Il y a des points positifs dans ce film (dont l’ironie passagère) qui malheureusement sur la durée s’inscrit sur un ton monocorde et un faux rythme qui ne s’emballe que dans les scènes de parloirs. Je crois n’avoir jamais vu de tels lieux ainsi filmés. Un tension magnifique accentuée par une lumière au contraste saisissant. Avant ou après, Kore-Eda n’arrive pas à coordonner le fond et la forme sur les ressorts d’une intrigue inexistante. Quand elle se révèle, elle s’effiloche sur des révélations qui n’en sont pas. Dans ce labyrinthe scénaristique, aux réflexions esquissées sur la justice, on se perd beaucoup trop pour tenir la distance : 2 h 05 mn. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Kore-Eda signe une fois encore un film magnifique, émouvant et incroyablement interprété. Un grand metteur en scène doublé d'un grand directeur d'acteurs. Vivement son prochain.
Le film est pas mal, il faut aimer les longs dialogues que sait très bien mettre en place Kore Eda dans ses réalisations. Car on sent que tout lui vient des tripes et il le rend bien sur le plan des émotions que peuvent provoquer les échanges entre les différents personnages. Dans ce film Kore Eda sort du contexte sociétal habituel car on a à faire face à un polar cette fois-ci, donnant l'occasion de suivre tout le jugement d'un criminel. Plus on avance dans le film, plus on se rend compte de la patte du réalisateur qui adore analyser la société japonaise et à nouveau les relations parents-enfants. De plus il aborde fortement des points comme la vérité et le mensonge ainsi que les non dits, les tabous. Un film qui se veut philosophique, aussi Kore Eda traite comme à son habitude de la psychologie des individus et la perception que chacun peut avoir face à une même situation.
Formidable mélange de thriller et de « court movie » avec des twists imprévisibles Le tout magnifiquement mis en scène et interprète Kore Eda est un génie
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2,5
Publiée le 7 avril 2018
Avec "The Third Murder", Hirokazu Koreeda est fidèle à lui-même avec un film lent qui se décante au fil des minutes et très froid avec une mise en scène toujours très sobre. Je n'ai pas encore vu "Après la tempête" son dernier film avant celui-ci, mais j'avais apprécié "Notre petite soeur". Dans ce film, il s'intéresse toujours aux liens familiaux et également au rapport à la vérité. On se rend compte que ces thèmes servent le récit et non pas l'inverse. Le réalisateur s'intéresse plus aux mystérieux liens qu'il y a entre les personnages qu'à cette vérité qui change souvent... C'est pour cela que c'est davantage un drame bavard sur un avocat blasé qui cherche avant tout à gagner le procès qu'un film policier centré sur la découverte de la vérité qui finalement importe peu. L'ambiguïté du récit peut être intéressante dans certains cas, mais ce n'est pas le cas ici et c'est même lassant, car cela crée un faux mystère qui n'a aucune importance. L'aspect psychologique n'est pas assez développé ce qui empêche toute implication et dessert certains aspects du film comme lorsqu'il est question de la culpabilité paternelle qui concerne plusieurs personnages. Les deux derniers plans sont superbes et pleins de sens par rapport à tout ce qui a été construit avant, mais, c'est un film qui manque de vie, qui est peu distrayant et pas spécialement intéressant pour tout ce que j'ai dit et parce qu'il est finalement assez prévisible.
Il est toujours intéressant de voir un cinéaste quitter sa zone de confort et se lancer de nouveaux défis en s'attaquant à un registre différent. Voici donc Hirokazu Kore-eda, le chantre de la famille, plus ou moins dysfonctionnelle, sur le terrain du thriller judiciaire dans The Third Murder, qui n'est pas sans rappeler les romans de l'américain Michael Connelly, au moins dans cette volonté de suivre au plus près le travail effectué par les avocats de la défense. Cependant, il ne s'agit pas d'un énième film de procès, le cinéaste intégrant de courtes scènes d'audience dans le seul but d'éclaircir ou d'obscurcir, c'est selon, certains éléments clé de l'intrigue. Du suspense, il y en a beaucoup dans The Third Murder, notamment en matière psychologique, avec le profil de l'accusé, plutôt changeant et insaisissable. Son "duel" avec l'avocat qui le défend est passionnant, culminant dans une scène de parloir, vers la fin du film, qui joue avec virtuosité des reflets des visages sur la vitre. Au-delà de ses thématiques de thriller qui sont la base du film, bien d'autres sujets sont en creux, jouant des parallèles entre les trois principaux personnages : l'accusé, l'avocat et la victime, tous les trois pères inadaptés dans leurs comportements, et se sentant coupables, au moins pour les deux premiers. Comme quoi, même dans un genre bien codifié, le cinéaste japonais n'oublie pas ses thèmes favoris. Dans ce film très riche, la quête de la vérité s'oppose à une définition incontestable et obéit à une réalité subjective. Existe t-elle vraiment, s'interroge Kore-eda qui a beaucoup regardé le Rashomon de Kurosawa. Par ailleurs, le traitement documentaire du fonctionnement de la justice est particulièrement captivant avec des cadrages, un découpage des scènes, un montage et une esthétique générale assez inspirés des grands films américains des années 50. Il y a énormément de coups de théâtre et de rebondissements dans The Third Murder mais au-delà, ce qui rend l'oeuvre excitante, c'est son atmosphère, humour, poésie et onirisme ne sont pas absents, et son intelligence narrative constante. De la très belle ouvrage, stimulante pour l'esprit du spectateur.