Green Book : Sur les routes du sud
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Jake S.
Jake S.

87 abonnés 231 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 février 2019
Exceptionnel ! « Green Book » fait partie de ces films qui font plaisir à voir, touchant et drôle à la fois. La relation développée entre ce pianiste méticuleux et ce videur italo-américain dans l’Amérique de la ségrégation vaut effectivement le détour : comme tout rapport de longue durée (en l’occurrence deux mois), il faut savoir s’adapter à la vision de l’autre et être capable de faire une croix sur certaines pulsions personnelles… surtout du côté de Tony. A la façon d’un « Intouchable », les deux personnages vont se lier d’amitié malgré leurs différences et affronter ensemble les obstacles qui se présentent à eux. J’ai d’ailleurs rarement vu un biopic aussi « feel good movie » ; on passe vraiment un agréable moment malgré certains rappels cruels de l’Histoire. Viggo Mortensen et Mahershala Ali sont magistraux et se sont parfaitement fondus dans l’environnement de l’époque. Je terminerai donc cette critique par la citation qui représente toute la morale du film : « The world is full of lonely people afraid to make the first move ». Content de voir que Don Shirley a pris la bonne décision ce soir de Noël 1962.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 octobre 2022
Vous cherchez un exemple de petit miracle d'èquilibre avec de l'humour et de l'èmotion, traversè par un vrai souffle de cinèma ? Vous l'avez là, dans cette oeuvre relativement simple mais de très grande qualitè qui convoque toute son humanitè pour affirmer son propos! C'est de loin le meilleur film de Peter Farrelly (en solo) qui nous ramène au temps de la sègrègation amèricaine dans lequel Viggo Mortensen et Mahershala Ali (oscarisè) rèinventent sous nos yeux la notion même d'interprètation et d'amitiè! Passè maître avec son frère Bobby dans l'art des comèdies cultes et dèjantèes, Peter Farrelly nous surprend agrèablement! On se laisse volontiers embarquer dans ce road movie tour à tour drôle et touchant à bord d'une Cadillac Sedan DeVille turquoise de 62! Et l'intelligence du rècit, c'est de voir cet homme Noir donner des ordres à l'homme Blanc en pleine èpoque dominèe par le racisme! Toute l'originalitè de "Green Book" est là! Emaillè de scènes fortes, voici donc un très grand film hollywoodien, rècompensè à juste titre par l'Oscar du meilleur film 2019, avec un duo d'acteurs qui marche sur un contre emploi exceptionnel! Indispensable...
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 janvier 2019
Premier film en solo pour le réalisateur Peter Farelly, surtout auteur de pas mal de navets jusqu'ici. Si Mary à tout prix était très drôle, le reste laisse tout de même à désirer. Pour ce virage parfaitement réussi, contre toute attente, il nous conte l'histoire vraie de la rencontre en 1962 et l'amitié qui unirent deux hommes que tout opposait. Voilà donc un road-movie, certes réalisé assez classiquement, qui nous touche, nous émeut et nous fait rire dans le contexte de la ségrégation raciale de l'époque. Même si celle-ci n'existe plus officiellement, il reste du chemin à faire. Le film est en cela très moderne et résonne beaucoup dans l'actualité d'aujourd'hui. Surtout que le pianiste était aussi homosexuel. La mise en scène est agréable, le scénario (en collaboration avec le fils du chauffeur), même s'il est cousu de fil blanc, est finement et subtilement écrit, sans pathos, ni jugement, et c'est techniquement superbe. Les deux interprètes sont formidables. Mahershala Ali a déjà raflé le Golden Globe du second rôle et part favori pour l'Oscar (déjà récompensé pour Moonlight). Il est parfait, tout comme Viggo Mortensen, une habitude il est vrai. Le duo fonctionne à merveille. D'entrée on y croit et on se laisse porter par ce récit aussi émouvant, délicieux et charmant, que grave et sérieux. Un très beau moment pour une jolie surprise, un très beau film sur la tolérance et l'acceptation de l'autre. Un vrai petit bonheur.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 janvier 2019
1962 aux Etats-Unis. Si, dans le nord du pays, il n'existe pas, du moins officiellement, de ségrégation raciale, il n'en est pas de même dans le sud où les "lois Jim Crow" sont toujours en vigueur, avec ces "sundown towns", ces localités interdisant aux non-blancs de circuler la nuit, avec des logements et des salles de restaurant pour les blancs et les noirs clairement séparés, etc.. Pour leur éviter les dangers, un guide, destiné aux afro-américains souhaitant circuler dans ces contrées et fournissant les adresses acceptant la clientèle noire, avait vu le jour en 1936 : "The Negro Motorist Green Book". C'est dans ce contexte que Don Shirley, un pianiste noir venu du classique mais que sa maison de disque a orienté vers un mélange de classique, de jazz et de variété, décide d'entreprendre une tournée de 2 mois qui le conduira vers ce fameux sud et même dans la ville la plus outrageusement raciste des Etats-Unis : Birmingham. La ville où, le 10 avril 1956, un groupe d'hommes blancs, membres du Ku Klux Klan et du White Citizens' Council de la ville, ont attaqué le chanteur et pianiste Nat King Cole pendant qu'il se produisait sur la scène de l'auditorium municipal de la ville. Car, curieusement, si les noirs ne sont pas autorisés à satisfaire des besoins naturels dans les mêmes toilettes que les blancs ou qu'ils mangent à des tables voisines, les musiciens noirs ne sont pas systématiquement rejetés par les populations blanches de ces villes du sud. A 2 conditions : d'un côté, il n'est pas envisageable qu'ils aient la prétention de jouer les musiques savantes de Chopin ou de Bach, de l'autre, qu'ils s'abstiennent de jouer une "musique de sauvage" comme le blues. Non, ce qui est acceptable et même recherché, c'est ce que propose Don Shirley, qui, avec sa technique pianistique infaillible accompagnée par un violoncelle et une contrebasse, propose un show musical proche de celui de Liberace (cf. "Ma vie avec Liberace", film de Steven Soderbergh). Le but de Don Shirley en entreprenant cette tournée : contribuer, grâce à son talent, à changer les mentalités des populations du sud des Etats-Unis. Toutefois, par précaution, il doit engager, pour l'accompagner, un homme à tout faire, tout à la fois chauffeur et garde du corps. Cet homme, ce sera Tony "Lip" Vallelonga, un videur de boîte de nuit dont le lieu de travail a dû fermer provisoirement, un "rital" du Bronx au coup de poing facile, un homme plein de bagout et plutôt raciste dans son comportement de tous les jours.
C'est tout cela que nous raconte Peter Farrelly dans ce qui est sa première réalisation sans son frère Bobby. Un film tirée, une fois de plus, d'une histoire vraie, Don Shirley et Tony Lip ayant réellement existé et ayant réellement effectué cette tournée dans le sud. Un film très intéressant sur cette période de l'histoire des Etats-Unis, malgré quelques longueurs et quelques défauts typiques du cinéma américain : omniprésence de la musique, un peu trop de pathos (cf. la fin !), des "surprises scénaristiques" qu'on devine trop facilement (cf. la fin !). Un film qui, par ailleurs, amène le spectateur à se poser quelques questions. Certes, Don Shirley n'est pas vraiment accepté par les populations blanches et son style musical ainsi que son comportement font qu'il ne se sent pas intégré par les populations noires. Il n'empêche : lors d'une scène en voiture, on est surpris par son ignorance crasse en ce qui concerne des grandes vedettes noires de l'époque telles que Little Richard, Sam Cooke ou Aretha Franklin (encore que là, il a une excuse car Aretha Franklin n'était pas une chanteuse très populaire en 1962 !!), d'autant plus que, plus tard, dans une des meilleures scènes du film qui se déroule dans un "juke joint" de Birmingham, on le voit très virtuose en matière de boogie woogie. Son ignorance face à Tony Lip, un blanc appréciant ces musiciens noirs, était-elle réelle ou feinte ? Une autre question qu'on se pose : comment ce film a-t-il été reçu parmi une partie de la population du sud des Etats-Unis, la partie malheureusement non négligeable qui n'a pas encore abandonné ses vieux réflexes racistes et ségrégationniste ?
A côté de son intérêt historique, "Green book" révèle une autre qualité : la peinture de l'évolution des relations entre deux homme que tout sépare au départ, Tony devenant moins rustaud et Don moins "précieux". C'est peut-être ce dégrossissage qui a permis à Tony Lip de réaliser plus tard une carrière d'acteur dans des films comme "Le pape de Greenwich village", "Les affranchis" et dans le rôle de Carmine Lupertazzi dans la série TV "Les Soprano".
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 janvier 2019
Pour apprécier Green book, il ne faut pas être allergique aux films "à Oscars", c'est-à-dire aux numéros d'acteur, aux bons sentiments, aux scénarios très calculés et à certain académisme dans la mise en scène.

En ce qui concerne les bons sentiments par exemple, il est difficile d'imaginer plus consensuel : un italo-américain raciste et violent accompagne un musicien noir plus intelligent que lui dans une virée dans le grand Sud américain. Les deux lascars finiront bien sûr par apprendre à se connaître et par devenir amis.

Pour ce qui est des numéros d'acteurs, Viggo Mortensen cabotine avec talent, avec quinze kilos de trop et un sourire qui semble demander perpétuellement le chemin de la cérémonie des Oscars. Le formidable Mahershala Ali, déjà remarqué dans le non moins formidable Moonlight, est peut-être encore meilleur que Mortensen.

Malgré toutes les réserves qu'on peut donc avoir sur l'aspect attendu et conformiste du film, il faut reconnaître qu'on prend un plaisir certain à suivre le voyage cahotique de ce couple improbable, qui a un fameux mérite : celui de rappeler à quel point la ségrégation raciste est une horreur incompréhensible, et qu'elle était encore tout récemment mise en oeuvre par des quidams pas plus mauvais que les autres.

Si on peut reprocher à Peter Farrelly d'avoir eu la main un peu lourde dans le casting et la direction artistique (les italiens sont vraiment too much) et de n'avoir pas assez utilisé les ciseaux lors de son montage, on peut aussi le féliciter d'avoir su parsemer Green book d'une foule de petits moments touchants ou drôles.

Un divertissement solide, à voir en famille.
Cinemadourg

906 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 janvier 2019
En 1962 aux Etats-Unis, un célèbre pianiste afro-américain, raffiné, cultivé et riche, va engager un chauffeur italo-américain sans le sou, inculte et plutôt rustre, pour une tournée de deux mois dans l'Amérique profonde et raciste.
Tiré de l'histoire vraie de Don Shirley et Tony Lip, ce duo improbable au départ s'avère totalement jubilatoire et délicieux au final.
Les deux acteurs principaux y sont évidemment pour quelque chose, mais il faut reconnaître que ce binôme totalement en décalage s'avère à la longue surprenant, drôle et touchant.
Un vrai road trip artistique attachant, intelligent et cocasse !
Vraiment excellent !
--> Site CINEMADOURG <--
elbandito

390 abonnés 992 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 octobre 2019
Green Book relate le parcours semé d’embuches d’un musicien virtuose noir dans le sud de l’Amérique ségrégationniste, escorté par un improbable gros bras newyorkais d’origine italienne, son garde du corps. Les joutes verbales et les épreuves humaines qu’affrontent Viggo Mortensen et Mahershala Ali, tous deux oscarisables pour leur rôle respectif, donnent naissance à une indéfectible amitié. Le livre vert du titre, petit guide de séjour du voyageur noir dans l’Amérique blanche a réellement existé, il donne son nom à ce buddy-movie décidément pas comme les autres et qui mérite le détour.
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 830 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 février 2019
Une chose est sure, le cinéma américain n’a jamais eu peur de mettre en scène les périodes les moins glorieuses de son histoire récente (c’est quelque chose dont, en France, on pourrait davantage s’inspirer). Avec « Green Book », Peter Farrelly raconte l’histoire véridique de deux hommes, aux antipodes l’un de l’autre, qui vont sillonner le Sud profond de 1962, s’apprivoiser et se lier d’amitié. Le film dure 2h10, et 2h10, parfois, ça peut sembler long mais dans le cas de « Green Book », ça passe tout seul. Il y a plusieurs choses qui concourent à ce que le long métrage tienne aussi bien la route, un scénario déjà maintes fois éprouvé pour son efficacité (deux types qui n’ont rien en commun et qui se lient d’amitié, ce n’est pas nouveau), son casting mais aussi sa réalisation. Très rythmé, parsemé de morceaux musicaux toujours bien choisi mais jamais envahissants, le film réussit à jouer les funambules en permanence entre deux univers : la comédie du « Buddy movie » et le film politique plus grave. A aucun moment, l’un ne prend le pas sur l’autre. L’humour est omniprésent, essentiellement grâce au personnage de Tony, mais il n’est jamais au centre du propos, c’est juste une sorte de couleur au service du sujet central : l’absurdité totale de la ségrégation raciale. Peter Farrelly fait mouche avec ce road movie, il nous fait voyager de New-York au Sud profond en passant par les immenses plaines du Middle-west. C’est une peinture grandeur nature d’une Amérique aussi triomphante que schizophrène, celles des années 60. En mettant en miroir deux scènes presque similaires, celles où Tony et Don se font arrêter par la Police, une fois dans le Sud, une fois sur le chemin du retour au Nord, Farrelly montre combien cet immense pays est coupé en deux, de manière profonde, durable et malheureusement peut-être irrémédiable. De jolis plans, un rythme soutenu mais pas trépidant, une bande originale juste comme il faut, Peter Farrelly signe un très bon film, au service d’un très beau message. Dans le rôle de Don Shirley, l’acteur Mahershala Ali est impérial, cultivé jusqu’à en être hautain, distingué jusqu’à en être ridicule, il dissimule sous un épais verni une solitude et une souffrance qui ne fait qu’affleurer et que l’on devine, juste au travers de quelques répliques. Trop noir pour être parfaitement accepté par les blancs, trop différent pour être considéré comme un homme noir par les autres hommes noirs, trop décalé d’une manière générale, il s’est coupé de tout et de tout le monde, enfermé dans sa tour d’ivoire. Le contraste avec Tony, incarné de façon incroyable par Viggo Mortensen, est tel que ça en parait presque caricatural ! On pourrait croire que donner à celui qui fut Aragorn, Roi du Gondor, le rôle d’un immigré italien du Bronx, bedonnant et un peu vulgaire est une idée étrange sur le papier. Mais Viggo est bluffant. Forcément, par le charisme que son rôle implique, il vole un petit peu la vedette à Mahershala Ali, c’est inévitable. Moulin à parole (et sans filtre), mangeant comme quatre, maitrisant mal ses nerfs parfois, il ouvre son esprit au contact de cet homme qui, mine de rien, bat en brèche absolument tous les préjugés qu’il avait sur les hommes noirs. Les seconds rôles sont un peu anecdotiques, mais je suis contente de retrouver Linda Cardellini au casting, que je n’avais pas revu depuis « Urgences », dans le rôle de l’épouse de Tony, un peu plus ouverte d’esprit que son mari. Le scénario de « Green Book » joue sur du velours : un film qui met en scène deux hommes qui n’ont rien en commun et qui vont finir par s’apprécier, sur fond de road movie et qui démontre par l’absurde l’absurdité du ségrégationniste, sur le papier c’est imparable. Mais on peut louper un film malgré une idée de départ parfaite, ça s’est déjà vu ! « Green Book » reussi son coup grace à l’humour mais surtout grâce à l’absurde. Le Green Book, c’est un petit livret que les gens de couleur qui voyagent dans le Sud, ont sur eux et qui leur permet de savoir où ils pourront manger, où ils pourront dormir et où ils pourront prendre un verre. spoiler: Voilà un homme blanc, chauffeur d’un homme noir mille fois plus riche que lui, et qui loge dans un hôtel tout confort alors que son patron est confiné aux motels miteux. Don Shirley est accueilli avec égard dans des établissements où il joue mais dans lesquels il ne peut pas dîner, dans lesquels il ne peut même pas aller aux toilettes. Il a les moyens de se payer des costumes très chers, mais ne peut pas les essayer en cabine.
On peut penser que le film force le trait, on peut penser, en 2018, que le propos est caricatural mais c’est la réalité de l’Amérique des années 60. « Green Book » n’invente rien, c’est le système ségrégationniste lui-même qui est caricatural, pas le film qui le met en scène. On peut ergoter un peu en trouvant que parfois le scénario cède un tout petit peu à la facilité (le coup de fil en prison), que la scène finale est un peu trop « hollywoodienne» mais franchement, c’est bien peu de choses au regard d’un long métrage absolument épatant. Jouer avec la comédie, avec les codes du cinéma populaire, pour mieux montrer par contraste la noirceur d’un système honteusement ridicule, pour mieux mettre en lumière la bêtise crasse d’une Amérique raciste, c’est plus efficace que n’importe quelle leçon de morale. « Green Book », est un film d’utilité publique dans l’Amérique de Donald Trump… et aussi ailleurs…
Citrouilleman
Citrouilleman

88 abonnés 658 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 janvier 2019
La rencontre improbable entre un chauffeur italien inculte au grand cœur et un pianiste noir cultivé et précieux. Deux mondes qui se rencontrent dans un road trip prenant, touchant, drôle et émouvant dans le sud raciste des Etats Unis. Viggo Mortensen est excellent. Alors, Oscar du meilleur film ou du meilleur acteur ? (ou les 2 !) . A voir absolument.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 janvier 2019
En 1962, Tony Lip (Viggo Mortensen), un Italien du Bronx, est embauché comme chauffeur par Don Shirley (Mahershala Ali), un pianiste de concert, pour une tournée dans le Sud ségrégationniste.

"Green Book" est un film que ni le sujet ni la bande annonce ne donne vraiment envie d'aller voir. On escompte un aspirateur à Oscars, un "Miss Daisy et son chauffeur" (le plus mauvais des Oscars du meilleur film de ces trente dernières années) à l'envers, construit sur les mêmes ressorts.

On se tromperait pourtant en passant à côté de ce petit bijou sublimé par le jeu de ses deux acteurs. Il est difficile de dire qui de Viggo Mortensen et de Mahershala Ali est le meilleur. Le premier, qui a pris vingt kilos pour le rôle et l'accent de De Niro dans "Le Parrain", est un "rital" débonnaire, bon mari et bon père de famille, couturé de préjugés. Le second est un esthète en plein mal-être existentiel : son raffinement l'a éloigné de ses frères de couleur tandis que les lois ségrégationnistes de l'Amérique raciste en font encore aux yeux des Blancs un paria, autorisé à jouer pour eux mais pas à partager leurs toilettes. Il étouffe de solitude, prisonnier de sa double minorité, raciale et sexuelle.

Don Shirley est un "Bounty", noir dehors, blanc dedans ; Tony Lip est un "demi-nègre" dont le statut et le mode de vie (alimentation, goûts musicaux) le rapprochent plus des Noirs que des Blancs. Aux enjeux de la question raciale se croisent ceux de la question sociale.

Ce "road movie" égrène sans surprise les différents épisodes de la tournée des deux hommes que tout oppose a priori. Elles sont autant d'occasions de les rapprocher. La façon dont par exemple l'homosexualité de Don Shirley est révélée est admirable de délicatesse.
On en devine par avance les rebondissements jusqu'à la scène finale. Pour convenue et prévisible qu'elle soit, elle n'en fera pas moins couler une larme.
axelle J.
axelle J.

129 abonnés 501 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 janvier 2019
Film intelligent et remarquable racontant une histoire vraie émouvante.
On remarquera une perfection à tous les niveaux.
spoiler: Les quelques rares malheureux qui chipotent, trouvent à redire, ont manifestement un problème.
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 avril 2019
Tout aimé, du début à la fin ! L'accent et les intonnation de V. Mortensen, l'aspect élégant et courtois de M. ALI... Les acteur sont très haut de gamme, l'histoire est prenante et travaillée, l'ambiance est à la fois détendue et humoristique, simple. On appréciera les lettres et l'évolution des deux personnages avec un enrichissement réciproque et une amitié indéniable malgré les écarts de milieux, de langage, de mode de vie, de culture. J'ai eu l'impression de revoir "Intouchables", made in America. Un excellent road movie !
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 novembre 2019
On connait davantage Peter Farrelly pour ses comédies un peu bêbêtes et vulgaires. Il est étonnant de le retrouver à la réalisation de ce biopic ayant pour thème principal la ségrégation aux Etats-Unis. "Green Book" est un très bon long métrage qui a su trouver un parfait équilibre entre la légèreté d'une comédie (on rigole beaucoup) et la gravité de son sujet. Parfois convenu dans sa trame narrative, le film réussit toutefois à véhiculer au spectateur une large palette d'émotions. Il faut dire que l'on s'attache facilement aux deux personnages principaux. "Green Book" est à la fois tendre, touchant, drôle et intelligent. Que demander de plus?
moket

660 abonnés 4 675 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 février 2020
Un road movie bourré d'humour, porté par d'excellents comédiens et des dialogues savoureux. C'est un vrai plaisir de les écouter se chicaner tout au long de la route et un beau plaidoyer contre le racisme.
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 mars 2019
Un de ces films dont on se souvient longtemps, marqué par un humour et une humanité rares. On n'attendait pas vraiment Peter Farelly, le réalisateur de Mary à tout prix ou de Dumb&Dumber, à ce niveau d'excellence. L'interprétation parfaite justement primée aux Oscars de deux hommes que tout oppose a priori, un scénario d'une très grande finesse qui navigue entre la comédie et le procès du racisme ordinaire, des dialogues percutants, une alternance de scènes émouvantes ou drôles sans jamais verser dans lle tire-mouchoir ou la gaudriole. Je ne vois aucun défaut dans ce film qui se place avec brio dans la galerie d'honneur de ce genre cinématographique américain - la critique historique du racisme - déjà bien occupé par quelques chefs d'œuvre (au hasard. Le Majordome, Django, La couleur des sentiments, Mississipi Burning, pour n'en citer que quelques uns).
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