Heureux comme Lazzaro
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AZZZO

363 abonnés 998 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 novembre 2018
Dans l'esprit de la littérature italienne cannibale ou des films de Matteo Garrone, Alice Rohrwacher veut décrire une société italienne incapable de maîtriser sa transformation. Les classes aisées et populaires se noient dans la vénalité et la cupidité, quitte à tout y perdre. Lazzaro est une allégorie, un personnage christique qui traverse le temps et dont tout le monde exploite la naïveté. Si les plans sont intelligents et les scènes souvent grinçantes, l'allégorie est un peu lourde, trop évidente et au cynisme facile. Un film tout de même intéressant.
Gfa Cro
Gfa Cro

59 abonnés 576 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 novembre 2018
Vu et avis le 20181113

Le film ne m a pas plu mais peut sûrement plaire.

.-.-.-.-.

J ai trouvé le film long, trop peu souvent intéressant, bien fait.

Les messages m ont l air simples et ne m ont pas intéressés : les riches exploitent les pauvres, les pauvres exploitent les benêts. Autrefois, les riches exploitaient les pauvres, maintenant c est les entreprises. Les banques en particulier. La société qui est supposée nous protéger ne le fais pas (après l exode, la situation redevient très vite quasi identique à celle d avant - meme Nicola continué à exploiter des faibles). Les pauvres ont de l honneur (surtout Antonia adulte pour illustrer cela). Finalement, rien ne vaut un bout de terre (le retour, la nature bienveillante qui pourvois aux besoins de qui en a besoin - toute cette nourriture gratuite ...

.-.-.-.-.

Je pense comprendre tout cela, le voir dans le film, mais le film ne m intéresse pas. Probablement parce que la vision de l humanité est trop pessimiste. Les seuls heureux sont les niais car ils ne se rendent pas compte. Pourquoi pas, je ne suis pas tenu d adhérer. Je comprend mais désapprouve, n y crois pas.
ANDRÉ T.
ANDRÉ T.

94 abonnés 485 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 novembre 2018
Oui, j’ai adhéré à ce personnage singulier; une belle personne qui voit la vie « avec des lunettes roses » .
On le raille et il conserve en toutes circonstances, une vision positive sur les choses, sur les gens….
Première partie où la marquise construit sa petite « exploitation » (c’est le mot !) profitant de la totale ignorance de son « petit personnel » .
Lazarro et Tancredi, si proches et si éloignés, se comprennent pourtant..
L’ arrivée en ville nous déstabilise: la même exploitation sans « structures » et c’est pire; plus de lien….
La fin m’a beaucoup touché, dans l’église, avec du Bach….
L’extrême humanité de Lazarro est incomprise (religieuses, banque)
Alors pourquoi le qualifier de « simple d’esprit ou d’idiot » ? La singularité est-elle si difficile à accepter ?
Je préfère la dénomination de Saint laïque….. d’une personne qui veut le bien des autres, quand bien même, il est incompris.
« l’évangile selon Alice Rohrwacher? » C'est beau !!!
christian c.
christian c.

9 abonnés 47 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 novembre 2018
Il n'y a que les Italiens pour faire un film comme ça, en France se serait impensable. Rationalité oblige ! "Heureux comme Lazzaro" s'inspire du cinéma néoréaliste italien, il est nourri à la source par des réalisateurs comme Roberto Rosellini, Federico Fellini... La réalisatrice Alice Rohwacher parvient avec une maîtrise parfaite de la narration à coudre une fable sur la trame de la réalité. Et quelle réalité ! Celle du capitalisme qui détruit l'humanité en chacun de nous. La fable est d'autant plus percutante que l'exploitation d'un groupe de personnes isolées du monde ne le cède en rien à celle qui attend ces mêmes personnes dans notre modernité. Le final est sublime comme cette musique sacrée qui quitte la messe égoïste d'une poignée de religieuses. Un film magistral qui est sans doute l'un des plus beaux films de l'année.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 novembre 2018
Le nouveau film de l'italienne Alice Rohrwacher commence comme son précédent (Les merveilles), que j'avais détesté. A savoir : une communauté retirée du monde, des personnages dont on ne comprend pas forcément tous les agissements et une image volontairement dégueulasse (des coins arrondis et des faux fils au bord de l'image, comme un vieux super 16).

On suit donc avec un ennui poli plusieurs personnages, dont le jeune Lazarro, que rien ne distingue a priori des autres.

A la moitié du film, un évènement surprenant nous cloue sur notre fauteuil, et on suit alors la suite de cette histoire mystico-fantastique avec beaucoup plus d'intérêt. Le sentiment de plonger dans la réalité, après un début de film irréel, procure au spectateur une douce sensation d'exotisme à rebours.

Malheureusement la fin d'Heureux comme Lazarro verse dans une accumulation bien lourde de poncifs en tout genre, avec des scènes finales franchement ridicules. Le film a reçu à Cannes le prix du scénario. C'est à moitié mérité : il y a une réelle originalité dans le développement de l'histoire, mais je sors du film avec le sentiment que cette originalité n'a été que partiellement exploitée.

Tous les acteurs sont remarquables.
chas
chas

38 abonnés 180 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 novembre 2018
A Cannes cette année, les retrouvailles avec le cinéma italien, que nous avons « tant aimé » se fêtent d’entrée en fanfare, quand un prétendant fait son aubade sous les fenêtres sombres de son amoureuse. Il se trouve que la ferme où elle habite est plus pouilleuse que celle de « 1900 », peuplée « d’affreux sales et méchants » qui nous feraient remonter au moyen âge quant à la rudesse de la servitude et aux manières choquantes d’une marquise. La farce tourne à la fable avec loup et vieillissement accéléré, sauf pour l’innocent qui porte le nom de celui que le Christ ressuscita. Les paysans surexploités, s’exploitant entre eux, vont finir par arriver à la ville, quittant leurs coteaux ensoleillés pour les abords des voies ferrées. Les digressions s’accumulent, brouillant un propos initialement original qui finit par paraître longuet et contre productif. Finalement il ne fait pas si bon d’être trop bon. Le héros principal imperméable à toutes les violences, fantôme sans affect, peut prétendre devenir un saint, mais alors en plâtre.
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 7 novembre 2018
En 2014, la cinéaste italienne Alice Rohrwacher proposait, avec le si bien nommé « Les Merveilles », un film tout en nuances et en subtilité sur une cellule familiale isolée dans une ferme de l’Ombrie. Aujourd’hui, malheureusement, la même cinéaste se fourvoie dans une sorte de fable à visée politique dont le symbolisme s’avère, pour le moins, illustratif sinon carrément lourdaud.
Pourtant, Alice Rohrwacher reprend quelques éléments de ce qui lui avait si bien réussi dans « Les Merveilles », en particulier l’idée d’une communauté isolée du reste du monde. En l’occurrence, ce sont des paysans dont on ne sait pas trop à quelle époque ils vivent mais qui, quoi qu’il en soit, sont contraints à la servitude. Ils n’ont d’autre horizon que de besogner dans des champs de tabac au service d’une aristocrate qui les maintient dans leur servage et leur ignorance. Deux personnages se détachent : Lazarro, un garçon lunaire, corvéable à merci et néanmoins toujours heureux comme un « ravi » ; et Tancredi, le fils de la marquise qui gouverne tout ce monde, un jeune homme qui, n’en pouvant plus de périr d’ennui dans sa campagne, fomente un plan pour faire croire à son enlèvement, avec l’espoir de quitter pour toujours cet endroit déprimant.
spoiler: Le film s’enfonce résolument dans une fable à visée philosophique et politique lorsque Lazarro, qui avait fait une chute mortelle au moment où la police découvrait l’état de servage des paysans et les en délivrait, s’éveille à une vie nouvelle après bien des années. Physiquement, il n’a pas changé d’un poil, tandis que ses anciens compagnons, dont il ne tarde pas à retrouver la trace, accusent, eux, le poids des années. Quand ils retrouvent leur innocent de Lazarro toujours jeune, ils ne sont pas si surpris que ça ! Mais le but de la réalisatrice, c’est surtout de montrer, ou plutôt de démontrer, que, même libérés de leur ancienne servitude, les ex-paysans réfugiés en ville restent des exploités. En fin de compte, pour eux, rien n’a vraiment changé.
La démonstration est faite et la conclusion va de soi : quelles que soient leurs conditions de vie, les exploités restent toujours des exploités qui, eux-mêmes, en exploitent d’autres et ainsi de suite !
L’homme est un loup pour l’homme, c’est bien connu. Pourtant, la réalisatrice, craignant peut-être d’avoir affaire à des spectateurs très ignares, se croit tenue d’enfoncer le clou de façon très grossière. Elle met en scène des cris de loup, puis un véritable animal infiltré là où, précisément, se trouve le fruit de toutes les exploitations, dans une banque ! Quant à notre candide Lazarro, Alice Rohrwacher prend bien soin de le précipiter vers son sacrifice. Auparavant, pour les pauvres nigauds de spectateurs qui n’auraient pas compris, elle avait pris soin de nous le montrer versant une larme sous un quartier de lune ! Le pauvre gentil Lazarro tombé de la lune ! En voilà des affèteries et du mauvais goût chez une cinéaste qui avait pourtant prouvé qu’elle était capable de beaucoup de finesse. Oublions donc vite fait cette parenthèse malhabile et espérons que le prochain film sera d’une autre tenue ! 4/10
vinae
vinae

7 abonnés 151 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 novembre 2018
avant-première hier à l'institut lumière avec la réalisatrice italienne alice rorhwacher qui trouve désormais sa plaque sur le mur de la rue de premier film.
belle épopée intemporelle qui conte l'histoire d'une communauté de paysans vivant comme au moyen âge, exploités par une marquise et confinés dans une campagne étrange, sans aucun contact avec le monde moderne.
les yeux de l'innocence incarnée par le jeune lazzaro portent cette fable onirique et presque pasolinienne. les acteurs pour beaucoup débutants je crois, hormis certains dont alba rohrwacher (soeur de la jeune réalisatrice, que j'ai vue assez souvent dans le nouveau cinéma italien), sergi lopez, et quelques autres, sont magnifiques. j'ai beaucoup aimé.
j'aurais voulu savoir dans quelle région d'italie le film a été tourné...les paysages sont presque surréalistes .idem pour les scènes de ville tournées dans des décors de banlieue, ici proches du néo- réalisme. où???
grazie à ceux qui sauraient!

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velocio

1 538 abonnés 3 500 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 novembre 2018
Arrivée en 2011, à l’âge de 30 ans, à la Quinzaine des Réalisateurs cannoise avec son premier long métrage, "Corpo celeste", la réalisatrice italienne Alice Rohrwacher a obtenu le Grand Prix au Festival dès son deuxième film, "Les Merveilles", en 2014. Cette année, le troisième, "Heureux comme Lazzaro", était lui aussi en compétition et Alice Rohrwacher est repartie, cette fois ci, avec le Prix du scénario.
C’est en transformant en conte un fait divers qui s’est déroulé en Italie dans les années 80 et impliquant réellement une marquise, que Alice Rohrwacher a choisi de traiter un sujet éminemment politique : la fin de la civilisation paysanne et la migration vers les villes de centaines de milliers de paysans pas vraiment préparés à la nouvelle civilisation dans laquelle ils plongeaient, la civilisation de la modernité. Pour accompagner ce voyage dans la géographie italienne et dans le temps, elle a créé ce personnage de Lazzaro, sorte de saint laïc dont la bonté n’a d’égale que la naïveté. A ce sujet, on ne peut manquer de remarquer que dans les deux films italiens en compétition au dernier Festival de Cannes, "Dogman" et "Heureux comme Lazzaro", les personnages principaux, Marcello et Lazzaro, ont comme point commun d’être particulièrement naïfs. Faut-il voir là un clin d’œil au résultat des dernières élections italiennes qui a vu la majorité des italiens porter au pouvoir l’alliance du Mouvement 5 étoiles avec l’extrême-droite ?
Comme tout grand pays de cinéma qui se respecte, l’Italie a souvent brillé dans des films politiques et sociaux très réalistes et dans des films faisant davantage appel à une veine allégorique, voire fantastique. Dans Heureux comme Lazzaro, Alice Rohrwacher a pris le risque de mélanger le conte à la réalité du drame social. On se félicite de constater que cette forme de pari s’avère gagnante !
Nathanaël Bechdolff
Nathanaël Bechdolff

23 abonnés 35 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 octobre 2018
Un scénario super bien ficelé pour cette fable, ce conte, ou cette parodie. Il est difficile de qualifier ce film dans un genre. Je dirais que c'est un "Tony Erdmann" à la sauce italienne. Et c'est très bien réussi !!! La photographie est géniale. Le jeu des acteurs fait aussi la force de ce film. Aucun n'emporte la palme mais le jeu d'ensemble est juste, bien coordonné, fort. Cela donne de la puissance au scénario.

Et pour finir, je dirais que ce film nous questionne sur l'exploitation des hommes par les hommes. Qui exploite l'autre ? Peut-être nous même... ? Et s'il y avait une autre voie, un autre chemin ? A découvrir avec ce film exceptionnel !
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 647 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 mai 2018
Très applaudi au Festival de Cannes 2018, « Heureux comme Lazzaro » est un film en deux parties où un jeune homme beau mais bête va rendre des services à tout le monde sans rien demander en retour et qui va ensuite mourir et revenir changer le monde par sa seule présence. Nous sommes dans un village italien où règne la marquise Alfonsina de Luna, à l’écart du monde dans une période indéfinie. Des dizaines de paysans sont exploités et travaillent sans relâche et sans salaire dans une ferme de tabac. Un été, Lazzaro se lie d’amitié avec le fils de la marquise. Alors que nous pensions qu’une sorte d’idylle amoureuse allait se construire, la réalisatrice Alice Rohrwacher sait nous emmener dans son jeu et nous déposer là où ne nous y attendions pas. « Heureux comme Lazzaro » devient un conte anticonformiste aux métaphores religieuses. Le film pointe alors le monde actuel devenu imprécis, profiteur et sans cohésion. Mais le charisme incontestable de Lazzaro qui nous a subjugué toute la première partie finit par se noyer dans une réflexion incompréhensible sur les rapports humains et une mise en scène visant trop l’allégorie.
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