira, possédée, s'exprime avec la voix de Jésus ! Le confinement avait du bon qui nous préservait de la sortie de tels navets, mais on peut compter sur la presse de gauche pour défendre ce film nul artistiquement mais très politiquement correct !
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