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Marjolaine A.
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2,5
Publiée le 11 mars 2021
Les acteurs, Tom Hanks en tête, font du très bon boulot dans ce néo-western. Dommage que le scénario sombre parfois dans la facilité, ça gâche un peu le film.
Road trip du far west sans vraiment de saveur. Un scénario vraiment faible, sans grande surprise et déjà vu. Tom Hanks fait du Tom Hanks, sans plus. Vraiment décevant. Je suis preneur de l'univers américain fin 19ème plutôt maîtrisé, ça sauve notre affaire.
News from the World fait un éloge de la persévérance dans une société désunie et violente : les deux personnages principaux sont à l’image des dix rescapés de l’explosion minière survenue dans une petite ville du Nord, ils circulent d’un bout à l’autre de l’Amérique en diffusant la bonne parole, c’est-à-dire un pacifisme qui se reconduit dans les nouvelles lues qui sont autant d’invitations à un décloisonnement de l’esprit, à une ouverture vers autrui. Le parcours en miroir de Jefferson et de Johanna fait d’eux des orphelins ou des veufs, privés de leur famille et contraints de retrouver une unité en dépit des différences culturelles qui commencent par les opposer. Une belle initiation, sur le papier. Malheureusement, cet éloge reste théorique et ne s’incarne que rarement dans des situations plates que la réalisation de Paul Greengrass se contente d’illustrer : le long métrage glisse sur ses enjeux, sa photographie et son cadre oscillent entre l’hommage poussif et le manque d’inspiration, ses effets numériques s’avèrent des plus repoussants. La musique que signe James Newton Howard constitue certainement la seule réussite d’un ensemble auquel elle tente de conférer une poésie. Le réalisateur de Jason Bourne se complaît dans la lenteur, confondant pause et arrêt, crépuscule et léthargie ; il ne témoigne d’aucune vision personnelle du western, se contenant de prolonger l’approche contemplative de l’agonie humaine percée de balles et de trouées lumineuses telle que l’abordait le sublime Hostiles (Scott Cooper, 2018). Voilà donc les dernières nouvelles du western, et elles ne sont pas très bonnes… Restent deux acteurs, l’un figure paternelle de l’Amérique actuelle, l’autre jeune actrice allemande et révélation de Systemsprenger (Nora Fingscheidt, 2019). Une rencontre originale, qui ne suffit pourtant pas à sauver le petit soldat News from the World.
Réformé de l’armée sudiste, le capitaine Kidd sillonne le Texas et lit, au gré de ses haltes, à des pionniers pour la plupart analphabètes les nouvelles du jour (le titre original du film et du livre de Paulette Jiles dont il est tiré est d’ailleurs "News of the World"). Entre deux étapes, il recueille une fillette égarée, habillée d’une tunique indienne, incapable de parler anglais. Un document officiel le renseigne : il s’agit de Johanna Leonberger dont les parents, immigrés d’Allemagne, ont été tués par les Indiens et qui a été élevée par une tribu kiowa. Après avoir vainement tenté de la remettre aux autorités, le capitaine Kidd décide de la ramener lui-même à sa famille en traversant le Texas. Bien des obstacles entraveront l’exécution de sa mission.
À soixante ans bien sonnés, Tom Hanks est entré dans le dernier tiers d’une carrière impressionnante. Mieux que personne, il a interprété l’Américain moyen, honnête et vertueux, dont des circonstances exceptionnelles révèlent le courage qu’il cache en lui. À ce titre, il fut souvent comparé à James Stewart. Avec "La Mission" (quel titre fade !), c’est sur les pas de John Wayne et de sa "Prisonnière du désert" qu’il marche en explorant un des genres les plus mythiques du cinéma américain, le western.
Hélas, le western est un genre qui a vieilli. On a beau dire qu’après une longue somnolence dans les années soixante-dix et quatre-vingts, il serait revenu à la mode depuis Impitoyable de Eastwood, ce ne sont pas la poignée de westerns qui se tournent chaque année, plus ou moins réussis (l’ironique "Ballade de Buster Scruggs", l’excellent "Hostiles", l’oubliable "Jane Got a Gun", le surcoté "Les Frères Sisters", etc.) qui lui feront retrouver l’âge d’or qu’il connut dans les années cinquante avec John Wayne précisément.
"La Mission" (ah ! ce titre !), malgré la publicité que lui en fait Netflix ces jours-ci, qui en a racheté les droits internationaux (le film est sorti en salles aux Etats-Unis fin décembre par Universal), ne restera pas dans les annales. Son sujet en est trop banal, son déroulé trop prévisible. On a trop vu de poursuites à cheval, de fusillades dans la sierra, de mercenaires aux trognes patibulaires chiquant un mauvais tabac, de prostituées au grand cœur et d’Indiens mutiques observant à distance la progression des pionniers dans la plaine pour en être encore aujourd’hui surpris.
Mais "La Mission" (mais quel est diable le stagiaire de troisième qui a pondu un titre pareil ?!) peut s’enorgueillir d’une qualité inattendue : la prestation de la jeune Helena Zengel. On l’avait déjà vue dans le – remarquable – film allemand "Benni". Ici, dans un rôle sans paroles, où ses émotions ne peuvent passer que par le regard, la gamine de douze ans seulement réussit à voler la vedette au grand Tom Hanks. On a oublié les actrices féminines qui jouaient au côté de John Wayne ; je prends le pari qu’on n’oubliera pas cette jeune actrice-là.
Certes, "La mission" est loin d'être un chef d'oeuvre, mais cela fait quand même plaisir de retrouver un western américain qui ne se complait pas dans une surenchère d'hémoglobine. Censé se passer au Texas, il a été tourné au Nouveau Mexique dans le cadre des Camel Rock Studios, le premier studio de cinéma amérindien, installé au nord de Santa Fé.
Cet excellent film de Paul Greengrass est avant tout porté par le duo exceptionnel de Tom Hanks, et de la jeune actrice prodige Helena Zengel. Une alchimie extrêmement émouvante à mesure que se multiplient les aventures palpitantes du couple. La réussite du film vient aussi du regard innovant qu’apporte le scénario. L’intrigue, en effet, sans en avoir l’air, met en lumière des paradoxes peu traités dans les westerns. La reconversion des soldats et des officiers sudistes après la guerre de sécession. La gestion par les soldats du Nord des états sudistes après leur défaite. Le traitement des noirs après l’abolition, les problèmes entre les populations Amérindiennes et les colons Européens arrivant massivement en Amérique avec leurs espoirs. Il est à signaler au passage que la reconnaissance de Paul Greengrass par la critique Française est récente et n’a pas été simple.. Alors que celui-ci s’était distingué dans ses « Jason Bourne » par un anti Américanisme lourdingue en dépeignant la CIA comme une entreprise cynique, complotiste, et essentiellement criminelle, il a été perçu en France comme un défenseur de l’Establishment US. Puis il a persisté et signé avec « Green Zone » (dont on peut lire notre critique). Le film, tout aussi virulent à l’encontre de cet Establishment, mettait, cette fois l’accent sur la pénétration politique du complexe militaro industriel. Contrairement aux « Jason Bourne », peu réalistes, le film « Green Zone » était extrêmement bien documenté. Pourtant Greengrass a été taxé par beaucoup en France comme un réalisateur « va t’en guerre » pro-Republican. Ne pas être capable de comprendre la vision antimilitariste, anti-Establishment, pro-Democrat fanatique (=ultra gauche) de Greengrass révèle déjà une dose pathologique d’aveuglement. Mais trouver qu’il a défendu un quelconque Establishment Pro-Trump avant la lettre, relevait d'un état de dégénérescence intellectuelle avancé.
Le duo Paul Greengrass et Thom hanks a déjà travaillé ensemble dans Capitaine Philipps et le duo se reforme dans un film pour la plateforme Netflix et c'est une vraie résussite. Certes Tom Hanks arrive à tout jouer mais il excelle dans ce rôle de protecteur repenti qui traverse le monde pour diffuser les dernières nouvelles du monde.
Les règles d'or du western sont parfaitement respectées grâce au regard de Greengrass et de ses années de journaliste. Un très beau film.
très beau film, très instructif avec une double réalité qu'il faut déceler avec un sacré nez. Mon seul regret est que hollywood n'a apparement pas encore les fonds pour montrer au monde la réalité comme elle l'est vraiment. Jusqu'à quand allons nous avoir honte de notre histoire de blancs? Est ce que c'est jusqu'à qu'on ne puisse plus se défendre? Effectivement c'est ce que suggère ce film: Il faut empêcher l'extinction de notre peuple.
Sans être un film majeur, ce "news of the world" en forme de road-movie à travers l'ouest américain déroule sa petite musique au gré des rencontres, parfois mauvaises, parfois empathiques. Les images magnifiques de cette région sauvage que j'adore traverser est un pur bonheur visuel, et Tom Hanks est comme toujours très humain, accompagné de cette gamine attendrissante au passé douloureux. Au delà de la langue, on peut se parler, on peut se comprendre. les regards sont éloquents pour ceux qui savent les déchiffrer...
Plus contemplatif que conflictuel, La Mission est un western moderne avec Tom Hanks en héros. L'histoire ici n'a que peu d'intérêts, il s'agit d'un road movie au temps du Far West avec nombres de péripéties. Les paysages sont grandioses, le mythe des indiens est évoqué tel un mirage, l'industrialisation du pays est en cours et l'importance des mots et des politiques se fait de plus en plus prégnante. Dans ce monde en développement, un homme affronte les dangers environnants pour donner une famille à jeune fille qui a tout perdu. La mission n'offre aucune scène marquante, vous vous rappellerez d'avoir passé un bon moment sans pour autant réussir à citer un passage du film, l'occasion alors de le revoir.
Il y a du beau monde dans la création de ce film, le réalisateur n'est pas un débutant et, Tom Hanks est le meilleur de sa génération, il peut tout jouer, il sera crédible. Encore une fois, il ose, car outre le genre, il voit d'abord l'histoire. Ici, on nous montre sans concession cette fin du 19ème siècle, l'après guerre qui laisse des traces, des plaies ouvertes, la misère, on nous montre aussi le déclin des tribus indiennes, l'ignominie de certains hommes, le monde dur qui se construit sur les cendres, et la douleur. Comme il est mentionné dans le film, l'enfant est déjà orpheline par deux fois. C'est un film qui nous conte une histoire, qui ne cherche pas à nous montrer le bel Ouest Américain, certes les grands espaces sont là pour nous faire voyager, mais surtout pour nous faire vivre cette aventure, nous donner le goût de la poussière, nous donner mal au dos lorsque l'on se réveille en même temps que ces voyageurs, de nous faire sentir l'odeur du feu de bois qui réchauffe le café; d'avoir le goût du sang dans la bouche, lorsque certains hommes périssent par les armes; c'est tout cela que l'on ressent en voyageant dans cet Ouest Américain, c'est une immersion. Il y a quelques films assez rares qui peuvent nous emmener aussi loin, c'est si rare, qu'il ne faut pas se cacher de le faire savoir.
Tom Hanks incarne parfaitement son rôle d'ancien capitaine après la guerre de Sécession dans une Amérique fracturée et en construction. Un excellent western signé Paul Greengrass.
Un solide western ,à la réalisation et à l'interprétation maitrisées et qui exploite deux ou trois thèmes rarement abordés . On y voit aussi disparaitre en filigrane un monde plein qui se suffisait à lui même au profit d'un monde de la fuite en avant qui ne trouve son salut et son espérance qu'en se racontant des histoires . Toutefois le message social est vite expédié et c'est dommage . L'ensemble reste toutefois très convaincant , centré sur les rapports humains bien plus que sur les scènes d'action .
Western rondement mené, dur et prenant même si assez prévisible. Les interprétations sont de qualité et Tom Hanks porte le film vers le haut. Les paysages sont sublimes et biens mis en valeur