Licorice Pizza est un miracle de cinéma d'une tendresse rare : un souffle de jeunesse, d’amour et de liberté qui transforme la nostalgie des années 70 en pure joie de vivre.
Paul Thomas Anderson y capture la jeunesse dans toute sa vérité, pas celle des clichés, mais celle du désordre, des élans incontrôlables, des erreurs magnifiques.
On sort du film avec l’impression d’avoir vécu un souvenir plutôt que d’avoir vu une fiction.
Au centre de ce tourbillon, deux astres :
Gary Valentine et Alana Kane.
Gary, incarné par un éblouissant Cooper Hoffman, est un adolescent d’une énergie folle, un rêveur frénétique qui veut tout vivre, tout vendre, tout prouver.
Il court après la vie comme on court après un train déjà en marche.
Sa confiance insolente, son instinct de survie, son humour font de lui un personnage inoubliable.
Et derrière sa débrouillardise, on devine une sincérité bouleversante, celle d’un garçon qui agit, non par intérêt, mais par besoin d’exister aux yeux d’Alana, et peut-être du monde entier.
Alana, de son côté, incarnée par Alana Haim, est l’autre versant du film : plus âgée, plus lucide, mais tout aussi perdue.
Leur relation n’est ni romantique ni platonique, c’est un champ magnétique : deux âmes qui se cherchent, s’agacent, s’attirent et s’apprennent.
Anderson filme leurs maladresses avec une bienveillance rare, sans ironie, sans jugement.
La mise en scène est solaire, organique, presque tactile.
Chaque plan déborde de vie, les rues de la vallée de San Fernando, la lumière dorée, la musique des années 70, tout respire la nostalgie d’une époque où l’on pouvait encore se tromper sans cynisme.
Et au milieu de cette ambiance californienne, les allusions à la culture juive d’Alana ne sont jamais forcées : elles ajoutent une texture intime, un lien familial, une petite vérité sur ce que c’est qu’avoir une identité dans un monde où tout change.
Licorice Pizza, c’est un film sur le mouvement, sur la jeunesse qui trébuche mais avance quand même.
C’est un poème sur la curiosité, sur l’amour qui n’a pas encore appris à se nommer.
Et surtout, c’est un film qui te laisse le sourire accroché au cœur, comme si, pendant deux heures, tu avais retrouvé la fraîcheur du premier été de ta vie.