Le Traître
Note moyenne
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229 critiques spectateurs

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Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 mars 2020
Le Traître réussit à brosser le portrait d’un personnage qui ne se laisse pas complètement saisir et que deux heures trente-sept minutes explorent sans épuiser ni jamais circonscrire : ses actions demeurent imprévisibles, elles sont subordonnées à une intériorité à laquelle nous n’avons accès que par leurs manifestations extérieures, c’est-à-dire les crimes, les déclarations au tribunal, les coups de reins donnés dans un lit. D’où l’obsession du regard comme motif ambivalent : il n’est plus cette fenêtre de l’âme, ou s’il l’est encore, c’est à une âme duplice qu’il renvoie, une âme maudite et capable de se parer de divers masques en fonction des situations. Il faut regarder le traître en face, droit dans les yeux, nous répète-t-on à tout bout de champ ; le regard est la réalité, et pour cela on cite Michel Butor. Or, Marco Bellocchio atteste le divorce entre apparences et réalité, orchestrant dans la première partie de son film une suite de réunions familiales ou amicales qui virent au massacre. De même les séquences de procès empruntent-elles leur forme à l’opéra bouffe issu du théâtre italien : les voix sont portées haut, les quiproquos s’enchaînent, les menaces de mort devant l’audience n’y font rien. Le traitement réservé à la violence subit également cette dégradation comique : une femme est tenue par les cheveux et les poings au-dessus de la mer, un compteur se transforme en chronomètre qui se stoppe net quand le mafieux suivi par la caméra est mis hors-jeu. Le Traître recourt au grand-guignolesque comme une tonalité apte à engendrer une forme-caméléon, un laboratoire où se décantent les actions et les sentiments de Tommaso Buscetta. Nous sommes constamment sur le point de glisser dans l’onirisme, et pourtant le cinéaste veille à entrelacer les réalités et les temporalités de sorte à broder un tissu complexe et irréductible. Cette opacité dialogue avec celle du personnage principal, à la fois vengeur et père de famille, traître et repenti. En conciliant les contraires, Bellocchio dit l’ambivalence des grands hommes de pouvoir, la fascination qu’ils exercent en raison de leur aura, fusion de l’accessible et du caché. Buscetta est aussi farouche qu’un animal en cage, la cage étant à la fois le symbole de la détention et le motif géométrique du cadre de la caméra ; il s’y débat telle une hyène, tel un tigre, pour finir comme un chien errant, jouant l’errance pour mieux tirer son dernier coup de feu et repartir, l’air de rien. Le Traître est un très grand film sur la duplicité et le faux-semblant, qui explore la psyché de son personnage par une inventivité formelle revigorante.
marmottefurieuse
marmottefurieuse

12 abonnés 523 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 mars 2020
Un bon film sur la repentance d'un ancien mafieux sicilien dont le principal point fort est la performance plus qu'excellente de la part de l'acteur principal, Pierfrancesco Favino, dans la peau du mafieux repenti Tommasco Buscetta.
elriad

518 abonnés 2 024 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 mars 2020
Même si l'aspect factuel reste le principal intérêt de ce long film, même si la reconstitution de l'époque est soignée, il manque néanmoins un souffle, une touche personnelle pour emporter l'ensemble beaucoup trop linéaire. Les personnages sans charisme évoluent dans ce procès fleuve dont on connaît l'issue, qui finit par perdre l'attention du spectateur. Moyen...
aldelannoy
aldelannoy

53 abonnés 374 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 11 mars 2020
Un téléfilm interminable sans aucune qualité cinématographique. Ne présente absolument aucun intérêt. Il y a mieux à faire que de s'avachir sur un fauteuil devant un tel désastre.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 11 mars 2020
Bien que ce film est une pure merveille cinématographiquement, je ne peux qu avoir un goût amer quand a la réalisation du scénario , pas mal d erreurs ont été commisent quand a la vie de Tommaso, et pour être franc dans un biopic c est pas concevable pour ma part des erreurs et oublis essentiels. Bien dommage cependant ce film reste et restera une référence . Bon film
Last Action Zero
Last Action Zero

90 abonnés 278 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 mars 2020
Un bon film, certes. Mais sans rien d'exceptionnel, de surprenant ou d’innovant. Juste la maitrise tranquille, d'un vrai savoir faire cinématographique. Un biopic calme et plutôt prenant. Mais somme toute très classique et ronronnant, à la limite du rétro. Une écriture tout aussi standardisé et efficace. Servie par une interprétation mesuré et stoïque. Rien de voyeuriste, complaisant, exagéré ou caricatural. Une mise en scène élégante et posé, qui sait nous faire apprécier ses silences. Sobre, sans extravagance esthétique flashy, ni fioriture hollywoodienne pétaradante. Une œuvre droite, directe, anti romanesque et quasi journalistique. Mais avec un léger soupçon de mélancolie et de sentimentalisme. à voir une fois. Peut-être à revoir en complément d'une véritable connaissance du sujet, pour une leçon d'histoire bien trop superficielle à elle seule, sur la période de la fin des années de plomb italiennes. Mais pour ma part, ça serait plutôt pour admirer une nouvelle fois, la très belle Maria Fernanda Cândido ^^
Gentilbordelais

402 abonnés 3 541 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 10 mars 2020
En plus de nombreuses séquences interminables (qui justifient la durée fleuve du film), tout est laborieux : mise en scène, interprétation... les films sur la mafia sont nombreux mais cette reconstitution historique manque de saveur et devient très vite lassante.
tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 mars 2020
Infiniment déçue par le dernier opus en date du vétéran Marco Bellochio.... Quand deux de ses trois films précédents ("La Belle Endormie" et "Fais de beaux rêves") figurent parmi mes très rares vrais coups de coeur de ces dernières années (dont notation maximum, à cinq étoiles...), quand le film intermédiaire ("Sangue de mi Sangue") était quand même digne d'une note à quatre étoiles, ce "Le Traître" retombe (avec effort...) au niveau de "Vincere", à trois étoiles. Une appréciation à peine au-delà de la moyenne, valant pour quelques moments (encore...) de grande maîtrise de la mise en scène, et la performance, dans le rôle-titre, de Pierfrancesco Favino. Gros bémol : le scénario, souvent plus confus que touffu, et un rythme manquant de cohérence (pour un film, au total, bien trop long). Ce "biopic" d'un (célèbre) mafieux "repenti", traité formellement comme un film d'époque à la Rosi, était-ce un bon sujet pour MB ?... Ai un vrai doute, au résultat...
Rourkewhite
Rourkewhite

104 abonnés 968 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 mars 2020
Curieux regard que celui de Bellocchio sur la mafia sicilienne et sur tous ses personnages! En effet, bien que traitant son sujet avec sérieux et rigueur, le cinéaste ne cesse de cultiver une distance ironique avec son sujet. Le moins que l'on puisse dire, c'est que son film ne participe pas, contrairement à la grande majorité des productions sur le sujet, à mythifier la mafia et ceux qui la composent. Nous assistons ainsi à un gigantesque procès, largement tourné en dérision, où les accusés nous sont présentés comme une belle brochette de guignols quand d'autres cinéastes ne manqueraient pas l'occasion de proposer un beau florilège de regards charismatiques, lunettes noires et silences menaçants. La justice en prend aussi pour son grade (juges dépassés par les évènements donnant lieu à des scènes sentant bon la comédie italienne d'antan) et personne n'en ressort glorifié, pas même son personnage principal, très bien interprété par Favino (excellent comme d'habitude)! Le grand âge du réalisateur et les années nous séparant des évènements expliquent certainement la distance ironique affichée mais le sujet grave illustré (dont les nombreux meurtres, des centaines de condamnations, les implications à tous les niveaux de l'Etat) méritait soit un traitement moins cynique, soit la farce totale et assumée qui s'éloignerait plus librement de l'histoire vraie. Là c'est très moyennement assumé et cela porte largement préjudice au film dans la mesure où il est difficile de ressentir l'empathie recherchée pour le destin dramatique du personnage principal quand on vient de voir passer Andreotti en costume cravate et caleçons...
Clément R
Clément R

20 abonnés 411 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mars 2020
Film juste qui retrace les dérives de COSA NOSTRA via les révélations de Buschetta. On se laisse porter. À voir
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 février 2020
Le cinéma de Marco Bellochio est souvent acclamé mais il est certain qu’il ne plaît pas à tout le monde. En témoigne « Vincere », l’un de ses films les plus salués, mais qui a plutôt irrité et fortement déplu à l’auteur de ses lignes. Ici, point de tergiversations, « Le Traître » fera date et c’est un excellent film, une pièce d’orfèvre même, qui traite son sujet de la meilleure des manières et passionne durant deux heures et trente minutes. Si l’on peut émettre des réserves, elles sont minces. Elles empêchent cependant ce film de mafia qui n’en demeure pas moins magistral d’accéder au statut de chef-d’œuvre immédiat. La première réserve est le nombre important de personnages traités, notamment dans le prologue les présentant. C’est trop rapide et/ou trop dense et cela nous perd et nous empêche de bien saisir l’ossature organisationnelle de la Cosa Nostra. Il vaut mieux essayer de s’en détacher pour profiter du film au mieux. Le second point négatif est la dernière demi-heure qui s’essouffle un peu dans le rythme comme dans ce qu’elle raconte. Un panneau indicatif de plus à la fin du film sur le sort de Buschetta ou une compilation synthétique de ce qui se déroule à la fin avec un montage plus resserré auraient davantage densifié « Le Traître » et l’aurait rendu encore plus puissant et limpide.



Ceci mis de côté, on est face à un gros morceau de cinéma de l’acabit du récent « Mafia inc. » et bien supérieur à l’interminable et opaque « The Irishman » du pourtant maître du genre, Martin Scorsese. Inconcevable que ce film présenté en compétition à Cannes cette année ait pu passer à côté d’un prix. Du point de vue de la mise en scène, Bellochio est encore bien en possession de tous ses moyens et n’a à rougir de personne. La manière dont il filme son histoire est en totale accord avec ce qu’elle raconte. Une image un peu vieillie qui donne une patine très eighties tout à fait à propos, un montage nerveux et surtout des plans dantesques et esthétiquement très travaillés comme ce plan final de fusillade dans un monastère abandonné ou la séquence rêvée de l’enterrement. Clairement, Bellochio n’est plus tout jeune mais sa réalisation a toujours vraiment de la gueule. Il y a même un côté à la fois baroque et pop dans les images qui fait vraiment mouche durant toute la durée de ce film.



Mais il n’y a pas que l’esthétique qui ravit les yeux, le propos était passionnant et il captive comme espéré bien qu’il ne soit pas forcément facile à transposer à l’écran ou à adapter. Le cinéaste s’en tire avec les honneurs, traitant tout un pan de la mythologie italienne, et plus précisément de la mafia, avec « Le Traître », comme si c’était LE film somme sur le sujet. Un film en deux parties, prolongeant certaines sous-intrigues, à la manière du « Carlos » de Assayas ou du Mesrine de Richet aurait peut-être même pu faire sens. Le script démythifie certains aspects de la mafia sicilienne et nous apprend pas mal de choses. Mais le summum du long-métrage et ce qui nous ravit le plus, ce sont toutes ces scènes grandioses de fusillades et de procès, de véritables fulgurances dans une œuvre qui en est une à elle seule. Les premières sont celles des assassinats, jouissives et parées d’une inventivité folle. A voir si elles se sont vraiment déroulées comme cela, on pense notamment à l’assassinat du prêtre ou à l’attentat contre le juge Falcone. Quant aux secondes, elles virent à la farce jubilatoire brillamment dialoguée et empreinte de vaudeville comme si ces mafieux prenaient le tribunal pour un théâtre. Et au-dessus de tout cela trône un Pierfrancesco Favino au sommet de son art. Du grand cinéma, juste un peu trop généreux en fin de parcours et touffu à décrypter sur tous ses versants.



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Jonathan M
Jonathan M

163 abonnés 1 528 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 février 2020
C'était la passion cannoise 2019, après le Parasite de Bong Joon-Ho bien sur. On est sur un film italien traitant de la mafia sicilienne. Un air de déjà-vu, non vous pensez ? Sans ironie, l'idée que ce genre de film est en un sous-genre en soi, fait plaisir aux cinéphiles présent sur la croisette. Un film époustouflant qui arrive à recentrer tout le démantèlement d'une organisation qui a connu ses heures de gloire au XXème siècle. C'est un film de procès, où y ruisselle les meilleures crapules du pays. "L"inspiré de fait réel" fait son effet, mais j'avoue avoir cette sombre impression d'avoir déjà vu le film 20 fois. C'est certainement bien ficelé, mais question originalité... N'a t-on déjà pas fait le tour de la question par le passé ?
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 2 février 2020
Un très grand film. Une scène inoubliable en terme de mise en scène avec l’accident de voiture. Une plongée dans la mafia comme on ne l’a jamais vue.
montecristo59
montecristo59

40 abonnés 288 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 janvier 2020
Pierfrancesco Favino est pour le moins magistral en traître magnifique cheminant vers les renoncements, voire vers une forme d'humilité. Bellochio nous donne d'un pan crucial de l'histoire récente de son pays un aperçu sans concession, où notamment les aspects "grand Guignol" des procès des mafieux sont assez bluffants. La "cosa nostra" y perd toute forme de prestige, même si son pouvoir de nuisance explose et nous cueille au plexus quand elle s'attaque au juge Falcone. Très édifiant mais un peu long à mon sens, quand même...
Barger Gerard
Barger Gerard

1 abonné 21 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 janvier 2020
Film très bien construit; le scénario est clair, bien documenté sur cette période autant compliquée que sanglante. La maîtrise du film dans toutes ses composantes met le spectateur en tension permanente; L'acteur principal, par sa personnalité impressionnante, dégage une force qui irradie le film, de par sa nature attachante et humaine...!
Le film nous fait revivre les heures sombres de l'Italie, en proie avec ses démons légendaires. Un moment de haute intensité qui réduit l'espace entre virtuel et réel. Frissonnant.
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