La Chienne
Note moyenne
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CrystalEagle
CrystalEagle

4 abonnés 89 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 juin 2026
Il y a des hommes qui aiment les yeux grands fermés, et Maurice Legrand est de ceux-là. Michel Simon en fait un petit caissier doux et naïf, un brave type que sa propre bonté finit par condamner, prêt à tout endurer pour une femme qu'il idéalise. Autour de lui, personne ne se demande jamais ce qu'elle veut vraiment : l'un réclame de l'amour, l'autre de l'argent, et elle se perd dans cet espace que personne ne lui laisse. C'est un film sur l'illusion, sur l'attachement aveugle à quelqu'un et sur tout ce qu'on s'inflige en son nom, et Renoir le pose sans morale, comme un simple constat sur des gens ordinaires. Au passage, il égratigne toute une petite bourgeoisie : le bureau, les collègues ricaneurs, les marchands d'art. La peinture est le seul endroit où ce pauvre homme existe vraiment, son seul coin de dignité dans une vie d'humilié. Et on finit par la lui voler comme son argent, sa liberté et son amour rêvé. Ses toiles partent vivre sans lui, vendues sous un faux nom, accrochées chez des riches qui n'auront jamais su qui les a peintes.

Le plus déroutant, c'est le ton, qui démarre en comédie presque légère et glisse vers le noir : une tragédie qui avance le sourire en coin. On y sent déjà le grand Renoir (dont La Règle du Jeu n'est plus très loin), le petit théâtre de Guignol en ouverture, Montmartre bien vivant avec ses escaliers et ses becs de gaz, une caméra libre qui cherche et hésite au bon endroit. Tout n'est pas parfait, ça traîne par moments et certaines scènes ont pris un coup de vieux. Mais Michel Simon tient le film à lui seul : il fait tenir dans un même regard la tendresse, l'aveuglement et l'effondrement, là où ses partenaires restent en surface. Et une ombre plane sur l'ensemble : Janie Marèse, la femme qu'on tue à l'écran, est morte pour de vrai peu après le tournage, dans la voiture de son amant de cinéma, comme si le film avait débordé sur la vie, et c'est cette résonance-là participe à la postérité de l'oeuvre.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 avril 2026
Employé effacé, mari docile et peintre amateur, Maurice Legrand s'entiche d'une garce, elle-même amoureuse d'un gigolo.
L'introduction de Renoir est facétieuse qui nous annonce que le film n'est pas plus un drame qu'une comédie, qu'il ne sous-entend aucune morale ni ne cherche à prouver quoique ce soit. Les personnage du film, dit le cinéaste, sont des "hommes ordinaires comme vous et moi". Un des personnages, à la fin énonce, toutefois qu'il faut de tout pour faire un monde. Un axiome qui fait écho à celui de "La règle du jeu" : "le plus terrible sur cette terre, c'est que tout le monde a ses raisons"
Voilà dédouanés tous ses hommes (et femmes) de la médiocrité de leur comportement dans cette histoire en forme de fait divers qui, en effet, balance entre drame et comédie sans jamais choisir.
Le trio de personnages n'apparait pas précisément original au début du film. Mais Renoir, avec son acuité et son ironie feutrée, les singularise, les humanise au-delà de leur apparence conventionnelle. Et, sous l'effet d'une mise en scène pleine de bonnes idées, d'une fluidité et d'une modernité manifestes -surtout pour un film des débuts du parlant- l'ensemble des personnages, premiers comme seconds rôles, prennent une dimension inattendue. En premier lieu, celui de Michel Simon, dont l'évolution et l'ambivalence sont emblématiques de ce que Renoir veut signifier à propos de l'humanité.
Le titre du film peut s'interpréter de diverses façons. Lucienne est qualifiée de chienne : parce qu'elle est cette femme trompeuse et profiteuse; elle est, dans une autre facette, cet animal soumis à son amant. La chienne, c'est la vie aussi, remplie de comportements honteux, de choses sordides, d'injustices. Tout est suggéré dans le film de Renoir, y compris par l'humour, contre tout pathétisme, et sa mise en scène est vraiment la valeur ajoutée du sujet.
Oldschool
Oldschool

2 abonnés 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2025
Classique des classiques sur la bassesse humaine, d'une noirceur absolue Michel Simon est prodigieux.
Thierry VERHOEST
Thierry VERHOEST

28 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 novembre 2023
Sinistre, autant qu'excellent.
Presque un siècle plus tard ce film reste pertinent et retient l'attention jusqu'au dernier plan.
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 août 2023
Un drame sentimental tragique et cruel, sans aucune morale, porté par le trop bon, trop con Michel Simon. 3,25
Raphaëlle Gr
Raphaëlle Gr

2 abonnés 57 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 septembre 2022
Le premier long-métrage parlant de Renoir, drame adapté du roman de G. de la Fouchardière. Une intrigue bien ficelée avec le monument Michel Simon.
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 174 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 4 mars 2022
Rien à sauver de ce film horriblement daté et mal (sur) joué par tous (et surtout Flamant, très mauvais acteur), à part Michel Simon, seul à surnager dans cette histoire mal scenarisée et réalisée. Un très mauvais Renoir.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mars 2022
Le thème du brave homme devenant le jouet d'une prostituèe a rarement ètè aussi juste et rèaliste que dans ce classique de Jean Renoir! Une analyse sociale remarquèe et remarquable du cinèma de l'entre-deux guerres! Bouleversant, Michel Simon trouve ici le premier grand rôle de sa carrière! Celui d'un petit employè sans envergure, peintre amateur et passionnè, triste en mènage avant de connaître Lulu, une fille de joie qui l'exploite et le trompe avec un souteneur! D'abord se sentant fort pour protèger sa Lulu de n'importe qui puis dèchirè par le remord et par le monde qui l'entoure! Malgrè son extraordinaire qualitè, "La chienne" fut une dèception commerciale, une oeuvre incomprise pour le public de l'èpoque! Et pourtant film admirable de Renoir à l'arrivèe, une peinture de la petite bourgeoisie et de ses idèes reçues aussi audacieuse (le prologue sous le signe de Guignol) que tragique! A Janie Marèse, morte accidentellement après le tournage! La lègende de la voiture maudite de Georges Flamant continue à faire parler le cinèphile! Elle n'avait que 23 ans...
noizet
noizet

7 abonnés 213 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 26 février 2022
, un scenario cousu de fil blanc. on sennuie vite de la naïveté des personnages. un film sans relief qui a très mal vieilli
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 mars 2021
Un scénario cynique au service d’une mise en scène parfaitement maîtrisée, auxquels se rajoute aujourd’hui un véritable reportage sur le Paris des années 30, ses chanteurs de rue, ses taxis, ses concierges…
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 décembre 2020
« La Chienne » de Jean Renoir (1931) n’a pas trop vieilli. L’histoire est simple : Maurice Legrand (Michel Simon), timide caissier dans une entreprise où tout le monde se moque de lui, est marié sans bonheur à la veuve d’un adjudant. Il se réfugie dans la peinture et va naïvement tomber amoureux de Lulu (Janie Marèse décédée d’un accident de voiture juste après le tournage) qui est sous la protection de Dédé (Georges Flamant), un petit souteneur caricaturalement parisien, qui la poussera à avoir une relation avec Legrand. Dédé commencera à vendre les toiles de Legrand en faisant croire qu'elles sont peintes par Lulu alias Clara Wood… mais le drame va arriver avec sa fin cynique et un épilogue inattendu. A noter une petite critique des marchands de tableaux et des critiques d’art, petite revanche familiale ?
Comme souvent chez Renoir, le film est ouvert et fermé sur une scène de théâtre, ici de guignol déclamant « Drame social : le vice est toujours puni… mais en fait non et l’histoire est amorale surtout pour l’époque ce qui lui valut peut-être d’être mal accueillie par le public ? A noter que ce film a fait l’objet d’un remake « La rue rouge » en 1947 par le grand Fritz Lang.
Régine B
Régine B

1 abonné 47 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 mars 2020
C'est un film sur l'illusion, l'attachement aveugle à une personne (Lulu à Dédé, Legrand à Lulu) ou à son souvenir (Adèle Legrand à Godard). Chaque personnage est le dominant, le soumis ou l'imbécile d'un autre et quand les choses s'inversent, c'est plutôt fatal.
Le jeu des acteurs est terriblement daté, sauf celui de Michel Simon, intemporel.
Le titre ne donne pas envie, surtout en cette période post "Me too" et réduit l'idée qu'on peut se faire du film avant de l'avoir vu. Il ne faut pas s'y arrêter, on trouve une bonne analyse sociologique, toujours actuelle, souvent drôle et qui égratigne au passage (déjà !) les marchands d'art.
Vincent D
Vincent D

6 abonnés 123 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 septembre 2019
Presqu 'un film d'émancipation puisque le personnage le plus dominé et le moins armé socialement va en quelque sorte se libérer à contre courant de la société et à rebours des autres personnages qui telles des marionnettes vont subir leur destin ;On retrouve la même modernité le même humour anar et féroce que dans boudu sauvé des eaux ( l'histoire est très différente mais se conclut de la même façon ) mais aussi le même interprète michel simon qui est pour moi tout simplement le meilleur acteur de cinéma qui ait existé depuis la création du cinématographe par les frères lumières.
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 février 2019
Jean Renoir fut un réalisateur assez moyen du muet. Même en se cantonnant au cinéma français, aucun de ses films ne pouvait se comparer au « Napoléon » qu’Abel Gance réalisa en 1927, ni à « Au bonheur des dames » de Julien Duvivier (1930). Mais, contrairement à ce dernier, il frappa dès le début du sonore avec « La chienne ». Après le lourdingue « On purge bébé », exercice pour s’adapter au parlant, il réalise magistralement un deuxième film. Borné par le théâtre de marionnettes, où Guignol nous explique d’emblée que cette histoire concerne des gens comme vous et moi, Cette descente profonde dans le peu de grandeur et l’immense noirceur des pensées et comportement humains illustre un illusoire triangle amoureux entre le gentil peintre amateur mais talentueux, grand benêt aussi amoureux (Michel Simon) qu’il est laid, et la la prostituée (Janie Marèse), victime entichée d’un souteneur (Georges Flamant), mufle, brutal et sans scrupules. Ce trio s’accompagne d’une galerie de personnages sinistres. De la femme sans cœur (Magdeleine Bérubet) aux collègues de bureau cruels et ricaneurs, en passant par les marchands d’art qui ne pensent qu’à faire du fric, l’honnêteté et la morale de tout ce joli monde se sont depuis longtemps évaporées. L’énorme tour de force du cinéaste est de nous emmener vers une condamnation à mort qui satisfait notre soif de justice, en révélant par la même que nous ne valons pas mieux que ce petit monde qui, turpitude ultime, envoie à la guillotine un coupable pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Et le rideau de tomber, permettant une mise en abime sans équivalent dans le cinéma de l’époque (Manckiewicz reprendra ce procédé dans « Le Limier » quarante ans plus tard). Ce fond « édifiant » est servi par une forme exceptionnelle et innovante où Theodor Sparkuhl filme en décors naturels, accompagné par une prise son sur le vif de Marcel Courmes, apportant pour la première fois à l’écran, avec les petits bruits variés de la rue, une profondeur sonore réaliste. Le ramage valant le plumage, la qualité des dialogues, qui deviendra une constante du cinéaste, est déjà évidente. Par contre, le casting est plus inégal. Au sommet un Michel Simon dont le rictus fut façonné par Renoir, Janie Marèse, imposée par la production, star en devenir mais qui décèdera dans un accident de la circulation quelques semaines plus tard, Georges Flamant gouailleur amis odieux et Roger Gaillard (l’adjudant), l’autre personnage sympathique du film. A l’opposé, Magdeleine Bérubet (l’épouse) en fait des tonnes, souvent a la limite du ridicule, comme les pesants collègues de Michel Simon au jeu stéréotypé et répétitif. Ainsi ce grand film, pas loin d’un chef d’œuvre, débute une nouvelle carrière pour celui qui, à mon sens, est un des plus grands cinéastes du vingtième siècle. Quant au remake « La rue rouge » de Fritz Lang, bien qu’également très bon, il souffre de la comparaison avec « La femme au portrait » réalisé deux ans plus tôt, également avec Edward G. Robinson.
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 13 février 2018
Mal joué, pas de musique d'ambiance, du texte qui fait "récité", aucune émotion positive ou négative… Je n'aurai finalement rien apprécié du film de Renoir dont j'ai de très loin préféré le remake "La rue rouge" sorti en 1947. Ici, beaucoup de longueurs et de scènes très lentes et peu intéressantes. On appréciera seulement les artistes et musiciens de la rue qui apportent quelques mélodies au film, bien trop rares. Mais vraiment, beaucoup trop de scènes lourdes et maladroites pour notre regard contemporain. Vieilli très mal !
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