Le Traître
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229 critiques spectateurs

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Arno M.
Arno M.

12 abonnés 335 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 novembre 2019
Quasiment un demi siècle d’histoire de la mafia ou la « cosa nostra » raconté à travers l’histoire de Tommaso Buscetta le premier repenti.
N’étant pas un grand fan des films biographiques qui ont souvent tendance à romancer ou mystifier le personnage principal, il en est rien dans le TRAITRE. Le style est quasi documentaire sans aucune concession. La mafia est montrée telle qu’elle est violente, cruelle, très loin des PARAINS de Coppola.
Au delà, de l’histoire de Buscetta, c’est surtout le juge Falcone, qui pour moi est le véritable héros du film. Ses échanges avec le repenti et sa volonté constante d’assurer la justice sont les elements les plus marquants du film. L’attentat, dont il a fait l’objet, filmé de l’intérieur de la voiture, sans effets spéciaux, restera également un grand moment de réalisation.
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 novembre 2019
     Le cinéma italien n'est pas mort, disions nous à propos du brillant "Martin Eden" du jeune cinéaste Pietro Marcello. Eh bien, c'est le vétéran Marco Bellocchio qui en fait une démonstration éblouissante avec Le Traitre. Chef d'oeuvre. Comme le double noir d'un autre incontestable chef d'oeuvre, Le Parrain. La version sale d'une version chic. Car, reconnaissons le: nous les aimions, les Brando, Pacino, Cazale, Duvall, Caan.... Ce n'était peut être pas des gens très recommandable, mais nous ne pouvions nous empêcher de les trouver sympathiques. Même la scène la plus dure de la série, celle ou un frère décide de l'exécution de son frère, elle était dure, mais belle. Dans le Traitre, rien n'est beau, et personne n'est sympathique. On nous montre des brutes, vulgaires, stupides.... Et je voudrais tout de suite saluer l'extraordinaire performance de Nicola Cali, qui interprète Toto Riina. Visage de paysan madré et inculte, dès sa première et fugace apparition sur l'écran, il nous terrifie. On le sait, il n'aimait pas l'argent; contrairement à d'autres, Riina ne recherchait ni les vacances dans des îles paradisiaques, ni la compagnie de jolies filles. Il vivait modestement. Ce qu'il aimait, c'était le pouvoir. Le pouvoir indicible de vie et de mort sur les autres...
       Au contraire de son second, Pippo Calo (Fabrizio Ferracane), la face la plus distinguée, la plus montrable de Cosa Nostra...
       Tout est sale, tout est moche, les meurtres qu'on nous montre -dans la réalité ils se comptaient par centaines-, celui du juge Giovanni Falcone en particulier, dans une explosion de boue et de terre. Et le juge (Fausto Russo Alesi) est, d'ailleurs, le seul qui soit beau; qui ait un visage noble; presque celui d'un saint, avec sa barbe bien taillée, lui qui est allé au devant d'une mort probable pour accomplir son devoir.
       Une chose très intéressante dans ce film, c'est que la personnalité de Tommaso Buscetta (Pierfrancesco Favino) restera opaque. Pourquoi s'est il décidé à parler, lui qui avait tout fait pour éviter son extradition? Parce qu'on a tué ses deux fils aînés, sans doute, d'autant plus qu'il se sent responsable, coupable même, sans doute de les avoir mal élevés -l'un d'eux est déjà un drogué pitoyable-, et puis de les avoir laissés avec leur mère lorsqu'il est parti se planquer au Brésil, alors qu'il emmenait tout le reste de sa (nombreuse) progéniture. Mais aussi, pour affirmer à la face du monde sa "dignité": non, cent fois non, il n'est pas un "repenti" oui, il est resté un homme d'honneur! ce sont les autres qui ont changé. Cosa Nostra défendait les pauvres contre les riches; Cosa Nostra ne s'en prenait ni aux femmes, ni aux enfants, ni aux prêtres.... Dans quel mesure croit il à ce discours? Dans quelle mesure s'abuse t-il lui même? On ne le saura pas. Ce qui semble évident, c'est qu'il a changé; que sa longue confrontation avec Falcone l'a sans doute, changé. Qu'il soit revenu au péril de sa vie, alors qu'il vivait sous protection (et de nombreux déplacements, un jour, Salem, le lendemain, le Colorado...) aux Etats Unis pour témoigner aux procès de Riina puis de Giovanni Andreotti le montre. 
       Le début du film est joli comme du Visconti; c'est la grande fête de réconciliation de la mafia palermitaine et de celle de Corleone, avec femmes décolletées et bijoutées et enfants. On boit, on danse, on farandole, on fait la photo de famille sous l'oeil bienveillant d'une grande vierge de plâtre vivement coloré. Le massacre pourra commencer le lendemain.... A part ce début sicilien, le film se passera surtout dans des bureaux, des prisons où les repentis sont plutôt choyés, des prétoires... Au procès, les brutes sont comme des animaux en cage, vociférant, coupant la parole aux témoins, se livrant à toutes sortes de parodies, strip-tease, crises d'épilepsie.... ou citation de Michel Butor! Les juges, dans leurs élégants rabats à dentelle, ont du mal à faire régner l'ordre dans cette ménagerie. Et quand un autre repenti, Totuccio Contorno (Luigi Lo Cascio), vient témoigner, les avocats de la défense aussi participent au cirque: il ne parle que le sicilien! on ne comprend rien! qu'il parle italien, enfin, on est à Rome....
       La troisième femme de Buscetta (Maria Fernanda Candido) est bien belle, mais plus toute jeune. Comment se fait il qu'on ne l'ait jamais vue à l'écran?
       Bref, ce chef d'oeuvre est à voir absolument. Les deux heures trente passent comme un rêve, tant on est pris par l'action de ce polar -qui est une histoire vraie. Et naturellement, c'est magnifiquement filmé....
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 717 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 novembre 2019
Un film réaliste sur la mafia sicilienne ou des hommes soit disant d honneur et sans aucune moralité assassinent par cupidité toutes les familles rivale jusqu au d'élite de Toto Riina qui conduira les rescapés à parler. Il faut des hommes très courageux comme le juge Falcone pour s attaquer à pareille monstruosité qui corrompus la société
domit64
domit64

74 abonnés 378 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 novembre 2019
Du grand cinéma italien.
Ce film retrace l'histoire vraie d'un repenti de la Mafia. La violence de ce milieu est bien présente sans être omniprésente et le dilemme de ce mafieux qui ne cherche pas à renier sa "Cosa nostra" mais qui n'accepte pas ce qu'elle est devenue est magistralement jouée par l'acteur principal.
Excellent film, courez-y
Audace26
Audace26

7 abonnés 103 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 novembre 2019
Fresque historique passionnante et haletante sur Cosa NOSTRA mise en scène de manière magistrale. Dans son rôle du mafieux repenti, l acteur principal, est époustouflant par son charisme et son empreinte. Un film remarquable...
Sylvain
Sylvain

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 novembre 2019
chef d'oeuvre, d'intelligence, d'incarnation, de récit. rien n'est regardé de haut et pour autant sans complaisance, magnifiques interprétations de tous les acteurs. les scènes de procès qui peuvent être tellement vues et revues sont magistrales
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 5 novembre 2019
“Le Traître”, de Marco BELLOCCHIO, est un film intéressant, prenant, captivant, où on suit, sans en perdre une miette, l’histoire de Tommaso Buscetta, repenti de la mafia sicilienne. Exilé au Brésil, il apprend notamment que deux de ses fils restés en Italie ont été tués. Et lui qui pensait “qu’en ne leur disant rien”, il allait mieux les protéger. Car, lui, il appartient à la famille de la “Cosa Nostra”, et elle ne touche pas aux femmes, ni aux enfants. Il se fait arrêter par la police à Rio, et est extradé vers l’Italie. Là, pour assurer sa propre protection, et certainement aussi pour se venger de la mort de ses fils, il décide de parler et rencontre le juge Falcone. Sa collaboration est un pavé dans la mare, et va secouer l'Italie mais pas que, et conduire à un énorme procès où nombre de mafieux vont tomber. Pierfrancesco Favino est impressionnant dans le rôle de la balance, sa composition est juste magistrale. Le procès, qui à lui seul compose une partie importante du film, est un grand moment invraisemblable ! Aussi, de superbes scènes surréalistes nous donnent “à voir” l’inconscient de Tommaso Buscetta, et les idées noires qui le traversent. Film quasi documentaire, épuré, sans fioritures, à ne vraiment pas rater, pour tous ceux qui apprécient ce genre, mais pas seulement.
chas
chas

38 abonnés 180 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 novembre 2019
Des critiques ont parlé de Shakespeare pour une dramaturgie qui va chercher vers la mythologie et de la Commedia del arte pour le barouf pathétique des mafieux inculpés grâce à Tommaso Buscetta qui avait parlé. Celui-ci avait récusé le terme de « repenti » préférant celui d’ « homme d’honneur » rejouant de valeurs oubliées de Cosa Nostra.
Le trafiquant, assassin, n’est pas un enfant de chœur mais sa connaissance du Milieu au cours de conversations avec le juge Falcone lui ont demandé un courage exceptionnel et à l’état italien des moyens colossaux pour inculper 350 mafiosi et assurer la protection de sa famille. C’est bien de famille dont il s’agit après le meurtre de ses fils et que la fidélité, les silences sont remis en question. C’est la fin d’un monde rural, mais pas la fin du mal. L’omerta est une loi qui s’étend bien au-delà de la Sicile, ainsi que la haine qui voit des hommes fêter la mort de Falcone ou lorsqu’elle s’exprime dans des insultes qui accompagnent les interventions de Buscetta au Maxi-procès de Palerme en 1986.
Bien que la séance dure plus de deux heures, les suites de ce procès ne sont pas traitées. Elles pourraient également faire l’objet d’un autre film qui ne manquerait pas d’être ahurissant.
Cette histoire d’un individu courageux confronté à un groupe ô combien nocif ne sont pas exotiques, elle offre un film intéressant tant la remarquable interprétation de Pierfrancesco Favino nous laisse à méditer sur l’âme humaine. Depuis l’œuvre précédente "Fais de beaux rêves" de l’octogénaire à la modernité épatante, ses lunettes noires ont varié leurs nuances.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 novembre 2019
Dans « la Tempête » de William Shakespeare, Ariel, le génie de Prospéro rapporte le propos de Ferdinand devant le spectacle du bateau, en flammes, en train de couler, « L’enfer est vide, tous les démons sont ici ! ». On pourrait en dire autant de la réunion des parrains de la mafia, au cours d’une grande fête ponctuée par un feu d’artifice, décidés à faire la paix, qui comme on s’en doute, prépare une tuerie de masse. « Le Traître », le film du dernier des monuments du cinéma italien des années fastes, Marco Bellocchio, bientôt à l’heure où j’écris ces lignes, octogénaire, en compétition officielle à Cannes, conte la guerre intestine au sein de Cosa Nostra dans les années 80, et les aveux de Tommaso Buscetta, le repenti, même si ce dernier considère que lui est resté fidèle au code d’honneur, et que ce sont les autres, qui en plongeant dans le trafic d’héroïne, ont violé les règles ancestrales de la mafia.

Le film de Bellocchio débute donc par cette fête où chacun se surveille. La guerre sera sans merci, le clan des Corleone exterminant tous les autres, sauf Buscetta réfugié au Brésil. La suite, on la connaît, les arrestations, les gigantesques procès, l’assassinat du juge Falcone, le procès du chef de la Démocratie-Chrétienne Andreotti, accusé de faire partie de la tête de la mafia, sans preuve formelle, Bellocchio insistant sur les relations étranges, mystérieuses, symbolisées par cette dernière poignée de mains chaleureuse entre Falcone et Buscetta, deux hommes que pourtant tout oppose, y compris dans la vie privée. Ils ne se reverront pas !

Buscetta, c’est Pierfrancesco Favino, acteur peu connu en France bien qu’ayant pas mal tourné dans son pays, mais révélant une interprétation exceptionnelle dans la peau de ce personnage, intraitable, coléreux vis-à-vis de ses enfants et de son (ses) épouse(s), puis révélant une âme forte pour affronter en pleine audience, menaces, injures et pitreries de la part de ses anciens amis mafieux. Un Prix d’interprétation masculine n’aurait pas été scandaleux, loin de là. Quant à Falcone, c’est Fausto Russo Alesi, pas plus connu, mais plein de réserves, de froideur au début pour verser plus tard dans la chaleur humaine.

Bellocchio s’est entouré d’une belle brochette d’acteurs transalpins dans les rôles de mafieux, les rôles féminins étant, dans ces familles machistes, réduits à s’occuper des enfants et à satisfaire sexuellement les maris. Un film puissant, qui raconte, et surtout qui explique le fonctionnement de Cosa Nostra, comme, de l’avis unanime, on ne l’avait jamais fait.

Aujourd’hui encore, Marco Bellocchio reste un cinéaste majeur pour un cinéma sans compromission avec le monde de l’argent. Toute la vie et l’œuvre de Bellocchio sont à ce titre, un exemple.
tonyhw
tonyhw

55 abonnés 201 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 novembre 2019
Un biopic judiciaire qui doit beaucoup à son principal interprète, très convaincant. Sans lui on sombrerait rapidement dans l'ennui.
Loïck G.

391 abonnés 1 831 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 novembre 2019
Voilà vraiment le genre de film qui en raccourci pouvait apporter un semblant d’intérêt sur un sujet que la littérature et le cinéma ont largement abordé. Avec un monsieur comme Bellocchio derrière la caméra, et Pier Francesco Favino dans le rôle-titre l’affaire s’engageait sous les meilleurs auspices . On ne les retrouvent pas vraiment dans ce long déroulé d’une histoire où la violence et la morale se conjuguent les yeux fermés. C’est la mafia, Cosa Nostra pour les bandits siciliens qui défilent devant les juges avec l’air du premier né. Si le traitement des différents procès laisse un temps espérer un sursaut dans ce film très genre, la monotonie des litanies des prévenus et de leurs accusateurs rend grâce à la tchatche italienne, mais pas à son cinéma.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
William Dardeau
William Dardeau

36 abonnés 176 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 novembre 2019
Le traître s'inscrit d'emblée parmi les grands films consacrés à la mafia. On pense bien sûr à Francesco Rosi pour le souci documentaire et la dénonciation politique. Mais Bellochio grand cinéaste à tendance psy aime aussi disséquer l'âme d'un "repenti" qui ne se considère pas en tant que tel. Sa relation avec un juge va le conduire à justifier ses dénonciations. Mais Bellochio ne fait que suggérer ce cheminement; il ne l'impose pas au spectateur. Les superbes scènes du procès tentent de montrer comment le "repenti" ne peut plus comprendre son ex-appartenance à la pieuvre. Pourtant Bellochio ne camoufle pas les bons côtés de la vie du maffieux: argent, filles, considération...L'approche du film est donc forcément complexe, ce qui le rend d'autant plus passionnant. Pierfrancesco Favino aurait mérité un prix d'interprétation. A voir absolument, et à commenter .
leobis
leobis

71 abonnés 260 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 novembre 2019
Les 2 heures et demi du film passent sans problème, que des moments forts. Un vrai documentaire captivant sur la mafia sicilienne dans les années 80. La bande son est très appropriée et l'image est d'un esthétisme à la Visconti;
ffred

1 994 abonnés 4 290 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 novembre 2019
Après 5 est le numéro parfait, voilà une autre facette de la mafia (sicilienne cette fois) pour ce nouveau film du réalisateur de Vincere (entre autres). Tiré de faits réels Le traitre nous brosse le portrait parfaitement dessiné, implacable et sans concession, d'un homme aussi ambigu et immoral que plein de principes. La mise en scène de Bellocchio est d'une virtuosité et d'une force incroyable. A soixante-dix neuf ans, il n'a rien perdu de son talent (certains, et même plus jeune, pourraient prendre exemple). D'entrée on est happé par le destin incroyable de ce "repenti" qui fera trembler l'Italie jusqu'au plus haut de ses représentants. De scènes fortes et choc (l'attentat contre le juge...) en moments plus calmes et plus intimes, on ne sent absolument pas passer les 2h31 de projection. Un suspens haletant qui doit aussi beaucoup à l'interprétation magistrale de Pierfrancesco Favino (My cousin Rachel, Les confessions, Suburra...). Il est juste parfait. Le reste du casting est d'ailleurs tout aussi convaincant. Sur plusieurs décennies, voilà une fresque captivante, violente, sanglante, poignante, qui nous donne sans doute l'un des meilleurs biopics de l'année. Un film fort et puissant, terriblement efficace. Passionnant.
PaulGe G
PaulGe G

124 abonnés 607 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 novembre 2019
l'affaire du repenti de la "Cosa Nostra". qui a fait bouger l'Italie dans les années 80 est un récit palpitant , plein de rebondissements, une perfection de mise en scène doublée d'un interprétation remarquable. a aucun moment le réalisateur ne glorifie l'organisation mais souvent la ridiculise surtout dans les scènes de procès. même si l'on ne connait pas toute l'affaire on suit ce "reportage" avec un intérêt grandissant. du super grand cinéma.
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