Vivarium
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Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mars 2020
Vivarium s’ouvre sur l’expulsion hors de leur nid de petits oisillons qui meurent au bas de l’arbre qui les abritait, leur offrait un toit, chassés par de nouveaux occupants soucieux de trouver là une habitation idéale. Ce mouvement de substitution constitue la dynamique profonde du long métrage de Lorcan Finnegan qui a l’intelligence de soigner ses quelques coups de théâtre afin de les engluer dans une banalité sordide et amollissante : en attaquant par le prisme du surnaturel la banlieue pavillonnaire américaine telle que représentée par Tim Burton notamment dans Edward aux Mains d’argent, le réalisateur réorganise un ordre des choses et du monde qui décalque à peu près le fonctionnement normal de notre société occidentale, mais dont l’automatisation évacue les excès, les bigarrures, les défauts, tout ce qui pouvait renvoyer à de l’humain vivant. Et si la mise en place de ce vivarium risquait de prime abord de tomber le film dans les travers du laboratoire anthropologique soucieux d’appliquer une formule, de mener à son terme une expérience scientifique – tel est le cas de La Plateforme, par exemple –, son traitement refuse le théorique pour se cantonner à suivre le couple de protagonistes dans son nouveau quotidien, un quotidien qui radicalise ses occupations antérieures en incitant Tom à creuser un trou devant la maison dans l’espoir d’y trouver des réponses, lui qui était paysagiste et qui tente, on le comprend, de se réapproprier le paysage avec lequel il doit cohabiter, en convertissant la profession de Gemma, institutrice de maternelle, en celui de mère de substitution. Dit autrement, les personnages s’enferment dans leur travail au point de se détruire la santé et d’altérer leur complicité mutuelle. Préfiguration du cycle consumériste dans lequel s’engagent les classes moyennes : acheter une belle maison à crédit, se tuer à la tâche pour rembourser ce crédit et payer des études aux enfants, mourir. Qui plus est, le garçon qu’on leur refile incarne cette trajectoire destinale placée sous le signe de la fatalité : de petit consommateur de céréales trempées dans du lait, il deviendra vendeur de rêve, agent immobilier en somme, répétant la boucle de la consommation. L’espace de la maison est le théâtre non pas d’un passage des âges et des êtres mais du ressassement des mêmes images : la télévision diffuse des programmes mystérieux où se meuvent des formes, sans texte apparent, les étagères supportent des bibelots mais aucun livre, aucun support culturel. Ce que met en scène Vivarium, c’est l’automatisation galopante de la pensée, la mort de la réflexion et de l’esprit critique au profit d’une obéissance à des signaux lumineux – le soleil se lève et se couche – et sonores – les cris du gamin. Le mystère inhérent à cette banlieue pavillonnaire est un faux mystère, du toc : la route séparant les maisons fait un bruit de sol d’hypermarché quand les talons de Gemma la foulent, les coups de pelle et de pioche amènent Tom à creuser sa propre tombe et découvrir les corps des anciens occupants, preuve de l’engrenage mécanique dans lequel il est pris. Le film exhibe de façon remarquable les dangers de l’uniformisation qui ne peut que déboucher sur de l’impersonnalité : le domicile familial est une maison-témoin sans désordre ni culture, les produits de consommation sont livrés dans un carton sans que le couple n’ait au préalable passé commande. Vivarium révèle au grand jour le processus de dépersonnalisation de soi au profit d’un confort de vie qui n’est que vie déléguée par procuration, vie manquée, vie pas vécue. Une œuvre passionnante qui semble annoncer la naissance d’un cinéaste, Lorcan Finnegan.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 28 mars 2020
ce film est une bouse , premier quart d'heure interessant et puis le neant , on attend avec impatience la fin histoire de voir la chute mais rien , ne perdait pas votre temps , passer
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 mars 2020
Assez déçu de ce Vivarium dont la bande annonce laissait présager un film tout à fait sympathique et assez original pour valoir le détour et finalement j'ai l'impression que ça ne raconte pas grand chose et que c'est assez gentillet.

Certes le film n'est pas déplaisant parce que le concept de départ est assez intriguant et voir ce couple piégé dans un lotissement de banlieue suffit pour maintenir le spectateur éveillé, mais j'ai l'impression qu'on aurait pu aller plus loin. Heureusement le film ne s'amuse pas à tout expliquer, bien que la fin soit assez prévisible, ce qui permet de garder le mystère autour du film quasiment intact. Cependant ça n'avance pas, il ne se passe pas grand chose et surtout j'ai l'impression que le message du film sur le fait de venir s'enterrer dans un lotissement où rien n'a de saveur pour élever son rejeton et crever en ayant renoncé à tous ses rêves s'épuise assez vite et que le film ensuite n'a plus grand chose à raconter.

Oui, le gamin a un petit côté flippant comme dans le Village des damnés, mais rien de bien foufou non plus. En fait il reste cette impression au film d'être long pour pas grand chose, une idée de court métrage d'un film à sketch qui aurait été étalée sur 1h30... et où, au bout, ben on a plus rien...

Aussi, je pense que le film aurait mérité d'être plus anxiogène, la mise en scène n'arrive pas forcément à faire sentir l'isolement des personnages, capter les tensions dans le couple... c'est un peu plat, comme ce lotissement...

Bref, c'est pas un film antipathique, juste un film trop long pour ce qu'il raconte.
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 mars 2020
En ces temps de confinement chez soi, Vivarium, qui en décrit les joies de manière sarcastique, prend une résonance particulière. Il a été dit un peu partout que le deuxième long-métrage de l'irlandais Lorcan Finnegan ressemble à un vieil épisode de la Quatrième dimension et c'est exact. La critique de notre société consumériste est limpide et distillée avec une dose d'humour noir et cinglant, vrai aussi. Le problème du film apparait au bout d'une grosse demi-heure quand les personnages n'en peuvent plus de tourner en rond au même titre que le scénario qui ne trouve pas d'éléments suffisamment neufs pour nous sortir de la routine maussade et anxiogène de ce couple piégé. Et le dénouement, en forme de boucle, ne suscite pas vraiment de surprise. Ceci dit, il faut louer la cohérence stylistique de l'ensemble, ses qualités esthétiques et sa froideur assumée. Cette parabole fait la part belle à l'interprétation des deux principaux personnages du film et cela tombe bien car Imogen Poots et Jesse Eisenberg sont réellement impeccables. Peut-être eût-il fallu un grain de la folie dans la mise en scène et la narration, avec davantage d'audace dans son aspect fantastique pour que Vivarium échappe à une sorte de tranquillité cauchemardesque ? Un bon point supplémentaire à noter, malgré tout : inclure un morceau de XTC dans le générique de fin est une preuve de très bon goût.
CinÉmotion
CinÉmotion

220 abonnés 226 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 mars 2020
Un film SF mais surtout une sorte de thriller psychologique, avec un univers en huis clos bien maîtrisé et construit. J'ai bien aimé le propos du film, et la lecture qui en est faite, où en tout cas que je pense être retranscrite. Le fait que l'accès à la propriété fasse partie d'un contrat social et du but absolu à atteindre dans sa vie familiale, avec l'endettement inclus pour aboutir à ce rêve, entouré d'une dénonciation d'une certaine uniformité des banlieues pavillonnaires, tout se ressemble, sans aucune personnalité propre. Au final, le film dresse le portrait d'un monde abondé par le consumérisme et le système capitaliste. Le carton avec la phrase laissée par le promoteur est claire "Élevez cet enfant et vous serez libre.", alors que c'est le contraire que le système moderne impose, où élever un enfant demande du temps, de l'énergie, et une participation obligatoire et vitale à la société de consommation... où le temps accordé à l'éducation d'un enfant, n'ait pas celui accordé à la rébellion ou la critique d'un système profondément ancré et paraissant naturel aux yeux de tous. L'enfant représente ce système. L'effet de mimétisme, de duplication, de colère dés qu'on ne s'occupe plus de lui... et son père, le promoteur, représenterait alors l'Etat qui contrôle ce système, et qui semble inaccessible, parfois invisible. Une histoire qui se répète année par année, chef d'Etat après chef d'Etat... une boucle dans la boucle.
L'univers est donc posé intelligemment, et à la manière d’un épisode de La quatrième dimension, par la prisme de ce que la société attend de nous, c'est en réalité une démonstration de l'absurdité de celle-ci.
Le décor en huis clos est bien pensé, et extrêmement visuel, inspiré de l'oeuvre "L’Empire des lumières" de Magritte.
Et c'est aussi les effets spéciaux qui créer l'ambiance anxiogène. À l'origine c'est 12 maisons qui devaient être construite en décor en studio, mais le budget le permettant pas, ils ont décidé de n'en construire que 3, avec 3 jardins et une partie de la route qu'ils empruntent, le travail consistait ensuite à dupliquer numériquement en 3D et en peinture 2D les différents éléments afin de créer l'environnement d'un réel lotissement sans issue.
Le casting est très bon et convainquant, surtout le promoteur qui inspire une réelle angoisse rien qu'en le voyant. Et le duo Jesse Eisenberg/Imogen Poots fonctionne très bien !
Je reste tout de même un peu sur ma fin, il y avait matière à trouver une issue plus impactante et originale je pense, car la fin reste un peu téléphonée. Je m'attendais à une conclusion qui mènerait vers un mythe et une explication plus large et étonnante. Mais cela reste un très bon premier film, surtout pour la double lecture du propos !
L'AlsacienParisien

686 abonnés 1 431 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 mars 2020
Voilà un film au concept bien barré que je voulais vraiment voir avant la fermeture imminente des salles de cinéma. Huis clos pavillonnaire, critique de la standardisation de notre société à la sauce "Back Mirror", "Vivarium" ne fait pas vraiment peur mais a le chic pour déranger en rendant le banal anxiogène. Deux trentenaires à la recherche de leur nouveau foyer acceptent de suivre aveuglément un agent immobilier dans un lotissement pimpant vert-menthe. Ce qui devait être une visite express se transforme en séjour éternel. L'idéal devient infernal, et la routine confinée sous un ciel artificiel devient un pur cauchemar. L'esthétique amenée par Lorcan Finnegan est efficace et rappelle le côté épuré des tableaux de Edward Hopper. C'est étouffant au possible, et le mystère est plutôt bien préservé grâce à des indices disséminés un peu partout à la façon d'un escape-game labyrinthique. La touche philosophique, questionnant notre besoin de posséder et de rentrer dans le moule domestique, ouvre la farce horrifique à bien plus de nuances. Bon, et même si cette atmosphère singulière ne manque pas de surprises et d'humour, j'ai tout de même eu l'impression de tourner en rond au bout d'un moment. Pourtant, Imogen Poots et Jesse Eisenberg rendent compte de cette folie confinée, de ce piège malsain, de cette moisissure se cachant derrière la parfaite sobriété de cette maison. Je ne vais pas dire que le dénouement ne m'a pas étonné mais il reste convenu. Heureusement, il y a une scène clés, s'échappant un instant de ce carcan, qui vient re-stimuler notre adrénaline et notre intérêt. "Vivarium" fourmille d'originalité mais son ambiance aseptisée, peut-être trop propre et raisonnée (à la fin, il ne reste aucun mystère en suspens), manque de nous marquer durablement.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 mars 2020
Un jeune couple recherche leur première maison. Après avoir accepté de suivre un agent immobilier un peu bizarre, Gemma et Tom se retrouvent dans un nouveau lotissement encore vide et où toutes les maisons se ressemblent. Peu convaincu par ce premier achat, le couple cherche à repartir mais va rapidement se rendre compte qu’il est piégé dans ce labyrinthe gargantuesque. Enfermés dans cette horreur aseptisée, les deux jeunes gens vont devoir y vivre tout en élevant un enfant particulièrement spécial. L’idée de critiquer notre société de consommation et capitaliste apparaît évidente dans un premier temps. L’évolution des personnages est également intéressante. Mais le film est à l’image des protagonistes, il finit par tourner en rond et part dans une quatrième dimension peu convaincante dans sa dernière partie.
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ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mars 2020
Sur le papier, cela avait l'air très excitant. Quelques chose de Black Mirror dans la bande-annonce (qui, bien sûr, en montre beaucoup trop). On pense beaucoup à la série, et ceci pourrait en être un des épisodes. Au final, c'est prenant, étrange, et rien ne nous est expliqué, ce qui est aussi bien, chacun se fera son avis. Une angoisse qui monte progressivement pour une descente aux enfers parfaitement orchestrée. Mise en scène solide, scénario surprenant (abordant plusieurs thèmes actuels, engagement, consumérisme, maternité, couple...), et une très belle interprétation d'ensemble. La direction artistique est magnifique et rend le tout encore plus anxiogène. Manque peut être un peu plus de glauque, de puissance, mais voilà un deuxième film pour le réalisateur irlandais Lorcan Finnegan bien maitrisé et intéressant. On est curieux de voir la suite pour lui. Ce Vivarium, sans révolutionner le genre, nous fait donc passer un moment stressant tout autant que distrayant. Une bonne surprise.
Red L.
Red L.

30 abonnés 8 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 mars 2020
Vraiment compliqué de noté ce film qui dès le début a l'air vraiment intéressant, mais qui au fil du temps devient très très vite incompréhensible, on ne sait pas trop ou le scénariste a voulu en venir, le film est vraiment malaisan a tel point que je me suis demandé plusieurs fois ce que je fesais devant un tel film .
Malgrés un bon debut , ça tourne au n'importe quoi malheureusement meme ci le film n'est pas catastrophique . Je ne conseillerais pas vraiment aux gens de le regarder .
Graziella K
Graziella K

2 abonnés 8 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 15 mars 2020
film complètement inutile. j'y suis allée pour la comparaison avec Black Mirror je me dis que j'aurais dû faire comme un monsieur dans la salle et m'en aller.
ce film est d'un ennui qui me fascine ! on cherche un rebondissement, quoique ce soit qui vienne créer du suspense, un début d'explication et on attend.
j'ai repéré des références à Men In Black, Alice aux Pays des Merveilles, les Simpsons même, sans savoir si j'étais dans le vrai.
certains diraient que le couple, obsédé par le fait de trouver la maison parfaite est piégé par un monde qui au final exige d'eux de répondre à certains codes et d'agir comme il est attendu d'eux pour le bien d'une société dont on ne sait rien.
la fin est assomante et m'a limite mise en colère. je me suis sentie trompée parce que l'effet de loop qu'ild ont voulu créer n'est pas expliqué et difficile à comprendre. SPOILER A DEUX FRANCS : l'extraterrestre leur dit que le devoir du couple était de l'élever pour qu'il sache se comporter dans la société humaine, mais de ce qu'on voit, une fois l'âge adulte, il n'interragit pas avec l'humain mais ne fait que de vendre des maisons à des couples. c'est tout. il ne sélectionne pas les couples selon leurs coeurs, leurs apparences, il suffit qu'ils poussent la porte de son agence. ses seules activités c'est d'aller de l'agence au quartier factice jusqu'à ce qu'un autre vienne le remplacer. ou alors je n'ai vraiment rien compris et dans ce cas j'aimerais VRAIMENT etre éclairée.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 15 mars 2020
Il se passe rien dans ce film. Super ennuyeux j'attendais la fin avec impatience tellement c'était nul ! Je vous le conseil pas du tout
tupper
tupper

190 abonnés 1 570 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 mars 2020
Beaucoup de critiques font allusion à la Quatrième Dimension. Et c’est vrai que l’on retrouve ce côté décalé, angoissant, mystérieux et proposant une vraie réflexion sur notre société.
borowski
borowski

24 abonnés 48 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 mars 2020
Film sans queue, tête ni explication. C'est la première fois en 3 ans de cinéma illimité que je sors en étant incapable d'expliquer le film vu. En même temps il est sans intérêt. Un naufrage complet. À éviter.
stanley
stanley

83 abonnés 769 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 mars 2020
Vivarium est un film très curieux qui laisse une impression bizarre, présente longtemps dans le temps, pour savoir si on aime ou pas cette fiction troublante, forte de grands moments mais aussi de répétitions pesantes. Le film souffre tout d'abord du poids de ses références : Un épisode de la Quatrième dimension (Etape dans une petite ville) (pour le récit pure), d'Un jour sans fin (pour la réitération des comportements), de 2001 odyssée de l'espace (pour l'évolution et l'usage du temps) et de Shining (pour les décors et l'enfant). C'est le problème des films hommages dont on cherche les références. Le problème vient aussi du film concept qui tourne en rond parfois. Cependant, Vivarium est assez maîtrisé sur l'usage des décors et la sensation d'enfermement qui ressort de ce récit. Solitude, perte des repères identitaires. Il est aussi une critique de la société, surtout de la famille et de la désincarnation des comportements devenus sans âmes. Les acteurs s'en sortent bien. Notons que la fin du film est bourrée d'idées et d'une terreur jusqu'au bout assumée. A l'image de la Quatrième dimension, aucune solution n'est apportée aux événements et le pessimisme abouti. Finalement, la réflexion et la perversité assumée rendent Vivarium intéressant.
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 mars 2020
Attention, Vivarium n'est absolument pas un gentil Feel-good-movie fantastique dans la lignée de "Un jour sans fin" ou "Truman show". C'est un cauchemar éveillé, assez éprouvant (dont j'essaierai de révéler le moins possible). La bande-annonce insiste sur l'étrange lotissement où nos deux personnages se trouvent enfermés. Et effectivement, toute une partie du film porte sur une lecture décalée de l'univers péri-urbain et de ses codes (l'impersonnalité de maisons identiques, les intérieurs sans goût, le petit jardin à la con, la voiture garée devant le trottoir, etc.). De ce point de vue, le film dénonce un monde aseptisé où rien n'a de goût ni de relief. Même les nuages ne ressemblent à rien d'autre qu'à des nuages. Ce monde sans limites est savamment conçu : ce lotissement a sa propre vie organique, il élimine ses déchets, incurve sa propre spatialité en dépit de toute logique, fait renaître instantanément une maison incendiée, etc. Mais ce que ne dit pas la bande-annonce, c'est l'importance de l'enfant, ou plutôt de "la chose". Et là, vous découvrirez l'un des êtres les plus abjects du cinéma récent (pensé volontairement par le cinéaste comme abject, je précise). Je ne peux pas trop en dire, mais la façon dont ce machin parle, crie, mange, regarde la télé, se promène dans les rues, regarde ses "parents" fixement faire l'amour, imite le chien, danse, etc. est tout bonnement effrayante. Le malaise s'accroît par le fait que l'on ne vous fournit aucune explication, et que vous n'en aurez jamais. Face à ça, les deux acteurs jouant les parents sont parfaits ; ils incarnent une normalité en phase avec l'idée du scénario et vrillent chacun à leur façon en un jeu pleinement maîtrisé (hormis une scène de dialogue un peu lourde vers la fin). Il faut me taire sur le dénouement final, mais si vous voulez passer une soirée légère et détendue, allez plutôt voir "La bonne épouse"... ;-) Une chose est sûre de mon point de vue : ce film conserve une indéniable présence dans la mémoire du spectateur, c'est sans doute le signe de son importance à plus long terme.
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